Valentine Penrose

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Valentine Penrose
Biographie
Naissance
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Chiddingly (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Valentine Penrose, née Boué à Mont-de-Marsan (Landes) le 1er janvier 1898 et morte à Chiddingly, East Sussex (Angleterre), le 7 août 1978, était une écrivaine (poésie et prose) et une plasticienne (collages) surréaliste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de colonel, elle épouse en 1925 le poète, peintre et photographe anglais Roland Penrose, l'un des introducteurs du Surréalisme en Angleterre. Ils fréquentent les surréalistes parisiens, en particulier Paul Éluard, Max Ernst et Joan Miró.
En 1926, ses premiers poèmes sont publiés dans la revue Les Cahiers du Sud.
En 1929, au cours d'un voyage en Égypte, Valentine Penrose rencontre un gourou espagnol, le Comte Galarza de Santa Clara.

Elle fait une apparition dans le film de Luis Buñuel et Salvador Dalí L'Âge d'or (1930).

En 1936, passionnée pour la philosophie de l'Inde et l'hindouisme, elle quitte son mari pour vivre dans un Ashram avec la peintre Alice Rahon Paalen, épouse de Wolfgang Paalen.
Elle revient en Angleterre en 1939 et rejoint le groupe surréaliste de Londres.

Elle est homologuée comme ayant appartenu aux Forces françaises libres avec le n° de dossier GR 16 P 78161 au Service historique de la Défense [1]

Après la guerre, Valentine Penrose partage sa vie entre l'Angleterre, chez Roland Penrose qui s'est remarié avec la photographe Lee Miller et la France, dans sa famille.

En 1951, elle publie le recueil de poèmes Dons des Féminines qui regroupe 24 poèmes et 27 collages. La première édition du recueil comporte également une eau-forte de Picasso, Amours Féminines (Le Couple). Tout le recueil est agencé de la même manière, avec les poèmes en français (suivis de leur traduction en anglais) sur la page de gauche, et un collage sur la page de droite. D'un point de vue esthétique, ses collages ont souvent été rapprochés de ceux de Max Ernst[2] puisqu'elle utilise les mêmes matériaux, tels que des revues scientifiques ou des romans populaires français. C'est alors l'occasion pour Penrose de réviser les collages de l'artiste surréaliste en mettant la femme au centre de son art[3]. Doris Eibl dit du recueil qu'il est « comme une riposte aux fantaisies érotiques souvent violentes du roman-collage ernstien, riposte tardive, certes, mais qui est d’autant plus efficace qu’elle s’approprie les stratégies narratives et la technique du collage surréaliste tout en les mettant au service de visions féminines, voire féministes »[4].

En 1962, elle publie un roman noir sur Erzsébet Báthory, où elle donne libre cours à ses « fantaisies sadiennes » en « accumul[ant] les motifs gothiques : bains de sang, machines à assassiner, tortures raffinées », observe l'essayiste Michel Meurger[5]. Annoncée par Georges Bataille dans son livre Les Larmes d'Éros, la biographie romancée de la « comtesse sanglante » rencontre un succès public et impressionne les surréalistes. En 1971, le cinéaste Peter Sasdy s'en inspire pour son film Comtesse Dracula, avec Ingrid Pitt dans le rôle principal.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Imagerie d'Épinal, 1926, poèmes, Les Cahiers du Sud, Marseille.
  • Herbe à la lune, 1935, poèmes, préface de Paul Éluard, éd. GLM (Association GLM), Paris
  • Le Nouveau Candide, 1936, avec un frontispice de Wolfgang Paalen, éd. GLM, Paris
  • Sorts de la lueur, 1937, poèmes, avec un frontispice de Wolfgang Paalen, éd. GLM, Paris
  • Poèmes, 1937, éd. GLM, Paris
  • Martha's opera, 1945, roman épistolaire, éd. Fontaine, Paris
  • Dons des féminines, 1951, recueil de poèmes et de collages, avec une préface de Paul Éluard et une eau-forte de Picasso, Librairie Les Pas perdus, Paris
  • Erzsébet Báthory la Comtesse sanglante, 1962, récit, Mercure de France, Paris ; réédité par les éditions Gallimard en 1984[6].
  • Les Magies, 1972, poèmes, avec une lithographie de Joan Miró, éd. Les Mains libres, Paris
  • Tàpies les sources innommées, article paru dans L'Art vivant no 35, 1973
  • Œuvres complètes, éd. Joëlle Losfeld, Paris, 2000
  • Écrits d'une femme surréaliste, édition de Georgiana Colvile, préface d'Antony Penrose, éd. Joëlle Losfeld, 2001 ; réédition Gallimard, coll. "Poésie", 2003 (ISBN 2844120911)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf
  2. Kimberley Marwood, « Penrose, Valentine (1898–1978) », dans Routledge Encyclopedia of Modernism, Routledge, (ISBN 9781135000356, DOI 10.4324/9781135000356-rem676-1, lire en ligne)
  3. (en) Karen Humphreys, « Collages Communicants: Visual Representation in the Collage-Albums of Max Ernst and Valentine Penrose », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 10, no 4,‎ , p. 377–387 (ISSN 1740-9292 et 1740-9306, DOI 10.1080/17409290601040379, lire en ligne, consulté le 16 octobre 2019)
  4. Oberhuber, Andrea., À belles mains : livre surréaliste, livre d'artiste, Âge d'homme, (ISBN 9782825141854 et 2825141852, OCLC 816553817, lire en ligne)
  5. Michel Meurger, « Compte rendu de l'étude d'Elizabeth Miller, Dracula : Sense and Nonsense, 2000 », Le Visage Vert, Paris, Joëlle Losfeld, no 10,‎ , p. 148-149 (ISBN 2-84412-085-7, « présentation en ligne » sur le site NooSFere).
  6. Traduit en Angleterre en 1970 sous le titre The Bloody Countess.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du Livre, Fribourg, Suisse et Presses universitaires de France, Paris, 1982, page 325.
  • Geogiana Colvile Scandaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes, Jean-Michel Place, Paris 1999, pages 234 à 243, avec une photographie de l'artiste par Lee Miller et quatre collages réalisés pour le recueil Don des féminines.
  • Le poète Pierre Peuchmaurd a dédié un de ses plus beaux poèmes à Valentine Penrose : La voie Valentine, éd. Myrrdin, Brive, 2001 (avec un collage de Pierre Rojanski) ; repris in Parfaits Dommages et autres achèvements, éd. L'Oie de Cravan, Montréal, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]