Verbe en japonais

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En japonais, le verbe n'est pas un élément obligatoire de l'énoncé. Il se place en fin de proposition, après le sujet et les compléments (le japonais est une langue SOV). La conjugaison ne varie pas selon la personne ni le nombre.

Le verbe japonais possède en outre deux types de conjugaisons bien distinctes : les formes de base, où le verbe varie selon des facteurs divers (position au sein de la phrase ou de la proposition notamment), et les formes plus complexes, où le verbe varie selon le temps, le mode, la voix, l'aspect ainsi que d'autres traits grammaticaux. Ces dernières sont d'ailleurs construites, du point de vue historique, par suffixation des formes de base.

On classe généralement les verbes en deux groupes, les ichidan (一段?) et les godan/yodan (五段・四段?), auxquels viennent s'ajouter deux verbes irréguliers, suru (する?) et kuru (くる?).

Forme du dictionnaire[modifier | modifier le code]

Les dictionnaires donnent le verbe japonais sous la forme du dictionnaire, ou jishokei (辞書形, forme du dictionnaire?). Cette forme se termine par le phonème « -u » et exprime l'aspect inaccompli ; son niveau de politesse est neutre.

La forme du dictionnaire ne permet pas toujours de déterminer à quel groupe un verbe appartient. Une fois le groupe connu cependant, elle permet d'obtenir l'ensemble des formes régulières d'un verbe donné.

Groupes de verbes et radical[modifier | modifier le code]

Les verbes japonais se répartissent entre trois groupes : ichidan, godan et verbes irréguliers.

  • Les verbes ichidan ont une forme du dictionnaire en « -iru » ou « -eru ». Leur radical est vocalique et s'obtient en supprimant le -ru final.
Exemples : taberu (食べる, manger?) → radical tabe-, miru (見る, voir?) → radical mi- ;
  • Les verbes godan ont un radical consonnantique qui s'obtient en supprimant le « -u » final de la forme du dictionnaire.
Exemples : iku (行く, aller?) → radical ik-, hanasu (話す, parler?) → radical hanas- ;
  • Deux verbes sont irréguliers :
kuru (来る, venir?), venir et suru (する, faire?).

Godan (五段?) signifie littéralement « cinq niveaux » : le radical consonantique de ces verbes peut être suivi des cinq voyelles de la langue japonaise (a, i, u, e, o). Ainsi, pour le verbe iku (行く, aller?), on a les formes ika, iki, iku, ike et iko. Il existe un flottement entre les appellations godan et yodan (四段?, quatre niveaux). Il provient de l'apparition de la forme en -o : en effet, la forme en -a (未然形, mizen-kei?) pouvait être suivie du suffixe -u marquant la volition ou la conjecture, et, après avoir subi un changement phonétique régulier, les sons « a » et « u » devinrent un « o » long (comme on peut le voir dans l'ancien usage des kana, qui reflète l'ancienne prononciation).

Conjugaison de base[modifier | modifier le code]

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La partie en majuscules correspond à la désinence, et la partie en minuscules au radical.

Tableau des conjugaisons de base
Godan Ichidan en -iru  Ichidan en -eru
Irréguliers
yomu (読む, lire?) miru (見る, regarder?) taberu (食べる, manger?) suru (する, faire?) kuru (来る, venir?)
mizen-kei (未然形?) yomA, yomO mI tabE SHI/sI[1], sE, sA kO
ren'yō-kei (連用形?) yomI mI tabE SHI/sI[1] kI
shūshi-kei (終止形?) yomU mIRU tabERU sURU kURU
rentai-kei (連体形?) yomU mIRU tabERU sURU kURU
katei-kei (仮定形?) yomE mIRE tabERE sURE kURE
meirei-kei (命令形?) yomE mI (ro, yo[2]) tabE (ro, yo[2]) SHI/sI[1] (ro[2]), SE (yo[2]) kOI

Formes déclaratives[modifier | modifier le code]

Les formes conclusives déclaratives peuvent terminer un énoncé. Leur flexion se fait selon trois critères:

  • le niveau de politesse neutre ou poli ;
  • l'aspect inaccompli (présent ou futur) ou accompli (passé) ;
  • le caractère affirmatif ou négatif.

