Véronique Filozof

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Véronique Filozof
VéroniqueFilozof.jpg

Véronique Filozof à son bureau.

Naissance
Décès
(à 72 ans)
Mulhouse (France)
Nom de naissance
Sandreuter
Nationalité
Activité
Formation
classique
Mouvement
Œuvres réputées
Le Périgord noir, Le Palais Royal, Mai 68, Die Fabeln von Jean de La Fontaine, Le Pré spirituel, Les Hippies, La Vie en Appenzell, Véronique Filozof au zoo, Chapelle de Ronchamp, La Bible en images, Chansons bibliques du père Cocagnac, La Haggada de Pâque, La Danse macabre

Véronique Filozof ( à Bâle, Suisse - à Mulhouse, France), dite aussi Véronique, est une artiste peintre, dessinatrice et illustratrice française, suisse de naissance. Installée en France en 1923, elle est connue pour ses dessins en noir et blanc à l'encre de Chine tracés avec une plume Sergent-Major, ses gouaches aux couleurs vives et d'importants décors muraux.

Son art, inventif tant dans son inspiration que dans son graphisme, rejoint le dynamisme des peintres d'après-guerre. Tout en prenant son inspiration dans l'art populaire, qui a permis un rapprochement parfois avec l'art naïf, son œuvre s'attache à traduire, par une technique très personnelle, l'émotion ressentie au contact de la nature et des hommes. Elle dit ne pouvoir « rarement concevoir un tableau, un dessin, sans y mettre l'homme : sa vie, son travail, ses joies, ses peines »[2]. L'art sacré est également un domaine où elle s'impose, avec une Bible en images et divers décors ou vitraux, témoignant par là du lien de l'humain au divin. Elle se distingue aussi pour l'illustration d'ouvrages pour enfants, comme les Fables de La Fontaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Véronique Filozof, née Véronika (ou Vreny) Sandreuter, voit le jour à Bâle, le 8 août 1904, dans une famille établie depuis 1634 dans la ville[3],[4]. Son grand-oncle, le peintre Hans Sandreuter, élève et ami de Böcklin est surnommé le « Cézanne suisse »[3],[5]. Elle est élevée dans l'amour des arts et de la musique ; son père l'emmène chaque dimanche au Musée des Beaux-Arts de la ville où elle s'imprègne de peinture[5]. Elle fréquente avec sa sœur Élisabeth et son frère Hans[3], devenu peintre lui aussi, l'École des Beaux-Arts de Bâle pour y acquérir une formation[3]. Le dictionnaire Bénézit résume sa formation picturale initiale par l'apprentissage de « la « belle peinture », dite traditionnelle, celle qui tente la ressemblance de la représentation[1]. »

Elle tisse des liens avec de nombreux peintres, notamment Charles Hindenlang, Numa Donzé ou encore Théo Eblé[3] auquel elle sert de modèle pour des portraits. Venue en France en 1922, elle épouse Paul Modin[note 1], originaire de la Côte-d'Or, dont elle a deux enfants, Paulette et Jean-Guy. Après son divorce en 1937, elle épouse en secondes noces Georges Filozof, ingénieur aux Mines de potasse d'Alsace à Mulhouse[6].

Seconde Guerre mondiale et après-guerre[modifier | modifier le code]

Pendant la période de l'Occupation, en juin 1940, elle quitte Mulhouse comme nombre d'Alsaciens évacués. Elle rejoint le Roussillon et Perpignan, où elle retrouve des Alsaciens exilés. Elle s'associe aux activités d'assistance aux réfugiés, conduites par la Croix Rouge helvétique à la maternité suisse d'Elne et dans les environs. Elle rejoint le Périgord en 1941, où son mari est amené à diriger une mine de lignite[7]. Elle se prend d'affection pour la région et ses habitants et s'y fait de nombreux amis, parmi lesquels le poète Jean Monestier ; elle y trouve également sa première source d'inspiration, comme en témoigne l'ouvrage illustré Le Périgord noir. De retour à Mulhouse en 1946, sa maison devient un lieu artistique très fréquenté nommé « le Grenier de Véronique ». Elle complète parallèlement sa formation en dessin et en peinture.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Elle rencontre en 1948 Pierre Betz, fondateur de la revue artistique et littéraire Le Point, qui l'incite à peindre : « continuez, travaillez, vous êtes dans le vrai » lui annonce-t-il[8]. C'est « le grand départ »[9]. Elle est née « officiellement à la peinture en 1948, quand la saisit la rage de mettre sur des toiles des sujets et des thèmes inspirés par les poèmes de Jacques Prévert ou par Honoré de Balzac, pour lequel elle devait manifester une passion profonde. Ces premières œuvres très classiques tiennent beaucoup de Matisse »[10], de Chagall parfois aussi[11]. S'éloignant de sa formation classique et se détachant des règles de la perspective, elle développe son style à partir de simples instruments : une plume Sergent-Major et une bouteille d'encre de Chine[1].

