Valérie André

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Valérie André
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Médecin général inspecteur Valérie André.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (100 ans)
StrasbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Madame VentilateurVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Domicile
Activités
Médecin militaire, pilote d'hélicoptère, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
épouse d'Alexis Santini et tante d'André Santini
Autres informations
Membre de
Arme
Armée de l'air
Grade militaire
Médecin général inspecteur (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Grade
Médecin général inspecteur
Distinctions
Prononciation

Valérie André, née le à Strasbourg (Bas-Rhin), est une résistante, médecin militaire et pilote d'hélicoptère française.

Première femme à devenir officier général en France, elle termine sa carrière militaire avec les trois étoiles de médecin général inspecteur du Service de santé des armées. Elle est également la troisième femme à être élevée à la dignité de grand-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur et la première à être élevée à celle de grand-croix de l'ordre national du Mérite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Née à Strasbourg le , Valérie André est la fille de Philibert et Valérie André[1]. Adolescente, elle est fascinée par le monde de l'aviation, et, en 1939, profite de la croissance de l'aviation populaire pour prendre des cours de pilotage à l'aéroclub de sa ville natale sur un avion Potez. Quand la Seconde Guerre mondiale commence, elle doit quitter le cours.

Avec l'invasion allemande en mai-juin 1940, elle se rend à Clermont-Ferrand, où est transférée temporairement la Faculté de médecine de Strasbourg. Lors de l'invasion de la zone sud par les Allemands, en novembre 1942 elle s'échappe et se réfugie clandestinement à Paris, car les autorités allemandes traquent les étudiants alsaciens pour les déporter en Allemagne[2].

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Valérie André obtient son diplôme de médecine de l'université de Paris[1] pour l'année scolaire 1946-1947. Elle consacre sa thèse, sous l'angle pathologique du parachutisme et avec enthousiasme, parce que, dit-elle « c'est un sport qui fait appel aux ressources les plus profondes de l'être pour l'exécution d'un acte considéré comme antinaturel : le saut dans le vide. Parce qu'il développe des qualités de calme, de sang-froid, de maîtrise de soi ; qu'il fait appel à l'esprit de camaraderie et développe l'esprit d'équipe, car si le saut est un acte purement individuel, la préparation à ce saut est un acte collectif ; enfin, que chaque saut est pour le parachutiste une victoire remportée sur lui-même »[3].Elle encadre médicalement une préparation militaire parachutiste et fait ses premiers sauts[4]. Puis elle suit un cours de vol à voile à Beynes[2] et obtient son brevet de parachutisme au cours de l'année 1948[5], au moment où elle devient à la fois pilote et médecin militaire, des professions alors peu accessibles aux femmes en France (elle ne recevra un brevet de pilote militaire qu'en 2010).

En 1948, à la suite d'une pénurie de médecins militaires, Léon Binet, doyen de la faculté de médecine de Paris propose aux étudiants qui le veulent de servir en Extrême-Orient. Elle saisit l'occasion et rejoint l'Indochine en tant que médecin militaire avec le grade de capitaine[6] pendant l'hiver 1948-1949[1]. Affectée au premier hôpital de Mỹ Tho, elle devient plus tard adjointe de neurochirurgie à l'hôpital de Saïgon[4].

Après avoir appris qu'elle possédait le brevet de parachutiste, ses supérieurs l'amènent à suivre le cours de chirurgien de guerre et à servir dans une zone frontalière entre l'Indochine et le Laos qui ne pouvait être atteinte que par parachutage.

Elle retourne en France pour obtenir la licence de pilote d'hélicoptère à l'école de vol de Pontoise. En Indochine en effet, elle s'était rendu compte à quel point des endroits isolés ou couverts par la forêt sont difficiles d'accès pour les avions du transport médical. De retour en Indochine, le , elle se spécialise dans le service d'évacuation médicale de pilotage des hélicoptères Hiller 360 et Sikorsky H-34 . Entre sa première mission, le , et son départ de l'Indochine en 1953, elle effectue 129 vols d'exploitation, assurant l'évacuation de 165 blessés vers des postes médicaux ou vers l'hôpital le plus proche.

