Vallans

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Vallans
Vallans
Mairie de Vallans - rue Saint-Louis.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Deux-Sèvres
Arrondissement Arrondissement de Niort
Canton Canton de Frontenay-Rohan-Rohan
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Niortais
Maire
Mandat
Joël Misbert
2014-2020
Code postal 79270
Code commune 79335
Démographie
Gentilé Vallanséen, Vallanséenne
Population
municipale
795 hab. (2016 en augmentation de 2,58 % par rapport à 2011)
Densité 88 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 12′ 54″ nord, 0° 33′ 05″ ouest
Altitude Min. 17 m
Max. 56 m
Superficie 9,03 km2
Localisation

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Liens
Site web www.vallans.fr

Vallans est une commune du Centre-Ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine.

Commune de la région naturelle du Marais poitevin, elle est incluse dans le parc naturel régional du marais poitevin.

Elle fait partie de la communauté d'agglomération du Niortais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Vallans

La commune occupe un espace d'environ 9 km2 qui s'étend du sud du Marais poitevin à un plateau calcaire, appelé "plaine". Le nord de la commune est donc une zone de marais mouillé sur la rive sud de la Courance, petite rivière qui rejoint le Mignon, affluent de rive gauche de la Sèvre niortaise. Ses paysages se partagent donc entre zones humides aux petites parcelles entourées de haies, souvent de frênes têtards, ou plantées de peupliers, et espaces dégagés et vallonnés dédiés aux cultures.

Le territoire de la commune est parcouru par trois ruisseaux, le bief du Lac, le ruisseau de la Garenne d'Allerit et le ruisseau des Ancis, qui prennent leurs sources à flanc de coteau et convergent vers la plaine de la Courance. Le bourg est aussi situé à flanc de coteau, sur la route départementale D 1, entre Epannes et La Foye-Monjault. Il est aussi relié par la D 118 à Frontenay-Rohan-Rohan, chef-lieu de canton.

Vallans est bordé au nord par la commune de Frontenay-Rohan-Rohan, et plus particulièrement par son village de Faugerit, au nord de la Courance, à l'est par la commune de Granzay-Gript, au sud-est par la commune de la Foye-Monjault, au sud-ouest par la commune de la Rochénard et à l'ouest par la commune d'Epannes.

Économie[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est essentiellement dédiée à l'agriculture, à l'élevage des bovins et aux cultures. L'artisanat est aussi représenté par des entreprises relevant du domaine des travaux publics, de la plomberie, de l'équipement électrique, du bâtiment, de la création, des services à la personne, des transports... La commune bénéficie aussi de la présence d'une boulangerie dans le bourg. Plusieurs gites ruraux et chambres d'hôtes existent aussi sur Vallans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame de Vallans.

Au milieu du XIIIe siècle, Hugues X de Lusignan refusa de reconnaître l'autorité du comte de Poitiers, Alphonse, frère cadet de Louis IX (Saint Louis). Ce dernier décida d'intervenir et se lança en campagne avec une armée de 30 000 hommes, chevaliers et fantassins, et des engins de siège contre les forteresses du sire de Lusignan, dont celle de Frontenay. En mai 1242, le roi passa à Vallans pour assiéger Frontenay, qui tomba en juin, et reçut dès lors le nom de Frontenay-l'Abattu[2],[3]. Louis IX contracta à Vallans une fièvre qu'il crut fatale. Il fit alors le vœu de partir en croisade s'il guérissait, ce qui fut le cas. L'église Notre-Dame de Vallans abrite ainsi, outre son chœur du XIe siècle et ses vitraux du XIXe siècle, un tableau de Saint Louis[4]. La rue principale du bourg de Vallans, qui correspond à la route départementale D 1, fut baptisée rue Saint-Louis en 1991[5].

Blason sur le pignon du château de Vallans.

On trouve des traces de la seigneurie de Vallans, et de son château, situé dans le bourg, au début du XIVe siècle. Il passe ensuite de familles en familles jusqu'aux Chebrou, dont un des membres émigrera à la Révolution, avant de devenir maire au début du XIXe siècle[6].

Sous l'Ancien Régime, Vallans faisait partie de la province de Saintonge. En 1789, au début de la Révolution française, c'est à Saint-Jean-d'Angély que son cahier de doléances fut porté. Celles-ci portaient essentiellement sur les difficultés des viticulteurs, la vigne étant cultivée sur une part importante des 903 hectares de la paroisse : "Le vin constituant notre principale production, nous passons les trois quarts de notre temps à cultiver nos vignes qui nous procurent à peine un bénéfice de six francs par barrique. L'hiver, en un temps où l'argent nous serait le plus nécessaire, les chemins de traverse sont impraticables et ceux reliant le bourg à la grand' route ne sont pas en bon état non plus, si bien que les acheteurs de vin attendent le plus souvent le printemps pour rendre visite aux vignerons."[7]

En 1790, Vallans figura parmi la douzaine de communes cédées par la Saintonge pour former le département des Deux-Sèvres, essentiellement composé de la partie centrale de l'ancienne province du Poitou[8].