La forme du dictionnaire correspond à la forme neutre inaccomplie affirmative. À partir de cette forme, la flexion des formes conclusives peut se résumer ainsi :

Affirmatif Négatif
Inaccompli Accompli Inaccompli Accompli
Forme neutre Forme du dictionnaire Forme en -ta Forme en -nai Forme en -nakatta
Forme polie Forme en -masu Forme en -mashita Forme en -masen Forme en -masendeshita

Formes déclaratives neutres[modifier | modifier le code]

La forme du dictionnaire est la forme neutre inaccomplie affirmative. Elle permet de construire la forme en -ta et la forme en -nai. La forme en -ta correspond à la forme neutre accomplie (affirmative). La forme en -nai correspond à la forme neutre inaccomplie négative. La flexion du suffixe -nai en -nakatta permet d'obtenir la forme neutre accomplie négative.

Exemples :

Affirmatif Négatif
Inaccompli Accompli Inaccompli Accompli
食べる taberu (manger) 食べる
taberu
食べた
tabeta
食べない
tabenai
食べなかった
tabenakatta
行く iku (aller) 行く
iku
行った
itta
行かない
ikanai
行かなかった
ikanakatta
する suru (faire) する
suru
した
shita
しない
shinai
しなかった
shinakatta

Forme du dictionnaire employée comme forme déclarative conclusive[modifier | modifier le code]

La forme du dictionnaire peut être employée telle quelle comme forme conclusive d'un énoncé :

kaimono ni iku ([je] vais aux courses) ; eiga o miru ([je] regarde un film) ; benkyō suru ([j']étudie).

Forme en -ta[modifier | modifier le code]

La forme en -ta se construit comme la forme en -te en remplaçant le « -e » final, par « -a ».

La construction de la forme en -ta dépend du groupe auquel appartient le verbe :

  • Pour les verbes ichidan, la forme en -ta se construit en ajoutant la terminaison « -ta » au radical du verbe :
    taberu (manger) → tabeta ; miru (voir) → mita ; kaeru (changer) → kaeta.
  • Pour les verbes godan : La construction de la forme en -ta dépend de la terminaison du verbe :
    • Terminaison en -u, -ru, -tsu : radical + -tta :
      kau (acheter) → katta ; kaeru (retourner) → kaetta ; matsu (attendre) → matta ;
    • Terminaison en -mu, -bu, -nu : radical + -nda :
      nomu (boire) → nonda ; yobu (appeler) → yonda ; shinu (mourir) → shinda ;
    • Terminaison en -su : radical + -shita :
      hanasu (parler) → hanashita ;
    • Terminaison en -ku : radical + -ita :
      kaku (écrire) → kaita ; exception : iku (aller) → itta (et non *iita) ;
    • Terminaison en -gu : radical + -ida :
      oyogu (nager) → oyoida.
  • Verbes irréguliers :
    suru (faire) → shita ; kuru (venir) → kita.

Forme en -nai[modifier | modifier le code]

Sa construction dépend du groupe auquel appartient le verbe.

  • verbes ichidan : radical + -nai :
    taberutabenai ; miruminai ;
  • verbes godan : radical en consonne + -anai, ou radical en voyelle + -wanai :
    ikuikanai ; hanasuhanasanai ; iuiwanai (et non *ianai) ; exception : aru (avoir, exister) → nai (et non *aranai) ;
  • verbes irréguliers :
    surushinai ; kurukonai.

La forme en -nai transforme le verbe en un adjectif du premier groupe (finissant en i). Voir l'adjectif en japonais pour la conjugaison de ces adjectifs.

Formes déclaratives polies en -masu[modifier | modifier le code]

Les formes conclusives polies se terminent par le suffixe -masu. Ce suffixe suit une flexion parfaitement régulière.

Exemples :

Affirmatif Négatif
Inaccompli Accompli Inaccompli Accompli
食べる taberu (manger) 食べます
tabemasu
食べました
tabemashita
食べません
tabemasen
食べませんでした
tabemasendeshita
行く iku (aller) 行きます
ikimasu
行きました
ikimashita
行きません
ikimasen
行きませんでした
ikimasendeshita
する suru (faire) します
shimasu
しました
shimashita
しません
shimasen
しませんでした
shimasendeshita

À partir d'un verbe donné à la forme du dictionnaire et dont le groupe est connu, la forme polie inaccomplie affirmative en -masu s'obtient de la manière suivante :

  • verbes ichidan : radical + -masu :
    taberutabemasu ; mirumimasu ;
  • verbes godan : radical + -i-masu :
    ikuikimasu ; hanasuhanashimasu [1] ;
  • verbes irréguliers :
    surushimasu ; kurukimasu.

