Valérie de Gasparin

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Valérie de Gasparin
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Valérie de Gasparin

Nom de naissance Boissier
Alias
Antoine Goru
Naissance
Genève
Décès (à 80 ans)
Pregny
Activité principale
Écrivaine et fondatrice de l’École d'infirmières La Source
Conjoint
Auteur
Langue d’écriture française

Valérie de Gasparin, née Catherine-Valérie Boissier le à Genève et morte le à Pregny, est une écrivaine suisse romande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Valérie de Gasparin est la fille d’Auguste-Jacques Boissier, grand propriétaire foncier, et de Carole Butini, fille du célèbre médecin et naturaliste genevois Pierre Butini. Valérie Boissier et son frère, Edmond, bénéficient d’une instruction de haut niveau, dispensée par le pasteur luthérien Jean-Louis Valette au sein de la maison familiale appelée Le Manoir. Cette demeure, ancienne gentilhommière du XVe siècle-XVIIe siècle située à Valeyres-sous-Rances, près d'Orbe, avait été acquise par la famille et a servi de refuge pendant la Révolution française[1].

Après deux années de voyage en France et en Italie, Valérie Boissier commence sa carrière littéraire en publiant trois nouvelles, sous le pseudonyme d’Antoine Goru. S’ensuivront plus d’une trentaine de publications, sous la forme d’essais, de récits, de romans ou encore de recueils de poésie.

En 1836, à la suite du décès de sa mère, elle se convertit au Réveil, mouvement évangélique issu du protestantisme. Les questions théologiques demeureront sa vie durant au centre de ses préoccupations.

En 1837, elle épouse le comte Agénor de Gasparin (1810-1871), homme politique français d’origine corse, lui-même protestant convaincu, qui, après avoir terminé des études de droit et occupé diverses fonctions publiques en France, embrasse une carrière d’écrivain. Il publie plusieurs essais sur le christianisme et le protestantisme. Le couple s’installe à Paris, où Agénor occupe la charge de Maître des requêtes au Conseil d’État français, avant d’être nommé, en 1842, député à la chambre comme représentant de l’arrondissement de Bastia.

Dès 1847, Valérie et Agénor de Gasparin entreprennent un périple en Europe et jusqu’au Moyen-Orient, aventure dont Valérie de Gasparin tirera un récit de voyage. Ils rentrent en 1849 pour se charger de l’éducation de leurs neveux et nièces, Agénor et Caroline Boissier, devenus orphelins. Le couple de Gasparin résidera désormais à Valeyres-sous-Rances, dans le canton de Vaud.

Entre 1854 et 1855, Valérie de Gasparin écrit Des corporations monastiques au sein du protestantisme, ouvrage dans lequel elle critique l’institution des diaconesses protestantes. Elle voit là une émanation de l’esprit monastique propre au catholicisme. La controverse opposant Valérie de Gasparin au pasteur Louis Germond, fondateur de l’institution des diaconesses de Saint-Loup, durera une dizaine d’années. Au travers de différents écrits, Valérie de Gasparin reproche certains aspects du fonctionnement propre à l’institution des diaconesses : l’obligation de soumission à la direction de l’ordre, qui nuirait selon elle à la responsabilité et à la liberté individuelle devant Dieu, la norme du célibat, ainsi que le port du costume et le titre de sœur, qui seraient trop marqués de l’empreinte des congrégations hospitalières catholiques. De plus, prenant le contre-pied du vœu de pauvreté prononcé par les diaconesses, elle plaide pour une rétribution des gardes-malades, garante d’une capacité d’autodétermination et d’émancipation.

Soucieuse de conduire une action de bienfaisance dans une démarche spécifiquement protestante, elle crée, en 1858, l’Asile des bains d’Yverdon, destiné aux personnes d’origine modeste atteintes d’affections rhumatismales. Elle réalise son œuvre majeure l’année suivante, en 1859, avec la création de la première école laïque de gardes-malades au monde, L’Institut et haute École de la Clinique La Source.

Après la mort de son mari, en 1871, Valérie de Gasparin s’absorbe dans le travail d’écriture, publiant également des traductions de romans anglais. Quelques années avant son décès, dans le souci de pérenniser son école, elle la transforme en fondation, la dotant d’un capital ainsi que d’un comité de fondation et d’une direction.

