Valleran Le Conte

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Valleran Le Conte[1] est un acteur et chef de troupe au tournant des XVIe et XVIIe siècles, originaire de Montdidier ou d'Amiens, décédé avant 1634.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant de se consacrer à sa carrière de comédien, il est valet de chambre du duc de Nemours, puis receveur général de la seigneurie de Verneuil-sur-Oise[2]. Il fait partie d'une troupe ambulante et joue à Bordeaux, Rouen, Francfort et Strasbourg entre 1592 et 1593, puis occupe l'Hôtel de Bourgogne dès 1599[2].

Il tente d'imposer au public parisien le répertoire d'Alexandre Hardy, son poète à gages. Mais, à ce « théâtre nouveau », le public préfère la farce traditionnelle et la commedia dell'arte italienne, et Valleran Le Conte, ruiné, quitte Paris avec sa troupe pour de nouvelles tournées en province[3]. De 1606 à 1608, une nouvelle tentative dans la capitale n'est pas plus couronnée de succès, malgré la présence dans la troupe de Gaultier-Garguille[4]. De retour à Paris en 1609, ayant intégré à sa troupe de jeunes apprentis comédiens, dont Bellerose, Rachel Trepeau et plus tard Montdory, il tente à nouveau, sans succès, de conquérir « un public toujours rétif et rebelle au théâtre d'Alexandre Hardy ». En 1613, il joue à Leyde et à La Haye ; sa trace se perd ensuite, la date et le lieu de sa mort sont inconnus[5].

Selon Georges Mongrédien, « […] la carrière parisienne, brève, mouvementée et malheureuse de Valleran Le Conte nous offre [...] l'exemple émouvant d'une véritable vocation. [Valleran Le Comte] apparait, après plus de trois siècles, comme un ancêtre de nos modernes chefs de compagnie d'avant-garde, passionnés de beau et de vrai théâtre. Son histoire [est celle] d'un pionnier qui entend s'affranchir et affranchir son public d'un répertoire usé et sclérosé pour y substituer un théâtre nouveau, épuré des grossièretés et des pitreries de la farce, d'une grande qualité littéraire [...]. Le rêve artistique qui a animé toute son action [...] était un beau rêve, car ce qu'il voulait installer à l'Hôtel de Bourgogne - sans en avoir, bien entendu, clairement conscience - c'était tout simplement notre théâtre classique qui triomphera vingt ans après sa disparition ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • S. Wilma Deierkrauf-Holsboer, Le Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, Paris, A. - G. Nizet,‎
  • Georges Mongrédien, La Vie quotidienne des comédiens au temps de Molière, Librairie Hachette,‎ (ISBN 2-01-007302-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On a longtemps cru que son patronyme était Valleran Le Conte, mais Valleran est bien son prénom.
  2. a et b (Mongrédien 1966, p. 49)
  3. (Mongrédien 1966, p. 51)
  4. (Mongrédien 1966, p. 52)
  5. (Mongrédien 1966, p. 54)

Lien externe[modifier | modifier le code]