Valentin Lacambre

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Valentin Lacambre
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Biographie
Nationalité
Activités

Valentin Lacambre, né en 1966, est cofondateur de Gandi (Gestion et attribution des noms de domaine sur Internet), principal registrar français, avec Laurent Chemla, également à l’origine de la création de la Fédération Internet et Libertés (FIL) et est membre fondateur de la Coordination permanente des média libres.

Eléments biographiques[modifier | modifier le code]

Il est à l’origine de la création du service minitel « 3615 INTERNET » permettant de se connecter à Internet via un minitel, en 1991. Cela lui rapporte suffisamment de revenus, pour lui permettre de lancer en 1992 le service d’hébergement de sites web Altern.org[1],[2],[3].

Mais en 1998, il est poursuivi juridiquement parce qu'un internaute anonyme a publié sur son site des photos d'Estelle Lefébure nue. Presque dix ans auparavant, en 1989, ce mannequin professionnel avait été prise en photo en privé par son petit ami. Par la suite, Estelle Lefébure quitte ce compagnon et se marie avec David Hallyday, ce qui lui assure une forte notoriété et lui permet de devenir un mannequin très célèbre. Mais l'ex-petit ami fournit au magazine Voici les anciennes photos, sans l’autorisation d’Estelle Hallyday. Début 1998, ces photos sont diffusées sur le site altern.org par un inconnu qui les numérise à partir d’un numéro de Voici et les met en ligne sur le site d’hébergement anonyme et gratuit altern.org, géré par Valentin Lacambre. Estelle Hallyday poursuit en justice l'hébergeur pour le préjudice subi du fait de la diffusion massive de ces photos sur Internet. La cour d’appel déclare l’hébergeur responsable. Statuant en référé, elle le condamne à payer 300 000 francs de provisions sur dommages et intérêts et 30 000 francs de frais d’avocat à Estelle Hallyday. Un accord financier est conclu le entre les avocats de Valentin Lacambre et ceux d’Estelle Hallyday, réduisant partiellement la somme. Quelques mois plus tard, en 2000, Valentin Lacambre décide de fermer ce service d’hébergement gratuit Altern.org. En juillet 2000, une loi est votée, incluant un article établissant la responsabilité des hébergeurs dans ce genre d’affaire. Cet article est annulé ensuite par le Conseil constitutionnel. En 2000 puis 2002, l’Union européenne émet des directives limitant la responsabilité des prestataires techniques, qui sont transposées dans le droit français en 2004[3].

De cette fermeture, et à la suite de la mobilisation des hébergés ainsi orphelins, sont nés trois projets d’hébergement indépendants : Lautre Net, l’APINC, et Ouvaton. Le logiciel utilisé par Altern.org comme panneau de contrôle d’hébergement a été repris en main par les administrateurs de Lautre Net pour devenir un logiciel libre indépendant, nommé AlternC en mémoire d'AlternB, la société de Valentin Lacambre. Valentin Lacambre se lance ensuite, avec quatre partenaires, dans la création de Gandi, premier bureau français indépendant d’enregistrement de noms de domaine (en « .org », « .net » et « .com »)[3]. Valentin Lacambre et les trois autres cofondateurs de la société Gandi revendent leurs parts en pour 13,35 millions d’euros.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Dufresne et Florent Latrive, « Valentin Lacambre arrête les frais. Selon lui, plus qu'Altern, c'est la libre expression qui est menacée », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. « Rencontre avec Valentin Lacambre », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  3. a b et c Yves Eudes, « 30 ans du Web : les débuts mouvementés de l’Internet en France », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]