Le , elle participe à une mission d'évacuation immédiate de blessés de Tu Vu sur la rivière Noire. Le seul hélicoptère disponible, stationné près de Saigon, est partiellement démonté, puis transporté à bord d'un avion Bristol Freighter à Hanoï, où il est remonté. Il s'envole ensuite vers Tu Vu, malgré le brouillard et le feu antiaérien intense ; elle y soigne les blessés, évacués deux par deux à Hanoi[7].

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Le [1], elle est affectée au centre de vol expérimental de Brétigny-sur-Orge, qui fournit une assistance médicale aux équipages. Elle obtient la qualification pour la conduite du Morane-Saulnier MS.733 Alcyon, du Nord 1101 hélicoptères Djinn Aerospatiale et Sikorsky S-55, en participant à différents vols expérimentaux. Dans cette période, elle participe à la création du laboratoire de médecine aérospatiale.

De 1959 à 1962, elle sert[1] en Algérie en tant que commandant adjoint du service médical à la base de Boufarik, puis en tant que commandant de l'hélicoptère de service de sauvetage stationné sur la base de Réghaïa, Oran. Devenue pilote d'hélicoptère d'activation Aérospatiale SA-318 Alouette II, puis Sikorsky H-34, en trois ans de service, elle effectue plus de 350 missions. En 1961, elle est nommée médecin-chef de l'ensemble de la base de Reghaïa. À la fin de la guerre en Algérie, elle revient en France et continue sa carrière d'officier du service de santé, promue lieutenant-colonel en 1965 et colonel en 1970.Elle est d'abord chirurgienne sur la base aérienne 107 Villacoublay, puis conseillère auprès du Commandement du transport aérien militaire (COTAM).

Officier général[modifier | modifier le code]

Valérie André est promue médecin général (avec rang et prérogatives de général de brigade) en , ce qui fait d'elle la première femme à devenir officier général en France[8]. L'année de sa retraite, en 1981, elle est promue médecin général inspecteur (avec rang et prérogatives de général de division). Ses derniers postes sont ceux de directrice du service de santé de la 4e puis de la 2e région aérienne[9],[1].

Retraite[modifier | modifier le code]

Admise dans la 2e section des officiers généraux en 1981, Valérie André devient présidente du Comité des femmes militaires. Elle y travaille à la promotion de l'emploi des femmes dans les forces armées. Elle quitte les champs de bataille pour un autre combat, celui de l'égalité homme-femme au sein de l'Armée. Elle dira sur le plateau de TF1 Actualités, présenté par Yves Mourousi, dans les années 70[10].

« Les femmes comme les hommes sont parfois désireuses d’assumer des postes à haute responsabilité et ce n’est pas propre qu’à l’Armée. »

Elle est membre fondateur de l'académie de l'air et de l'espace de Toulouse en 1983.

En 1987, elle est élevée à la dignité de grand-croix de l'ordre national du Mérite.

En 1999, le président de la République Jacques Chirac l'élève à la dignité de grand-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur[11]. Elle est la troisième femme à recevoir la plus haute distinction française après Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion.

Le , au cours d'une cérémonie spéciale sur la base aérienne 107 Villacoublay et en présence du général d'armée aérienne Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'Armée de l'air, elle reçoit le numéro de brevet de pilote d'hélicoptère militaire no 001[8],[12].

Elle épouse à Issy-les-Moulineaux le 21 décembre 1963[13], le pionnier des hélicoptères de l'Armée de l'air, le colonel Alexis Santini (1914-1997), premier pilote d'hélicoptère de l'Armée de l'air (brevet no 23, février 1950)[14],[15],[16] qui lui a appris à piloter un hélicoptère en Indochine et oncle de l'homme politique André Santini dont elle est la tante par alliance.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur GC ribbon.svg Ordre national du Merite GC ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg
Croix du Combattant Volontaire 1939-1945 ribbon.svg Medaille de l'Aeronautique ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg Medaille d'honneur du Service de Sante des Armees Vermeil ribbon.svg
Medaille commemorative de la Campagne d'Indochine ribbon.svg Medaille commemorative des Operations de securite et de Maintien de l'ordre ribbon.svg US Legion of Merit Commander ribbon.png Cross of Valour (Canada) ribbon bar2.png
VPD National Order of Vietnam - Knight BAR.svg Vietnamese Gallantry Cross ribbon.svg

