Saint-Igny-de-Vers

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Saint-Igny-de-Vers
Église Saint-Jean-Baptiste et monument aux morts, sur la place centrale du village.
Église Saint-Jean-Baptiste et monument aux morts, sur la place centrale du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Arrondissement Villefranche-sur-Saône
Canton Thizy-les-Bourgs
Intercommunalité Communauté de communes Saône Beaujolais
Maire
Mandat
Alain Morin
2014-2020
Code postal 69790
Code commune 69209
Démographie
Gentilé Saint-Ignons
Population
municipale
600 hab. (2014)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 14′ 29″ nord, 4° 26′ 12″ est
Altitude Min. 407 m – Max. 943 m
Superficie 27,35 km2
Localisation

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Saint-Igny-de-Vers est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Igny-de-Vers fait partie du Beaujolais, dans le nord du département du Rhône[1]. À l'ouest, son territoire est limitrophe du département de Saône-et-Loire et de la région Bourgogne-Franche-Comté.

La densité démographique est faible, à l'image de celle de l'ensemble du canton, et l'habitat très dispersé. Le village était autrefois réputé pour sa production d'échelles et de bennes[1]. L'économie est aujourd'hui tournée vers la polyculture, à dominante d'élevage, et la sylviculture[2], qui occupe près de la moitié (1247 hectares) du territoire de la commune[1].

Lieux-dits, hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

On a compté à Saint-Igny-de-Vers jusqu'à 81 hameaux, portant les noms suivants[3] : Les Agresles, Ajoux, Les Alloings, La Bachasse, Les Barres, En Bèche, Bel-Air, La Bénethuilière, Le Bessay, Les Bessères, Chez Blanchons, Les Bois, Les Bourbes, La Brette, Le Brossard, La Brosse, Les Bruyères, Les Canots, Champ-Joint, Les Charmes, Le Charne, Chenevières, Les Clachères, La Combe, Les Côtes, Croix-de-Mont, Le Crot-au-Loup, Églives, La Fabrique, La Forêt, Les Gachots, Le Galiot, La Garenne, Les Gays, Le Gazot, Les Ghètes, Les Gobiers, La Grande-Cheminée, La Guillotière, L'Haye du Pont, Les Hayes, L'Horme, Les Jaunets, Mémont, Les Merles, Les Michels, Mont, Montgelus, Les Moussières, Les Noires, La Noue, Le Paquies, Les Parois, Le Patoz, Les Perdus, Les Pins, Le Plat, Le Pont-du-Gas, La Rêve, La Rivière, La Roche, Le Rochon, Le Rousset, Le Royat, Le Sauzay, Les Sertines, Les Sots, Le Souchon, Le Taluf, Terre-Noire, Le Thillet, La Tourrelle, Les Trives, La Tuilerie, Vaudemont, La Vendenesse, Le Vernay, Vers, Le Ververin, Vibus, Ville-de-Vers.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Aigueperse Saint-Bonnet-des-Bruyères Rose des vents
Saint-Racho (Saône-et-Loire) N Monsols
O    Saint-Igny-de-Vers    E
S
Saint-Clément-de-Vers Propières

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée Semtiniacus au XIe siècle[4]. On trouve dans le cartulaire de Cluny la forme Santiniacum. La forme française Saintigny est devenue « Saint-Igny » par fausse étymologie.

Ce toponyme d'origine gauloise ou gallo-romane pourrait signifier « domaine de Santinus »[2],[5] ou plutôt « de Sentinius », anthroponyme lui-même dérivé du gaulois sentu, « chemin »[5],[6], suivi du suffixe -acum d'origine gauloise qui marque la propriété. C'est un homonyme de Sinzenich (de) (Allemagne), forme germanisée qui vient également d'un ancien Sentiniacum.

Une conjecture plaisante, mais sans fondement, préfère y voir l'évocation des « saints feux » (en latin sancti igni) que les habitants allumaient pour la Saint-Jean, fête du patron du pays[1].

Le déterminant complémentaire -Vers est celui d'un de ses nombreux hameaux, dont l'étymologie est obscure : peut-être vers ou verrats (sangliers)[2], ou bien le versant, désignant précisément le bon versant, celui qui est exposé au soleil[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le territoire de Saint-Igny-de-Vers s'étendait pour partie en Beaujolais, pour partie en Mâconnais, d'où une situation d'une grande complexité administrative. La justice de la partie beaujolaise dépendait de la châtellenie de Chevagny-le-Lombard, à Aigueperse, alors que la partie mâconnaise relevait de la juridiction du château de Vers, qui s'étendait sur les paroisses des Feuillées et de Saint-Clément. De plus, en 1288, Louis de Beaujeu avait fait don aux chanoines d'Aigueperse de la partie de la paroisse qui lui revenait[2] : jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, cette partie releva comme le chapitre d'Aigueperse du diocèse d'Autun, l'autre appartenant au diocèse de Mâcon[7].

Pendant la Révolution, Saint-Igny-de-Vers fut rebaptisée Vers-la-Montagne. En 1801, elle devint momentanément le chef-lieu d'un canton qui regroupait autour d'elle Aigueperse, Azolette, Propières et Saint-Bonnet-des-Bruyères. En 1868, une partie du territoire de la commune en fut détachée pour former celle de Saint-Clément-de-Vers[2].

