Valery de Leuconay

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Valery de Leuconay
Image illustrative de l'article Valery de Leuconay
Apparition de Saint Valery à Hugues Capet, miniature des Grandes Chroniques de France, ms. conservé à la Bibliothèque nationale de France
Saint
Naissance vers 550
Auvergne
Décès 12 décembre 622 
Saint-Valery-sur-Somme
Nationalité Franc
Vénéré à Picardie, Normandie
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 12 décembre et 1er avril

Saint Valery ou Walaricus (~550 - 622), abbé de Leuconay, né en Auvergne et mort à Leuconay (ancien nom de Saint-Valery-sur-Somme) est un Franc, fondateur de l'abbaye de Saint-Valery-sur-Somme.

C'est un saint de l'Église catholique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Valery[Note 1] montre dès la prime enfance des dispositions très pieuses. Il veut lire les prières et autes textes saints ; occupé à garder les troupeaux de son père et sans accès à l'éducation, il obtient l'aide du précepteur d'une famille aisée locale, pour apprendre à lire[1].

Un oncle maternel est au monastère d'Antoin, peu éloigné. Par sa persévérance Valery circonvient l'opposition de son père et parvient à se faire accepter à ce monastère. Plus tard, n'en trouvant pas la discipline assez stricte, il gagne Auxerre pour se placer sous la protection de l’évêque saint Aunaire et appartenir au monastère Saint-Germain qui jouit d’une réputation de plus grande austérité[1].

Sa réputation personnelle de sainteté commence à grandir, ce dont il s'inquiète. Il décide alors de quitter Auxerre pour devenir moine de Luxeuil et disciple de saint Colomban. Il rejoint Luxeu accompagné de l'un de ses disciples qu'il a converti à la vie monastique et qui entre lui aussi comme novice à Luxeuil. Mais Colomban ne tarde pas à repérer les qualités de Valery et le met en avant.
Quelques années plus tard Colomban est en butte au harrassement de la reine Brunehaut et du roi Thierry, et doit s'exiler - il va en Italie. Durant son absence, Valery assure la responsabilité du monastère et surtout sa défense contre les tentatives de main-mise pendant l'absence de Colomban[1].

Clotaire II, sa conquête achevée, délègue saint Eustace auprès de Colomban pour prier ce dernier de revenir à Luxeuil. Waldolen, membre de la délégation, demande à Colomban permission de partir évangéliser la Neustrie en compagnie de Valery. Les deux moines partent en Neustrie, où ils retrouvent Clotaire II qui leur donne la terre de Leucone (maintenant Saint-Valery-sur-Somme), sur la baie de Somme en Picardie. L'évêque d'Amiens les autorise à y fonder une chapelle commune, où ils accueillent plusieurs disciples[1].

Le monastère devient de plus en plus célèbre. Un bourg puis une ville, Saint-Valery-sur-Somme, s’établissent à proximité.

Postérité[modifier | modifier le code]

L’église Saint-Valery de Varengeville-sur-Mer.

Au début du XIe siècle, deux auteurs originaires des monastères de Saint-Valery et de Saint-Riquier, dans le Nord, affirmèrent que saint Valery apparut à Hugues Capet pour lui promettre que ses successeurs régneraient sur le royaume des Francs « jusqu’à la septième génération[2],[3] ». La prophétie de saint Valery permit à certains auteurs comme Gilles de Paris[4] ou André de Marchiennes[5] de proclamer le retour des Carolingiens sur le trône des Francs avec Louis VIII[Note 2].

Guillaume le Conquérant, qui avait une grande vénération pour saint Valery, fit prélever une partie de ses reliques et les emporta dans différentes églises d’Angleterre. Il en déposa aussi en Normandie, dans ce lieu qui prit plus tard le nom de Saint-Valery-en-Caux. On peut voir aussi un gisant dans l’église Saint Valery de Varengeville-sur-Mer. Mais la plupart des reliques ont été portées à Novalaise (Italie) au cours du IXe siècle, et après à Turin.

Valery est fêté le 12 décembre et le 1er avril.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • La vie complète de Valery sur le site de l'Association pour la Sauvegarde de la Chapelle Saint-Valery, dite chapelle des Marins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Walaricus en latin, Valery est improprement appelé Valéry avec accent du é par confusion avec le prénom féminin Valérie, issu du latin Valeria.
  2. La prophétie de saint Valery est liée au thème du reditus regni Francorum ad stirpem Karoli Magni étudié par Karl Ferdinand Werner.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Claude-Pierre Goujet, Vies des saints pour tous les jours de l'année, tome 2. P.N. Lottin, Paris, 1730. Saint Valery : pp. 240-242.
  2. Historia relationis corporis Sancti Walarici, RHF, t. IX, p. 147-149.
  3. Cronica Centulensi sive Sancti Richarii, RHF, t. VIII, p. 273-275.
  4. Gérard Sivéry, Louis VIII le Lion, Paris, Fayard, 1995, p. 45.
  5. André de Marchiennes, Historia succincta de gestis et successione regum Francorum, partiellement édité in MGH SS, t. XXVI, p. 204-215.