Cette forme en -masu correspond exactement à la forme du dictionnaire en ce qu'elle exprime l'inaccompli affirmatif, mais son niveau de politesse est poli ; elle s'emploie comme forme conclusive polie :

kaimono ni ikimasu ([je] vais aux courses) ; ashita konsāto ni ikimasu (demain [je] vais à un concert).

Les autres formes conclusives polies s'obtiennent régulièrement en remplaçant le suffixe -masu par :

  • -masen pour la forme polie inaccomplie négative :
    tabemasu (forme polie de 'manger') → tabemasen (ne pas manger) ;
  • -mashita pour la forme polie accomplie affirmative :
    tabemasu (manger) → tabemashita (avoir mangé)
  • -masen deshita pour la forme polie accomplie négative :
    tabemasu (manger) → tabemasen deshita (ne pas avoir mangé)


Forme en -te[modifier | modifier le code]

La forme en て-te d'un verbe est souvent utilisée en japonais. Elle sert notamment à :

  • former l'impératif,
  • relier un verbe à un auxiliaire verbal,
  • relier deux propositions.

La construction de la forme en て-te dépend du groupe auquel appartient le verbe :

  • Pour les verbes ichidan, la forme en て-te se construit en ajoutant la terminaison « て-te » au radical du verbe :
    食べる−taberu (manger) → 食べて−tabete ; 見る−miru (voir) → 見て−mite ; 変える−kaeru (changer) → 変えて−kaete.
  • Pour les verbes godan : La construction de la forme en て-te dépend de la terminaison du verbe :
    • Terminaison en う-u, る-ru, つ-tsu : radical + って-tte :
      買う−kau (acheter) → 買って−katte ; 帰る−kaeru (retourner) → 帰って−kaette ; 待つ−matsu (attendre) → 待って−matte ;
    • Terminaison en む-mu, ぶ-bu, ぬ-nu : radical + んで-nde :
      飲む−nomu (boire) → 飲んで−nonde ; 呼ぶ−yobu (appeler) → 呼んでyonde ; 死ぬ−shinu (mourir) → 死んで−shinde ;
    • Terminaison en す-su : radical + して-shite :
      話す−hanasu (parler) → 話して−hanashite ;
    • Terminaison en く-ku : radical + いて-ite :
      書く−kaku (écrire) → 書いて−kaite ; exception : 行く−iku (aller) → 行って−itte (et non *iite) ;
    • Terminaison en ぐ-gu : radical + いで-ide :
      泳ぐ−oyogu (nager) → 泳いで−oyoide.
  • Verbes irréguliers :
    する−suru (faire) → して-shite ; 来る−kuru (venir) → 来てkite.

Progressif[modifier | modifier le code]

Sens
La forme progressive sert à indiquer qu'une action est continue. Elle est en ce sens analogue à l'aspect progressif en anglais, comme dans I am going.

Exemple :

今、父は新聞を読んでいる ima, chichi wa shinbun o yonde iru : Papa est en train de lire le journal

Elle indique également une action ponctuelle qui se répète dans le temps

Exemple :

大学に通っています daigaku ni kayotte imasu : je vais à la fac (i.e. je suis étudiant)

Construction
On utilise la forme en て-te décrite plus haut suivi du verbe いる−iru (être, se trouver pour un être animé).

Exemple :

  • 歩く−aruku (marcher) → 歩いている−aruite iru (marcher, être en train de marcher)
  • 公園を歩いている。

kōen o aruite iru (je marche dans le parc)

  • 何をしているんですか。

nani o shite iru n'desu ka (qu'est-ce que vous faites ?)