Elle réalise sa première exposition en octobre 1949, à Sarlat[5], où le critique d'art Georges Besson l'encourage par ces mots : « Véronique Filozof, vous n'avez pas du talent, vous avez du génie. Il faut dessiner, dessiner beaucoup[5] ». Elle fréquente de nombreux artistes, peintres, écrivains, poètes, dont Paul Éluard[5].

En 1951, elle expose pour la première fois à Paris[5], où elle reçoit appui et encouragements de Jean Dubuffet[5] et se lie d'amitié avec Aristide Caillaud[5]. Présentant à Paris les dessins en noir et blanc du livre Le Périgord noir au sculpteur André Bloch, directeur de la revue L'Architecture d'Aujourd'hui, celui-ci s'enthousiasme pour son œuvre et édite le recueil en 1954. Elle retrouve à Paris Paul Éluard, fréquente la librairie la Hune et rencontre André Malraux, Louis Aragon, Colette, Cocteau et Jean-Paul Sartre. Cocteau lui écrit : « Je te dis « tu » parce que j'aime ce que tu fais[12] ». S'ouvre dès lors la route vers une reconnaissance artistique. Elle rencontre la peintre Aurélie Nemours avec laquelle elle se lie d'amitié. Outre de fréquents allers-retours Mulhouse-Paris, elle parcourt la France, la Suisse – son pays d'origine – et l'Europe, pour dessiner, illustrer des livres, les présenter dans des salons ; elle expose dans de nombreuses galeries d'art ainsi qu'à la demande de municipalités et musées. Elle dessine avec passion Paris où elle installe son atelier ; elle y présente régulièrement ses toiles.

Elle expose en juin 1956 sous la bannière « Peinture d'aujourd'hui », rendez-vous artistique de 112 peintres, où elle confirme son talent aux côtés de peintres déjà célèbres : Picasso, Max Ernst, Bernard Buffet, Jean Cocteau, Yves Brayer, Foujita, André Lhote, Miró, Van Dongen, Vlaminck[13]… Elle participe, dès 1960, au salon Comparaisons. L'éditeur Robert Morel, devenu un ami, édite certaines de ses œuvres comme Véronique Filozof au zoo en 1965[14],[15]. Son activité créatrice prend tout son essor, s'exerçant, au-delà de nombreux dessins et illustrations de livres, dans des fresques décoratives ou avec des tapisseries réalisées par l'atelier de tapisserie d'Aubusson de François Tabard[5]. S'étant mise à dessiner et à peindre à plus de quarante ans[5], elle « travaille comme une forcenée[12] », ayant « un besoin, une envie de peindre, de dessiner[5] », passion qui ne la quittera plus désormais.

Jusqu'à sa mort, à Mulhouse, le [3], elle pose sa plume ou son pinceau sur des supports variés aux formats différents, de plus en plus grands, allant des feuilles de papier Canson aux fresques murales.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Style et thèmes[modifier | modifier le code]

Son œuvre est importante malgré la brièveté de sa carrière (1948-1976)[5]. Ses dessins tracés à l'encre de Chine noire avec une plume Sergent-Major, ses gouaches aux couleurs vives et ses décors (fresques, tapisseries, vitraux), témoignent d'un style particulier et lui valent une renommée internationale[16].

Le poète et critique d'art, Richard Chambon, écrit : « son œuvre est d'une exceptionnelle qualité qui est dessin plus que couleur...une savante ordonnance préside à l'équilibre, à la beauté des images et en facilite la lecture[5] ». Elle multiplie les études thématiques, formant ainsi des séries sur le Périgord avec Le Périgord noir, sur l'Alsace : L'Alsace, (1970) [17], Dimanche d'Alsace, (1955) [18] et sur Paris, ville illustrée entre autres dans Le Palais-Royal raconté par Jean Cocteau et vu par Véronique Filozof. « Son travail, sans être naïf, évoque néanmoins un certain esprit des traditions populaires[1] ». Il s'en détache à travers des images plus abstraites et par l'affirmation d'un style épuré.

« Elle en a dit plus qu'aucun autre avec ses hachures, laine sur moutons, fleurs sur prés [...] S'il y a naïveté elle n'est qu'apparente, et l'artiste n'est, à aucun détail, prise en état de péché d'ignorance [...], elle dessine mot à mot. »

— Robert Morel[19]

Le thème de l'homme domine toute son œuvre. Elle traduit avec une sensibilité profonde, empreinte d'émerveillement, la vie des hommes en ville, à la campagne, au fil des saisons, le travail des ouvriers dans les usines, la vie des pêcheurs dans les ports. Elle évoque la joie dans les fêtes de famille ou les cérémonies publiques, mais aussi les drames : elle illustre les guerres d'Algérie et du Viêt Nam. Elle s'intéresse à la jeunesse, à ses espoirs et à ses révoltes, d'où les séries de Mai 68 (1969) et celle des Hippies, aux soulèvements populaires comme elle l'exprime dans la Commune de Paris[1]. Pour Waldemar-George, un autre critique d'art, « Véronique Filozof regarde l'univers avec les yeux de l'âme »[20]. Jean Cocteau, dont elle était amie, écrit :

