Venera 4

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La capsule de Venera 4.
Données générales
Organisation URSS
Constructeur Drapeau de l'URSS Lavotchkine
Programme Venera
Domaine Survol de Vénus
Lancement à 02:40:00 UTC
Lanceur fusée Molnia
Identifiant COSPAR 1967-058A
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 1 106 kg
Source d'énergie Panneaux solaires

Venera 4 (en russe : Венера-4, « Vénus-4 ») est une sonde spatiale soviétique du Programme Venera

Contexte[modifier | modifier le code]

A compter de 1961 l'Union soviétique lance sans succès une dizaine de sondes spatiales ayant pour objectif d'etudier la planète Vénus (Programme Venera). Ces missions s'inscrivent dans un contexte de course à l'espace pacifique qui opposent soviétiques et américains. Mais ces missions échouent soit du fait de la défaillance du lanceur soit à la suite de la perte de la liaison radio avec la sonde spatiale durant le long transit entre la Terre et Vénus. Toutes ces sondes spatiales ont été conçues par le bureau d'études de Serguei Korolev qui mène de multiples projets en parallèle. Compte tenu de ces piètres résultats, Korolev décide de confier le développement des sondes spatiales suivantes au bureau d'études de Gueorgui Babakine qui s'est illustré en concevant les astromobiles Lunakhod. Venera 4 est la première sonde spatiale résultant de cette décision.

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

Venera 4 est lancée le . Comme pour les précédentes vols, la mission précise n'est pas communiquée, même à la veille de l'arrivée. Un peu plus lourde que la série des Venera 2 et 3 (1 106 kg contre 960 kg), ce fut le premier engin qui réussit une transmission de données vers la Terre pendant la descente en parachute, éclipsant le succès du survol de Vénus au même moment par la sonde américaine Mariner 5.

La capsule ovoïde de 383 kg larguée par Venera 4 descendit dans l'atmosphère le dans la partie non éclairée de la planète, proche de l'équateur. Elle retransmit des mesures sur la densité, la température et la composition atmosphérique de Vénus. Le vaisseau orbital relaya ces informations vers l'URSS, ainsi qu'à Jodrell Bank qui à la demande des Russes assurait aussi les réceptions.

Lors de la descente en parachute, les relevés transmis pendant trente minutes ont variés d'une température de 40 °C pour une pression d'une atmosphère à une température de 274 °C et une pression de 22 atmosphères. Si dans un premier temps, les média pensèrent que la capsule s'était posée à la surface de Vénus[1], la différence entre les valeurs observées par Venera 4 et celles très supérieures obtenues par Mariner 5 permirent d'interpréter que la cessation de retransmission des données de Venera 4 survint vers 24 km d'altitude.
La composition atmosphérique mesurée donnait alors environ 90 à 93 % de dioxyde de carbone, 7 % d'azote, 0,4 à 0,8 % d'oxygène et 0,1 à 1,6 % de vapeur d'eau.

Une couronne d'hydrogène fut repérée à 9 920 km de hauteur, mille fois moindre que celle de la Terre, laissant à penser que la planète avait laissé échapper de l'eau dans le cosmos au cours de sa jeunesse. Aucune ceinture de radiation ni champ magnétique vénusien n'ont été détectés.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Progrès du 19 octobre 1967.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Wesley T. Huntress et Mikhail Ya. Marov, Soviet robots in the Solar System : missions technologies and discoveries, New York, Springer Praxis, , 453 p. (ISBN 978-1-4419-7898-1, lire en ligne)
  • (en) Brian Harvey et Olga Zakutnayaya, Russian space probes : scientific discoveries and future missions, Springer Praxis, (ISBN 978-1-4419-8149-3)
  • (en) Brian Harvey, Russian Planetary Exploration : History, Development, Legacy and Prospects, Berlin, Springer Praxis, , 351 p. (ISBN 978-0-387-46343-8, lire en ligne)
    Historique des missions interplanétaires russes des débuts jusqu'en 2006
  • (en) Paolo Ulivi et David M Harland, Robotic Exploration of the Solar System Part 1 The Golden Age 1957-1982, Chichester, Springer Praxis, , 534 p. (ISBN 978-0-387-49326-8)
    Description détaillée des missions (contexte, objectifs, description technique, déroulement, résultats) des sondes spatiales lancées entre 1957 et 1982.
  • (en) Boris Chertok, Rockets and people, vol. 2 : creating a rocket industry, NASA History series, (ISBN 978-1-288-54781-4, OCLC 829378424)
  • (en) Boris Chertok, Rockets and people, vol. 3 : Hot days of the cold war, NASA, coll. « NASA History series », , 832 p. (ISBN 978-0-16-081733-5, OCLC 656365714)
  • (en) Andrew J. Ball, James R.C. Garry, Ralph D. Lorenz et Viktor V. Kerzhanovichl, Planetary Landers and entry Probes, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-12958-9)
  • (en) Asif A. Siddiqi, The soviet space race with Apollo, University Press of Florida, , 489 p. (ISBN 978-0-8130-2628-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]