VSV-EBOV

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
VSV-EBOV
Description de cette image, également commentée ci-après
RVSV-ZEBOV

Le VSV-EBOV ou rVSV-ZEBOV est un vaccin expérimental développé contre la maladie à virus Ebola par des chercheurs du Laboratoire national de microbiologie (en) du Canada[1]. Il consiste en une forme recombinante atténuée du virus de la stomatite vésiculaire — un rhabdovirus — exprimant la glycoprotéine GP du virus Ebola. L'injection de ce virus atténué modifié stimule une réponse immunitaire dirigée contre la glycoprotéine du virus Ebola et procure donc une protection contre ce dernier. Une injection intramusculaire unique suffit à protéger des primates non humains — en l'occurrence, des macaques crabiers — contre la maladie à virus Ebola[2],[3]. La vaccination elle-même ne provoque pas de fièvre ni d'autres symptômes. Certains indices laissent également penser que ce vaccin pourrait présenter une action curative sur des patients déjà infectés par le virus[4].

On a par ailleurs pu montrer que les macaques crabiers étaient encore complètement protégés de l'infection quatorze mois après avoir été vaccinés[5],[6].

Produit par la firme pharmaceutique Merck & Co, le VSV-EBOV a fait l'objet d'un essai clinique à Genève, en Suisse, au cours duquel des patients ont fait état de douleurs articulaires[7]. Lors d'un essai clinique de phase III mené en Guinée, en 2015, le vaccin a été administré à plus de 2000 personnes pour prévenir la propagation du virus[8].

Fin juillet 2015 l'OMS, promoteur de l'essai, débuté le 23 mars 2015, diffuse depuis Genève un communiqué de presse et la revue médicale internationale The Lancet publie éditorial et article annonçant des résultats intermédiaires prometteurs, avec une efficacité vaccinale de 70 à 100 %[9],[10],[11],[12].

Le vaccin a également été utilisé à titre compassionnel en République Démocratique du Congo lors de l'épidémie de l'Équateur en mai 2018 et est administré au Nord Kivu[13] pour contenir la deuxième épidémie de 2018 à laquelle fait face le pays. En novembre, environ 30 000 personnes avaient été vaccinées[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Pavot, « Ebola virus vaccines: Where do we stand? », Clinical Immunology, vol. 173,‎ , p. 44–49 (DOI 10.1016/j.clim.2016.10.016, lire en ligne, consulté le 26 juin 2017)
  2. (en) Steven M. Jones, Heinz Feldmann, Ute Ströher, Joan B. Geisbert, Thomas W. Geisbert et al., « Live attenuated recombinant vaccine protects nonhuman primates against Ebola and Marburg viruses », Nature Medicine, vol. 11, no 7,‎ , p. 786-790 (PMID 15937495, DOI 10.1038/nm1258, lire en ligne)
  3. (en) Sylvain Baize, « A single shot against Ebola and Marburg virus », Nature Medicine, vol. 11, no 7,‎ , p. 720-721 (PMID 16015361, DOI 10.1038/nm0705-720, lire en ligne)
  4. (en) Heinz Feldmann, Steven M Jones, Kathleen M Daddario-DiCaprio, Joan B Geisbert, Ute Ströher, Allen Grolla, Mike Bray, Elizabeth A Fritz, Lisa Fernando, Friederike Feldmann, Lisa E Hensley et Thomas W Geisbert, « Effective Post-Exposure Treatment of Ebola Infection », PLoS Pathogens, vol. 3, no 1,‎ , e2 (PMID 17238284, PMCID 1779298, DOI 10.1371/journal.ppat.0030002, lire en ligne)
  5. (en) Chad E. Mire, Joan B. Geisbert, Krystle N. Agans, Benjamin A. Satterfield, Krista M. Versteeg, Elizabeth A. Fritz, Heinz Feldmann, Lisa E. Hensley, Thomas W. Geisbert, « Durability of a Vesicular Stomatitis Virus-Based Marburg Virus Vaccine in Nonhuman Primates », PLoS ONE, vol. 9, no 4,‎ , e94355 (DOI 10.1371/journal.pone.0094355, lire en ligne)
  6. (en) Jason S. Richardson, Joseph D. Dekker, Maria A. Croyle et Gary P. Kobinger, « Recent advances in Ebolavirus vaccine development », Human Vaccines, vol. 6, no 6,‎ , p. 439-449 (DOI 10.4161/hv.6.6.11097, lire en ligne)
  7. (en) Martin Enserink, « Ebola vaccines move closer to ultimate test », sur Science, (consulté le 17 janvier 2015) : « A vaccine initially made by NewLink Genetics but now manufactured by Merck still needs to enroll more volunteers in its phase I studies. This vaccine uses a livestock virus called VSV, rather than the chimp virus, as the vector to carry the Ebola gene. One study was halted after some participants developed arthritislike symptoms, but it later resumed. »
  8. (en) Bahar Gholipour, « Ebola Vaccines: Here's a Look at the 3 Front-Runners », sur LiveScience, (consulté le 17 janvier 2015)
  9. « Un vaccin efficace contre le virus Ebola est à portée de main : communiqué de presse » [html], sur www.who.int/mediacentre/news/, (consulté le 31 juillet 2015)
  10. (en) « Editorial : An Ebola vaccine: first results and promising opportunities » [PDF], sur www.thelancet.com, (consulté le 2 août 2015)
  11. (en) Ana Maria Henao-Restrepo, Ira M Longini, Matthias Egger, Marie Paule Kieny, John-Arne Røtting et al., « Efficacy and effectiveness of an rVSV-vectored vaccine expressing Ebola surface glycoprotein: interim results from the Guinea ring vaccination cluster-randomised trial », Lancet, no (prépublication électronique),‎ (DOI 10.1016/S0140-6736(15)61117-5, lire en ligne [PDF])
  12. Fabien Goubet, « Le vaccin anti-Ebola testé aux HUG obtient de bons résultats en Guinée », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  13. « Ebola : 4.000 doses de vaccin sont arrivées en RDC (OMS) », ONU Info,‎ (lire en ligne, consulté le 15 novembre 2018)
  14. « RDC : Plus de 30 000 personnes déjà vaccinées contre Ebola », sur Actualite.cd (consulté le 15 novembre 2018)