Ventouse (médecine)

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La ventouse est un récipient en forme de cloche destiné à soulager et prévenir des maux et douleurs diverses en créant une dépression plus ou moins forte par effet de succion sur la peau. Elle peut être de plusieurs matières : verre, plastique, bambou, silicone. La technique est sans douleur. Son application s'inscrit dans le cadre thérapeutique et de bien-être.

Son utilisation porte plusieurs noms : ventousothérapie, cupping therapy ou encore hijama, que l'on peut définir comme suit : « La ventousothérapie consiste en l’application de ventouses en mouvement ou en des points fixes précis du corps humain »[1].

Mallette artisanale de 24 ventouses de 3 modèles différents (France début du XXè siècle).
Ventouse Modèle "Aspir Breveté SGDG", France vers 1930.
Ventouse perse des premiers siècles de l'Iran équipée d'un système d'aspiration, peut-être utilisée pour la saignée « sous vide relatif » (musée du Louvre).
Coffre pour ventouses, Londres (1860–1875).
Ventouses en bambou.
Exemple de pose d'une ventouse.
Ventouses posées sur le dos.
Après le retrait de ventouses posées dans la rue à Haikou (Chine).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les techniques de pose vont varier selon le type de ventouse et l'effet recherché.

Traditionnellement, on utilise les ventouses à chaud : on insère alors une compresse ou du coton imbibé d'alcool à brûler et enflammé dans le récipient. La chaleur va créer l'effet dépression. La ventouse est alors appliquée sur le dos de la personne.

D'autres applications sont possibles : créer un effet dépression à l'aide d'une pompe manuelle. Il suffit alors de placer la pompe sur la ventouse et d'aspirer. L'effet aspiration sera alors induit pas le manque d'air dans la ventouse.

Les ventouses en silicone, quant à elles, s'utilisent à l'aide d'une pression manuelle exercée sur ces dernières.

Quelle que soit la méthode utilisée, il est possible de régler la force de dépression et de l'adapter au besoin de la personne qui va recevoir la ventouse et à l'effet recherché.

Efficacité[modifier | modifier le code]

Auparavant utilisée en traitement de nombreuses pathologies dans la médecine chinoise, mais également en médecine occidentale, l'efficacité de la pose de ventouses tend à être démontrée.

En effet, de nombreuses publications scientifiques ont pour objet l'utilisation des ventouses et leurs effets sur le corps humain. Ces publications sont cependant pour la plupart issues du monde anglo-saxon, ce qui nuit à leur vulgarisation en francophonie.

On peut citer des études sur l'effet des ventouses en DMF (décompression myofasciale)[2], également sur les douleurs de type dorsalgie et cervicalgie[3], ou encore les douleurs chroniques[4].

Histoire du nom et du concept[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire de l'Académie française dans sa première édition (1694) décrit (p. 628) la ventouse médicale comme un « vaisseau de verre qu'on applique sur la peau avec des bougies ou de la filasse allumée pour attirer le mauvais sang ». Il précise qu'on appelle « ventouses sèches, les ventouses qu'on applique sans faire de scarification ». L'édition de 1751 définit la ventouse comme un « instrument de chirurgie » et précise qu'elle peut être métallique (de cuivre, d'argent...) et que son objet est d' « attirer avec violence les humeurs du dedans au-dehors ». L'édition de 1798 précise encore qu'elle a pour objet de « soulever la peau et de produire une irritation locale ». Enfin, l'édition de 1832 ajoute qu'on y « fait le vide par le moyen du feu, ou d'une pompe aspirante, afin de soulever la peau et de produire une irritation locale ».

Les Égyptiens anciens ont été les premiers à utiliser les ventouses en verre de manière systématique, aux alentours de .

Principe[modifier | modifier le code]

Le vide relatif créé dans la ventouse dilate les pores et les vaisseaux sanguins superficiels (capillaires). Ceci produit une congestion cutanée localisée sur le site de l'application du vide, traduite par un changement d'aspect de la peau qui rougit et se couvre de points rougeâtres à violacés. Cette congestion provoquée localement, au-dessus de l'organe supposé malade était réputée attirer les humeurs ou le « mauvais sang » ou l'excès de sang qui congestionne un organe sous-jacent.

La ventouse appliquée successivement en plusieurs endroits du dos, de la poitrine ou du ventre (selon l'organe supposé malade), ou au moyen de plusieurs ventouses posées simultanément était en tous cas réputée accélérer la guérison du malade. On peut supposer qu'un certain effet psychologique puisse également être produit, notamment chez les enfants.[réf. souhaitée]

Ce moyen médical encore utilisé en Europe et aux États-Unis au milieu du XXe siècle n'est plus enseigné par la médecine contemporaine dite « moderne ». On le classe donc dans les médecines dites « traditionnelles ».