Lorsque le verbe いる−iru est au passé, cela donne une forme proche de l'imparfait français :

  • 町を散歩していました。

machi o samposhite imashita (je me promenais dans la ville)

Complément
Pour certains verbes, en particulier les verbes intransitifs, la forme en ている-te iru permet également de marquer l'état résultant d'une action. Par exemple, à partir du verbe 結婚する−kekkonsuru, se marier, on obtient les formes suivantes :

  • 結婚します。

kekkonshimasu (je me marie, je me marierai)

  • 結婚しました。

kekkonshimashita (je me suis marié)

  •  結婚しています。
kekkonshite imasu (je suis marié)

De même, différencier

  • 着物を着ます。

kimono o kimasu (je mets un kimono) et

  • 着物を着ています。

kimono o kite imasu (je porte un kimono) du verbe 着る−kiru (2e groupe) : porter, mettre (un vêtement)

Forme alternative
Dans la langue courante la forme en ている-te iru (ていた-te ita au passé neutre) est souvent abrégée en てる-teru (respectivement てた-teta)

Autres formes[modifier | modifier le code]

Passif[modifier | modifier le code]

Le passif en japonais se construit de la manière suivante :

  • Godan : on remplace la syllabe en う−u finale par la syllabe en あ−a correspondante suivie de れる−reru.
    • 書く−kaku (écrire) → 書かれる−kakareru (être écrit)
    • 読む−yomu (lire) → 読まれる−yomareru (être lu)
  • Attention, pour les verbes finissant par la syllabe う-u, on remplace cette syllabe par われる-wareru au passif.
    • 言う−iu (dire) → 言われる−iwareru (être dit)
  • Ichidan : on remplace le る-ru final par られる-rareru.
    • 食べる−taberu (manger) → 食べられる−taberareru (être mangé)
    • 見る−miru (voir) → 見られる−mirareru (être vu)
  • Irréguliers
    • する−suru (faire) → される−sareru (être fait)
    • 来る−kuru (venir) → 来られる−korareru (1)

(1) voir la rubrique "Complément".

On notera au passage qu'un verbe au passif est toujours un ichidan, quel que soit le groupe auquel appartenait le verbe au départ.

Le complément d'agent se construit généralement avec la particule に-ni, parfois から-kara.

Exemple :

  • 鼠は子猫に食べられる。

nezumi wa koneko ni taberareru (la souris est mangée par le chaton)

Complément
Le passif japonais peut indiquer que l'on subit un désagrément à cause de l'action. Pour cette raison, des verbes n'ayant aucun sens au passif en français (comme le verbe venir) existent au passif en japonais. Par exemple, il y a une nuance entre les deux phrases suivantes :

  • 昨日の晩、友達は家に来た。

kinō no ban, tomodachi wa uchi ni kita (des amis sont venus à la maison hier soir)

  • 昨日の晩、友達に打ちに来られた。

kinō no ban, tomodachi ni uchi ni korareta (j'ai été dérangé par la venue de mes amis hier soir)

Par ailleurs, il existe en japonais des verbes qui sont actifs mais avec un sens passif. Par exemple, 見える−mieru se traduit par être vu, on voit, être visible. Cependant, ce n'est pas le passif du verbe 見る−miru (voir) qui est 見られる−mirareru.

Exemple :

  • 海が見える。

umi ga mieru (on voit la mer) 

聞こえる−kikoeru se traduit par on entend, être audible. Cependant, ce n'est pas le passif du verbe 聞く−kiku (entendre, écouter) qui est 聞かれる−kikareru.

Exemple :

  • 音楽が聞こえる。

ongaku ga kikoeru (on entend de la musique)

Conditionnel[modifier | modifier le code]

Il y a quatre formes de conditionnel (ou subjonctif, comme on veut) en japonais, chacune avec ses nuances particulières, mais ne s'excluant pas forcément mutuellement (c'est-à-dire que l'on a parfois le choix entre deux formes différentes avec le même sens).

Forme en to[modifier | modifier le code]

Construction
On ajoute to à l'inaccompli du verbe. Il ne faut pas confondre ce to avec la conjonction de coordination, ni avec la particule d'introduction du discours indirect.

Sens
Ce conditionnel indique une conséquence obligée, un automatisme. La pensée, l'intention ou la volonté du locuteur n'entrent pas en jeu. Par conséquent, cette forme ne peut pas s'utiliser si dans la principale, on a un impératif, une forme volitive (en -tai), ...

Exemple :

La phrase kono tsumami o osu to, mado ga aku peut se traduire ainsi :

  • si tu appuies sur ce bouton, la fenêtre s'ouvre
  • quand on appuie sur ce bouton, la fenêtre s'ouvre
  • à chaque fois que l'on appuie sur ce bouton, la fenêtre s'ouvre

Forme en -tara[modifier | modifier le code]

Construction
On ajoute la syllabe -ra à la forme neutre passée du verbe (forme en -ta ou -da).