« Le miracle de Véronique consiste à se faire voir de n'importe quel œil, comme un poète se ferait entendre de n'importe quelle oreille. Cela vient de ce que l'amour qu'elle porte à notre jardin projette son spectacle dans l'âme des spectateurs, avec une force émotive qui traverse le mur des langues et lui donne gratuitement et immédiatement la clé de son univers »

— Jean Cocteau[21]

Comme l'indique le journaliste Jean-Francis Held, à propos de Mai 68, « son art n'est pas un exercice gratuit. [Elle] vit son œuvre [...] et s'impose avant tout par l'intense émotion qu'elle ressent et qu'elle nous communique[22] ». Elle écrit : « Seul le travail peut convaincre. C'est la raison pour laquelle je travaille beaucoup. J'ai toujours beaucoup travaillé. C'est ma raison de vivre, ma prière, mon amour pour les êtres humains, vers les êtres différents »[23]. Waldemar-George insiste sur cette vitalité de l'œuvre, son inventivité : « Véronique Filozof est un cas unique [...]. Elle contemple le théâtre de la vie innombrable avec des yeux éblouis. Le monde réel et le monde légendaire coexistent dans son œuvre [...]. Elle accomplit ce qu'aucun autre peintre n'aurait osé entreprendre de nos jours. Le cycle des images se déroule comme un documentaire tourné au ralenti. »[24]

Se sentant proche des enfants dont elle apprécie l'innocence, la fraîcheur et la gaieté, devenue grand-mère, elle illustre des livres : Die Fabeln von Jean de La Fontaine, les Histoires de l'Ours Hannibal, ouvrages récompensés par le prix du meilleur livre suisse pour enfants. Dans Grosses et petites bêtes, elle illustre des poèmes ; dans Véronique Filozof au Zoo, sur un texte de l'éditeur et écrivain Robert Morel, elle compose une histoire où images et mots renforcent leur magie.

L'art sacré est un domaine où elle prend aussi une part active. Elle illustre les Chansons bibliques du Père Cocagnac (1965), recueil publié aux Éditions du Cerf . Avec La Haggada de Pâque (1978), elle exprime le lien de l'homme à Dieu et son attrait pour la spiritualité. Alexandre Vialatte, à propos de sa Bible en images, affirme qu'« elle confère au dessin d'enfant la majesté d'un bas-relief assyrien[5] ». On peut aussi voir ses décorations murales et vitraux dans quelques églises. Sa participation à de nombreux salons d'art sacré témoigne de l'intérêt de sa contribution à cet art. Dans la préface de La Bible en images, on peut lire : « les images de Véronique Filozof sont d'une inspiration naïve et sincère, dénuée de toute mièvrerie. Tout est chez elle d'une fraîcheur immédiate, d'un émerveillement sans cesse renouvelé, d'un dépouillement et d'une austérité sans concessions[25]. »

Ses dessins sur la Mort, avec La Danse macabre, en sont aussi l'illustration. Un profond humanisme, empreint d'émotion et d'amour, guide ici son trait[26],[27],[28],[29]. Elle conçoit l'art comme « une abstraction de soi. Il doit rester une synthèse sur laquelle il faut créer. Il faut savoir tirer des conclusions, ôter ses faiblesses. Tout cela a l'air si simple. Mais c'est difficile, simplement difficile »[30].

« L'art juste est mouvement vers l'avant »

— Véronique Filozof[30],[note 2]

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Le Périgord noir (1954)[modifier | modifier le code]

Cette œuvre voit le jour à Sarlat en 1953. Elle est ensuite exposée à Paris en 1954 dans la salle Saint-Jacques des Pères Blancs, où le sculpteur André Bloc la découvre. Il décide de la publier dans la collection Espace qu'il dirige, dans le cadre de l'édition de L'Architecture d'aujourd'hui[31].

Cette série de 26 dessins en noir et blanc, tracés à la plume Sergent-Major trempée dans l'encre de Chine, se déploie, pour la plupart d'entre eux, sur une double page. Chacun est un souvenir de scènes vécues : Périgourdins (page de couverture), Domme, les cambrioleurs au château du Sirey, la demande en mariage, le repas de noce, la maternité, le premier-né, la batteuse, les vendanges, l'alambic, les pommes de terre, la Toussaint, le tabac et les châtaignes, la tonte des moutons, le gavage des oies[note 3], le marché aux oies, le marché à Sarlat, les foies gras, le marché de la saint Nicolas, la messe de minuit, le conseil municipal de Sarlat, à Beynac, l'enterrement, Le cantou, habit d'imprimeur [31]. Avec cette œuvre, elle découvre son style : les carrés pour les pierres des murs, les ronds pour les pavés, les points pour le sable ou des motifs de nappe, trois gros traits écorchant presque le papier pour créer une fleur ou un pied de tabac[31],[32].

