Venturon montagnard

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Carduelis citrinella

Carduelis citrinella

Description de cette image, également commentée ci-après

Venturon montagnard - Ariège

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Fringillidae
Genre Carduelis

Nom binominal

Carduelis citrinella
(Pallas, 1764)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Venturon montagnard (Carduelis citrinella) est une espèce de passereau appartenant à la famille des Fringillidae.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

L'espèce Carduelis citrinella a été décrite par le naturaliste allemand Peter Simon Pallas en 1764, sous le nom inital de Serinus citrinella.

Synonymie[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Cet oiseau peuple la France (Pyrénées, Alpes, Massif Central, Jura, Vosges), la Suisse, l'Allemagne (Forêt Noire), l'Autriche (Tyrol), l'Italie (Alpes, monts Apennins) et l'Espagne (Pyrénées, monts Cantabriques, montagnes du centre).

Habitat[modifier | modifier le code]

Il se présente comme un ensemble de forêts de montagne à 700 m environ et jusqu’à la limite des arbres et de sapinières à clairières proches des alpages.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Fouarge (1980) avait noté la consommation régulière de graines du pin à crochets, le picorage de ses inflorescences et le nourrissage au sol de petites graines et de capsules de mousses. À deux endroits, il avait aussi observé des venturons picorant du mortier contre des murs d’habitations. Förschler (2001) a étudié le régime alimentaire, d’avril à juillet 1999, sur le site de nidification du mont Schliffkopf dans le nord de la Forêt Noire. En début de saison (d’avril à mai), les graines de pin et de germandrée Teucrium scorodania sont privilégiées. À mesure qu’avance la saison de reproduction, la proportion de graines de plantes herbacées augmente. Les plantes les plus importantes pendant l’élevage des jeunes sont le pissenlit début juin, l’oseille commune de fin juin à début juillet et la flouve odorante Anthoxanthum odoratum fin juillet. Les insectes semblent constituer un complément conséquent pendant cette période. Borras et al. (2003) ont souligné l’importance des graines de pins dans les Pyrénées espagnoles. Förschler (2007a) a mené une étude sur le choix de la nourriture selon les variations saisonnières en Forêt Noire. De novembre à mars, peu de plantes sont répertoriées sauf des graines de germandrée et de pins. D’avril à juin, les graines d’arbres (pin) et surtout de plantes herbacées jouent un rôle important pendant la nidification et le nourrissage des jeunes (oseille commune, pissenlit et d’autres astéracées). De juin-juillet à octobre, les plantes herbacées sont toujours bien représentées avec une large gamme d’espèces. L’auteur conclut que la sélection des plantes coïncide avec les périodes de disponibilité et les conditions climatiques.

Vol nuptial[modifier | modifier le code]

Fouarge (1980) avait observé plusieurs mâles dont certains chantant en vol avec des notes rappelant celles du Bec-croisé des sapins, du Serin cini ou encore du Chardonneret élégant. Le vol de parade nuptiale ressemblait aussi à celui du Serin cini, du Verdier d'Europe ou du Bec-croisé des sapins avec les lents battements d’ailes typiquement papillonnants. Le mâle dont la femelle était occupée à construire un nid, émettait invariablement son chant à chaque retour sur le site de nidification. Très souvent, le chant était émis en même temps que le vol papillonnant. Il était aussi assez régulièrement entendu sur les lieux de prélèvement de matériaux mais le vol nuptial était alors bien moins fréquent.

Biologie de reproduction[modifier | modifier le code]

Oeufs de Venturon montagnard Muséum de Toulouse

Förschler (2002) a étudié la biologie de reproduction sur le mont Schliffkopf dans le nord de la Forêt Noire, entre 950 et 1 050 m. La densité de population sur l’ensemble de l’aire était de 1,3 couple/10 ha avec un maximum de 6 couples/10 ha au centre. La plus courte distance entre deux nids actifs n’était que de 25 m. 19 nids furent découverts dans des épicéas, 16 dans des pins et un seul dans un sapin. La plupart des nids étaient placés près du tronc et à proximité de la cime de l’arbre ; de préférence, dans une exposition sud-est. Ils étaient situés entre 1,60 et plus de 30 m de hauteur. Ses observations sur la répartition des couples nicheurs et la synchronisation de la reproduction suggèrent l’existence d’un système de nidification de type colonial, probablement plus complexe que prévu. Förschler (2007b) a étudié les variations locales de la taille des œufs à Port del Comte dans les pré-Pyrénées Catalanes dans deux sites différents. Il a remarqué que les œufs sont plus gros dans le site à habitat de bonne qualité que dans celui de moindre qualité. Ces données concordent avec celles de précédentes études ayant également montré une meilleure survie, condition physique, vitesse de mue, sélection alimentaire et réussite de reproduction.

