Valeo

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Valeo
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Création 1923 : Ferodo
Dates clés 1980 : changement de nom
Fondateurs Eugène Buisson
Forme juridique Société anonyme
Action CAC 40
Slogan La technologie automobile, naturellement
Siège social Drapeau de France rue Bayen - Paris 17e (France)
Direction Jacques Aschenbroich
Activité Équipement automobile
Produits Systèmes intégrés et composants pour automobiles
Effectif 78 500 (Décembre 2014)[1]
Site web www.valeo.com
Capitalisation 11,76 milliards d'€
Chiffre d’affaires en augmentation 12,72 milliards d'euros (2014) [2]
+ 9% vs 2013
Résultat net en augmentation 562 millions d'euros (2014)[2]
+ 28% vs 2013

Valeo est un équipementier automobile, partenaire de tous les constructeurs dans le monde[3]. Entreprise technologique, Valeo propose des systèmes et des équipements innovants permettant la réduction des émissions de CO2 et l'amélioration de la performance ainsi que le développement de la conduite intuitive. Le Groupe a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 12,7 milliards d’euros et a consacré plus de 10 % de son chiffre d’affaires première monte à la recherche et au développement. Valeo emploie 78 500 collaborateurs dans 29 pays répartis sur 133 sites de production, 16 centres de Recherche, 34 centres de Développement et 15 plates-formes de distribution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Société anonyme française du Ferodo - SAFF

Eugène Buisson est depuis 1910 le distributeur et agent exclusif en France des produits de friction de la société anglaise Ferodo (Ferodo ltd)[4]. Il dépose des brevets d'inventions en 1922[5] et en 1923, il crée la Société anonyme française du Ferodo (SAFF) à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour produire des garnitures de freins et d’embrayages sous licence de Ferodo.

La société absorbe en 1927 la filature d'amiante de Condé (Normandie)[4]. En 1928, elle fusionne avec La Plastose[6], son fournisseur de résines phénoliques et poudres de moulage, qui possède des usines à Niort, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et Cahan[7] en Normandie. La SAFF internalise ainsi la chaîne complète de fabrication de garnitures de freins : les tissus d'amiante de Condé sont imprégnés de vernis à base de résines phénoliques et sont façonnés pour former des garnitures tissées. En 1934, la SAFF absorbe son concurrent fabricant de garnitures Flertex, basé à Neuilly-sur-Seine et Épinay-sur-Seine.

En 1932, la société dirigée par Jacques Vandier « élargit son activité à la production d’embrayages et la SAFF entre en bourse »[8]. Une politique active de dépôts de brevets et d'acquisitions de licences auprès de ZF Sachs, BorgWarner et Daimler Motor Company est menée. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise dispose de la quasi-totalité des brevets ou licences de brevets concernant les embrayages[9]. En 1938, une publicité de la société indique qu'elle tient 90% de parts du marché automobile français pour les garnitures de friction et qu'elle produit des embrayages et disques de freins, des joints industriels, des poudres à mouler, résines, isolants et applications de l'amiante. Elle emploie 1 500 ouvriers dans 5 usines.

La SAFF (Ferodo SA) poursuit sa croissance externe. Elle acquiert en 1945 le site de Rochefort-Andouillé (Mayenne) de la Compagnie française de l'amiante du Cap, créée par Frédéric Chaplet, dont l'activité de filature de tissus d'amiante est transférée en 1953 à Condé-sur-Noireau (Normandie). Ferodo achète la Société française de l'amiante à Viry-Châtillon en 1953. C'est aussi en 1953 que Ferodo absorbe deux concurrents en garnitures de freins, les sociétés des freins Hersot à Paris et l'usine Nafra à Saint-Florentin. Ainsi, « dans les années 50, l’entreprise se modernise et se développe hors de la région parisienne en construisant de nouvelles usines, notamment en Normandie (garnitures de friction) et à Amiens (embrayages). En 1953, l’entreprise a 30 ans. Les embrayages, dont la technologie est en constante évolution, deviennent sa première activité[9]. »

À partir des années 1960, la société commence à se diversifier: systèmes de freinage (1961), systèmes thermiques (1962), éclairage (1970), systèmes électriques (1978).

Le , la société prend le nom de Valeo (« Je vais bien » en latin), ce nom étant à l'époque celui de la filiale italienne du groupe Ferodo.

C’est à partir du début des années 1980 que Valeo atteint la dimension d'une entreprise internationale parmi les plus importantes du secteur de l'équipement automobile, en conduisant une stratégie de redéploiement externe par de très nombreuses acquisitions, la dernière étant en 2007 l'entreprise irlandaise Connaught Electronics. Valeo poursuit parallèlement la rationalisation de son portefeuille d'activités, avec par exemple la cession de son activité de câblage à l'allemand Leoni. Valeo est dirigé par Noël Goutard de 1987 à 2000.