L'ouvrage, préfacé par le critique d'art Waldemar George et le poète Jean Monestier, est publié sous forme d'un volume broché de 47 pages dans un format à l'italienne ; les dessins, tous en noir et blanc, d'origine, sont reproduits ici en noir ou en rouge. L'ouvrage, édité en 1954 par André Bloc[31], en tirage limité à 2 000 exemplaires, a été réédité en 1969.

Le Palais Royal (1959 - 1960)[modifier | modifier le code]

Le Palais Royal raconté par Jean-Cocteau vu par Véronique Filozof, .

Ce livre de 95 pages a été édité en 1959 chez Lambert-Schneider à Heidelberg en version allemande et en 1960 pour la version française aux éditions L'Architecture d'aujourd'hui[31]. Il comporte un texte de 5 pages écrit par Jean Cocteau, ami de Véronique Filozof. Le quartier du Palais-Royal où habitait Jean Cocteau est illustré de 44 dessins à l’encre de Chine quelquefois en double page. Sous la plume de Véronique sont ainsi dépeintes de façon tendre et savoureuse toutes les facettes de cette "petite ville" que Cocteau affectionnait particulièrement : ses monuments, les jardins, les places, les restaurants, les galeries, toute la vie d'un quartier avec ses habitants. Cocteau lui-même y est représenté avec ses chats, ses amis, comme dans les dessins "Une visite chez Jean Cocteau", "Le Palais-Royal et le Poète", "Colette", "Les pigeons, Madeleine et les trois chats de Jean Cocteau". Les animaux aussi, chiens, chat, oiseaux, figurent en bonne place dans cette Arche de Noë à la façon de Cocteau et de Véronique Filozof. Une fresque inoubliable de ce Paris des années 1950-60.

Une exposition de dessins sur la série « Le Palais Royal » avait eu lieu à la Galerie Bernard Chêne en 1959 pour accompagner la publication du livre.

Extrait du texte de Jean Cocteau :

"Véronique Filozof. Ce nom seul est tout un programme, une de ces fautes d'orthographe exquises par lesquelles l'art s'impose. Car c'est en sanctifiant des fautes qui cessent d'en être que l'artiste domine un monde trop sage. Véronique regarde tour à tour par les deux bouts de la lorgnette. Elle y ajoute un troisième bout qui lui montre les choses sous ce signe du plus vrai que le vrai propre à notre siècle et dont l'usage lui est devenu si familier qu'on dirait qu'elle copie ses modèles en tirant la langue d'une élève du cours de dessin. Car ce Palais-Royal  observé par quelque géomètre de l'enfance, c'est, non pas une image poéticolittéraire de nos immeubles, de nos arcades, de nos lanternes, de nos grilles, de nos boutiques, de nos pelouses, c'est peut-être le décor des Merveilleuses, des Incroyables, des Sans-Culottes, vu par l'œil d'un des pigeons qui marchent de long en large, les mains dans le dos sous nos fenêtres. Il faudrait éditer les planches de Véronique Filozof aussi vastes que les planches originales, mais hélas, je crains que la lorgnette diminuante de notre triste époque n’empêche le spectateur de partager fidèlement son rêve.

J'habite ce Palais-Royal que Véronique Filozof nous montre à travers l'œil d'un pigeon ou de sa personnalité enfantine et savante. Or bien que la poésie de cette illustre bâtisse soit traduite par elle dans une langue étrangère, elle ne m'échappe pas, sans doute en vertu de ce principe énoncé par Rilke et qui fait, disait-il, tous les poètes parler un seul idiome, même si chaque poète le transpose dans sa langue et le rend méconnaissable pour ceux qui n'appartiennent pas au collège des Muses. Le miracle de Véronique consiste à se faire voir de n’importe quel œil comme un poète se ferait entendre de n’importe quelle oreille. Cela vient de ce que l’amour qu’elle porte à notre jardin, projette son spectacle dans l’âme des Spectateurs avec une force émotive qui traverse le mur des langues et lui donne gratuitement et immédiatement la clef de son univers. »