Intitulés[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • La pathologie du parachutiste (thèse de doctorat de médecine), Paris, Imprimerie de R. Foulon, , 84 p. (BNF 31720453)
  • Ici ventilateur ! Extraits d'un carnet de vol (souvenirs), Paris, Calmann-Lévy, , 229 p. (BNF 31720454) — Avec planches, cartes et portrait couleur en couverture.
  • Madame le général (souvenirs), Paris, Perrin, , 248 p. (BNF 34938568, lire en ligne) — Préface de Jean Lartéguy. Avec 16 pages de planches.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Inauguration de la place Valérie André à Brétigny-sur-Orge
Inauguration de la place Valérie André à Brétigny-sur-Orge.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2021 : " Madame le Général, une femme d'exception ". Un film documentaire sur la vie de Valérie André, la première femme Général des Armées en France, écrit et réalisé par Jean-Pierre C. Brouat produit par Ladybirds Film [18]

Compléments[modifier | modifier le code]

Valérie André lors d’une inauguration d’une rue en 2014
Valérie André lors d’une inauguration d’une rue en 2014.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • Depuis le , une promotion (FI-SSSM 2018) du Service de santé et de secours médical de l’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP) porte son nom[24].
  • La 43ème promotion du Master "Droit et politiques de défense et de sécurité nationale" de l'Université de Lille a choisi comme nom de baptême celui de promotion "Médecin inspecteur général Valérie ANDRÉ" (promotion 2021-2022)[25].
  • Madame le général Valérie ANDRÉ a accepté d'être la marraine de la 3ème promotion de la Classe de Défense et de Sécurité Globale (CDSG) 3ème Marmoutier-14ème CMA de Tours sous la dédicace "Médecin Général Valérie ANDRÉ" (promotion 2022-2023).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Sleeman 2001, p. 19.
  2. a et b « Entretien avec madame la Générale Valérie André », .
  3. Christine Garnier, « Valérie André : le ciel d'abord », sur revue des deux mondes (consulté le )
  4. a et b « Valérie André, médecin général inspecteur du Service de santé des armées », sur aha-helico-air.asso.fr (consulté le ).
  5. https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/dugny-93440/dugny-pilote-d-helico-generale-de-l-armee-de-l-air-valerie-andre-a-une-place-a-son-nom-30-06-2017-7101915.php
  6. Windrow et Chappell 2013, p. 46.
  7. [vidéo] Valérie André sur YouTube, .
  8. a et b Marie-Catherine Villatoux, « Femmes et pilotes militaires dans l’armée de l’Air. Une longue quête », Revue historique des armées, no 272,‎ , p. 12–23 (ISSN 0035-3299, lire en ligne, consulté le )
  9. https://academieairespace.com/utilisateurs/val%C3%A9rie-andr%C3%89/
  10. françoise Vignon, « Valérie André : héroïne de guerre », sur cerclek2, (consulté le )
  11. a et b Décret du 16 décembre 1999 portant élévation.
  12. a et b « Une héroïne de guerre à l’honneur », sur Ministère des Armées, (consulté le ).
  13. « Valérie André », sur fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace (consulté le )
  14. http://www.aha-helico-air.asso.fr/alexis%20santini.htm
  15. http://www.european-security.com/n_index.php?id=6157
  16. https://www.traditions-air.fr/texte/documents_pdf/cieh_40_ans.pdf
  17. « Valérie André a reçu le Prix Deutsch-de-la-Meurthe », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. « " Madame le Général, une femme d'exception ". Un film documentaire sur la vie de Valérie André, la première femme Général des Armées en France », sur sga.defense.gouv.fr, (consulté le )
  19. Décret n° 2022-314 du 3 mars 2022 portant changement de dénomination de l'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux. Lire en ligne
  20. Telmedia, « Inauguration de la place Valérie-André Brétigny-sur-Orge », sur bretigny91.fr (consulté le ).
  21. « Inauguration de la Place Valérie André à Dugny » (consulté le ).
  22. « Rue Valérie André, Yutz », sur cartogiraffe.com (consulté le ).
  23. Michel Décla, « Pouillon : dimanche 12 septembre, l’esplanade des Droits-de-l’homme portera le nom de Valérie André », sud-ouest,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. « rapport d'activité de l'ensosp », sur calameo.com (consulté le )
  25. « Master 2 Droit et politiques de défense et de sécurité nationale - Université de Lille sur LinkedIn : #ValérieAndré #france #armée | 30 commentaires », sur www.linkedin.com (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]