Le 17 décembre 2008, Valeo annonce qu'il va supprimer 5 000 emplois dans le monde[10], dont 1 600 en France[11].

L’objectif du groupe est d'atteindre une marge opérationnelle supérieure à 7 % d'ici 2015 et de se positionner parmi les plus importants équipementiers mondiaux, notamment par la poursuite de son développement en Asie et dans les pays émergents.

Entre mars 2001 et mars 2009, le groupe est dirigé par Thierry Morin. Le , ce dernier présente sa démission du groupe. Il est remplacé depuis par Jacques Aschenbroich (ancien directeur de la branche vitrage de Saint-Gobain). Celui-ci a lancé un nouveau plan stratégique en mars 2010[12].

En mai 2013, Valeo cède sa branche Sécurité Habitacle (VSS) au Japonais U-Shin .

Le , Valeo réintègre le CAC 40 après 13 ans d'absence et une augmentation de ses actions de 630 % en 5 ans [13].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le site de Reims.

En 2014, Valeo emploie 78 500 collaborateurs dans 29 pays, dans 133 sites de production, 16 centres de recherche, 34 centres de développement et 15 plate-formes de distribution. Sur l’année 2013 :

  • Niveau des prises de commandes à 14,8 milliards d’euros, porté par les innovations et la croissance en Asie.

Activité internationale et Endettement[modifier | modifier le code]

  • Chiffre d’affaires total de 12,1 milliards d’euros, en hausse de 9 % (à périmètres et taux de change constants) :
    • Performance équilibrée entre l’activité première monte (+ 10 %) et le marché du remplacement (+ 8 %) ;
    • Performance du chiffre d’affaires première monte supérieure de 6 points à celle du marché.

Europe : croissance de 7 %, supérieure de 7 points à celle du marché.

Chine : croissance de 31 %, supérieure de 16 points à celle du marché.

Amérique du Nord : croissance de 17 %, supérieure de 12 points à celle du marché.

Amérique du Sud : croissance de 8 %, supérieure de 3 points à celle du marché :

  • Marge opérationnelle de 795 millions d’euros, en hausse de 10 %, à 6,6 % du chiffre d'affaires ;
  • Résultat net part du Groupe de 439 millions d’euros en hausse de 18 % ; 
  • Génération de cash flow libre de 315 millions d’euros. 

Endettement financier net de 366 millions d’euros. 

Quatre grands pôles d’activités[modifier | modifier le code]

Le Groupe se divise en quatre grands pôles d’activités avec dix familles de produits, répartis comme suit :

  1. Pôle Systèmes de confort et d'aide à la conduite (CDA) :
    • Contrôles Intérieurs (CIC) ;
    • Aide à la conduite (CDV) ;
    • Électronique habitacle (CIE).
  2. Pôle Systèmes de Propulsion (PTS) :
    • Systèmes Électriques Moteur (VEES) (exemple : le système Stop & Start) ;
    • Transmissions (VT) ;
    • Systèmes de contrôle moteur et Systèmes de boucle d’air (exemple : module EGR).
  3. Pôle Systèmes Thermiques (THS) :
    • Thermique Habitacle (VCC) ;
    • Thermique Moteur (VEC) ;
    • Compresseurs (VC).
  4. Pôle Systèmes de Visibilité (VIS) :
    • Éclairage Signalisation (VLS) ;
    • Systèmes d'Essuyage (VWS).

Un des axes de recherche et de développement des activités d'innovation de Valeo est la sécurité du conducteur et des éléments de son environnement. En novembre 2013, Valeo s'associe avec le japonais Fujitsu Tenn dans le cadre d'un partenariat qui porte sur la détection d'obstacles : l'équipementier français développe une caméra associée à un radar conçu par son partenaire japonais[14].

Présidents-directeurs généraux[modifier | modifier le code]

Marques de Valeo[modifier | modifier le code]

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

Chiffre d'affaires

Normes IFRS (millions d'€) :

  • 2004 : 9 229
  • 2005 : 9 933
  • 2006 : 9 550
  • 2007 : 9 689 (hors câblage)
  • 2008 : 8 677
  • 2009 : 7 499
  • 2010 : 9 632
  • 2011 : 10 868[15]
  • 2012 : 11 759[16]
  • 2013 : 12 110 [17]
  • 2014 : 12 725 13
Répartition du CA par pôle d'activités (Décembre 2013)[15]
  • Systèmes de propulsion : 28 %
  • Systèmes thermiques : 28 %
  • Systèmes de confort et d'aide à la conduite : 18 %
  • Systèmes de visibilité : 26 %
Résultat opérationnel