Valérie de Gasparin meurt près de Genève, le 16 juin 1894.


Hommage[modifier | modifier le code]

En 2016, les hôpitaux universitaires de Genève confèrent son nom à l'un de leurs bâtiments[2].

Une rue de Genève, l'Avenue De-Gasparin, porte son nom depuis le 21 mai 1980[3].

Publications principales[modifier | modifier le code]

  • Nouvelles (sous le pseudonyme d’Antoine Goru). Paris : Urbain Canel et Adolphe Guyot, 1833
  • Voyage d’une ignorante dans le midi de la France et l’Italie. Paris : Paulin, 1835.
  • Le mariage du point de vue chrétien. Paris : Ducloux, 1843.
  • Allons faire fortune à Paris ! Paris : L-R. Delay, 1844.
  • Un peu de gros bon sens ou La question des Ministres discutée dans un village. Lausanne : Imp. Bonamici et Cie, 1845.
  • Il y a des pauvres à Paris et ailleurs. Paris : L-R. Delay, 1846.
  • Journal d’un voyage un Levant. Grèce ; l’Égypte et la Nubie ; le désert et la Syrie. Paris : Ducloux, 1848.
  • Lettre au rédacteur de « L’Avenir » sur les institutions modernes de sœurs et de frères protestants. Lausanne : Imp. Genton, 1849.
  • Troisième et quatrième lettres au Rédacteur de « L’Avenir » sur les institutions modernes de sœurs et frères protestants. Lausanne : Imp. Genton, Luquiens et Cie, 1850.
  • Cinquième et sixième lettres au Rédacteur de « L’Avenir » sur les institutions modernes de sœurs et frères protestants. Lausanne : Imp. Genton, Luquiens et Cie, 1850.
  • Septième et huitième lettres au Rédacteur de « L’Avenir » sur les institutions modernes de sœurs et frères protestants. Lausanne : Imp. Genton, Luquiens et Cie, 1850.
  • Un récit de l’Ancien Testament ou la Parole de Dieu et la parole de l’homme. Toulouse : société des livres religieux, 1852.
  • Quelques défauts des chrétiens d’aujourd’hui. Paris : Grassart ; Genève : E. Reroud, 1853.
  • Appel à la bienfaisance publique. Montargis : Imp. De Chrétien, 1954.
  • Des corporations monastiques au sein du protestantisme. Paris : Librairie Meyrueis et Cie, tome 1, 1855.
  • Les horizons prochains. Paris : Michel Lévy Frères, 1858.
  • Les horizons célestes. Paris : Michel Lévy frères, 1859.
  • Vesper. Paris : Michel Lévy frères, 1861.
  • Les tristesses humaines. Paris : Michel Lévy frères, 1863.
  • Camille. Paris : Michel Lévy frères, 1866.
  • La chanson des vautours, poésie. Genève : Georg, 1870.
  • Sept hommes. Lausanne : Imer et Lebet, 1873.
  • Une âme prisonnière aux prisonniers. Lyon : Denis, 1872
  • Jésus, quelques scènes de sa vie terrestre. Paris, Calmann Lévy, 1885.
  • Dans les prés et sous les bois. Paris : Calmann Lévy, 1890.
  • Quelques pensées. Paris : Calmann Lévy, 1892.
  • Et Sonador. Paris : Calmann Lévy, 1893.
  • La femme et le mariage, dédié aux jeunes femmes du monde. Paris : Fischbacher, 1895

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurence Deonna - Bénédict de Tscharner, Femmes suisses dans le monde du 17e au 21e siècle
  2. Jean-François Mabut, « Pour ne pas se perdre, les HUG baptisent six bâtiments », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  3. Noms géographiques du canton de Genève

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denise Francillon (dir.), Valérie de Gasparin, une conservatrice révolutionnaire. Cinq regards sur une vie, Le Mont-sur-Lausanne, Éditions Ouvertures,
  • Gabriel Mützenberg, Valérie de Gasparin : Une femme de style, Le Mont-sur-Lausanne, Éditions Ouvertures,
  • Philippe Morel, Les diaconesses vaudoises dans la tourmente : les attaques de la comtesse Valérie de Gasparin contre les diaconesses vaudoises, Eclépens, Morel,

Liens externes[modifier | modifier le code]