Vallée de l'Arve

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vallée de l'Arve
Vallée de l'Arve à hauteur de Chamonix-Mont-Blanc depuis l'aiguille du Midi
Vallée de l'Arve à hauteur de Chamonix-Mont-Blanc depuis l'aiguille du Midi
Massif Alpes
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Coordonnées géographiques 46° 04′ nord, 6° 30′ est

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Vallée de l'Arve

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vallée de l'Arve
Orientation nord-ouest
Longueur 105 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Arve
Voie d'accès principale N 506, N 205, A 40
Vue de la vallée entre Saint-Gervais-les-Bains et Sallanches (en arrière-plan).

La vallée de l'Arve est une vallée alpine située en France dans le département de la Haute-Savoie, où s'écoule l'Arve.

Géographie[modifier | modifier le code]

La vallée de l'Arve correspond à la partie amont du lit de l'Arve, torrent qui prend sa source dans le massif du Mont-Blanc sur le versant savoyard du col de Balme, jusqu'à la limite de la basse vallée se terminant vers Arenthon[1],[2]. En aval la rivière entre dans la plaine annemassienne, puis le canton de Genève pour se jeter dans le Rhône.

Cette vallée trouve son origine durant l'ère glaciaire lorsque les glaciers des Alpes s'étendaient au-delà de Genève.

La haute-vallée de l'Arve désigne selon les auteurs différents espaces. La définition la plus large la fait débuter en amont de Sallanches[3]. Elle correspondrait au coteau de Passy et aux vallées (ou vaux) de Mégève, de Montjoie et de Chamonix. Ce sous-ensemble porte le nom de pays du Mont-Blanc. La vallée de Megève, correspondant au haut-val d'Arly, comprend les territoires du haut de Combloux, de Demi-Quartier, de Megève et de Praz-sur-Arly[4].

Certains auteurs considèrent que la haute-vallée de l'Arve ne correspondrait qu'à la vallée de Chamonix, un espace composé exclusivement de haute-montagne. Cette vallée s'étire, de l'aval à l'amont, sur les communes de Servoz, des Houches, de Chamonix-Mont-Blanc et de Vallorcine[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faucigny (province).

Historiquement, elle correspond en partie au Faucigny, qui fut cédé aux comtes de Savoie en 1355.

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Le fond de la vallée de l'Arve est fortement urbanisé (villes, gros bourgs) :

Activités[modifier | modifier le code]

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le cours de l'Arve et les sections inondables sont classés comme zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type II[6] et compte plusieurs sites naturels remarquables comme les granges de Passy.

La vallée de l'Arve, en raison de son encaissement et du type d'activités humaines qu'elle accueille (urbanisation, industrie et autoroute A40), est soumise à une pollution de l'air chronique, composée notamment par les particules fines, le dioxyde d’azote et le benzopyrène[7] ayant comme principale origine la pollution routière. Ainsi en 2013, le seuil des 35 jours par an de pollution autorisée a été dépassé avec 58 jours[7].

En février 2017, après 35 jours d'épisode de pollution intense, Laurent Wauquiez et la ministre de l'environnement Ségolène Royal ont a annoncé un plan de 45 millions d'euros (sur trois ans) destiné à « inverser la courbe de la pollution d'ici à 2018 dans la vallée de l'Arve »[8], avec l'annonce de « nouvelles mesures radicales ». 37 millions doivent aider à accroître le transfert du trafic de camions vers le train et inciter les travailleurs de la vallée à utiliser le TER plutôt que l'auto. La voie ferrée Saint-Gervais/Vallorcine devrait être améliorée et une nouvelle ligne devrait être créée entre La Roche-sur-Foron et Saint-Gervais ; un nouveau quai de chargement des poids lourds devrait être construit avec l'aide de la région. Cette dernière a annoncé 8,2 millions d'euros de soutien à l'innovation dans le domaine du biogaz et des projets hydroélectriques, ainsi que 3,5 millions d'euros pour le « Fonds Air industrie », et 1,6 millions d'euros pour le renouvellement des utilitaires les plus polluants de la vallée ainsi qu'un million pour le « Fonds air bois » que l'État va doubler à 5 millions. La ministre annonce aussi un renforcement du Plan de protection de l'atmosphère (PPA) de la vallée[9] (en révision) avec des restrictions de circulation supplémentaires pour les poids-lourds, une circulation différenciée ou obligation de remplacement des appareils de chauffage les plus polluants via un arrêté faisant suite à une instruction de la ministre rendue publique le 13 janvier dernier. Des mesures comme le remplacement de 8 000 cheminées en deux ans sont cependant jugées irréalistes par certains élus locaux ou régionaux[8].

