Vicente Yáñez Pinzón

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Vicente Yáñez Pinzón
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Fonction
Gouverneur de Porto Rico
Biographie
Naissance
Décès
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TrianaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
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Activités
Fratrie
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blason

Vicente Yáñez Pinzón (vers 1460, Palos de la Frontera, Espagne - après 1523) est un navigateur, explorateur et conquistador espagnol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de riches marin morisques de Palos : les Pinzón. Il a probablement participé entre 1477 et 1479 à des activités de piraterie sur les côtes de Catalogne et d'Ibiza.

Vincente Pinzón devient le commandant de la Niña, son frère Francisco Martin Pinzón en est le timonier et son autre frère Martin Alonso Pinzón dirige la Pinta. Ce sont deux des trois bateaux qui s’élancent à la conquête du Nouveau Monde quatre ans plus tard (1492-1493) sous les ordres de Christophe Colomb.

En 1499, il navigue de nouveau vers l'Amérique au départ de Palos de la Frontera avec quatre caravelles armées par la famille Pinzón. Il donne, cette année-là, la première observation reportée de la nébuleuse obscure du Sac de charbon. En 1500, une tempête amène Pinzón sur la côte nord de l'actuel Brésil. Le , il découvre l'Amazone et remonte le fleuve sur environ 50 km. Il baptise le fleuve "Río Santa María de la Mar Dulce". Il est ainsi le premier explorateur à apercevoir l'estuaire de l'Amazone.

Le , le roi Ferdinand le Catholique le nomme chevalier pour ses découvertes à l'Alhambra de Grenade.

En 1505, Pinzón est nommé gouverneur de Porto Rico (la charge proprement dite est "capitaine général et corrégidor de l'île de Saint-Jean-Baptiste").

En 1508, le roi décide d'organiser une expédition dans le but de trouver la "route des Épices". On espérait à cette époque trouver un passage à hauteur du Honduras permettant d'atteindre les îles des épices. Vicente Yáñez Pinzón voyage avec Juan Díaz de Solís vers le Honduras, parcourant la côte et complétant ainsi les découvertes de Colomb. Les deux hommes explorent également pour la première fois la péninsule du Yucatán. N'ayant pas réussi à découvrir de passage maritime vers l'ouest, ils reviennent en Europe en août 1509.

Le , est inauguré un monument à la mémoire de Vicente Yáñez Pinzón à Palos de la Frontera, à l'occasion du cinquième centenaire de la découverte du Brésil et du jumelage de la ville de Palos de la Frontera avec celle de Cabo de Santo Agostinho.

Légende[modifier | modifier le code]

En 1488, il se serait embarqué du port de Dieppe en compagnie de Jean Cousin un marin dieppois, et Martín son frère aîné et, pour se rendre en Afrique de l'Ouest, puis vers les Açores où le navire, drossé par la tempête, aurait alors été emporté loin vers l'ouest[1]. Il aurait atteint des côtes inconnues, remonté un large fleuve qu’il nomme Maragnon puis serait rentré à Dieppe en 1489[2],[3].

Au XIXe siècle, le président de la Société maritime de Paris, Louis Charles Estancelin, a supposé que lors de cette mésaventure, le capitaine Cousin aurait longé les côtes de l'Amérique du Sud[4], au Brésil, au cap Saint Roque, et visité le grand fleuve Amazone[4]. Pour le capitaine John James Gambier, amiral de la flotte anglaise (XVIIIe et XIXe siècles), et gouverneur des Bahamas, Jean Cousin serait le véritable découvreur de l'Amérique[5].

Cette relation, défendue par Paul Gaffarel à la fin du XIXe siècle[6], est sérieusement mise en doute par différents historiens[7],[8]. À ce sujet, Pierre Chaunu souligne que « l'historiographie française du XIXe siècle a eu ses prétentions. Charles-André Julien, jadis, a achevé de dissiper la légende de la découverte de la Guinée par les Normands et de la découverte du Brésil par Jean Cousin »[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Pigeonneau, Histoire du commerce de la France, tome 2 (Le commerce de la France au Moyen Âge) : La Renaissance et les découvertes maritimes, p. 47 : Jean Cousin. Première édition Paris 1897. Réédition en langue française : New York, éditions Burt Franklin, 1970.
  2. Charles de la Roncière, op. cit.
  3. E. Le Corbellier, op. cit.
  4. a et b Louis Estancelin, op. cit.
  5. John James Gambier, op. cit.
  6. Voir son ouvrage Études sur les rapports de l'Amérique et de l'ancien continent avant Colomb, Paris, 1869, et surtout son Histoire du Brésil français au XVIe siècle, Paris, 1878.
  7. Edward J. Goodman, The Explorers of South America, University of Oklahoma, 1992, p. 15.
  8. Joao Capistrano de Abreu (en), O descobrimento do Brasil, Rio de Janeiro, 1929, pp. 11-17.
  9. Pierre Chaunu, L'Expansion européenne du XIIIe au XVe siècle, Paris, PUF 1995, p. 361.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]