En France, la pratique est un acte médical qui ne peut être réalisé que par un médecin[5].

Médecine traditionnelle chinoise[modifier | modifier le code]

Dans la médecine traditionnelle chinoise, les ventouses sont appliquées à des endroits précis correspondant à des points d'acupuncture choisis en fonction du trouble à soigner. Dans ce cas, le thérapeute griffe légèrement la peau à l'endroit du point réflexe avant d'y apposer la ventouse. Elles sont utilisées pour soigner, non seulement les affections respiratoires et les maux de dos, mais aussi pour les problèmes de peau, les migraines, les maux de têtes, les tendinites, les entorses, les crampes et la constipation.

Médecine traditionnelle arabe[modifier | modifier le code]

Dans la médecine traditionnelle arabe, la médecine des ventouses est décrite sous le terme de technique Al-hijamah (ou hijama). Cette technique se distingue par 3 étapes (technique des 3 « S ») : succion, puis scarification, puis de nouveau succion.[6] En effet, à la différence des autres techniques, il y a deux étapes de ventouses ce qui permet d'améliorer la filtration. La technique Al-hijamah est une thérapie par ventouse provoquant une excrétion percutanée d'un infiltrat sanguin à pression dépendante et à taille dépendante. Cette excrétion relève à la fois d'un mécanisme de type filtration glomérulaire (ressemblance) et d'un processus d'évacuation type abcès. L'équipe égyptienne du docteur El Sayed a bien décrit tous ces processus de physiologie sous le nom de « théorie de Taïbah »[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ecole Francophone de la Ventousothérapie - Formations ventouse », sur EFVT (consulté le 29 janvier 2021)
  2. Nazar AlKhadhrawi et Ali Alshami, « Effects of myofascial trigger point dry cupping on pain and function in patients with plantar heel pain: A randomized controlled trial », Journal of Bodywork and Movement Therapies, vol. 23, no 3,‎ , p. 532–538 (ISSN 1360-8592, DOI 10.1016/j.jbmt.2019.05.016, lire en ligne, consulté le 29 janvier 2021)
  3. Lee-Mei Chi, Li-Mei Lin, Chien-Lin Chen et Shu-Fang Wang, « The Effectiveness of Cupping Therapy on Relieving Chronic Neck and Shoulder Pain: A Randomized Controlled Trial », Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, vol. 2016,‎ , p. 1–7 (ISSN 1741-427X et 1741-4288, DOI 10.1155/2016/7358918, lire en ligne, consulté le 29 janvier 2021)
  4. Holger Cramer, Petra Klose, Michael Teut et Gabriele Rotter, « Cupping for Patients With Chronic Pain: A Systematic Review and Meta-Analysis », The Journal of Pain, vol. 21, nos 9-10,‎ , p. 943–956 (ISSN 1526-5900, DOI 10.1016/j.jpain.2020.01.002, lire en ligne, consulté le 29 janvier 2021)
  5. « Seine-Saint-Denis : un couple soupçonné d’avoir pratiqué des "saignées purificatrices" dans un hôtel de Rosny-sous-Bois », sur francetvinfo.fr, .
  6. (en) Dr El Sayed, « Methods of Wet Cupping Therapy (Al-Hijamah): In Light of Modern Medicine and Prophetic Medicine », Altern Integ Med 2013, 2:111. 2:3, (2013),‎ (lire en ligne)
  7. Salah Mohamed El Sayed, Hussam Baghdadi, Ashraf Abou-Taleb et Hany Salah Mahmoud, « Al-hijamah and oral honey for treating thalassemia, conditions of iron overload, and hyperferremia: toward improving the therapeutic outcomes », Journal of Blood Medicine, vol. 5,‎ , p. 219–237 (PMID 25382989, PMCID PMC4222535, DOI 10.2147/JBM.S65042, lire en ligne, consulté le 7 juin 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Salah Mohamed El Sayed. La traduction française des articles de l'équipe égyptienne est disponible sur les liens suivants : [1] et également [2]
  • Daniel Henry, La médecine des ventouses, Paris, Éditions Guy Trédaniel, (réimpr. 2016) (ISBN 2-7011-3083-2 et 2-8444-5270-1)
  • Patrice Lakhdari, Joël Fournier et préface d'Alain Tardy, Les Ventouses en médecine chinoise traditionnelle, Éditions Robert Jauze, 143 p., (ISBN 2862140821)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]