Après la Révolution française, les marais communaux ont disparu dans de nombreuses communes, alors qu'à Vallans l'usage du pacage au marais s'est poursuivi jusqu'à l'époque contemporaine[9].

Un vigneron rédigeant ses mémoires au milieu du XXe siècle décrivit la situation agricole de 1875 ainsi : "Tout le sud de notre département était vignoble mais quelques communes comme La Foye-Monjault et La Rochénard l'étaient entièrement ; d'autres comme Vallans, Usseau et Granzay l'étaient aussi mais une partie était marais, chambeaux[10] et prairies." Les vignes de Vallans et des communes environnantes ont pratiquement toutes disparu lors de la crise du phylloxéra, entre 1878 et 1885[11]. À la suite de ce bouleversement économique, qui marqua le début d'une longue baisse de la population, l'élevage prit un essor fulgurant. Une laiterie coopérative fut créée[12] et elle poursuivit sa production jusqu'en 1944, année où elle fusionna avec la laiterie de Coulon[13]. Les bâtiments de la laiterie de Vallans furent démolis pour laisser place à l'actuel château d'eau, situé rue de la Laiterie.

Au début des années 1830, une école primaire fut ouverte à Vallans[14]. En 1863, une maison et des terrains furent achetés pour accueillir en 1867 l'école et la mairie (qui devinrent ensuite la poste puis l'ancienne poste rue de la Vandée). En 1877, une école séparée pour les filles fut construite. Les deux établissements scolaires et la mairie furent finalement réunis dans le presbytère transformé en 1929[15].

Gautret.

Francis Picabia, peintre cubiste promoteur du mouvement dada, séjourna au château de Gautret en compagnie de son épouse Gabrielle Buffet et de son fils Pancho.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, un agent du réseau de renseignement belge Zéro-France parachuté en août 1943 près d'Assais (à 25 km de Parthenay)[16] échappa de justesse le 21 février 1944 à une arrestation chez des membres du réseau à Niort[17]. Blessé, il fut brièvement hébergé dans les jours qui suivent par Hilaire Chagnon puis Ulysse et son fils Marcel Papot, des habitants du bourg de Vallans. Ces derniers furent arrêtés par la Gestapo, le 16 mars, envoyés à la prison de la Pierre Levée à Poitiers, avant d'être déportés vers le camp de Buchenwald, d'où ils ne revinrent pas. Marcel Dubreuil, autre habitant de Vallans membre du réseau de résistance fut arrêté le 28 mars, et mourut aussi en déportation, de même que Norbert et Amédée Migault de Frontenay Rohan-Rohan et Marcel Albert d'Epannes[18].

Jusqu'à la fin du XXe siècle, de nombreuses femmes au foyer de Vallans, comme des communes environnantes, pratiquaient à domicile l'activité de gantières pour le compte d'industriels niortais, comme les Usines Boinot. Il existe d'ailleurs une rue de la Ganterie à Vallans[19].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1809 1829 Laurent-Alexandre Chebrou[20]   Propriétaire au village d'Allerit, ancien émigré
1953 1977 Jean Roche[21]   Chef d'entreprise de travaux publics
1977 1989 Paul Roche[21]   Chef d'entreprise de travaux publics (frère du précédent)
mars 1989 2017 Joël Misbert[22] PS Conseiller général canton de Frontenay Rohan Rohan (1994-2015)

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Vallans, qui compte à peine 500 habitants au début du XIXe siècle, dépasse les 700 habitants à la veille de la crise du phylloxéra, laquelle marque le début d'une baisse de la population, qui s'inscrit dans le mouvement d'exode rural que connait la France à la même période. Cette baisse, qui voit la population passer sous les 350 habitants dans les années 1970, ne sera enrayée qu'à la fin du XXe siècle, Vallans bénéficiant alors de sa relative proximité de Niort. Les communes périphériques de la ville connaissent alors un important phénomène de rurbanisation. Le cap des 700 est alors à nouveau franchi dans les années 2000.

