Vicariance

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En écologie, la vicariance (du latin vicarius : « remplaçant ») se dit lorsque deux ou plusieurs taxons occupent une niche écologique semblable dans des zones géographiquement séparées. On utilise ce terme le plus souvent lorsqu'il s'agit de taxons très apparentés (notamment des espèces d'un même genre), dans ce cas elle est due à une ancienne dispersion à partir d’un même centre d’origine, qui s'est suivie d'une spéciation allopatrique par l'isolement génétique à la suite de la formation de barrières écologiques (pouvant être constituées seulement par la distance). Lorsque elle concerne des taxons très différents, elle peut être due à un phénomène de convergence évolutive.

On parle également de « vicariance écologique » lorsque des taxons très apparentés occupent des niches écologiques différenciées sur un ou plusieurs paramètres dans une même zone géographique. Dans ce cas la vicariance peut éventuellement être le fruit d'une spéciation sympatrique.

Définition[modifier | modifier le code]

La vicariance est un phénomène écologique et biologique causé par la séparation d’une population ancestrale en plusieurs populations dérivées (pas forcément deux populations seulement, comme le suggèrent certaines interprétations des dichotomies présentes sur les arbres phylogénétiques) à la suite de la formation d’une barrière, c'est-à-dire un facteur qui interrompt le flux génétique entre ces populations et les isole en aires géographiques initialement plus réduites que celle d’origine, ou à la suite d'une dispersion dans de nouvelles zones géographiques suivie d'une longue période d’isolement. C'est alors la spéciation allopatrique qui cause la vicariance, elle a lieu lorsque les barrières qui séparent les populations persistent suffisamment longtemps. Dans ce cas les taxons vicariants sont donc des taxons phylogénétiquement proches mais vivant dans des aires géographiques différentes. Ces taxons conservent quasiment la même niche écologique si l'habitat reste semblable dans les différentes zones géographiques peuplées par ces taxons, c'est la vicariance géographique. Si une barrière écologique disparait entre deux taxons vicariants géographiques, ou si l'on introduit des taxons vicariants géographiques dans une même habitat, ils entreront en compétition et il y a de fortes chances que l'un d'eux supplante l'autre. Des taxons phylogénétiquement très différents peuvent également être dit "vicariants" en occupant une niche écologique très similaire dans des zones géographiquement séparées. Dans ce cas il s'agit le plus souvent d'une convergence évolutive.

Vicariance et biogéographie historique[modifier | modifier le code]

La vicariance représente une explication causale à un patron de distribution biogéographique. Ce concept rappelle clairement les idées de distributions disjointes de Léon Croizat, précurseur de la biogéographie historique. Celui-ci a étudié les aires de répartition de différentes espèces végétales et animales et découvert que la répartition géographique actuelle des organismes ne reflétait pas directement leurs affinités phylogénétiques. De plus, en reliant ces aires par des tracés (« tracks »), il obtenait un nombre relativement peu élevé de tracés assemblant de nombreux groupes d’organismes différents : des tracés généralisés. Ces patterns ne correspondant pas à la géographie terrestre actuelle (traversant les océans notamment), Croizat en conclut que la configuration de la Terre avait certainement été différente dans le passé et que la Terre et la vie avaient évolué ensemble. Les idées de Croizat furent ensuite fortement soutenues par la diffusion de la théorie de la tectonique des plaques. En effet, les séparations et collisions de masses continentales représentent un mécanisme de vicariance en engendrant des barrières physiques.

Vicariance contre centre d'origine et dispersion[modifier | modifier le code]

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Le processus de vicariance s’oppose à celui de la dispersion. En effet, dans le cas de la vicariance, les taxons sont isolés à la suite de la formation de la barrière tandis que dans le processus de dispersion, les individus colonisent une nouvelle aire en franchissant (activement ou non suivant leur capacité) cette barrière. Bien que ces deux processus ne soient pas incompatibles, les biogéographes de la vicariance n’attribuent qu’une faible importance à la dispersion, car elle est considérée comme un phénomène dépendant de chaque espèce et elle ne peut expliquer les patterns généraux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Nelson G., Platnick N.I., 1981. Systematics and Biogeography, Cladistics and Vicariance. Columbia University Press, New York. PDF
  • Janvier P et al., Coord., 2002. Biosystema 7: Systématique & biogéographie historique, textes historiques et méthodologiques. Société française de Systématique, Paris. PDF
  • Cecca F., 2002. Palaeobiogeography of marine fossil vertebrates - Concepts and methods. Taylor & Francis, London