Vézézoux

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Vézézoux
Vézézoux
L'église Saint-Mary.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Brioude
Canton Sainte-Florine
Intercommunalité Communauté de communes Auzon Communauté
Maire
Mandat
Didier Robert
2014-2020
Code postal 43390
Code commune 43261
Démographie
Population
municipale
581 hab. (2015 en augmentation de 12,38 % par rapport à 2010)
Densité 81 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 24′ 15″ nord, 3° 20′ 51″ est
Altitude Min. 393 m
Max. 638 m
Superficie 7,13 km2
Localisation

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Vézézoux est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Vézézoux est un petit village situé à la limite des départements de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. On y a une belle vue sur le Massif central et les monts d'Auvergne.

Vézézoux fait partie de ce que l'on nomme encore le Bassin minier bien que les mines de charbon de la région ne soient plus exploitées depuis 1978. Une ancienne usine de traitement du charbon au bord de la rivière Allier, dans le bas du village témoigne de cette partie de l'histoire.

Ces dernières années, sa population augmente en même temps que la construction des maisons neuves. Pour autant, l'activité économique du village (commerces, entreprises, etc.) n'évolue pas vraiment.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vézézoux est le lieu le plus bas du département de la Haute-Loire, avec 393 m d'altitude.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Comme le démontre la toponymie, il est envisageable que la fixation de l’habitat remonte à l'époque gauloise ou romaine. C'est le cas d'un hameau comme Marnat (nommé Marnac sur la carte de Cassini), qui sous-entendant la présence d'une villa gallo-romaine aux alentours du IIe siècle, appartenant à un Marnatus ou Marinus.

Les anciens du village affirment que jeunes, ils avaient trouvé des tessons de poterie typiquement gallo-romaines, et des pièces dans la rivière du Cé.

Moyen Age[modifier | modifier le code]

Pas de château au Moyen Age. On sait qu'une partie de Vézézoux appartenait en partie à la famille d'Arc, qui donnèrent leurs terres et les charges associées au monastère de Sauxillanges. Le village est donc à partir de cette date dirigé par des prieurs clunisiens.

Epoque moderne[modifier | modifier le code]

Dans les collines de Vézézoux et de Marnat, on trouve les restes des carrières de pierre où l'on exploitait l'améthyste et la baryte (entre autres) au début du siècle dernier. Ces filons sont connus en fait depuis au moins la fin du XVIIe siècle, puisque le chanoine Pierre Audigier dans les années 1700 cite Serlandes et Marnat (Marnhac) comme site à améthystes. Quelques années plus tard, en 1729, la marquise d'Yolet, de Beaulieu, entreprend des actions au lieu-dit "la Garde" à Marnat dans le but d'exploiter des filons pour la bijouterie.[1] Le lieu-dit Pierre de bague rappelle cette histoire. Enfin, le renommée Louis-Guillaume le Monnier, alors en mission pour élaborer la carte de Cassini et collaborateur de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, passionné de géologie et de physique, cite lui-aussi les mines de Marnat.

Le long du ruisseau du Cé (ou du Say), dans le bas du village, existaient plusieurs moulins depuis au moins la Révolution française. La rivière était plusieurs fois dirigée dans des canalisations à ciel ouvert, qu'on nomme des béals, et alimentaient les moulins. Le moulin d'Albine, dont on a des mentions depuis le début du XVIIe siècle, était un moulin à farine. Une partie est encore intacte. Un autre, le moulin du Say, broyait au XIXe siècle la barytine présente en abondance dans les environs, pour exporter cette poudre à Paris par sapinières. Un troisième, le moulin des Poules, en fort mauvais état aujourd'hui, existait en 1828. Le principal béal qui a sa prise d'eau en bas du chemin menant à Boussac, alimentait le moulin des poules et le moulin du Say[2]. Il est utilisé aujourd'hui par les promeneurs l'été, car ombragé par de magnifiques buis; il abrite une partie d'une Course d'Orientation mise en place par la Communauté de Commune du pays d'Auzon en 2017; il accueille également une variante de la Via arverna, chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle reliant Clermont à Brioude.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avril 2008 avril 2014 Jacques Petrequin    
avril 2014 en cours Didier Robert    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[4].