Sarlat (1968)[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un grand dessin en noir et blanc sur trois panneaux de plus de dix mètres carrés[33]. Pour le critique d'art et écrivain Richard Chambon, c'est une « vision poétique et prophétique » de Sarlat[33], ville où a été réalisée cette peinture murale. Au centre, en rond, se trouve la ville fortifiée traversée par une route sur laquelle marche une femme. Elle est seule au milieu des maisons. La chapelle de Temmiac est illuminée à gauche par une lumière orientée. La lune, dans l'angle droit, éclaire une chouette. L'ensemble est surmonté d'un grand soleil vers lequel vole une colombe portant le phylactère en latin : « tristis est sine sole domus »[33],[note 4]. Il s'agit pour Richard Chambon d'une allusion au poème Litanies des oiseaux du poète Henri Pichette[33]. Des textes de sagesse sont décalqués sur les murs, en pseudo-ronde-bosse. On y trouve, entre autres extraits, des phrases d'Antoine de Saint-Exupéry, Paul Claudel, Simone Weil, d'Aristote et Montesquieu [33]. Mêler le dessin et le texte est un procédé fréquemment utilisé par l'artiste et on en voit ici un exemple lumineux. D'après Richard Chambon cela rappelle, outre l'art égyptien, l'imagerie médiévale « dans sa façon onirique mais néanmoins rigoureuse de cartographier le réseau urbain »[34] et, plus récemment, les collages de Juan Gris, Braque et Picasso.

Mai 68 (1969)[modifier | modifier le code]

Récit sans texte, ce recueil de dessins de grande taille à l'encre de Chine reflète les souvenirs des événements vécus à Paris par l'artiste, en . Ces images sont des « témoignages vécus et comme saisis sur le vif par un œil expert, méticuleux et auquel aucun souvenir, aucun détail n'échappe[35] ». L'artiste exprime ici la soif de liberté de la jeunesse et sa révolte au fil des 31 images. Elle dépeint avec minutie la foule des étudiants aux visages pleins d'espoir et leur joie, contrastant avec la masse uniformément triste des boucliers des CRS. Jean-Francis Held met l'accent sur l'équilibre et la justesse de la composition du dessin, « pas si naïf que ça » d'un point de vue technique selon lui, leur beauté et la tendresse dégagée « jusque dans les pires scènes de violence stylisée »[36]. Les dessins du livre, acquis en 1970 par l'État, sont actuellement dans les réserves du Centre national des arts plastiques — fonds national d'art contemporain. L'ouvrage fût édité en 1969 aux éditions du Temps, à Paris.

La Danse macabre (1976)[modifier | modifier le code]

La Danse macabre constitue une série de quarante dessins réalisés à l’encre de Chine en noir et blanc sur le thème de la mort. Elle a été exposée pour la première fois en 1967, à la Chapelle des Pénitents blancs de Sarlat avant de faire l'objet d'une publication aux éditions Pharos, en 1976, à Bâle [37]. Le texte et les titres des illustrations sont bilingues français –allemand. Cet ouvrage a été réalisé en hommage à son mari Georges Filozof et à son ami, le typographe et graphiste bâlois, Emil Ruder, tous deux décédés peu auparavant. En 1978, peu après la disparition de Véronique Filozof et en son hommage, l'œuvre est présentée à Paris au Musée du Luxembourg, dans le cadre du XXVIe Salon d'Art Sacré.

La mort est un thème majeur que l'artiste ne peut vraiment illustrer qu'à la fin de sa vie. Elle écrit en effet en 1974, parlant de la dimension de la mort : « Cette grandeur est figée, silence lointain et impalpable. Cet être, qui était il y a quelques heures encore vivant, est devenu silence. Tel une statue ! Une statue éternelle d'inoubliable beauté. »[30].

Reprenant à la tradition le thème hérité du Moyen Âge et de la Renaissance, tout en le renouvelant, l'artiste représente la Mort, sa figure allégorique et ses attributs : la faux et le sablier. S'éloignant de la tradition d'un Holbein, cette Danse témoigne d'un renouveau à la fois dans les valeurs et les symboles et dans un maniement très moderne de l'art graphique. La Mort apparaît non pas transcendante mais comme l'autre versant de la Vie, son négatif. En introduction, elle écrit :

« La mort est aussi puissante que la vie. Quant à moi, je suis convaincue que la mort est aussi la vie, une autre vie - une vie autre [30]. »

Une galerie de bêtes hybrides exprime aussi toute l'inventivité fantaisiste de l'imagière. L'encre de Chine noire, portée par une simple plume sur une page noircie par un trait plus ou moins fin ou épais, révèle ainsi, avec clarté et sobriété, l'identité fondamentale de la condition humaine.

Technique[modifier | modifier le code]

Sur les conseils du critique d'art Georges Besson [38] puis, encouragée par ses nombreux amis artistes dont Jean Cocteau, Véronique Filozof ne cesse, pendant plus de vingt-cinq années, de travailler à son œuvre. Elle utilise le dessin comme mode d'expression privilégié. Le Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains[39] souligne son art de manier l'ellipse, de confondre les plans verticaux et horizontaux, met en avant « l'inventivité » de la mise en page et l'originalité de chaque dessin. Elle trouve dans la plume Sergent-Major, trempée dans une bouteille d'encre de Chine noire, le moyen authentique le plus à même d'exprimer sa sensibilité. Ses peintures à la gouache, aux traits de couleurs vives, expriment aussi, à leur façon, sa joie de vivre et la fraîcheur de son imagination[39].

