Velléité

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La velléité est un phénomène comportemental à situer entre l'envie et la volonté. Cela signifie que la velléité appartient aux démarches et intentions peu lucides, bien que la personne fasse le choix de la poursuivre.

La personne velléitaire[modifier | modifier le code]

La personne velléitaire s'aligne sur l'adage selon lequel la fin justifie les moyens car, fixée sur ses buts et ses objectifs, elle emploie des moyens, des méthodes et des fonctionnements directs et à court terme.

Égoïsme et égocentrisme[modifier | modifier le code]

La personne velléitaire souffre d'un certain égoïsme, voire d'égocentrisme. L'égoïsme la situe comportementalement dans des démarches qui négligent autrui, tandis que l'égocentrisme la situe au même plan, dans des démarches relativement inconscientes ou irréfléchies.

Envie[modifier | modifier le code]

Dans une acception commune, l'envie témoigne d'un certain optimisme ou d'une certaine motivation (J'ai envie de…). En psychologie toutefois, l'envie est un phénomène qui incite la personne envieuse à nuire à autrui[1] (socialement et/ou physiquement) de façon ouverte, ou le plus souvent insidieuse[2].

Volonté[modifier | modifier le code]

Communément, la volonté témoigne d'un certain tempérament, voire d'une certaine ambition. En psychologie toutefois, la volonté est un phénomène conscient procédant d'un choix, qui canalise les désirs dans des formes personnellement, socialement et professionnellement acceptables et, notamment, productives (non seulement au sens économique, mais aux sens artistique, relationnel, etc).

Manque de lucidité[modifier | modifier le code]

Puisque la velléité se situe sur ce plan-là essentiellement, la personne velléitaire néglige certains aspects de ses démarches : l'enfant est tout désir ; l'adolescent partagé entre désirs, velléités et volontés, de même que l'adulte qui, cependant, est capable d'orienter avec plus d'aisance ses désirs et ses velléités. La personne adulte qui se contente de velléités, n'emploie pas ses ressources psychoaffectives et cognitives au niveau de sa maturité[3].

Aspects de la velléité[modifier | modifier le code]

Velléités de pouvoir[modifier | modifier le code]

En dynamique des groupes, on parle de velléité de pouvoir pour désigner l'orientation de la personne qui cherche à bénéficier d'un certain statut dans le groupe, à travers son imposition notamment.

On a :

À noter qu'un groupe formel (réglementé, structuré) n'échappe pas aux velléités de pouvoir, dans la mesure où les personnes qui le composent interagissent, mais surtout si les règlements et les structures perdent de leur valeur encadrante (autorité).

En psychologie du développement[modifier | modifier le code]

Les enfants[modifier | modifier le code]

On ne peut pas qualifier un enfant de velléitaire (moins de 10 ans), dans la mesure où son développement psychologique ne lui permet pas d'entrer dans ce type de démarches (mise en place de la réflexion abstraite nécessaire).

Les adolescents[modifier | modifier le code]

L'adolescent velléitaire réagit avec ses moyens, ses possibilités, aux milieux dans lesquels il évolue. Chez l'adolescent, donc, la velléité est une tentative de développement personnel et, bien qu'elle puisse nuire, ce n'est pas dans cette intention qu'elle est poursuivie ; il s'agit toujours de s'extraire d'une situation sociale et affective jugée inadéquate au devenir-adulte de l'adolescent.

Les adultes[modifier | modifier le code]

L'adulte velléitaire, surreprésenté dans notre société[4], correspond à la personne peu claire dans ses démarches. Il peut s'agir soit de volontarisme psychologique (attitude de la personne qui tient absolument à faire, sans reconnaître ses incompétences) ou de stratégies personnelles, de "sa politique" ou "sa philosophie personnelle".

À savoir, que nous mettons tous en place des stratégies. Néanmoins, certaines sont plus volontaires (ou lucides) que d'autres, plus velléitaires (volontaristes ou intentionnelles).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mélanie Klein, Envie et gratitude
  2. Les personnages de Balzac tels que la cousine Beth représentent des envieux.
  3. Jean Piaget, Six études de psychologie
  4. à prendre en compte les comportements politiciens, les rapports de force dans le monde socioprofessionnel, etc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Terminologie[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]