Exemple :

  • tsuku (arriver) → tsuitara
  • yobu (appeler) → yondara
  • iu (dire) → ittara
  • miru (voir, regarder) → mitara
  • suru (faire) → shitara
  • kuru (venir) → kitara
  • da (c'est) → dattara

Sens
La forme en -tara indique une possibilité énoncée sans certitude, une hypothèse, une conjecture. Elle peut se traduire par si, au cas où, s'il arrivait que, ... On peut l'introduire par moshi (ou moshimo, tous deux se traduisant par si) pour renforcer le côté hypothétique.

Exemple :

  • moshi nihongo wo naraihajimetakattara, ii kyōshi wo shitte imasu yo (si tu veux commencer à apprendre le japonais, je connais un bon professeur)

expression : dō shitara, ii desu ka (que puis-je faire ?)
Littéralement « si je faisais comment, ce serait bien ? »

Forme en -(e)ba[modifier | modifier le code]

Construction
Quel que soit le groupe auquel appartient le verbe, on remplace la syllabe en u finale par la syllabe en e correspondante suivie de -ba.

Exemple :

  • tsuku (arriver) → tsukeba
  • yobu (appeler) → yobeba
  • matsu (attendre) → mateba
  • iu (dire) → ieba
  • miru (voir, regarder) → mireba
  • suru (faire) → sureba
  • kuru (venir) → kureba

La forme verbale da (c'est) n'a pas de forme en -ba, elle est remplacée par nara (voir plus loin).

Sens
Des quatre formes, celle-ci est la plus proche du conditionnel français. Elle exprime la relation que l'on peut schématiser sous la forme si A, alors B. dans ce type d'énoncé, seul le verbe de l'action A se met à la forme en -ba, le verbe de l'action B reste inchangé.

Exemples :

  • kikeba, shiru (si tu demandes, tu le sauras)
  • tsuyokereba kachi, yowakereba makeru (si tu es fort, tu gagnes, si tu es faible, tu perds)

Autre exemple : dans le titre du film Mimi wo sumaseba de Yoshifumi Kondō au studio Ghibli, le verbe sumaseba est le conditionnel en -ba du verbe sumasu (tendre (l'oreille)). Le titre du film se traduit donc si tu tends l'oreille.

expression : dō sureba, ii desu ka : même sens que dō shitara, ii desu ka
dekireba (si possible)

Forme en nara[modifier | modifier le code]

Construction
Nara est en fait le conditionnel de la forme verbale da (c'est). Ce mot s'ajoute à la forme neutre du verbe.

Sens
Nara exprime également une relation de cause à effet, mais avec la nuance particulière que la cause ne dépend pas du locuteur mais de son interlocuteur dont le locuteur ne fait que reprendre les paroles.

Exemples :

  • Nihonbashi nara, migi ni magatte (si c'est le Nihonbashi que vous recherchez (littéralement: si c'est le Nihonbashi, à ce que vous me dites), tournez à droite)
  • Nihon de hontō ni hatarakitai nara, kanarazu nihongo o benkyōshinakereba narimasen yo (si tu veux vraiment travailler au Japon (sous-entendu : et si j'en crois ce que tu dis, c'est le cas), tu dois absolument étudier le japonais)

Factitif[modifier | modifier le code]

Le factitif, ou causatif, c'est le fait de faire faire quelque chose à quelqu'un d'autre. En japonais, le factitif se forme par l'ajout d'un suffixe verbal :

  • Godan : on remplace la syllabe en u finale par la syllabe en a correspondante suivie de -seru
    • kaku (écrire) → kakaseru (faire écrire)
    • nomu (boire) → nomaseru (faire boire)
  • Pour les verbes finissant par la syllabe u forment leur factitif en remplaçant cette syllabe par -waseru
    • au (rencontrer) → awaseru (faire rencontrer)
  • Ichidan : on remplace la syllabe ru finale par -saseru
    • akeru (ouvrir) → akesaseru (faire ouvrir)
    • okiru (se lever) → okisaseru (faire se lever)
  • Irréguliers
    • suru (faire) → saseru (faire faire)
    • kuru (venir) → kosaseru (faire venir)

On notera au passage qu'un verbe au factitif est toujours un ichidan, quel que soit le groupe auquel appartenait le verbe au départ.