Économie[modifier | modifier le code]

La vallée de l'Arve regorge d'industries spécialisées dans le domaine du décolletage ou de la mécanique de précision. Le nombre d'entreprises est estimé à environ 1 000 TPE et PME réalisant 65 % du décolletage en France[réf. nécessaire].

De plus, cette vallée est l'un des carrefours alpins les plus importants[réf. nécessaire] grâce au tunnel du Mont-Blanc et l'A40, reliant l'Europe du Nord (via l'axe rhodanien) à l'Italie.

Pôle de compétitivité[modifier | modifier le code]

La vallée a été retenue pour devenir l'un des 67 pôles de compétitivité définis par le CIADT en 2005 : « Arve-Industries Haute-Savoie-Mont-Blanc »[10].

Ce pôle consacré à la mécatronique (Somfy, Alpes Deis, SNR, Alcatel Vacuum Technology, Adixen, Staubli, etc.) regroupe ainsi 60 000 emplois industriels, 1 200 chercheurs et 250 brevets/an[11]. Les entreprises concernées sont les industriels de la mécanique (Sandvik, Almo Technologies, etc.), de la mécanique de précision et du décolletage et mécanique (Baud Industries, Debiol, Duroule, Bourgeaux, Legendre, Soderec, Travaglini, Carme, Anthoine Bernard & Fils, etc.)

Les marchés servis par les entreprises membres du pôle sont ceux du transport (automobile, poids lourds, ferroviaire et aéronautique), de la production ou distribution d'électricité, de la fluidique (gaz ou liquide, de la très haute pression au vide), du médical et de la santé sans oublier un large secteur d'activités industrielles diverses sans oublier les composants électroniques passifs ou actifs (Bosch-Rexroth, ZF, Rossignol Technology, etc.)

Réseau routier et pollutions induites[modifier | modifier le code]

La vallée est traversée par réseau routier fortement fréquenté (jusqu'à plus de 10 000 véhicules par jour sur plusieurs axes routiers[12]).

Ce réseau routier est source de fragmentation écopaysagère et de mortalité animale due aux véhicules, mais aussi d'une forte pollution routière, aggravée par la proximité du tunnel du Mont-Blanc et ses 1,2 million de véhicules légers par an, auxquels il faut ajouter près de 600 000 poids lourds chaque année. En situation anticyclonique et d'« inversion atmosphérique », la nappe d'air polluée peut longuement stagner dans la vallée et poser des problèmes de santé environnementale[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Unités paysagères de Haute-Savoie, CAUE Haute-Savoie, 7 juillet 2010
  2. Moyenne vallée de l'Arve, Préfecture de la Haute-Savoie
  3. Par exemple, Direction départementale des Territoires (DDT), « Mont-Blanc Haute vallée de l'Arve », sur Préfecture de la Haute-Savoie, (consulté le 24 mai 2015).
  4. Paul Veyret, Germaine Veyret, Atlas et géographie des Alpes françaises, Éditions Famot, coll. « 1979 », , 316 p. (ISSN 0153-7296), p. 158.
  5. Jérôme Petit, « Politique des déplacements et développement touristique ; contraintes et innovations dans les vallées touristiques alpines », Revue de géographie alpine, vol. 90, no 1,‎ , p. 48-65 (lire en ligne), p. 52.
  6. « Ensemble fonctionnel de la rivière Arve et de ses annexes », Inventaire national du patrimoine naturel.
  7. a et b Carole Bélingard, « Pollution : au pied du Mont-Blanc, la vallée de l'Arve est au bord de l'asphyxie », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne).
  8. a et b F. Tubiana, « Le président de la Région ARA lance un « plan massif » tandis que la ministre de l'Environnement promet de « nouvelles mesures radicales ». Vallée de l'Arve : qui inversera la courbe de la pollution ? », Environnement Magazine, 27 février 2017.
  9. « Plan de protection de l'atmosphère de la vallée de l'Arve », 28 novembre 2012
  10. Arve Industries
  11. Chiffres du dossier de presse 2007 du site, diffusé lors de la 1re édition des Rencontres Internationales de l'Usinage - INTERCUT, qui a eu lieu à Cluses en octobre 2007.
  12. [PDF] Haute-Savoie : Trafic routier 2012
  13. [PDF] Joanna Forel, La pollution atmosphérique : un risque majeur pour la santé, notamment dans la vallée de l'Arve, Environn’MontBlanc/Inspire, 2014