Vallée du Fango

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Vallée du Fango *
Image illustrative de l’article Vallée du Fango
Vallée du Fango et Paglia Orba
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Coordonnées 42° 28′ 00″ nord, 8° 40′ 00″ est
Création
Superficie Cœur : 4 398 ha
Zone tampon : 7 712 ha
Zone de transition : 13 000 ha
Géolocalisation sur la carte : Corse
(Voir situation sur carte : Corse)
localisation
Géolocalisation sur la carte : Haute-Corse
(Voir situation sur carte : Haute-Corse)
localisation
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Carte de la réserve de biosphère avec son zonage.

La vallée du Fango (parfois orthographiée vallée du Fangu[1]) a été désignée réserve de biosphère par l'UNESCO le . Son cœur est la forêt de Piriu, formée de pins maritimes et noirs ainsi que de remarquables chênes verts multiséculaires qui compteraient parmi les plus vieux du monde. La yeuseraie de Piriu (77,9 ha) n'est plus exploitée depuis 1850.

Le Fango est un fleuve insulaire qui se jette dans la mer Méditerranée sur la façade ouest de la Corse. Ce fleuve a des eaux très claires grâce à sa très faible minéralisation. En effet, les trois quarts des éléments dissous contenus dans les eaux du Fango sont issus de l'atmosphère. Le fleuve est peu touché par les activités humaines qui sont principalement l'élevage et le tourisme. Toutefois, la fréquentation touristique s'est fortement développée ces dernières années le long du fleuve, pour la baignade.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bassin versant du Fango s'étend sur environ 25 110 hectares, cette surface est couverte par la réserve de biosphère. Le fleuve prend sa source dans les montagnes corses, sur le mont Capu Tafunatu, à une altitude de 2 256 mètres, puis descend son cours torrentueux pour se jeter dans le golfe de Galéria et la mer Méditerranée[2]. Il s'écoule sur une longueur de 24 km2[3].

La vallée du Fango correspond à la piève de Filosorma, du point de vue historique. Elle englobe, au moins en partie, les communes de Galéria, Manso et Calenzana.

Aménagement et gestion[modifier | modifier le code]

La réserve de biosphère a été créée en 1977, par le programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO, elle a ensuite été agrandie et renommée en 1990. Sa structure coordinatrice est le parc naturel régional de Corse (PNRC) associé à un comité d'aide à la gestion composé des trois communes concernées (Galéria, Manso et Calenzana), de l'Office national des forêts et de « l'Association pour l'étude écologique du Maquis et des autres milieux naturels ». D'une surface totale de 25 110 ha, elle possède 979 ha d'espace marin[1].

Le bassin versant du Fango est classé comme zone Natura 2000[4]. Le Fango a également reçu le label de « Site rivière sauvage » décerné par l'Office de l'environnement de la Corse. Il a fait l’objet d'un contrat de rivière, entre 2014 et 2019, pour un budget de 1,8 milions d'€[5].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La vallée du Fango est représentative des paysages méditerranéens sauvages, avec sa mosaïque de milieux qui s'étagent depuis la montagne (2 556 m[1]) jusqu'au delta : l'Atlas des paysage de la DREAL de Corse, de 2012, défini deux types de paysages : d'une part des « massifs montagneux » où les éléments minéraux dominent, la végétation y est rase ; et d'autre part des vallées avec un versant nord très boisé et un versant sud où se sont installés des villages pittoresques. Aux étages supérieurs dominent le pin Laricio, puis le pin maritime et plus bas on trouve des formations de chêne vert[6].

Les pentes sont marquées et les ruisseaux forment des torrents entrecoupés de cascades et des vasques naturelles ou creux de dissolution (en).

La chênaie verte[7] et le delta[8] ont fait l'objet de deux ZNIEFF respectivement type 2 et type 1.

Eau et milieu aquatique[modifier | modifier le code]

En 2017, tous les indicateurs de qualité de l'eau, physico-chimique, chimique et écologique étaient soit « bons » soit « très bons », pour la station de Fango a Galeria (06222600)[9]. La qualité des eaux de baignade, pour Tuareli à Manso, sur le Fango, est noté de « qualité suffisante » (donc en dessous de bonne ou excellente), en 2019[10].La nature du substrat, formé de rhyolite, rend les eaux du fleuve peu minéralisées[4].

La Truite corse est présente en amont du bassin-versant, jusqu'Montestremu. L'Anguille d'Europe et la Blennie fluviatile sont présentent dans le cours moyen du Fango[4].