À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour Vallans, cela correspond à 2007, 2012, 2017[23], etc. Les autres dates de « recensements » (2006, 2009, etc.) sont des estimations légales.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
480467563609631581615637658
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
696710674643630654609582531
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
548541537475450420426446397
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
396371341468538568710730787
2016 - - - - - - - -
795--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2006[25].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vallans est une petite commune dont l'habitat se répartit entre le bourg, sur la D 1, et les hameaux des Touches, d'Allerit et du Petit Village. Trois ruisseaux irriguent le territoire de la commune, du sud vers le nord, où ils rejoignent la rivière Courance. Le chemin de Grande Randonnée GR 36 longe la limite est de la commune.

Son patrimoine est représenté par l’église Notre-Dame. C'est une église d'origine romane, époque dont elle conserve quelques éléments, en particulier son chœur du XIe siècle. Saint Louis vint s'y recueillir durant le siège de Frontenay-Rohan-Rohan en 1242, et un tableau rappelle cet épisode, ainsi qu'une statue du roi[26]. Elle fut partiellement détruite au cours de la guerre de Cent Ans ou des guerres de Religion et fut reconstruite au XIXe siècle.

Château d'Allerit, Vallans.

Trois demeures portent le nom de "châteaux" à Vallans. Leurs noms figurent sur la carte de Cassini de la région. Aujourd'hui, ce sont des propriétés privées qui ne se visitent pas.

  • Le château de Vallans se situe dans le bourg, au chevet de l'église. Il fut le site d'une seigneurie dont on trouve des traces dès le XIVe siècle[6].
  • Le château d'Allerit se situe sur le plateau calcaire, près du GR36. Il fut le siège d'une seigneurie remontant au XVe siècle. Le bâtiment principal actuel, une grande bâtisse rectangulaire, de conception classique, date de 1780[27]. À l'intérieur de sa cour se trouve un vaste pigeonnier circulaire. Ce fut le lieu de naissance de Charles-François Boscal, comte de Réals de Mornac (1777-1866), maire de Saintes et député de Charente-Maritime[27].
  • Le château ou logis de Gautret (parfois orthographié Gautré), se situe à la limite nord de la commune, en bord de marais. On retrace son histoire jusqu'au début du XVIIe siècle. Au début du XXe siècle, le logis fut légué à la famille de Francis Picabia, peintre et écrivain proche du mouvement Dada, avant d'être racheté par un agriculteur local en 1940[28].
Pigeonnier du château d'Allerit.

On peut aussi voir à Vallans de nombreuses fermes et habitations traditionnelles, aux murs construits de petits moellons plats de la pierre calcaire claire locale, soigneusement maçonnés.

Il existe également de nombreux petits édifices liés à l’eau, fontaines, lavoirs et puits auxquels s’attachent maintes légendes. Ainsi, la fontaine du Petit Village, dont les eaux vont grossir le ruisseau de la Garenne[29].

Les différents lavoirs s'inscrivent dans un ensemble appartenant au patrimoine du Marais poitevin.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.vallans.fr/Main.aspx?numStructure=81604&numRubrique=504694
  2. Histoire du Poitou, du Limousin et des Pays Charentais, Edmond-René Labande, Privat Éditeur, p. 187
  3. http://frontenay-rohan-rohan.e-monsite.com/pages/frontenay-au-moyen-age.html
  4. http://www.parc-marais-poitevin.fr/index.php/Les-actualites-du-territoire/En-passant-par/En-passant-par-Vallans-79
  5. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2012, p. 4
  6. a et b http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-deux-sevres-chateau-a-vallans-chateau-de-vallans.html
  7. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2002, p. 5
  8. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, juin 2000, p. 7
  9. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, juin 2002, p. 3
  10. Jardins potagers cultivés dans les marais.
  11. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2014, p. 8
  12. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, juin 2013, p. 15
  13. http://www.camembert-museum.com/pages/historique-region-ouest/cooperative-de-vallans-79.html
  14. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2012, p. 5
  15. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, juin 2001, p. 4-5
  16. http://www.crrl.fr/module-Contenus-viewpub-tid-2-pid-28.html
  17. http://www.crrl.fr/module-pagesetter-viewpub-tid-2-pid-21.html
  18. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, juin 2005, p. 6
  19. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2007, p. 7
  20. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2002,p. 5
  21. a et b Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, décembre 2004,p. 3
  22. Site de la préfecture, consulté le 31 août 2008
  23. « Calendrier de recensement », sur Insee (consulté le 28 avril 2012)
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  26. Affichage in situ.
  27. a et b http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateaux-deux-sevres-chateau-vallans-chateau-d-allerit.html
  28. http://frontenay-rohan-rohan.e-monsite.com/pages/l-histoire-du-logis-de-gautret.html
  29. Le P'tit Communal, Bulletin Municipal d'Informations, juin 2013, p. 12