En 2015, la commune comptait 581 habitants[Note 1], en augmentation de 12,38 % par rapport à 2010 (Haute-Loire : +1,35 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
410405453431386427703436568
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
530516540506472444448418438
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
483486409316332291276264308
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
320322312340386407448540581
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

La paroisse est mentionnée dès le XIe siècle par le cartulaire de Sauxillanges. En effet, l'église de Vézézoux dépendait de ce monastère clunisien, qui était l'une des cinq "abbaye filles" de Cluny. L'église était donc gérée à cette époque par des moines bénédictins.

Il est possible que ce fut une famille noble, les Arcs (Pierre, Bernard et Dalmacie), qui les premiers font construire l'église de Vézézoux au XIe siècle. Ils offrent au monastère une rente et des terres pour permettre l'entretient de l'Eglise, et la placent sous la protection du monastère clunisien de Sauxillanges[2].

De cette époque (peut-être XIIe siècle) datent les constructions romanes de l'église (nef et sa voûte, modillons de l'abside). L'époque gothique (XVe siècle) a marqué le clocher-porche et la voûte de l'abside. La nef est de trois travées sous voûte en berceau légèrement brisé, supportée par des doubleaux amortis par un double ressaut sur l'écoinçon des arcs latéraux de décharge, technique relativement rare en Velay. L'abside se compose d'une travée de chœur, rappelant sa destinée monastique, précédant l'abside proprement dite qui est à cinq pans sur les deux faces, sous voûte d'ogives établie, avec les fenêtres lancéolées, lors des constructions des XIVe et XVe siècles. Un porche sous ogives aurait été ajouté au XIVe siècle. Bases prismatiques et mascarons des ogives encadrent le portail. Le tympan, mutilé à la Révolution, est orné d'une sculpture de la Vierge et de saint Jean. Le clocher a été exécuté dans la tradition des clochers issue des techniques architecturales de l'abbaye de la Chaise-Dieu.

L'église est aujourd'hui dédiée à saint Mary. Elle avait, avant le XIXe siècle, saint Préjet (saint Priest) comme titulaire. Ce martyr est né dans le village, fils d'une ancienne famille aristocratique gallo-romaine, il fut évêque d'Auvergne. Il sera assassiné à Volvic en 676.

L'occupation des sols ainsi que la christianisation de la colline sont attestés bien plus anciennement que l'installation de l'église au Moyen Âge(références?).

Pourquoi l'église Saint Mary?[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 1850, l'église était placée sous le vocable de Saint Préjet, évêque de Clermont et originaire du village. Mais en 1854, l'abbé Jean-Baptiste Gay est nommé prêtre de la paroisse. Il va payer de sa personne pour embellir son église et lui donner la renommée qu'il lui manque.[7] Il va par exemple repeindre entièrement l'intérieur du chœur de son église, durant 10 ans. Cette peinture fut recouverte au XXe siècle par un enduit de ciment, qui aujourd'hui est en mauvais état car couvert de salpêtre. Il accueille également la mission du 23 avril 1876 à la suite de laquelle fut érigée la croix noire et dorée plantée sur l'extrémité de l'éperon rocheux où est bâtie l'église. C'est également lui qui remplace les anciens vitraux de l'abside par 3 vitraux représentant la Sainte Famille.

Il décide également de placer dans l'église dont il est responsable une relique dont elle ne peut s’enorgueillir. Les reliques de Saint Préjet étant inaccessibles (car disparues), il utilise un reliquaire de son trésor, une boîte en argent du XVIe siècle - estimée à plus de 200 francs lors de l'inventaire du 15 avril 1855 - mais vide... et part à la chasse aux reliques.