Durant la Seconde Guerre mondiale, la commune fut le théâtre, du 19 au 22 , de la tragédie de Vers : après un accrochage avec le maquis, une compagnie de la Wehrmacht pilla et incendia le hameau de Vers, tuant deux prisonniers pris dans la population[8].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Igny-de-Vers Blason D'or au sanglier de sable, défendu d'argent, soutenu de deux ondes alésées d'azur et surmonté de trois sapins de sinople rangés en chef.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 en cours Alain Morin DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2009[10],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 600 habitants, en augmentation de 0,84 % par rapport à 2009 (Rhône : 5,17 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 260 1 594 1 545 2 881 2 835 2 619 2 558 2 558 2 683
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 471 2 443 2 350 1 959 1 882 1 749 1 763 1 687 1 714
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 738 1 576 1 525 1 268 1 185 1 143 1 033 932 884
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
828 759 729 598 503 553 598 601 600
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
Pyramide des âges
Pyramide des âges à Saint-Igny-de-Vers en 2006[13] en pourcentage.
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou plus
3,4 
12,8 
75 à 89 ans
19,6 
19,6 
60 à 74 ans
22,3 
23,7 
45 à 59 ans
19,0 
17,0 
30 à 44 ans
15,1 
11,8 
15 à 29 ans
7,6 
14,7 
0 à 14 ans
13,0 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Chapelle Notre-Dame de Vers.

Sur la place centrale du village, en face du monument aux morts, se trouve l'église Saint-Jean-Baptiste : reconstruite vers 1848, elle garde cependant des traces de constructions antérieures dont les plus anciennes (baptistère) pourraient remonter au XIIe siècle[2]. La façade de l'église est décorée d'un bestiaire médiéval unique dans la région, bien qu'un peu abîmé par le temps et datant du XIIe siècle. Les collines boisées environnantes abritent quelques ruines et des promenades aménagées longent la rivière du Sornin. La commune dispose par ailleurs du plan d'eau de la Vendenesse[1], de terrains de football et de tennis et d'une salle des fêtes.

La chapelle Notre-Dame de Vers, dans le hameau du même nom, a été bâtie au XIIe siècle par les moines du mont Saint-Rigaud[7]. Elle attirait de nombreux pèlerins qui attendaient peut-être de leurs prières la destruction des vers nuisibles aux cultures, ou la guérison de leurs enfants fatigués par les parasites homonymes. Déclaré bien national en 1793, le bâtiment a été rendu au culte en 1874 après d'importantes réparations[1], poursuivies jusqu'en 1879. Sauvée des flammes lors de l'incendie du hameau en 1944[7], la chapelle se singularise par sa toiture recouverte de tuiles polychromes et son intérieur entièrement peint et décoré à la main, dans un style 1900[1], qui a fait l'objet d'un programme de restauration de 1993 à 1997[7].

Vers dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans le poème d’Aragon, Le Conscrit des cent villages, écrit comme acte de résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale[14], les lignes 73 Vers Pré-en-Paille ou Trinquetaille et 74 Vers Venouze ou vers Venizy peuvent donner lieu à plusieurs interprétations.

Dans la ligne 74, il semble normal de privilégier la lecture de Vers comme une préposition.

En revanche, en l'absence de ponctuation et de répétition de vers avant Trinquetaille, il faut probablement lire la ligne 73 comme une succession de trois noms de villages : Vers, Pré-en-Paille, Trinquetaille.

Vers peut alors faire référence à quatre lieux au choix :

Manifestations sportives[modifier | modifier le code]

Saint-Igny-de-Vers est le berceau de l'autocross français : chaque année la commune accueille, fin mai ou début juin, une manche du championnat de France ainsi que, à la fin de l'été et depuis 2007, la seule manche du championnat d'Europe à se tenir en France[1],[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Saint-Igny-de-Vers sur le site de l'Office de tourisme du Haut-Beaujolais.
  2. a, b, c, d, e et f André Pelletier, « Canton de Monsols » in Grande encyclopédie de Lyon et des communes du Rhône, t. 4 : Arrondissement de Villefranche, Horvath, 1982 (ISBN 9782717102314), p. 389, en ligne sur http://membres.lycos.fr/dumoulinhome.
  3. Liste des hameaux de la commune sur le site de la Société généalogique du Lyonnais et du Beaujolais.
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 604b
  5. a, b et c Mario Rossi, Les Noms de lieux du Brionnais-Charolais : témoins de l'histoire du peuplement et du paysage, Publibook, (ISBN 9782748350722, lire en ligne), p. 499
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit..
  7. a, b, c et d Site http://www.chapelle-de-vers.com.
  8. Dossier de la tragédie sur http://www.chapelle-de-vers.com.
  9. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  13. Évolution et structure de la population de Saint-Igny-de-Vers sur le site de l'Insee.
  14. Louis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris : Seghers, 2004 (2e édition). (ISBN 2-232-12242-5), p. 373-375
  15. Présentation de l'épreuve sur le site de la FFSA.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]