Viande in vitro

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Ne doit pas être confondu avec Substitut de viande.
La scientifique autrichenne Hanni Rützler goûte le premier hamburger cultivé au monde le 5 août 2013.

La viande in vitro, appelée aussi viande cultivée, viande synthétique ou viande artificielle, est un produit carné réalisé par des techniques d'ingénierie tissulaire qui se passent ainsi de l'utilisation de chair animale.

La carniculture désigne la production de viande in vitro.

Technique et résultats[modifier | modifier le code]

Un prélèvement de muscle est effectué sous anesthésie locale sur le donneur. Ensuite, la viande est mise en culture.

Plusieurs projets de recherche actuels cultivent de la viande in vitro expérimentalement à partir de cellules souches de myoblastes, mais aucune viande de ce type n'a été encore été distribuée pour la consommation publique. Pourtant, dès 2008, certains scientifiques ont affirmé que cette technologie était prête pour une utilisation commerciale.

Les premières viandes cultivées dans divers laboratoires avec succès ont été le poisson rouge, l'agneau et le bœuf.

Le premier burger artificiel a été entièrement produit en éprouvette, à partir de cellules souches de muscle de bœuf, par un laboratoire néerlandais (prix de revient : 290 000 euros)[1] : il a été présenté à la presse le 5 août 2013[2].

Pour passer au stade commercial de la production industrielle de viande synthétique, il est nécessaire d’accroître les rendements des cultures de cellules souches grâce à l’utilisation d’incubateurs géants et d’améliorer la technologie pour synthétiser une viande comestible avec ses différentes composantes nutritionnelles et sensorielles.

Environnement[modifier | modifier le code]

Une meilleure protection de l'environnement est possible par l'inclusion de produits de ce type dans l'alimentation humaine du futur. En effet, nombreuses sont les conséquences écologiques de l'élevage : consommation d'énergie, production de gaz à effet de serre, etc.

Les économies seraient importantes. Par rapport à une viande d'élevage, la viande in vitro demanderait[réf. nécessaire] :

  • 7 et 45 % en moins de l'énergie dévolue au bétail ;
  • 4 % seulement de l'eau actuellement dévolue au bétail.

On entrevoit les conséquences sur la lutte contre la déforestation et l’accaparement des terres car 70 % des terres agricoles sont consacrées à l'élevage du bétail et à la culture de la nourriture de celui-ci.

Avec le taux d’accroissement démographique actuel et la forte hausse du prix des céréales et autres denrées alimentaires de base comme lors de la crise alimentaire mondiale de 2007-2008, la viande in vitro peut devenir une solution d'avenir. D'autant que la tendance est à l'augmentation de la consommation de viande par habitant (passée en 25 ans de 30 kg à 41,2 kg par habitant, selon la FAO) et que la consommation est actuellement tirée par la part croissante des pays émergents tels la Chine et l'Inde.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Selon un chercheur français de l'INRA,

« il ne s’agit pas d’une véritable viande, d’un morceau de muscle rouge strié, contractile » mais d'un « simple amas de fibres musculaires » car il y « manque les nerfs, les vaisseaux sanguins et les îlots de gras, si importants pour les qualités organoleptiques (le goût)[3]. »

Recherche[modifier | modifier le code]

Parmi les innovateurs, citons :

  • le néerlandais Mark Post (hamburger)[4] ;
  • le Dr. Amit Gefen, spécialiste du génie tissulaire de l'université de Tel Aviv (poitrine de poulet)[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur leplus.nouvelobs.com.
  2. Marta Zaraska, « Lab-grown beef taste test: ‘Almost’ like a burger », The Washington Post,‎ (lire en ligne).
  3. Denis Sergent, « Le débat fait rage autour de la viande artificielle », sur La Croix, .
  4. Jha Alok (2013), « First lab-grown hamburger gets full marks for 'mouth feel' », 6 août,
  5. Le Dr. Gefen indique que, si on parvient « à créer des lignes de production de viande de poulet ou autre au moyen de l’ingénierie tissulaire, simplement en cultivant des cellules in vitro et en les laissant se diviser et se multiplier, cela reviendra à produire un aliment à partir de rien. La biologie nous fournit une source alimentaire presque inépuisable » ; (source), février 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]