L'artiste fixe, dans les traits nets de sa plume ou de son pinceau, les activités des hommes et des femmes de son temps, leur vie dans la société, dans le monde du travail ou en famille. Elle en traduit inlassablement tous les aspects en noir et blanc ou en couleur, exprimant ainsi son amour inlassable de la vie et sa confiance en l'homme. Rien de figé dans sa technique : une dynamique insuffle la vie aux personnages et aux paysages dépeints. Le poète Jean Follain écrit dans L'Architecture d'Aujourd'hui

« Ses dessins [...] offrent toutes les audaces d'une ingénuité savante. Rien pour elle ne demeure perdu. Chaque être, chaque objet dispose dans ses compositions d'une place suffisante, prend imperturbablement sa part d'existence. D'où la qualité du plaisir que son trait, hors des perspectives consacrées, nous apporte. »

— Jean Follain[31]

Maurice Allemand, qui a été directeur du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne dont le fonds moderne est à l'origine du Musée d'art moderne de Saint-Étienne, puis inspecteur général au Ministère de la Culture, écrit en préface d'un catalogue d'exposition :

« Son art est vraiment unique et brut. Il dépasse l'imagerie par une facture dont la candeur et la naïveté sont purement apparentes [...] [elle] ne cherche pas à reproduire les objets suivant les lois de l'optique, mais suivant une hiérarchie morale, où le hiératisme et la simplification voulue des personnages met en valeur la recherche décorative de sa calligraphie très dépouillée. La superposition des registres, le cloisonnement de la surface plane créent un espace fictif, une sorte de fantasmagorie qui pourtant nous ramène à la réalité qu'elle a observé de ses yeux émerveillés et pleins de l'amour de l'homme et des choses[40]. »

Collections et musées[modifier | modifier le code]

Son œuvre est visible dans certains musées (liste non exhaustive ci-après) ou dans quelques bibliothèques, mais l'essentiel relève de collections privées.

Musées[modifier | modifier le code]

Le Musée du vieux Château à Laval possède les Pêcheurs de thons, une peinture à l'huile sur isorel, produite avant 1966[41]. Le Centre national des arts plastiques de Paris a, dans le fonds national d'art contemporain, une série de 38 dessins à l'encre de Chine du livre Mai 68, acquis par l'État en 1971. Le Musée de Sarlat détient sept œuvres : Incendie au château de Hautefort (dessin à l'encre de Chine, sans date) ; Enterrement à Sarlat (dessin à l'encre de Chine, 1953) ; Noce à table (dessin à l'encre de Chine, sans date) ; Les planteurs de tabac (encre colorée, 1960) ; Paysans au marché (encre colorée, 1960) ; Mariés à table (encre colorée, 1956) ; Couple périgourdin à l'enterrement (encre colorée, sans date)[42]. Enfin, le Musée international d'art naïf de Vicq expose Les pêcheurs (encre de Chine sur papier, 1954)[43].

Décors[modifier | modifier le code]

Véronique Filozof a réalisé diverses décorations murales[44], notamment liées à l'architecture religieuse[44]. On lui doit ainsi la crèche de Noël 1956, acquise par l'État, présente dans la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp, sept scènes de calvaire dans l'église de Plonévez-du-Faou, une gravure sur marbre de l'église du Sacré-Cœur de Mulhouse, le Chemin de Croix de l'église Sainte-Hildegarde de Cologne, les vitraux de l'église de Cheuge (1975) et un panneau mural Jérusalem au temps du Christ, dans le temple Saint-Jean à Mulhouse (1973). Elle réalise également un Crucifix, Que ma joie demeure[44], une huile sur bois appartenant à l'Abbé Castel à Brest[44].

Elle peint également des œuvres murales non religieuses[44], comme les décors pour le paquebot Polynésie, en 1955. Plus tard, elle réalise un relief mural du Comité interprofessionnel de Bordeaux (1968), une fresque pour le hall d'accueil d'une école maternelle de Manosque (1972) et pour une maison de retraite de La Haye, puis, deux ans plus tard, une série de 15 tapisseries pour l'hôpital Saint-François d'Assise de Rotterdam[44].

Enfin, elle est l'auteur de plusieurs décors muraux chez des particuliers, architectes et décorateurs, notamment en Dordogne, à Mulhouse et à Bâle[44].