Normes IFRS (% du CA)

  • 2004 : 3,6 %
  • 2005 : 3,1 %
  • 2006 : 2,8 %
  • 2007 : 3,3 %
  • 2008 : 2,7 %
  • 2009 : 1,8 %
  • 2010 : 6,4 %
  • 2011 : 6,5 %[15]
  • 2012 : 6,2 %[16]
  • 2013 : 6,6 % [18]
  • 2014 : 7,2 % 13

En 2013, les prises de commandes s’élèvent à 14,8 milliards d’euros confirmant le potentiel de croissance du Groupe. Elles sont portées par :

  • les produits et systèmes innovants qui représentent 30 % des prises de commandes ; 
  • l’accélération du développement du Groupe en Asie et dans les pays émergents. L’Asie représente 37 % des prises de commandes, soit 11 points de plus que sa part dans le chiffre d’affaires première monte ; 
  • la Chine (24 % des prises de commandes, 13 % du chiffre d’affaires première monte) deviendra le premier pays du Groupe à partir de 2014.

Controverses[modifier | modifier le code]

Contentieux sociaux[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 2006, Valeo est condamnée à payer 4,3 millions d'euros des suppléments d'indemnités en raison de 260 licenciements économiques requalifiés en abusifs pour défaut de procédure dans son usine de Labastide-Saint-Pierre[19].

Près d'un siècle après les premières contaminations par l'amiante sur son site de Condé-sur-Noireau (amiante présente dans les systèmes d'embrayage ou les garnitures et plaquettes de freins) et après plus de dix ans de procédure pénale, Valeo et plusieurs de ses dirigeants, puis son propre médecin du travail[20], sont mis en examen en 2006 et 2007 pour homicides, blessures involontaires et non-assistance à personnes en péril[21].

Le groupe Valeo a depuis mis en place des procédures très strictes de maîtrise du risque amiante, tant pour ses salariés que ses retraités. Ce dispositif a fait l’objet d’un protocole d’accord national signé le 10 avril 2009 avec le ministère l’Écologie et du Développement durable[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a et b Les bénéfices de Valeo ont bondi de 28% en 2014, Challenges, 25 février 2015
  3. [2]
  4. a et b « Valeo, quelle histoire »
  5. Brevets français et internationaux d'Eugène Buisson en 1922 : Brevet US 1547408 Brevet US 1526203 Brevet US 1493803 Brevet US 1588305 Brevet DE 416 805 Brevet CH 105759
  6. Michel Bernier, Le XXe sièclè en Deux-Sèvres, Niort, Geste,‎ , 319 p. (ISBN 2845610041 et 9782845610040), p. 102.
  7. Usine du Rocray à Cahan, à 10 km de Condé-sur-Noireau
  8. Frank Bournois, Sébastien Point, Jacques Rojot, Jean-Louis Scaringella, RH - Les meilleures pratiques CAC 40 / SBF 120, Paris, Editions Eyrolles,‎ , 766 p. (ISBN 2212043090 et 9782212043099), p. 746.
  9. a et b « L’histoire de Valeo », sur www.valeo.com
  10. Valeo s'apprête à supprimer 5 000 emplois dans le monde
  11. Valeo va supprimer 5 000 emplois dans le monde, dont 1 600 en France
  12. Valeo présente son nouveau plan stratégique et ses objectifs financiers à moyen terme
  13. Valeo méritait-il de retrouver le CAC 40 ?, Challenges, 2 juillet 2014
  14. [PDF]Communiqué de presse
  15. a, b et c http://www.valeo.com/nos-activites/[3]
  16. a et b http://www.valeo.com/investisseurs-et-actionnaires/chiffres-cles.html
  17. http://www.valeo.com/le-groupe/profil-du-groupe-valeo.html
  18. http://www.valeo.com/medias/upload/2014/02/31107/resultats-2013-communique-de-presse.pdf
  19. « Pas d'amiante dans la cave de Natascha », Le Plan B, no 4, octobre 2006, p. 8.
  20. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/amiante-le-medecin-du-travail-mis-en-examen_468056.html
  21. http://www.liberation.fr/societe/010160960-conde-sur-noireau-ravage-par-un-siecle-d-amiante
  22. http://www.mayenne.pref.gouv.fr/communiques-63-installation-de-la-commission-pour-la-mise-en-securite-du-site-de-rochefort-a-andouille.php

Sources[modifier | modifier le code]

  • Rapport annuel 2013[1]
  • Document de référence 2013 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  1. http://www.valeo.com/minisites/RA/2013/FR/
  2. http://www.valeo.com/medias/upload/2014/03/31481/document-de-reference-2013.pdf