Vert impérial

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L'expression vert impérial est un nom de couleur en usage en France au XIXe siècle dans le domaine de la décoration et de la mode pour désigner un vert foncé associé à la décoration de style Empire.

« Les tentures étaient en damas vert impérial avec un semis d'abeilles d'or »

— Le Monde Illustré, 1858[1]

Sous le Premier Empire, il fut question de remplacer le drapeau tricolore adopté par la Révolution française par un drapeau impérial vert ; cette proposition n'eut pas de suite[2].

Pendant le Second Empire, l'industrie chimique naissante a créé de nouveaux colorants, vendus souvent sous des noms commémoratifs[3]. Le vert impérial a été le nom commercial du vert de chrome appliqué à l'impression des tissus[4] et des papiers[5]. Mais un vert impérial produit avec un arseniate de cuivre, le vert de Schweinfurt était aussi en vente[6]. Après la guerre de 1870 et la chute du régime impérial, le mot impérial n'a plus d'intérêt commercial, et les colorants organiques dominent la teinturerie, avec d'autre noms. Le vert d'oxyde de chrome hydraté sera désormais vendu sous le nom de vert Guignet ou vert émeraude (PRV2, p. 94).

L'expression a pu servir aussi auparavant, sans doute par association avec le jaune impérial, à désigner une teinte de porcelaine chinoise[7].

On trouve encore la dénomination vert impérial dans des catalogues contemporains : vert impérial[8] ; 608 vert impérial[9]. Sans doute peut-on lui assimiler le 991 vert empire[10], 290 vert empire[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annie Mollard-Desfour, Le Vert : Dictionnaire des mots et expressions de couleur. XXe et XXIe siècles, CNRS éditions, coll. « Dictionnaires » (1re éd. 2012).
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yolande, « Causerie de la mode : le bal de Cherbourg », Le Monde Illustré,‎ (lire en ligne).
  2. L. Lèques, Le drapeau national, Paris, (lire en ligne), p. 23. Le règlement de 1806 (Décret du 24 juillet) limite de vert impérial à huit drapeaux régimentaires.
  3. Voir Magenta (couleur), Brun Bismarck.
  4. « De quelques progrès à faire », Le Magasin pittoresque,‎ (lire en ligne), renvoyant à « Teinture et impression sur étoffe - Nouvelles couleurs », Le Magasin pittoresque,‎ , p. 170-171 (lire en ligne), qui mentionne le vert bouteille du vert de chrome (Colour Index PG17) et le vert émeraude de l'oxyde de chrome hydraté (PG18), qui est le vert impérial. Aussi « Nouvelle couleur verte, vert impérial », Bulletin de la Société chimique de Paris,‎ , p. 170 (lire en ligne)
  5. « Vert de chrome, dit vert impérial », Moniteur de la papeterie française,‎ (lire en ligne).
  6. Dictionnaire douanier ou Nomenclature explicative officielle de tous les produits et marchandises figurant dans le tarif général de l'union des douanes allemandes, Paris, (lire en ligne), p. 74.
  7. Catalogue de la [vente de la]collection chinoise [...] de M. F. Sallé, (lire en ligne), p. 42, n°401.
  8. « Vert impérial AVI », sur avi.tm.fr.
  9. « Teinture H. Dupont 608 vert impérial », sur silksational.com.au.
  10. « Nuancier fil DMC », sur club-point-de-croix.com.
  11. « Toutes les couleurs de Caran d'Ache », sur carandache.com