Aller au contenu

Vera Schmidt

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Vera Schmidt
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 47 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Вера Федоровна ЯницкаяVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Fyodor Yanitskiy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Yelizaveta Yanitskaya (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfant
Vladimir Schmidt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Vera Fiodorovna Schmidt, née Yanitskaïa, à Starokostiantyniv, en Volhynie, en 1889 et morte le à Moscou, est une pédagogue et une psychanalyste russe. Elle est l'une des pionnières du mouvement psychanalytique russe, avec Sabina Spielrein et Tatiana Rosenthal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont médecins. Son père est médecin militaire, et sa mère, Elisaveta Yanitskaïa, l'une des premières femmes médecins russes, soigne des enfants souffrant de troubles neurologiques[1]. Elle fait ses études secondaires à Moscou. De 1913 à 1916, elle se forme aux méthodes de Friedrich Fröbel[2]. En 1913, elle rencontre et épouse Otto Schmidt qui devient un scientifique de renom, mathématicien et explorateur de l'Arctique[1].

« Detski Dom », home d'enfants expérimental[modifier | modifier le code]

Vera Schmidt travaille au département de l'enfance, au ministère de l'Instruction publique. Elle dirige de 1921 à 1925 un home d'enfants expérimental, le « Detski Dom ». Sabina Spielrein y travaille. Le fils de Vera Schmidt, Vladimir, y est élève, et elle tient un journal de ses observations, resté inédit et non traduit.

Le Detski Dom a été pratiquement unique dans ses principes et ses pratiques, et surtout dans son approche psychanalytique. Il a reçu la visite de plusieurs psychanalystes marxistes allemands, notamment de la psychanalyste Anna Mänchen-Helfen (1902-1991)[3], ou encore Annie Reich (1902-1971), médecin et psychanalyste[4] et son mari, Wilhelm Reich.

Vera Schmidt accède aux écrits de Sigmund Freud qu'elle lit en allemand, et se forme à la psychanalyse. Les précurseurs de la psychanalyse sont Nikolaï Ossipov, premier analyste russe, Mosche Wulff, établi à Odessa, Tatiana Rosenthal, formée par Carl Jung et Bleuler à Zurich, qui est installée comme médecin à Saint-Petersbourg, ou encore Leonid Drosnes, psychiatre à Odessa, premier médecin traitant de l'Homme aux loups, patient qu'il adresse à Freud. En 1922, l'Association psychanalytique russe se crée, composée de quinze membres dont seulement quatre sont médecins[5]. Vera Schmidt en est membre fondateur, ainsi que son époux[1]. Otto Schmidt assure la traduction des œuvres de Freud en russe, de 1921 à 1924. Otto et Vera Schmidt rencontrent Freud à Vienne, au début de l'année 1923, pour lui exposer la situation de la psychanalyse en Russie et lui parler du travail mené au home d'enfants[1]. Ils rencontrent également Otto Rank et Karl Abraham[2]. Grâce à ces contacts, l'Association psychanalytique russe est acceptée comme membre associé par l'Association psychanalytique internationale en 1924[1].

Le home d'enfants est pourtant fermé le , victime de la « censure idéologique » qui vise désormais la psychanalyse et la pédologie[6]. Vera Schmidt continue une activité de chercheuse auprès de l'Académie des sciences russe, puis à partir de 1930, elle est chercheuse au centre expérimental de pathologie cérébrale. Atteinte d'une tumeur de la thyroïde, sa participation à une expédition arctique sur le « Tcheliouskine », dirigée par son époux, précipite l'aggravation de son état, et elle meurt durant une intervention chirurgicale, le [2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Manson 2002, p. 1535.
  2. a b et c Biografisches Lexikon.
  3. Anna Mänchen-Helfen geb. Aronsohn (1902-1991), Psychoanalytikerinnen. Biografisches Lexikon [lire en ligne]
  4. René Major, « Annie Reich », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber (éd.), Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Éditions des femmes, (lire en ligne).
  5. Diatkine 1993, p. 122.
  6. Manson 2002, p. 1536.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • K. J. Brehony, « Representations of Socialist educational experiments in the 1920s and 1930s: The place of the Sciences of Education. Passion, fusion, tension », in Rita Hofstetter & Bernard Schneuwly (dir.), Passion, fusion, tension. Éducation nouvelle et sciences de l’éducation, fin 19e, milieu du 20e siècle, Bern, Peter Lang, (ISBN 978-3039109838) p. 271-304.
  • M. A. Miller, Freud and the Bolsheviks : psychoanalysis in Imperial Russia and the Soviet Union, New Haven, Yale University Press, 1998
  • Y. Valkanova & K. J. Brehony, « The “Gifts” and “Contributions”. Friedrich Froebel and Russian Education from 1850 to 1920 », History of Education, 35(2): 189-207.
  • Irina Manson, « Vera Fedorovna Schmidt », dans Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L., Paris, Calmann-Lévy, (ISBN 2-7021-2530-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, « Schmidt Vera, née Yanitskaïa (1889-1937). Pédagogue et psychanalyste russe », Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, 2011, (ISBN 978-2-253-08854-7)
  • « Vera Schmidt geb. Yanitskaja (1889-1937) », Psychoanalytikerinnen. Biografisches Lexikon (consulté le ).
  • Gilbert Diatkine, Alain Gibeault, Monique Gibeault & Michel Vincent, « L’Europe orientale », in Gilbert Diatkine, Gérard Le Gouès & Ilana Reiss-Schimmel, La Psychanalyse et l'Europe de 1993, Puf, coll. « Monographie de psychanalyse », 1993, (ISBN 9782130451280), p. 99-136

Liens externes[modifier | modifier le code]