Vaincre ou mourir (film, 2023)

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Vaincre ou mourir
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Logotype du film.
Réalisation Paul Mignot
Vincent Mottez
Scénario Vincent Mottez
Musique Nathan Stornetta
Acteurs principaux
Sociétés de production Puy du Fou Films
StudioCanal
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Historique
Durée 110 minutes
Sortie 2023

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Vaincre ou mourir est un film français co-réalisé par Paul Mignot et Vincent Mottez, sorti en 2023. Le long-métrage s'intéresse aux Guerres de Vendée par le prisme de François Athanase Charette de La Contrie, dit « Charette ».

Synopsis

Dans la France révolutionnaire, en 1793, après 3 ans de tranquillité au château de Fonteclose où il s'est établi après son mariage, François Athanase Charette de La Contrie se voit rappeler par des paysans en colère pour prendre le commandement de l'insurrection vendéenne.

Le jeune marin va alors devenir un fin stratège et un chef de guerre, défiant la République avec son armée de paysans, de femmes et d'enfants.

Fiche technique

  • Titre original : Vaincre ou mourir
  • Réalisation : Paul Mignot, Vincent Mottez
  • Scénario : Vincent Mottez d'après le spectacle du Puy du Fou Le Dernier Panache
  • Musique : Nathan Stornetta
  • Décors : Audrey Malecot, Irène Marinari
  • Costumes : Les Vertugadins
  • Photographie : Alexandre Jamin
  • Montage : Tao Delport
  • Producteur :
  • Société de production : Puy du Fou Films, StudioCanal
  • Distributeur : Saje distribution
  • Genre : historique, action, aventures
  • Pays de production : Drapeau de la France France
  • Langue originale : français
  • Durée : 110 minutes
  • Dates de sortie :

Distribution

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Production

En mars 2022, il est révélé que le parc du Puy du Fou va produire un long-métrage via sa toute nouvelle filiale Puy du Fou Films[1],[2],[3]. Le projet est présenté comme un « documentaire d’inspiration historique »[4]. Ce premier film se penche sur une figure majeure des Guerres de Vendée, François-Athanase Charette de La Contrie. Le projet se revendique dans la continuité du spectacle Le Dernier panache, créé au sein du parc vendéen et élu Meilleure création mondiale par la Themed Entertainment Association courant 2016[5],[6].

Le tournage débute en mars 2022 et se déroule dans le parc et ses alentours[7].

Plusieurs historiens et spécialistes sont consultés par les réalisateurs, sans participer à l'écriture du scénario : Jean-Clément Martin, Anne Rolland-Boulestreau, Reynald Secher, Nicolas Delahaye et Anne Bernet[8].

Jean-Clément Martin demande cependant par la suite le retrait de ses interventions[9].

En décembre 2022, le réalisateur Vincent Mottez déclare à ce sujet : « Il est vrai que le projet, présenté au démarrage comme un docu-fiction, a évolué en long-métrage au gré de l’avancée du projet. Je comprends tout à fait que Jean–Clément Martin, voyant le contrat de base modifié, ait fait cette demande. Nous restons toutefois en très bons termes »[9].

Sortie

Le film sort en France le . Il a été auparavant présenté lors d'avant-premières dans plusieurs villes de France le [10].

Accueil critique

Selon l'agrégateur de critiques Allociné, les critiques du film sont très maussades : 1,4/5 en moyenne pour dix critiques[11]. Les critiques spectateurs (2000) sont plus favorables, avec une moyenne de 3,9/5[12].

Dès sa sortie, le film enflamme les débats et la portée politique du sujet comme du projet[pas clair] est au centre d'affrontements idéologiques[13].

Les avis négatifs

Paul Quinio, de Libération, voit dans cette production un « exemple supplémentaire de l’offensive conservatrice en cours, qui utilise le soft power pour diffuser des idées sans en avoir l’air ». Pour le journaliste, le film s’inscrit dans « une bataille culturelle et idéologique [...] loin d’être derrière nous ». Il voit dans la représentation proposée de l’affrontement entre « royalistes et républicains » lors de la guerre de Vendée de « bons royalistes » contre des « méchants républicains ». Interviewé par Libération, l'historien Guillaume Lancereau reproche aux scénaristes « de faire rentrer dans la tête d’un maximum de gens une vision réactionnaire et manichéenne » des faits[14]. Sa collègue Elisabeth Franck-Dumas abonde dans ce sens : « Le plus fascinant, dans un film militant ayant transformé ses personnages en alibi, devient la place prépondérante accordée aux concepts, à ces entités sans tête et abstraites, visiblement malfaisantes, contre lesquelles bataillent sans relâche Charette et ses amis. Elles ont pour nom république ou Histoire. [...] Renverser l’Histoire, une bonne définition de l’entreprise réactionnaire. »[15].