Illustrations de livres[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Liste des principales expositions[12],[19] :

Année Ville Lieu
1949 Sarlat Galerie Rivière (années ultérieures)
1950 Strasbourg Galerie Landwerlin (années ultérieures)
1950 Mulhouse Chambre des métiers
1951 Paris Galerie Bretteau
1952 Paris Salon Comparaison (années ultérieures)
1954 Paris Salle Saint-Jacques
1954 Paris Galerie La Hune (années ultérieures)
1954 Nîmes Galerie Calendal (années ultérieures)
1955 Nancy Galerie des Arts (années ultérieures)
1955 Paris Galerie de Beaune
1955 Paris Galerie de Verneuil
1956 Paris Jardins du Palais Royal
1956 Paris Galerie de l'Anti Poète (années ultérieures)
1957 Paris Galerie Bruno Bassano
1959 Paris Salon d'Art sacré
1960 Paris Salon des décorateurs
1960 Paris Galerie du Palais-Royal, librairie Au grand Meaulnes
1963 Paris Galerie La Demeure
1963 Rouen Musée des Beaux-arts
1963 Mulhouse Galerie Gangloff (années ultérieures)
1960 Vézelay Salon d'Art sacré
1963 Lyon Galerie L'œil écoute
1964 Royan Salon Art sacré
1966 Paris Hôtel Drouot : œuvres sociales de la commission centrale de l'enfance
1967 Caen Maison de la Culture[46]
1969 Sarlat Chapelle des Pénitents blancs - Hommage de la Ville de Sarlat à l'imagier Le Périgord noir
1969 Paris Salle 44, rue de Rennes, exposition pour le lancement du livre Mai 68
1970 Orléans Bibliothèque municipale : exposition dans le cadre des fêtes de Jeanne d'arc
1971 Paris Galerie La Rose des Vents
1972 Paris Galerie La Roue
1974 Paris Forum (groupe)
1975 Paris Galerie du Louvre
1976 Mulhouse Galerie Plein Soleil : lancement des livres La Danse macabre, Le Jour où les oiseaux
1977 Sarlat Théâtre municipal : Hommage de la Municipalité
1978 Mulhouse Société industrielle et galerie A.M.C. : Hommage à Véronique Filozof
1978 Sarlat École Jules Ferry : Paris vu par Véronique Filozof, 165 dessins
1978 Paris Salon d'Art sacré : hommage à Véronique Filozof

Autres pays[modifier | modifier le code]

Année Ville Lieu Pays
1955 Casablanca Salon d'Art sacré Maroc français
1956 Cologne Galerie Der Spiegel République fédérale d'Allemagne
1957 Bâle Galerie Riehentor Suisse (années ultérieures)
1958 Zurich Galerie Wenfer Suisse
1955 Saint-Gall Salon de la Tapisserie Suisse
1962 Salzbourg Art sacré international Autriche
1962 Rome Salon européen de l'Art sacré Italie
1963 Lausanne Galerie Mélisa Suisse
1965 La Haye Galerie Nouvelles images Pays-Bas (années ultérieures)
1965 Bâle Galerie Knoll Suisse
1967 Berne Centre culturel Suisse
1967 Bruxelles Galerie saint-Laurent Belgique
1968 Bâle Galerie Hilt Suisse (années ultérieures)
1968 Lausanne Galerie Wiebenga Suisse
1969 São Paulo Groupe des peintres suisses Brésil
1970 Los Angeles Galerie Roca États-Unis d'Amérique
1970 Montréal La vie des Animaux, exposition le vitrail en verre soufflé Canada
1973 Lübeck Musée Overbeck Gessellschaft République fédérale d'Allemagne

Hommages[modifier | modifier le code]

Elle reçoit deux fois le prix du meilleur livre suisse pour enfants, en 1962 avec Les Fables de La Fontaine puis en 1965 avec Le Vogelgryff. Un hommage lui est rendu par la municipalité de Sarlat en 1977 au théâtre municipal, suivie l'année suivante par la Société industrielle de Mulhouse à la galerie A.M.C. puis par le Salon d'Art sacré de Paris[19].

