Vaucluse (IGP)

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Vaucluse (IGP)
Image illustrative de l'article Vaucluse (IGP)
Dans la vallée du Calavon :
un des terroirs des vins de pays de
Vaucluse.

Désignation(s) Vaucluse (IGP)
Appellation(s) principale(s) vaucluse[1]
Type d'appellation(s) IGP départementale
Reconnue depuis 1981
Pays Drapeau de la France France
Région parente vallée du Rhône
Localisation Vaucluse
Climat tempéré méditerranéen avec influence du mistral
Cépages dominants Cépages blancs
grenache blanc, bourboulenc et rolle (ou vermentino), ugni blanc, chardonnay
Cépages noirs
grenache, cinsault, syrah, cabernet sauvignon et carignan[2]
Vins produits rouges, rosés et blancs
Production 150 000 hl
Rendement moyen à l'hectare 85 ou 90 hl/ha

Le vaucluse, appelé vin de pays de Vaucluse jusqu'en 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) départementale qui a vocation à labelliser, après dégustation, les vins ne pouvant postuler une appellation d'origine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vin de pays depuis le .

Production[modifier | modifier le code]

Le vin de pays de Vaucluse labellise environ 150 000 hectolites par an. Il marque le pas, depuis une dizaine d'années, face au succès des vins de pays de zone du même département (Principauté d'Orange et Pays d'Aigues)[3].

Types de vin[modifier | modifier le code]

Les vins rouges représentent 75 % de la production, les rosés 10 % et les blancs 15 %, mais ceux-ci correspondent à eux seuls à 35 % des volumes de la région PACA[3].

Encépagement[modifier | modifier le code]

Bouteilles de vin de pays de Vaucluse au Palais du vin à Courthézon

Il reste traditionnel pour les cépages rouges avec grenache, cinsault et syrah, seuls s'y ajoutent deux cépages étrangers à la région, le merlot et le cabernet sauvignon. Le carignan, cépage régional, mais exclu des AOC comme trop productif, complète cette gamme. Les cépages blancs sont aussi essentiellement régionaux : grenache blanc, bourboulenc et rolle (ou vermentino). L'ugni blanc qui participe de moins en moins aux assemblages des vins d'appellation complète la gamme avec le chardonnay, très souvent vinifié à part[3].

Vinification[modifier | modifier le code]

C'est l'ensemble des opérations nécessaires à la transformation du moût (nom du jus de raisin) et à l'élaboration du vin. Certaines de ces opérations sont nécessaires, telle la fermentation alcoolique, et d'autres permettent d'affiner le profil du vin, tant au niveau aromatique (olfactif) que gustatif (goûts).

Vinification en rouge[modifier | modifier le code]

En attendant le Tour de France 2014, en Angleterre, avec une nappe provençale et un vin rouge de pays de Vaucluse

La vinification en rouge consiste à faire un pressurage après que la fermentation a commencé. Pendant toute cette phase, le moût est en contact avec les matières solides de la vendange. Celles-ci sont très riches en tanins, matières colorantes, odorantes, minérales et azotées. Ces substances vont alors se dissoudre plus ou moins dans le moût et se retrouver dans le vin[4].

C'est la cuvaison pendant laquelle les sucres se transforment en alcool (fermentation alcoolique) et le jus se voit enrichi par les composants du moût. Plus la macération est longue, plus la coloration du vin sera intense[4]. Se disolvent également les tanins, leur taux sera aussi fonction du temps de la cuvaison. Plus elle sera longue, plus les vins seront aptes à vieillir. Durant cette phase, se produit une forte élévation de la température. Celle-ci est de plus en plus contrôlée par la technique de maîtrise des températures[5].

Vinification en blanc[modifier | modifier le code]

IGP Vaucluse Viognier
Chardonnay IGP Vaucluse de la cave des vins de Sylla à Apt

Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Ce qui explique que l'on peut faire indifféremment du blanc à partir de cépages blancs et rouges. C'est le cas du Champagne. Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[6].

L'extraction du jus et sa séparation des partie solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évités par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[6]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toutes particules en suspension. Là aussi, encore plus que pour une vinification en rouge, s'impose la maîtrise des températures lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20° et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[7].

Vinification en rosé[modifier | modifier le code]

La vinification en rosé se produit par macération, limitée dans le temps, de cépages à pellicule noire avec possible ajout de cépages blancs. Le vin rosé n'a pas de définition légale. Mais ses techniques de vinification sont très strictes et n'autorisent en rien en Europe le mélange de vin rouge et blanc. Deux principes différents sont utilisés :

  • Le premier consiste à extraire par écoulement une partie du jus dès l'encuvage lors de la vinification en rouge ; c'est la saignée. C'est le jus qui s'égoutte sous le poids de la vendange - au maximum entre 20 à 25 % - et qui va macérer durant 3 à 24 heures. Cette méthode produit des vins rosés à la robe soutenue, et la quantité potentielle produite dépend de la concentration recherchée pour le vin rouge produit.
  • Le second principe est le pressurage direct, qui consiste à extraire le jus en plusieurs fois, au cours de la macération, qui dure quelques heures. Les jus successivements extraits sont progressivement plus chargés en tanins provenant des peaux, et peuvent ensuite être assemblés.Une vendange bien mûre pourra colorer le jus et sa vinification se fait en blanc[7].

La maîtrise des températures est une nécessité, un vin rosé a une robe qui s'apparente à celle d'un vin rouge très clair, plus le fruit et la fraîcheur des vins blancs[8].

Producteurs[modifier | modifier le code]

Domaine producteur de l'IGP Vaucluse à Lumières

Ils se trouvent répartis sur l'ensemble du département, leurs caves sont cependant regroupées en trois zones œnotouristiques, le cœur du Luberon, le pied du Ventoux, le fil du Rhône. Le périmètre de production couvre environ 9 000 hectares. Les producteurs sont répartis en 236 caves particulières, 35 caves coopératives et 7 maisons de négoce. Ils mettent en marché environ 400 000 hectolitres. La majorité est regroupée dans le syndicat des producteurs qui représente les caves produisant, outre l'IGP Vaucluse, l'IGP régionale Méditerranée pour les vins produits sur le département de Vaucluse et les mentions territoriales Vaucluse Principauté d'Orange et Vaucluse Aigues[9].

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Ce vin est essentiellement commercialisé sur le lieu de production (domaines, caves et caveaux) et dans le secteur GMS (grandes et moyennes surfaces). Il en est exporté 10 %[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine ; « Vaucluse », sur www.inao.gouv.fr, Ministère de l'agriculture. Institut national de l'origine et de la qualité, (consulté le 22 mars 2011).
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. a, b, c et d Vins de pays de France, op. cit., p. 83.
  4. a et b Colette Navarre, op. cit., p. 131.
  5. Colette Navarre, op. cit., p. 132.
  6. a et b Jean-Luc Berger, op. cit., p. 76.
  7. a et b Jean-Luc Berger, op. cit., p. 77.
  8. Jean-Luc Berger, op. cit., p. 78.
  9. Périmètre de production de l'IGP Vaucluse

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Menjucq, président de l'ANIVIT (sous la direction de), Vins de pays de France, Éd. Romain Pages, Saint-Cloud, 1991, (ISBN 2908878151)
  • Jean-Luc Berger, Les filières de la vinification, in La vigne et le vin, numéro hors série trimestriel de Science & Vie, no 155, septembre 1986, p. 72-79, (ISSN 0151-0282)
  • Colette Navarre, L'œnologie, Éd. J. H. Baillière, (Technique et Documentation - Lavoisier), Paris, 1988, (ISBN 2852064316)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]