Samuel Douhaire, de Télérama, titre « Vaincre ou mourir, un film du Puy du Fou si mauvais que même les royalistes détesteront » et affirme que les guerres de Vendée y sont « contées avec des lunettes de chouan et de gros sabots »[16].

Du côté de L'Obs, Xavier Leherpeur place d'emblée le film dans son encadré le Raté de la semaine : « A la question posée par le titre, la réponse est claire : mourir plutôt que de revoir un jour ce nanar historique ». Le chroniqueur regrette que les moyens soient « impuissants à sauver le film de sa mélasse scénaristique » et trouve la mise en scène « inerte, reposant sur un recours abusif au drone et aux contre-plongées pour renforcer la dimension christique du personnage central ». Il achève son article sur la conclusion suivante : « Très peu de cinéma, beaucoup de bruit et de fureur prosélyte, le tout saupoudré d’un message chrétien lourdement asséné »[17].

Murielle Joudet du Monde évoque elle aussi « un nanar historique », caractérisé par « une bouillie audiovisuelle qui égrène tous les poncifs les plus éculés du film historique, remuant son imagerie christique et viriliste à coups d’effets visuels d’un autre âge »[18].

Pour la rédaction du Parisien, « malgré des scènes d’actions plutôt réussies, Vaincre ou mourir peine à convaincre, tant sur la forme, que sur le fond »[15].

Le Figaro n'est pas en reste, le journaliste Olivier Delcroix déplorant le rendu final : « Si l'épopée de Charette (incarné par un Hugo Becker qui fait ce qu'il peut) mérite d'être retracée, ce n'est pas ainsi. [...] C'est violent, sanglant, bruyant, agressif. On soupire à la simple idée du film qu'aurait pu réaliser un Philippe de Broca »[19].

Sylvestre Picard, de Première, s'interroge : « Est-ce que Vaincre ou mourir est au moins un grand film spectaculaire ? Pas tellement. C'est surtout truffé d'ellipses, la voix off bouchant les trous d'un récit balisé, cloué dans sa vision réductrice du monde - même si cette vision avance masquée ». Il rappelle que le long-métrage est « distribué par Saje, spécialisé dans les films chrétiens (comme la sinistre fiction anti-avortement Unplanned en 2019), co-produit par Canal+, propriété du très catho Vincent Bolloré ». Le journaliste précise en outre que le prologue est signé par « des historiens dont le très orienté Reynald Secher, partisan de la thèse controversée du génocide vendéen »[20].

Sur le site Écran large, Antoine Desrues déclare que « la production de Puy du Fou Films s’assume comme un tract royaliste et catho intégriste », « où la République est perçue comme le système politique qui a, petit à petit, entraîné la chute de nos valeurs chrétiennes ». Le journaliste considère que Charette y est présenté comme « une icône jamais remise en cause pour ses actes et son positionnement idéologique ». Il compare également Vaincre ou mourir à un pan du cinéma hollywoodien ouvertement évangéliste (Dieu n'est pas mort ou Unplanned) devenu « aujourd'hui un business à part entière ». Antoine Desrues fustige le message sous-jacent du long-métrage : le « combat civilisationnel de Vincent Bolloré, qui exploite le septième art en outil de propagande similaire à Touche pas à mon poste. Bienvenue en 2023, et au retour de l’obscurantisme le plus total, qui ne prend même plus la peine de se fournir un écrin attrayant pour masquer son odeur méphitique ». Son collègue Mathieu Jaborska appuie ses propos : « L'exaltation royaliste grossière passerait presque pour une position tolérable si la pseudo-approche documentaire ne nous prenait pas pour des abrutis influençables »[21].

Télé 2 semaines ne cache pas sa déception quant au traitement de Charette : « Si elle a le mérite de mettre en lumière un héros méconnu, cette fresque historique pèche par son scénario prévisible et une réalisation brouillonne, notamment dans les scènes de combat »[15].

Les retours positifs

Seule une poignée de médias, presque tous de sensibilité catholique traditionnaliste, ont publié des critiques positives du film.

Ainsi, le mensuel catholique traditionnaliste La Nef est plutôt satisfait du long-métrage : « les producteurs nous offrent un film à grand spectacle avec d’excellents acteurs qui en sont le point fort ». Le journaliste François Maximin donne la conclusion suivante : « L’esprit du film est remarquable et suit au plus près la réalité historique. La mise en scène, côté moyens, n’a rien de ridicule, même si elle est loin des grandes productions hollywoodiennes : l’image est belle, les scènes bien filmées. Tout cela est positif, et pourtant, en sortant de la projection, on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque quelque chose, qu’on passe à côté de la dimension épique d’une telle histoire »[22].