À Mulhouse, une école maternelle porte son nom[47]. À Sarlat, en Dordogne, la Cour Véronique Filozof, au cœur de la cité médiévale, lui est dédiée. Au cimetière protestant de Mulhouse, où elle est enterrée, sa tombe, sur laquelle est reproduit l'un de ses dessins, est protégée par la ville au regard de sa mémoire et de son histoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle acquiert à cette occasion la nationalité française, et, conformément à la loi suisse alors en vigueur, perd de sa nationalité suisse.
  2. Citation d'origine : « Richtige Kunst ist Bewegung nach vorwärts ».
  3. La tonte des moutons et le gavage des oies sont figurés en première page.
  4. Traduction : « C'est triste une maison sans Soleil »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bénézit 1999, article « Véronique Filozof »
  2. Véronique Filozof, ma mère, p. 101
  3. a, b, c, d, e et f Véronique Filozof, ma mère, p. 27-30
  4. Article Véronique Filozof du SIKART en ligne.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Parmi peintres et poètes, p. 287-293
  6. Véronique Filozof, ma mère, p. 31-46
  7. Véronique Filozof, ma mère, p. 47-56
  8. Véronique Filozof, ma mère, p. 157
  9. Véronique Filozof, ma mère, p. 66-67
  10. Véronique Filozof, ma mère, p. 25
  11. Véronique Filozof, ma mère, p. 86
  12. a, b et c Véronique Filozof la glorieuse, p. 7
  13. Véronique Filozof, ma mère, p. 113
  14. « Liste d'auteurs », sur presences.online.fr (consulté le 21 août 2012)
  15. aperçu de l'illustration du livre
  16. Urs Amacher, « Die Einladungskarten der Véronique Filozof: Kunstwerke aus dem Bundesordner: Zum 100. Geburtstag der Künstlerin », Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte, no 3,‎ , p. 175-182 (présentation en ligne)
  17. voir Alsace (gouache sur carton)
  18. voir Dimanche d'Alsace sur le catalogue Drouot
  19. a, b et c Véronique Filozof, ma mère, p. 114 et 156
  20. En préface à l'ouvrage Le Palais-Royal raconté par Jean Cocteau et vu par Véronique Filozof
  21. Palais Royal, « présentation ».
  22. Jean-Francis Held, « Mai 68 », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  23. Véronique Filozof, ma mère, p. 121
  24. Véronique Filozof, ma mère, p. 155
  25. Véronique Filozof, la Bible en image, Labergerie, , « préface »
  26. « Véronique Filozof sur le site de la galerie Hilt »
  27. Véronique Filozof la glorieuse, préface du poète Jean Monestier
  28. Véronique Filozof, 1904-1977, dessins, gouaches, livres illustrés, catalogue de l'exposition, Saint-Étienne, La Haye, , « avant-propos de Ton Berends »
  29. Théâtre municipal, Hommage à Véronique Filozof, Sarlat,
  30. a, b, c et d Véronique Filozof, ma mère, p. 146-47
  31. a, b, c, d, e et f Véronique Filozof, « Périgord noir », Architecture d'Aujourd'hui,‎
    tirage réduit à 2 000 exemplaires a été réédité en 1969.
  32. Véronique Filozof, ma mère, p. 95-96
  33. a, b, c, d et e réalisé en 1968 dans un appartement sarladaisParmi peintres et poètes, p. 290
  34. Véronique Filozof (1904-1977), une artiste-peintre bâloise devenue sarladaise
  35. Véronique Filozof, ma mère, p. 127-128
  36. Jean-Francis Held, « Véronique Filozof », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne [PDF])
  37. La Danse Macabre
  38. Véronique Filozof, ma mère, p. 91-92
  39. a et b Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, article « Véronique Filozof »
  40. Maurice Allemand, Véronique Filozof, 1904-1977, dessins, gouaches, livres illustrés, Saint-Étienne, Maison de la Culture et des Loisirs, février-mars 1979
  41. Notice no 000PE027977, base Joconde, ministère français de la Culture
  42. Fonds du musée de Sarlat
  43. « véronique Filozof »
  44. a, b, c, d, e, f et g Véronique Filozof, ma mère, p. 167
  45. Véronique Filozof, ma mère, p. 165-166
  46. Jean-Léonce Dupont, Président du Conseil Général du Calvados, 46 vu du ciel. Le Calvados, Archives du Calvados
  47. « École maternelle publique Véronique Filozof. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Francis Held, « Mai 68, images de Véronique Filozof », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  • (de) Urs Amacher, « Die Einladungskarten der Véronique Filozof: Kunstwerke aus dem Bundesordner : Zum 100. Geburtstag der Künstlerin », Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte, vol. 61, no 3,‎ , p. 175-182 (lire en ligne).
  • Patrice Hovald, Alex Schwobthaler, Véronique Filozof, la glorieuse, Besançon, Néo-Typo, , 151 p.
  • Marie Morel, « "Véronique Filozof" », Regard (revue), petite revue d'art et de poésie, no 35,‎ .
  • Jean-Guy Modin, Véronique Filozof ma mère, Paris, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice et Yvonne Allemand, Véronique Filozof. 1904–1977. Dessins – gouaches – livres illustrés, catalogue d'exposition de la Maison de la Culture de Saint Etienne et La Haye, Saint-Étienne,
  • « Véronique Filozof », Bulletin des bibliothèques de France, t. 15, no 7,‎ (lire en ligne)
  • Bénézit, dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, Gründ, (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, , 1367 p. (ISBN 9782700030556)
  • Richard Chambon, Parmi peintres et poètes, L'Harmattan, 2010
  • Richard Chambon, « Véronique Filozof (1904-1977), une artiste-peintre bâloise devenue sarladaise », Bulletin de la Société d'Art et d'Histoire de Sarlat et du Périgord Noir, no 130 « Sarlat, de l'occupation allemande à la naissance d'une artiste. »,‎ 2012 - 3e trimestre
  • Jean Cocteau, Le Palais-Royal raconté par Jean Cocteau vu par Véronique Filozof, Heidelberg, , p. 94

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

« Véronique Filozof, artiste peintre du 20e siècle », sur www.veronique-filozof.fr (consulté le 13 juin 2016)

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