Valentin Abeille (résistant)

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Valentin Abeille
Valentin-Abeille.JPG

Plaque en mémoire de Valentin Abeille à Provins.

Fonction
Sous-préfet
Provins
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions

Valentin Abeille, né à Alençon le et mort le à Paris, est un haut fonctionnaire et résistant français qui fut l'un des compagnons de la Libération sous les ordres d’Henri Frenay. Il devint le délégué militaire régional de la Région M, non seulement la plus grande des 12 régions des Forces françaises de l'intérieur, mais également celle qui fut la plus critique lors des préparatifs du débarquement de Normandie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses études de droit l’amenèrent à faire carrière dans la préfectorale. Sous-préfet à Provins et donc non-mobilisable, il s’engagea tout de même au début de la Seconde Guerre mondiale dans le 29e régiment de Dragons, à l'image de son père tombé au champ d'honneur en 1914. Après sa démobilisation le , il rejoignit son poste à Provins et fut relevé le par le Régime de Vichy à cause de ses appartenance à la franc-maçonnerie, puis nommé à Marseille avant d’être à nouveau révoqué moins d'un an plus tard en [1].

Officiellement, il déménagea alors à Lons-le-Saunier pour pratiquer le droit, mais en fait il s’engagea activement dans la Résistance avec qui il avait des relations depuis ses débuts[2]. Constatant ses compétences et son dévouement, Marcel Pecq le nomma en chef départemental de l’Armée secrète dans le Jura. Son surnom est alors « Colléone », mais il en utilisera de nombreux autres dont le plus connu fut probablement « Fantassin ».

Son identité ayant été découverte par la Gestapo en , il dut alors entrer totalement dans la clandestinité. Dans la nuit du 19 au 20 mai, il fuira pour Londres où il fut rapidement affecté au Bureau central de renseignements et d'action (qui deviendra le DGSS par décret le )[3]. Nommé délégué militaire[2] pour la région « M » (pour « Le Mans » : Normandie-Bretagne-Anjou), il participera activement aux préparatifs du débarquement de Normandie. Le , il est à nouveau en France où il regroupera les forces militaires de 14 départements du nord-ouest de la France avec l'assistance de Maurice Guillaudot[4]. Ces forces avaient pour principale mission de supporter la future tête de pont en nuisant le plus possible aux déplacements, communications et ravitaillement des forces Allemandes tout en fournissant des informations précises sur le terrain.

La Gestapo faisait énormément d'efforts pour infiltrer le Bureau des opérations aériennes (BOA), l'agence qui avait remplacée le Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM) quand les alliés avaient réalisés qu'elle avait été complètement infiltrée et utilisée pour trouver les espions et les chefs de la résistance. Mais c'était un jeu qui était joué des deux côtés, avec l'Abwehr dont la direction était si profondément infiltrée par des résistants Allemands secrètement antinazis qu'elle avait à son service de nombreux juifs (qui seraient bien les derniers à les dénoncer).

Le , le général de division Louis-Alexandre Audibert et délégué militaire départemental fut pris par la Gestapo, mais même sous la torture il ne révéla rien.

Possiblement trahi par sa secrétaire, Valentin Abeille fut arrêté à Paris le et fut grièvement blessé par balles lors de son arrestation, ce qui ne lui épargna pas d'être interrogé et torturé par la Gestapo. Il décéda de ses blessures le , mais son silence (il n'aurait pas dit un seul mot)[5],[2] et son sacrifice contribuèrent à maintenir le secret sur le débarquement qui aura lieu 4 jours plus tard.

Son successeur Jean Kammerer fut à son tour arrêté le avec 13 autres dirigeants, mais même cela n'arrêta pas les opérations, les décisions étant décentralisées contrairement à une armée traditionnelle, ce que l'Armée secrète n'était certainement pas[6].

C'est alors Robert Kaskoreff (alias « Jean Birien »), l'un des rares épargnés, qui prendra la relève sans attendre la permission de ses supérieurs alors qu'il venait d'être promu lieutenant-colonel à peine deux semaines plus tôt. En effet, il venait d'être nommé DMR des sous-régions M1 et M2 le [7].

Conclusion sur les unités de la région M[modifier | modifier le code]

Valentin Abeille laissa derrière lui des troupes organisées qu'il avait accepté de diriger avec un mode de commandement décentralisé, parfois à l'extrême, malgré les souhaits du haut commandement d'avoir un meilleur contrôle. Malgré le peu de stabilité dans le commandement pendant le débarquement, ce mode de fonctionnement permit d'entreprendre des opérations militaires efficaces et de maintenir un niveau de motivation très élevé.

Tous les problèmes de logistique (il fallait souvent s'approvisionner en armes et munitions directement chez l'ennemi), de la chaîne de commandement constamment perturbée voire décimée par la Gestapo, des moyens de communication perturbés à l'extrême pendant le débarquement obligea les unités à beaucoup de créativité et de collaborations entre elles. Mais un commandement décentralisé permettait de profiter rapidement de toute opportunité avec peu de risques d'interception de messages par l'ennemi (puisque les unités agissaient sans attendre le consentement du haut-commandement, et ne se souciaient peu de produire des rapports de mission officiels).

Ils détruiront à répétition les voies ferrées, quitte à procéder sans explosifs si nécessaire, il forceront l'armée allemande à investir beaucoup de ressources pour protéger ses convois, ils coupent l'électricité et les lignes téléphoniques, crèvent les pneus des véhicules et perturbent considérablement les mouvements ennemis qui sont souvent exaspérés par la résilience de ces résistants prêts à tout. Même sous la torture, bien peu parleront et beaucoup préfèreront mourir que de risquer de révéler des informations pouvant aider l'ennemi[8].


Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]