Sur Claves, site de formation chrétienne de la Fraternité Saint-Pierre, l'abbé Paul Roy voit en Vaincre ou mourir « un beau film qui fait revivre toute l’horreur paradoxale de ces temps oubliés de notre histoire ». Pour lui, le long-métrage reste « pudique sur la vie chrétienne de Charette, et ne prétend pas canoniser son héros, mais le montre cependant luttant pour Dieu et le roi dans une atmosphère chrétienne. La présence de l’abbé est constante à ses côtés, même si le personnage peut parfois sembler un peu falot (et mal rasé) : depuis les premières images magnifiques de messe dans les bois jusqu’à l’ultime absolution donnée au condamné sur le chemin du peloton d’exécution ». Il affirme que « la grande qualité de la production, à l’image du savoir-faire du Puy du Fou, réside certainement dans le bel esprit avec lequel est retracée l’épopée de ce héros vendéen, dans la beauté des images, des costumes, des scènes en général et de la musique qui les accompagne, et dans la richesse et la profondeur historique et littéraire du texte qui fait la trame d’ensemble »[23].

Le site Zickma se focalise sur la forme et les acteurs : il loue notamment « un Rod Paradot formidable qui continue de prouver tout son talent » ainsi que « les beaux décors, la mise en scène soignée (malgré quelques maladresses), les très beaux costumes, sans oublier sa jolie bande originale, bien qu’un peu trop présente ». La chroniqueuse conclut que Vaincre ou mourir « amène un vent de fraîcheur sur le cinéma français [qui] fait beaucoup de bien »[24].

Notes et références

  1. puydufou, « Le Puy du Fou entre dans le 7ème art : la première production originale déjà en tournage ! », sur Blog | Puy du Fou, (consulté le ).
  2. « Le Puy du Fou tourne un premier film et se rêve en Hollywood vendéen », sur LEFIGARO, (consulté le ).
  3. « Le Puy du Fou se lance dans le cinéma avec "Vaincre ou Mourir", sur les guerres de Vendée », sur BFMTV (consulté le ).
  4. « Le film du Puy du Fou, « Vaincre ou Mourir », sur grand écran le 8 décembre », sur Ouest-France, (consulté le ).
  5. « Découvrez la bande-annonce de "Vaincre ou mourir", le 1er film du Puy du Fou », sur www.alouette.fr (consulté le )
  6. « "Le Dernier Panache" meilleure création du monde », sur actu.fr (consulté le )
  7. « Le parc vendéen du Puy du Fou se lance dans le cinéma avec un film sur Charette », sur Actu.fr, (consulté le ).
  8. Gabriel Boussonière, Guerre de Vendée. Une historienne raconte Charette, « ce stratège au charisme exceptionnel », Le Courrier de l'Ouest, 7 décembre 2022.
  9. a et b Thomas Cauchebrais, D'abord au Puy du Fou, l'épopée de Charette et des « géants de la Vendée » maintenant au cinéma, RCF Anjou, 9 décembre 2022.
  10. « "Vaincre ou Mourir" : le film du Puy du Fou la date de sortie dévoilée », sur Alouette.fr, (consulté le ).
  11. AlloCine, « Vaincre ou mourir » (consulté le )
  12. « Avis sur le film Vaincre ou mourir » Accès libre, sur AlloCine (consulté le )
  13. « "Vaincre ou mourir" : quand l'ambition du Puy du Fou au cinéma fait polémique », sur Franceinfo, (consulté le )
  14. Paul Quinio, « «Vaincre ou Mourir», l’histoire comme champ de bataille culturel pour les réacs », sur Libération (consulté le )
  15. a b et c AlloCine, « Vaincre ou mourir: Les critiques presse » (consulté le )
  16. « “Vaincre ou mourir”, un film du Puy du Fou si mauvais que même les royalistes détesteront (Film historique) : la critique Télérama », sur www.telerama.fr, (consulté le )
  17. « « Tár », « Retour à Séoul », « la Famille Asada »… Les films à voir (ou pas) cette semaine », sur L'Obs, (consulté le )
  18. « « Vaincre ou mourir » : les guerres de Vendée transposées à l’écran en un nanar historique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. « Tar, Mayday, Retour à Séoul… Quels films faut-il voir ou éviter cette semaine? », sur LEFIGARO, (consulté le )
  20. « Vaincre ou mourir », sur Premiere.fr (consulté le )
  21. « Vaincre ou mourir : critique d’un Puy sans fond de nullité », sur EcranLarge.com (consulté le )
  22. François Maximin, « Cinéma Janvier 2023 », sur La Nef, (consulté le )
  23. par Abbé Paul Roy et FSSP, « Vaincre ou mourir », sur Claves, (consulté le )
  24. Adélaïde, « Critique : Vaincre ou mourir », sur Zickma, (consulté le )

Annexes

Articles connexes

Liens externes