Statut[modifier | modifier le code]

Förschler & Dorka (2010) ont montré que le venturon montagnard présente des signes d’extinction dans la région la plus septentrionale de son aire. Entre 1995 et 2009, ils ont étudié l’évolution d’une population en Forêt Noire et ont observé un déclin dramatique durant cette courte période qui pourrait aboutir à une extinction dans les 10 ans. Ce recul peut s’expliquer par l’abandon du pâturage extensif, générant un haut tapis herbacé mais dépourvu des riches associations de plantes à fleurs nécessaires à son alimentation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Pasquet & Thibault 1997, Sangster 2000, Sangster et al. 2002, Zamora et al. 2006, Arnaiz-Villena et al. 2008)

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaiz-Villena, A., Moscoso, J., Ruíz-del-Valle, V., Gonzalez, J., Reguera, R., Ferri, A., Wink, M. & Serrano-Vela, J. I. (2008). Mitochondrial DNA Phylogenetic Definition of a Group of ‘Arid-Zone’ Carduelini Finches. The Open Ornithology Journal, 1: 1-7.
  • Borras, A., Cabrera, T., Cabrera, J. & Senar, J. C. (2003). The diet of the Citril Finch in the Pyrenees and the role of Pinus seeds as a key resource. Journ. für Orn. 144 (3): 345-353.
  • Förschler, M. I. (2001). Brutzeitliche Nahrungswahl des Zitronengirlitzes Serinus citrinella im Nordschwarzwald. Vogelwelt 122: 265-272.
  • Förschler, M. I. (2002). Brutbiologie des Zitronengirlitzes Serinus citrinella im Nordschwarzwald. Des Ornithologische Beobachter 99: 19-32.
  • Förschler, M. I. (2007a). Seasonal variation in the diet of citril finches Carduelis citrinella: are they specialists or generalists? Eur. J. Wildl. Res. 53: 190-194.
  • Förschler, M. I. (2007b). Local variation in egg size of Citril Finches Carduelis citrinella in the Catalan Pre-Pyrenees. Revista Catalana d’Ornitologia 23: 48-51.
  • Förschler, M. I. & Dorka, U. (2010). Le Venturon montagnard Carduelis citrinella montre des signes d’extinction dans la région la plus septentrionale de son aire de répartition. Alauda 78 (2) : 131-136.
  • Fouarge, J. (1980). Note sur la biologie du Venturon Carduelis citrinella dans les Pyrénées. Nos Oiseaux 35 : 373-375.
  • Ottaviani, M. (2011). Monographie des Fringilles (carduélinés) – Histoire Naturelle et photographies, volume 2. Éditions Prin, Ingré, France, 286 p.
  • Pasquet, E. & Thibault, J.-C. (1997). Genetic differences among mainland and insular forms of the Citril Finch Serinus citrinella. Ibis 139: 679-684.
  • Sangster, G. (2000). Genetic distance as a test of species boundaries in the Citril Finch Serinus citrinella: a critique and taxonomic reinterpretation. Ibis 142, 3: 487-490.
  • Sangster, G., Knox, A. G., Helbig, A. J. & Parkin, D. T. (2002). Taxonomic recommendations for European birds. Ibis 144: 153-159.
  • Zamora, J., Moscoso, J., Ruiz-del-Valle, V., Lowy, E., Serrano-Vela, J. I., Ira-Cachafeiro, J. & Arnaiz-Villena, A. (2006). Conjoint mitochondrial phylogenetic trees for Canaries Serinus spp. and Goldfinches Carduelis spp. show several specific polytomies. Ardeola 53(1): 1-17.

Liens externes[modifier | modifier le code]