Le complément auquel on fait subir l'action se construit avec ni si le verbe est intransitif, o s'il est transitif. Exemple :

  • kodomo ni kusuri o nomaseru (faire prendre un médicament à un enfant)
  • isha o kosaseru (faire venir un médecin)

Forme potentielle[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

La forme potentielle exprime la possibilité de faire quelque chose. On la traduit en français simplement par le verbe pouvoir suivi du verbe proprement dit.

Construction[modifier | modifier le code]

  • 1er groupe (godan, 五段?) : on remplace la syllabe en u finale par la syllabe en e correspondante suivie de -ru.
    • kaku (書く?, écrire)kakeru (ける?, pouvoir écrire)
    • matsu (待つ?, attendre)materu (てる?, pouvoir attendre)
    • yomu (読む?, lire)yomeru (める?, pouvoir lire)
    • iu (言う?, dire)ieru (える?, pouvoir dire)
  • 2e groupe (ichidan, 一段?) : on remplace le ru final par -rareru.
    • taberu (食べる?, manger)taberareru (食べられる?, pouvoir manger)
    • miru (見る?, voir)mirareru (られる?, pouvoir voir)
  • Irréguliers
    • suru (する?, faire)dekiru (できる?, pouvoir)
    • kuru (来る?, venir)korareru (来られる?, pouvoir venir)

On remarque que pour les ichidan et pour le verbe kuru, la forme potentielle est identique à la forme passive.

On notera au passage qu'un verbe à la forme potentielle est toujours un ichidan, quel que soit le groupe auquel appartenait le verbe au départ.

Complément[modifier | modifier le code]

La forme potentielle est également utilisée pour constituer la forme de déférence (forme de politesse) d'un verbe.

Exemples :

  • tsuzukemasu (続けます?, continuer)
  • tsuzukeraremasu (続けられます?, même sens, plus poli)

Forme alternative[modifier | modifier le code]

On peut aussi exprimer la possibilité de faire quelque chose en utilisant le verbe à la forme neutre + koto (qui sert ici à substantiver le verbe) + ga + dekiru.

Exemple :

  • sukunai kanji o yomu koto ga dekiru. (少ない漢字を読むことができる?) = sukunai kanji o yomeru. (少ない漢字を読める?, Je sais lire quelques kanjis.)

Notons au passage que dans cette construction, c'est ce qui peut être fait qui est le sujet du verbe dekiru.

Forme désidérative[modifier | modifier le code]

Description
La forme désidérative (ou parfois, volitive) sert à marquer la volonté ou l'envie de faire quelque chose.

Construction

  • Godan : on remplace la syllabe en u finale par la syllabe en i correspondante suivie de -tai
    • iku (aller) → ikitai (vouloir aller)
    • hanasu (parler) → hanashitai (vouloir parler)
    • motsu (porter) → mochitai (vouloir porter)
    • yomu (lire) → yomitai (vouloir lire)
    • iu (dire) → iitai (vouloir dire)
  • Ichidan : on remplace le ru final par -tai.
    • taberu (manger) → tabetai (vouloir manger)
    • miru (voir) → mitai (vouloir voir)
  • Irréguliers
    • suru (faire) → shitai (vouloir faire)
    • kuru (venir) → kitai (vouloir venir)

À noter que la forme en -tai transforme le verbe en un adjectif du premier groupe (finissant en i). Voir l'adjectif en japonais pour la conjugaison de ces adjectifs.

Remarque
Comme tout adjectif du premier groupe, on rend un verbe à la forme désidérative plus poli en ajoutant desu après le verbe. Desu est alors invariable. Habituellement on traduit la forme en -tai par (je) veux et la forme en -tai desu par (je) voudrais.

Exemple :

  • eiga o mi ni ikitai desu (je voudrais aller voir un film)
  • kimi ni iitakatta (je voulais te dire)

Forme suspensive[modifier | modifier le code]

Forme polie[modifier | modifier le code]

Construction
Pour la forme suspensive d'un verbe on ajoute la terminaison -ri à la forme neutre passée du verbe.

Exemple :

  • tsuku (arriver) → tsuitari
  • yobu (appeler) → yondari
  • iu (dire) → ittari
  • miru (voir, regarder) → mitari
  • suru (faire) → shitari
  • kuru (venir) → kitari

Forme neutre familière[modifier | modifier le code]

Construction

On utilise la forme en -te du verbe.

