Val d'Osne

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Ancienne fonderie d'art Val d'Osne.

Le Val d'Osne est un écart de la commune d'Osne-le-Val dans la Haute-Marne. Les ateliers, créés en 1836 par Jean-Pierre Victor André pour fabriquer du mobilier urbain et de la fonte décorative, deviennent rapidement la plus importante production de fonte d'art en France sous le nom de « fonderie d'art du Val d'Osne ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Signature de la Fonderie du Val d'Osne sur la statue de la place Salengro à Toulouse.

Jean-Pierre Victor André (26 décembre 1790) a commencé sa carrière comme adjudicataire de la ville de Paris. Il a été également régisseur de fonderies à Thonnance-lès-Joinville et Cousances-aux-Forges, ce qui lui a donné l'expérience de la production et la connaissance du marché de la fonte d'ornement.

Il se fait rapidement remarquer par la qualité de ses productions qu'il fait faire en Haute-Marne ; puis par la recherche de productivité qui lui permet d'abaisser les prix de ses balcons et fontes d'ornement. L'usine, créée en 1836 (demande d'autorisation - la date de mise en production n'est pas certaine) a d'emblée été conçue pour la fonte d'ornement.

Dès 1827, André et Calla sont remarqués pour leur production : il est ainsi écrit dans un rapport de la Société d'Encouragement de l'Industrie Nationale :

« M. André, maître de fonderies, rue Neuve-Ménilmontant, à Paris - M. André, admis avec empressement par le jury du département de la Seine, qui connaît ses utiles travaux, n’a cependant fait parvenir à l’exposition qu’une balustrade de croisée en fonte de première fusion. Cette pièce, dont le prix était de 15 f., indiquait les progrès récents des usines situées en Champagne ; nous regrettons qu’elle n’ait pas été accompagnée d’objets d’exécution plus difficile et d’autres pièces usuelles, que cette fonte reproduit avec une économie marquée (1), et dont l’activité de la fabrication en grand dans cette province est surtout due à l’exemple que M. André en donna l’un des premiers. (1) Voyez page 75. Les ornements tumulaires, marteaux de portes, bas-reliefs, etc., en fonte de première fusion (...) étaient tirés des usines de M. André ; leurs prix, peu élevés, et leur bonne exécution les rendaient fort remarquables[1]. »

En 1839, sa réputation est assise : L’établissement de M. André est depuis longtemps connu dans le commerce : ses fontes moulées sont estimées pour leur bonne exécution et leur qualité. M. André a, le premier, introduit, dans le département de la Haute-Marne, le moulage en sable ; en remplacement du moulage en terre, bien plus long et bien plus dispendieux. Cette amélioration s’est bientôt répandue : il en résulta une grande diminution dans le prix des fontes moulées. L’établissement d’Osne-le-Val est le plus important en son genre dans la Haute-Marne.

Le jury décerne à M. André une médaille d’argent[2].

La grande période[modifier | modifier le code]

Le Crystal Palace de Londres (1851).

L'exposition de 1851 au Crystal Palace donne la consécration internationale : Le Palais de cristal, par ses proportions grandioses, et les nombreux navires en fer qui sillonnent déjà la mer, sont des preuves évidentes de l’avenir immense qui est encore réservé à la fonte et du fer. En examinant maintenant quelle est la part qui revient à chaque pays dans les progrès que l’industrie de la fonte moulée a réalisés jusqu’à présent, nous trouvons que la France, naguère encore inférieure à l’Allemagne et à l’Angleterre dans cette fabrication, a fini par les surpasser et qu’elle occupe aujourd’hui le premier rang dans l’art de fondre le fer.

À l’Exposition de Londres, le jury a accordé quatre grandes médailles (council medals) à l’industrie des fontes moulées. Dans ce nombre il y en avait deux pour la France, une pour l’Allemagne et une pour l’Angleterre. « C’est qu’en effet nos fontes surpassaient toutes les autres par la pureté des formes, l’élégance et la netteté des dessins et le fini des surfaces au sortir du moule. »

M. André, du Val-d’Osne, l’un des lauréats pour la grande médaille, avait exposé une fontaine d’une construction et d’un moulage admirables. Son alligator, sa cheminée, son bois de lit, présentaient un coulage tellement parfait, qu’on avait de la peine à croire que ces objets n’avaient pas reçu la moindre retouche, mais se trouvaient tels qu’on les avait sortis du moule. Son bois de lit surtout excitait l’admiration des connaisseurs par les bas-reliefs qui l’ornaient et dont l’élégance et la belle venue rendaient le plus honorable témoignage du talent de l’artiste et de l’habileté et des connaissances du mouleur et du fondeur[3].

Présent à l'Exposition universelle de 1900, le Val d'Osne conçoit la même année, dans des styles très différents, tant les quatre grands ensembles en bronze doré du pont Alexandre-III que les entourages Art nouveau conçus par Hector Guimard pour le métro de Paris.

Après la Grande guerre[modifier | modifier le code]

La fonte d'ornement n'est plus à la mode : le Val d'Osne connaît une dernière grande activité avec la production de monuments aux morts, et un catalogue spécial est édité en 1921. Mais ensuite, la fonderie évoluera de plus en plus vers de la production industrielle, même si elle continue à proposer des statues, des fontaines. Après des mutations successives (notamment l'achat par son concurrent, les Établissements Durenne en 1931, mais qui gardera le nom prestigieux), elle disparaîtra en se fondant au sein de la Société générale de fonderie, puis de la Générale d'hydraulique et de mécanique (GHM).

Actuellement, l'édition de produits issus du catalogue du Val d'Osne comme les fontaines Wallace se poursuit, ainsi que des entourages Guimard pour la RATP (entrées de métro), des candélabres, du mobilier urbain.

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La production du Val d'Osne : un foisonnement artistique[modifier | modifier le code]

Les grandes familles : équipement urbain, fontaines, statues profanes et religieuses[modifier | modifier le code]

Les catalogues du Val d'Osne comprennent des milliers de pages et dans chaque page, des dizaines de produits peuvent parfois être décrits et illustrés. Parmi les plus intéressants, figurent :

  • le volume n° 2 : fontes d'art,
  • le volume n° 3 : fontes religieuses,
  • le volume de 1921 consacré aux monuments aux morts.

Ces trois catalogues sont en ligne dans la base de données du site e-monumen.net[4].

Des sculpteurs de renom[modifier | modifier le code]

Parmi les grands noms, Mathurin Moreau, qui a été à la fois un grand créateur de statues fort appréciées par la clientèle et diffusées largement dans le monde, et un petit actionnaire de la fonderie, ce qui montre l'imbrication de l'art et de l'industrie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Rapport du jury départemental de la Seine sur les produits de l’industrie admis au concours de l’exposition publique de 1827, par M. Payen, Manufacturier-chimiste…)
  2. Exposition des produits de l’industrie française — Rapport du jury central en 1839 - Archives de la SEIN Paris
  3. XXIIe jury. RAPPORT SUR L’EXPOSITION DE LONDRES 1851
  4. e-monumen.net : pages catalogues

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fontes, ASPM,‎ depuis 1990 (ISSN 1166-7281)
    La revue Fontes, éditée par l'Association pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine métallurgique haut-marnais (ASPM), est consacrée à la métallurgie ancienne et la fonte d'art
  • Emmanuel Vuillaume, La fonte d'art au Val d'Osne à travers l'œuvre du sculpteur Mathurin Moreau, Université de Reims Champagne-Ardenne, Reims, 2001, 167 p. (mémoire d'Histoire du patrimoine)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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