Formation forestière et maquis[modifier | modifier le code]

Des analyses pédologiques suggèrent que la forêt de la côte ouest de la Corse, au début du Subatlantique (fin de l'Holocène, soit il y a 2500 ans environ), était formée de Pin Laricio et d'Ericaceae (bruyère de Corse, par exemple). Les formations de pin maritime et de Chêne vert ont colonisés la région, entre il y a 2000 et 1000 ans, probablement sous l'influence de la migration de cette dernière espèce et de l'augmentation de la fréquence des incendies, conséquence de l'agriculture sur brûlis[11].

La ZNIEFF « Chênaie verte du bassin du Fango » occupe 4 071 ha[7], l'Office national des forêts est propriétaire d'une partie de cette surface, elle est classée en réserve de chasse et de faune sauvage depuis 1994[12]. L'essence principale de cette formation sont le chêne vert ou « yeuse ». Elle est complétée dans le périmètre de la ZNIEFF par du matorral à Genévrier, des forêt corse à Pin Laricio. Cette forêt accueille l'Autour des palombes, le Cincle plongeur et le Mouflon corse, trois espèces déterminantes[7].

Delta du Fango[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit communément appelé « delta » il s'agit, selon le Muséum National d'Histoire Naturelle d'un estuaire classique[8].

Le large cordon dunaire, présent à cette embouchure, créé un système de retenues d'eau à écoulement lent, il s'y développe des espèces végétales potamiques. La ripisylve à aulnes et saules représente un intérêt botanique majeur. Le cordon dunaire et sa végétation de chênes verts ont été menacés par la présence de campings sauvages, l'acquisition des terres par le Conservatoire du littoral et des rivages lacustres lui assure une certaine protection. Les autres formations végétales sont un maquis bas (non arboré), en amont, et une formation de lauriers sauce, ainsi qu'une oliveraie[8].

Une population de Cistude d'Europe de la sous-espèce Emys orbicularis galloitalica, est présente dans le delta[13].

Population et activités humaines[modifier | modifier le code]

La densité de population de la réserve est très faible avec une population totale estimée à 450 habitants[1].

Historiquement, la vallée du Fango a constitué une importante partie du sentier de la transhumance pour les troupeaux du Niolo et de la Filosorma qui transitaient par les cols de Guagnerola et de Caprunale. Le pâturage a entrainé un changement de végétation : aux forêts ont succédé les maquis[14].

Les agences de tourisme vantent largement les eaux limpides et les piscines naturelles du Fango. La fréquentation, l'été, est évaluée à près de 1000 visiteurs par jour[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « MAB France », sur www.mab-france.org (consulté le 10 juin 2020)
  2. « Vallée du Fango », sur les pages du programme MAB sur le site de l'UNESCO, février 2015 (chiffres de 1992)
  3. Panneau Le Fango un fleuve côtier, au régime torrentiel - P. Simeoni, technicien PNRC
  4. a b et c SITE FR 9400577 « Rivière et Vallée du FANGO » (Document d'objectifs Natura 2000), 2003 ? (lire en ligne)
  5. a et b « Corse : le Fango, premier cours d'eau de l'île à bénéficier d'un contrat de rivière », sur www.sauvonsleau.fr,
  6. Pierre Marie Luciani (inspecteur des sites de Haute-Corse), DREAL Corse, Site de la Haute vallée du Fango (rapport de présentation du projet de classement), , 6 p. (lire en ligne)
  7. a b et c « znieff 940004204 Chenaie verte du bassin du Fango », sur le site de l'INPN
  8. a b et c « znieff 940004138 Delta du Fango », sur le site de l'INPN
  9. « Fango a Galeria », sur eaufrance.fr (consulté le 9 juin 2020)
  10. « Baignade en Corse » [PDF], sur le site officiel de l'Agence régionale de santé Corse,
  11. (en) C. Carcaillet et al., « Fire and late‐Holocene expansion of Quercus ilex and Pinus pinaster on Corsica », Journal of vegetation science, no 8(1),‎ , p. 85-94 (DOI 10.2307/3237246)
  12. « Réserves de chasse », sur le site official de la collectivité de Corse,
  13. Romain Fleuriau et Valérie Bosc, Étude de la population de Cistude d'Europe de l'embouchure du Fangu, Conservatoire du littoral, Conservatoire d'espaces naturels Corse, (lire en ligne)
  14. « Galéria : Vallée du Fango », sur voyages.michelin.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]