Emploi
On utilise cette forme pour exprimer que l'on fait cette action et d'autres (que l'on mentionnera ou non). On met à la suite plusieurs verbes à la forme en -tari avec l'objet de l'action et on ajoute à la fin le verbe suru que l'on conjugue au temps et mode voulus. On la traduit souvent par tantôt ... tantôt ... ou parfois ... parfois ....

Exemple :

  • maiban terebi o mitari, kodomo to asondari shimasu (tous les soirs, tantôt je regarde la télévision, tantôt je joue avec les enfants)

On peut aussi utiliser un seul verbe en -tari dans une phrase pour signifier que l'on fait entre autres cette action, mais que l'on choisit de ne pas citer les autres.

Forme volitive[modifier | modifier le code]

La forme volitive, ou conjecturale, est l'équivalent de "Let's + verbe" en anglais, comme "Let's go": Allons(-y)

Forme polie[modifier | modifier le code]

Construction
On remplace la terminaison -masu du présent poli par -mashō.

Exemple :

  • ikimasu (aller) → ikimashō (Allons(-y))
  • tabemasu (manger) → tabemashō (Mangeons)


Forme neutre ou familière[modifier | modifier le code]

Construction

  • Godan : on remplace la syllabe en u finale par la syllabe en o correspondante, suivie de la syllabe -u (pour faire le son ō).
    • iku (aller) → ikō
    • yomu (lire) → yomō
    • iu (dire) → iō
  • Ichidan : on remplace la syllabe ru finale par -yō.
    • taberu (manger) → tabe
    • miru (voir) → mi
  • Irréguliers
    • suru (faire) → shiyō
    • kuru (venir) → koyō
  • Pour da et desu
    • dadarō
    • desudeshō

Emploi
Le volitif a plusieurs usages :

  • Il indique une conjecture, une supposition[3]
    • miso o tabe (manger probablement du miso)
    • isogeba, kono densha ni nore (si on se dépêche, on devrait pouvoir prendre ce train)
  • Il présente une proposition ou une décision
    • saa, ikimashō (bon, allons-y)
    • (plus familier) saa, ikō (bon, allons-y)
  • Associé à to omou (penser que), il exprime une intention
    • ie ni kaerō to omoimasu (j'ai l'intention de rentrer à la maison)
  • Associé à to suru (essayer de, faire en sorte que), il indique une tentative
    • shukudai o shiyō to suru (essayer de faire ses devoirs)

Gérondif[modifier | modifier le code]

Construction

  • Godan : on remplace la syllabe en u final par la syllabe en i correspondante suivi de -nagara.
    • iku (aller) → ikinagara (en allant)
    • yomu (lire) → yominagara (en lisant)
    • matsu (attendre) → machinagara (en attendant)
    • iu (dire) → iinagara (en disant)
  • Ichidan : on remplace la syllabe ru final par -nagara.
    • taberu (manger) → tabenagara (en mangeant)
    • miru (voir) → minagara (en voyant, en regardant)
  • Irréguliers
    • suru (faire) → shinagara (en faisant)
    • kuru (venir) → kinagara (en venant)

Emploi
La forme en -nagara correspond au gérondif français et traduit l'idée d'une simultanéité entre deux actions.

Exemple :

  • chōshoku o tabenagara, shinbun o yomimasu (je lis le journal en prenant mon petit-déjeuner)

Impératif[modifier | modifier le code]

La forme en -e[modifier | modifier le code]

Affirmatif

  • Godan : on remplace la syllabe en u final par la syllabe en e correspondante.
    • iku (aller) → ike (va !)
    • yomu (lire) → yome (lis !)
    • matsu (attendre) → mate (attends !)
    • iu (dire) → ie (dis-le !)
  • Ichidan : on remplace la syllabe ru final par -ro.
    • taberu (manger) → tabero (mange !)
    • miru (voir) → miro (regarde !)
  • Irréguliers
    • suru (faire) → shiro (fais-le !)
    • kuru (venir) → koi (viens !)
  • Verbes de déférence :
    • irassharu (venir) → irasshai
    • nasaru (faire) → nasai
    • kudasaru (donner) → kudasai

Négatif
Quel que soit le groupe du verbe, on rajoute na au verbe à l'inaccompli.

