Vassa Geleznova
| Titre original |
(ru) Васса Железнова |
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Vassa Geleznova (en russe : Васса Железнова) est une pièce de théâtre du dramaturge et auteur russe et soviétique Maxime Gorki[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]La pièce est écrite et publiée en 1910. Elle est jouée pour la première fois le à Léningrad, après que Gorki en a écrit une nouvelle version l'année précédente.
Le prototype du personnage principal de la pièce était la veuve d'un exploitant de bateau à vapeur et propriétaire de maison de Nijni Novgorod, la marchande Maria Kapitonovna Kachina (1857-1916)[2].
Résumé
[modifier | modifier le code]Formellement, la pièce couvre deux jours de la vie des protagonistes, mais au fur et à mesure que l'action progresse, leurs histoires personnelles sont révélées.
Vassa Geleznova est une riche femme d'affaires qui dirige une compagnie maritime[3].
Elle et son frère aîné, Prokhor, sont les héritiers de l'illustre famille de marchands Khrapov. La jeune Vassa tomba amoureuse du beau capitaine Geleznov, de dix-huit ans son ainé ; elle tint bon face à sa famille et l'épousa.
Au moment des faits, Vassa a 42 ans, son mari en a 60. Mais c'est Vassa la véritable chef de famille.
Son frère aîné, Prokhor, en revanche, se transforma peu à peu en véritable parasite. Sans Vassa, il aurait depuis longtemps dilapidé son héritage dans l'alcool, mais sa sœur s'en empara et le conserva jalousement. Elle subvient cependant aux besoins de son frère, qui continue de passer ses journées à faire la fête avec son beau-frère, Sergueï Geleznov. De plus, Prokhor, désormais âgé, entretient une liaison avec la servante, Liza, enceinte de lui, une situation dont il a terriblement honte et qu'il dissimule, même si cette grossesse n'est plus un secret pour personne dans la maison. Prokhor flatte Vassa tout en la haïssant, se sentant non seulement lésé financièrement, mais aussi privé de la possibilité de poursuivre la carrière d'acteur dont il rêvait.
Vassa et Sergueï Geleznov eurent une nombreuse descendance, mais seuls trois enfants survécurent : leur fils aîné, Fiodor, et deux filles, Natalia et Lioudmila[3].
Fiodor, homme à la santé fragile, vit à l'étranger. Les dialogues des personnages révèlent que Fiodor, amoureux de Rachel, une Juive et militante révolutionnaire aussi déterminée que Vassa, s'est éloigné de sa mère et n'a aucune intention de reprendre l'entreprise familiale. Bientôt, victimes de persécutions gouvernementales, Fiodor et Rachel fuient à l'étranger grâce à l'argent de Vassa. Celle-ci garde provisoirement leur fils, son petit-fils Kolia, qui vit au village, loin de la vie nomade de ses parents. Rachel, reconnaissant la force et la détermination de Vassa, la considère néanmoins comme une capitaliste uniquement préoccupée par le profit, mais accepte son argent pour la lutte révolutionnaire et, pendant la maladie de Fiodor, consent à ce que son fils vive chez sa grand-mère. Contrairement à Rachel, Fiodor n'apparaît pas sur scène.
Natalia, la fille aînée des Geleznov, possède une forte personnalité. Mais sous l'influence du mode de vie dissolu de son père, de l'autorité inflexible de sa mère et de leur fortune commune, elle est devenue capricieuse et oisive. Elle vit sans but précis dans la maison familiale, où tout lui est offert. Au fond, Natalia respecte sa mère tout en la détestant, tout comme à sa manière elle aime son père tout en le méprisant.
Lioudmila, ou « Lioudochka » pour sa famille, est la benjamine des Geleznov, à mi-chemin entre l'adolescence et l'enfance. C'est la plus gentille, la plus naïve et la plus affectueuse des membres de la famille, mais aussi une jeune fille visiblement perturbée par les querelles familiales.
Un autre personnage important est Anna Onochenkova, la secrétaire de Vassa, son bras droit[3].
Acte I
[modifier | modifier le code]L'action commence tôt le matin dans le bureau de Vassa, où elle reçoit Melnikov, un membre influent du tribunal de district. Moyennant une somme importante, il est sensé d'aider à disculper le mari de Vassa, Sergueï, arrêté lors d'une descente de police dans la maison close et accusé de détournement de mineur. Melnikov lui annonce que le procès ne pourra pas être évité : l'affaire a été confiée à un nouveau procureur qui n'accepte pas les pots-de-vin.
