Vertus prussiennes

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Le roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, surnommé « le Roi-Sergent », fût le premier à évoquer les vertus prussiennes (qui étaient censées être présentes depuis l'État monastique des chevaliers Teutoniques). Peinture d'Antoine Pesne, vers 1733.

Les vertus prussiennes (en allemand : preußische Tugenden) renvoient aux vertus associées au royaume de Prusse du XVIIIe siècle, notamment à son militarisme et au code éthique de l'armée prussienne, mais aussi aux valeurs bourgeoises telles qu'influencées notamment par le calvinisme.[1] Elles ont considérablement influencé la culture allemande au sens large, tout comme comme les stéréotypes allemands contemporains d'efficacité, d'austérité et de discipline.

Ces vertus, bien qu'elles remontent aux chevaliers teutoniques, ont été pour la première fois évoquées par le roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, ainsi que par son fils, Frédéric le Grand.

Le père développera tout au long de son règne les forces armées prussiennes, lui conférant le surnom de « Roi-Sergent », ne quittant jamais son armure. Parallèlement, il s'attacha à redresser les finances de son État. Emprunt des valeurs calvinistes, il s'opposa à toute dépense superflue, s'imposant à lui-même et à sa cour une grande rigueur budgétaire (congédiant au passage sa belle-mère et les artistes de la Cour). Il laissera la réputation d'un roi avare, dirigiste voire brutal.[2]

Le fils, connu pour être un ami de Voltaire, se voyait pour sa part comme un monarque éclairé. Désireux de placer son règne sous le signe de la raison, il reforma la politique migratoire du royaume et se fît chantre de la tolérance religieuse et ethnique[3], non sans quelques arrières-pensées économiques :

« Toutes les religions se valent du moment que ceux qui les professent sont d’honnêtes gens, et si des Turcs et des païens venaient repeupler le pays nous construirions pour eux des mosquées et des temples —Frédéric le Grand [4]. »


Exemples[modifier | modifier le code]

Les vertus prussiennes ne sont pas fixées en termes ou en nombre et ne forment donc pas un canon.[5] Sont notamment évoquées dans les ecrits :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Hughes, Early Modern Germany, 1477-1806, Philadelphia, University of Philadelphia Press, , 198–203 p. (ISBN 0-8122-3182-1)
  2. [Mitford, Nancy "Frederick the Great" (1970) P6]
  3. Christian Graf v. Krockow: "Die Pflicht und das Glück" (speech on 17 August 1991 in the Neues Palais, Potsdam) in: Hans Bentzien: Die Heimkehr der Preußenkönige, 1. edition, Berlin 1991. (ISBN 3-353-00877-2)
  4. En 1740, en marge d'une requête adressée par un catholique désirant devenir son sujet, Frédéric II avait écrit : « alle Religionen Seindt gleich und guht wan nuhr die leüte so sie profesiren Erliche leüte seindt, und wen Türken und Heiden kähmen und wolten das Land Pöpliren, so wollen wier sie Mosqueen und Kirchen bauen » (Cité par Herman von Petersdorff dans Fredericus Rex : ein Heldenleben, Verlaghaus für Geschichtliche Veröffentlichungen, 1925, Berlin, p. 85). Souvent citée sur la Toile cette phrase y devient toujours en français par mauvaise traduction : « si les Turcs et les païens venaient et peuplaient le pays, ils voudraient construire des mosquées et des églises » Marcel Pollitzer, qui semble être le seul à avoir traduit correctement en français la phrase de Frédéric II (in Frédéric II disciple de Machiavel, Nouvelles Éditions Latines, 1966, p. 36), n'hésite pas à traduire Kirchen par temples, ce qui rend le texte beaucoup plus clair.
  5. (de) « Preußische Tugenden Längst vergessen oder wieder erwünscht? »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]