Exemple :

  • iku na (n'y va pas !)
  • miru na (ne regarde pas !)
  • kuru na (ne viens pas !)
  • NOTE:

Cette forme demeure presque absente du dialogue coopératif. Elle résulte d'une agressivité verbale dont l'usité entre des amis est quasi nulle. Ne l'utilisez pas, au risque de blesser votre interlocuteur.

La forme en -nasai[modifier | modifier le code]

La forme en -nasai représente la forme impérative affirmative comme un ordre d’autorité à un inférieur.

  • Godan : on remplace la syllabe en u final par la syllabe en i correspondante suivi de -nasai.
    • iku (aller) → ikinasai (allez !)
    • yomu (lire) → yominasai (lisez !)
    • matsu (attendre) → machinasai (attendez !)
    • iu (dire) → iinasai (dites-le !)
  • Ichidan : on remplace la syllabe ru final par -nasai.
    • taberu (manger) → tabenasai (mangez !)
    • miru (voir) → minasai (regardez !)
  • Irréguliers
    • suru (faire) → shinasai (faites !)
    • kuru (venir) → kinasai (venez !)
  • Exemples de phrases:
    • そこに行きなさい。 (soko ni ikinasai!)→ Allez à cet endroit!
    • この言葉を言いなさい。 (kono kotoba wo iinasai!)→ Dites ce mot!
    • この人を見なさい。 (kono hito o minasai!)→ Regardez cette personne !

La forme en -nasaruna[modifier | modifier le code]

La forme en -nasaruna représente l'impératif négatif archaïque.

  • Godan: on met le verbe avec la base en i, c'est-à-dire en remplaçant le u final par la voyelle i, suivie de -nasaruna.
    • iku (aller) → ikinasaruna (n'(y) allez pas!)
    • yomu (lire) → yominasaruna (ne lisez pas!)
    • kaeru (rentrer) → "kaerinasaruna" (ne rentrez pas!)
    • matsu (attendre) → "machinasaruna" (n'attendez-pas!)
    • iu (dire) → iinasaruna (ne dites pas!)
  • Ichidan : On remplace simplement la syllabe ru finale par -nasaruna.
    • taberu (manger) → tabenasaruna (ne mangez pas!)
    • miru (voir) → minasaruna (ne regardez pas!)
    • okiru (se réveiller) → okinasaruna (ne vous réveillez pas!)
  • Irréguliers
    • suru (faire) → shinasaruna (ne faites pas!)
    • kuru (venir) → kinasaruna (ne venez pas!)

La forme en -te kudasai[modifier | modifier le code]

Affirmatif
On utilise la forme en -te du verbe (voir plus haut) suivi de kudasai.

Exemple :

  • matsu (attendre) → matte kudasai (attendez s'il vous plaît)
  • miru (voir) → mite kudasai (regardez s'il vous plaît)
  • kuru (venir) → kite kudasai (venez s'il vous plaît)

Négatif
On utilise la forme en -nai du verbe (voir le présent à la forme neutre négative plus haut) suivi de -de kudasai.

Exemple :

  • matsu (attendre) → matanaide kudasai (n'attendez pas s'il vous plaît)
  • miru (voir) → minaide kudasai (ne regardez pas s'il vous plaît)
  • kuru (venir) → konaide kudasai (ne venez pas s'il vous plaît)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d les sons correspondant à la colonne des i et aux lignes des s et des t, c'est-à-dire si et ti, sont en fait prononcés respectivement shi et chi, et ils sont souvent notés comme tels en rōmaji ; cependant, dans certains systèmes de transcription du japonais tel que les méthodes Kunrei, Nippon-shiki et JSL, ils sont notés si et ti, rendant de façon plus adéquate et explicite le système d'alternance vocalique japonais.
  2. a, b, c et d ro et yo sont des enclitiques finales injonctives pour les ichidan ainsi que suru et kuru ; elles se rattachent impérativement à la forme meirei-kei de ces groupes. yo est d'un usage plus littéraire que ro.
  3. Cf. définition de よう dans le dictionnaire デジタル大辞泉 (Éditions Shōgakukan) : « 推量・想像の意を表す。「会議では多くの反論が出されよう」 ». Similaire pour う.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Grammaire japonaise systématique (tomes I et II) par Reiko Shimamori, éditions Maisonneuve

Articles connexes[modifier | modifier le code]