Vassa comprend néanmoins que ses efforts sont vains et que le scandale est inévitable. Après le départ de Melnikov, elle demande à Sergueï de venir dans son bureau. Elle l'a jadis aimé passionnément et a enduré l'humiliation et la trahison par amour. Elle n'est toujours pas totalement indifférente à cet homme brillant, mais faible. Mais pour Vassa, l'honneur familial et les intérêts de l'entreprise maritime sont primordiaux. Elle commence à le persuader d'épargner la honte à la famille en « prenant la poudre ». En réalité, elle pousse son mari au suicide. Sergueï, horrifié, refuse. Vassa insiste, en lui reprochant de toujours vivre pour lui-même, sans se soucier des conséquences : il a effrayé Lioudmila en faisant venir des prostituées à la maison, et depuis, elle a perdu la raison ; il a corrompu Natalia en lui apprenant à boire de l'alcool et à vivre pour le plaisir. Sergueï continue de refuser la « poudre », mais avec moins de conviction… Vassa se retire[3].
D'autres habitants de la maison se réunissent par petits groupes et parlent de l'affaire, l'atmosphère dans la maison devient tendue. La bonne Liza arrive soudainement, ayant découvert le corps sans vie de Sergueï[3].
Acte II
[modifier | modifier le code]Plusieurs semaines se sont écoulées depuis la mort de Sergueï Geleznov. Vassa discute des événements récents avec son assistante, Anna Onochenkova, notamment des rumeurs qui circulent en ville concernant la prétendue mort de la servante Liza, asphyxiée par les émanations d’un bain public. En réalité, la jeune femme s’est pendue, incapable de supporter la honte de sa grossesse.
Rachel, la belle-fille de Vassa, arrive à l'improviste. Fiodor est sur le point de mourir de la tuberculose. Rachel, recherchée pour ses activités révolutionnaires, est arrivée avec de faux papiers pour récupérer son fils Kolia, espérant refaire sa vie à l'étranger. Mais son petit-fils est le seul espoir de Vassa, son principal héritier ; après avoir constitué une dot importante pour ses filles, elle compte lui léguer toutes ses affaires et sa fortune. Vassa apprécie Rachel, mais décide de la livrer aux gendarmes afin de la contraindre plus tard à renoncer à ses droits sur Kolia[3].
Vassa, malgré son caractère bien trempé, souffre profondément. Elle aime ses enfants, mais elle sait qu'ils ont échoué. Fiodor se meurt, Natalia se consume à petit feu à cause de l'alcool, Lioudmila est comme absente. Son combat pour Kolia est un combat pour l'avenir de son entreprise. Pour cela, elle a sacrifié son mari et est prête à sacrifier Rachel et tous les autres[3].
Mais soudain, juste après le thé du soir, Vassa meurt dans son bureau, et sa mort anéantit tous ses projets. Son frère Prokhor et sa secrétaire Anna, sans même prendre la peine de déplacer le corps de la défunte, se disputent ses papiers et l'argent liquide entreposés dans le bureau. Anna invoque le testament qui la désigne comme tutrice des enfants mineures. Prokhor et Natalia tentent en vain de l'arrêter. Anna révèle à Rachel où se trouve son fils Kolia, pour que celui-ci soit emmené et ne s'interpose plus entre elle et l'héritage. Il est clair que bientôt, l'entreprise de Vassa, pour laquelle elle a même commis des crimes, sera réduite à néant… Au milieu de cette agitation autour de la tutelle et de l'argent, la mort de la matriarche est perçue avec une certaine indifférence, et seule sa fille Lioudmila pleure sa mère[3].
Mises en scène
[modifier | modifier le code]- En France
- 1959 : traduction d'Arthur Adamov, mise en scène de Gabriel Garran, musique d'Edgar Bischoff, Théâtre du Tertre, Paris[4].
- 1967 : traduction d'Arthur Adamov, mise en scène de Pierre Valde, MJC-Théâtre, Colombes[5].
- 1991 : mise en scène d'Anne-Marie Lazarini, avec Viviane Théophilidès, Artistic Athévains, Paris[6].
Adaptations
[modifier | modifier le code]- 1953 : Vassa Geleznova (en), film soviétique de Leonid Loukov
- 1972 : Vassa Geleznova, téléfilm français de Pierre Badel
- 1983 : Vassa (en russe : Bacca), film soviétique réalisé par Gleb Panfilov
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Васса Железнова » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Maxim Gorky, Gorky Plays: 2 : The Zykovs; Egor Bulychov; Vassa Zheleznova (The Mother); The Last Ones, vol. 2, Bloomsbury Publishing, , 336 p. (ISBN 9781474278935, lire en ligne)
- ↑ (ru) Антон Николаев, « Железная Кашиха. Настоящая судьба прототипа горьковской Вассы Железновой », Argoumenty i Fakty, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Jacques Michaut, Jacques Sancan, De Avvakum à Zinoviev : 200 œuvres littéraires, 100 auteurs russes : analyses, thèmes, cartes, tableaux, FeniXX, , 416 p. (ISBN 9782307273578, lire en ligne)
- ↑ « Gorki au théâtre du Tertre », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Vassa Geleznova de Gorki », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Cauchemar sur la Volga. Gorki, à Gorki, embarque sur le "Gorki" et n'en meurt pas moins. Vassa Geleznova au Théâtre Artistic-Athévains », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Première version (en russe)
- Deuxième version (en russe)