En quelques années, dans des circonstances mystérieuses, il va mettre la main sur 5 reliques, qu'il va placer dans le reliquaire: Saint Felix (évêque de Bourges mort en 576), Saint Amateur (évêque d'Auxerre au début du Ve siècle), Saint Austremoine (d'Issoire), un morceau de pierre de la Sainte maison de Lorette, et un un morceau d'os du crâne de Saint Mary, évangélisateur de l'Alagnon[8].

C'est cette relique, la plus précieuse du reliquaire, qu'il va placer au centre de l'ensemble. En 1856, en commun accord avec les habitants de Vézézoux, l'église délaisse Saint Préjet, et se place sous le vocable et la protection de Saint Mary. Le reliquaire est aujourd'hui exposé dans la chapelle Saint Mary de l'église de Vézézoux lors des journées du patrimoine ou lors de la fête patronale, le 8 juin.

Hameaux[modifier | modifier le code]

  • Albine
  • la Taupe
  • le Say
  • les Poules
  • Marnat
  • Verrerie Notre-Dame-du-Port.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Folklore[modifier | modifier le code]

Le Grapau du Moulï[modifier | modifier le code]

Le long de l'Estantole (ou du Say) s'alignaient des moulins jusqu'au XIXe siècle. Une légende orale met en scène le Grapau du moulï, génie des eaux du moulin. Il devait avoir la forme d'une grosse grenouille (grapau signifie "crapaud" en patois). Il vivait surtout en eau trouble, dans les roues attenantes au moulin (le moulin du Say en possédait au moins 3), sous les écluses, les barrages ou les meules. On disait que lorsque les roues fonctionnaient pleinement, c'était que le Grapau était assis en haut de la roue et l’aspergeait d’eau…. Autrement dit, il mettait en mouvement la roue du moulin. Il pouvait même le réparer. Mais si jamais le meunier se disputait avec lui, il se vengeait. Ce fut le cas avec Luquette la meunière, qui refusa un jour d'alimenter le Grapau (il suffisait d'envoyer du pain et du vin des les aubes des roues). Elle termina trois nuits plus tard mystérieusement noyée sous les pales de son moulin.

La fouant de Saint Préjet[modifier | modifier le code]

Un lieu-dit dans le bas du village conserve la mémoire d'une fontaine miraculeuse (fouant, en patois) dédié au premier saint protecteur de la paroisse: Saint Préjet. Existait en ce lieu, aujourd'hui le long de la départementale, "une fontaine recouverte de maçonnerie de forme conique de 10m de longueur et de 5m de profondeur"[7]. La tradition affirmait que "des guérisons y ont été opérées jadis, et que, en temps d'épidémie, on s'y rendait en pèlerinage pour y être conservé de la contagion. Saint Préjet était spécialement invoqué pour la guérison des paralytiques" .

Le creux du moulin des poules[modifier | modifier le code]

Une autre légende orale explique que le meunier du moulin des poules abusait de son âne, lui demandant chaque jour davantage. L'âne, éreinté à force de travail, tomba un jour raide mort dans son champs. Mais il se fit si lourd en mourant qu'il fut à l'origine de cette dépression visible dans le champs bordant le moulin des poules.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cubizolles, Vézézoux, patrie de saint Préjet, évêque d'Auvergne (665-675) et martyr, Le Puy-en-Velay, Éd. Jeanne-d'Arc, 1996, 292 p., ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Cubizolle, Vézézoux, patrie de Saint Préjet, Le Puy, Jeanne d'Arc, 1996 réed., p. 153
  2. a et b Pierre Cubizolles, Vézézoux, patrie de Saint Préjet, Le Puy-en-Velay, Jeanne d'Arc, (ISBN 9782911794001), p. 63-71
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  7. a et b Pierre Cubizolles, Vézézoux, patrie de Saint Préjet, le puy, Jeanne d'arc
  8. exposition permanente en l'église Saint Mary de Vézézoux - paroisse Saint Jacques des Monts et des mines