Vélorution

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La Vélorution, mot-valise formé de vélo et révolution, est le nom d'un mouvement international qui cherche à encourager la population à se libérer de l'emprise des transports polluants dans les déplacements quotidiens.

Le terme désigne également des rassemblements cyclistes, plus connus sous le nom de « masse critique ». Ces évènements ont pour buts de promouvoir la bicyclette et les mobilités douces dans les déplacements quotidiens, ainsi que faire pression sur les collectivités locales pour obtenir de meilleures infrastructures cyclables.

La paternité du terme est controversée. Elle est souvent attribuée à Aguigui Mouna, André Dupont de son vrai nom, qui fait sa campagne électorale en tant que non-candidat à l'élection présidentielle française de 1974, à bicyclette, « Je suis un cyclodidacte, la vélorution est en marche »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première vélorution a été organisée en France au début des années 1970 par Les Amis de la Terre à Paris contre un projet d'autoroute qui devait longer la Seine et traverser la capitale d'est en ouest. Jean-Jacques Pauvert publie en mars 1977 Le Manifeste vélorutionnaire des Amis de la Terre de mai 1976, à la suite de Assez roulé comme ça, on réfléchit de la Fédération des Usagers des Transports[2]. La manifestation réunit plus de 10 000 cyclistes. Tout au long des années 1970, ce terme va être repris pour des actions cyclistes. La revue écologiste S!lence en fait son titre de une en mars 1983.

En 1992, à San Francisco aux États-Unis, 52 personnes participent à une manifestation cycliste qu'ils nommeront d'abord commute clot[3] (grumeau de navetteurs), puis critical mass (masse critique).

Ces actions militantes vont être adoptées partout dans le monde. Dans de nombreuses villes, les cyclistes se regroupent, en général le dernier vendredi du mois, pour ensemble se réapproprier la rue, le temps d'une manifestation.

Le développement du mouvement en France[modifier | modifier le code]

À Paris, les manifestations réapparaissent sous l'appellation de « manifs à vélos » de 1994 à 2002 par Ecolo-J (Jeunes Écologistes proches des Verts), devenu ensuite Chiche ! (jeunes écolos et alternatifs) puis les Jeunes Verts. Un collectif Vélorution créé au printemps 2003 à l'initiative de Stéphane Lavignotte (journaliste, auteur de La décroissance est-elle souhaitable ?[4]) sous le titre de Vélorution à partir d'un forum Internet[5] relance en septembre 2003 des manifestations le premier samedi de chaque mois[6]. En référence à l'ouvrage d'Éric Le Braz (auteur de L'homme qui tuait des voitures), le porte-parole fictif de la Vélorution parisienne se nommera Nicolas Carnoz, héros du roman d'Éric Le Braz. Une association nommée Vélorution est déclarée en 2004 à Toulouse[7].

Le mouvement Vélorution existe dans plusieurs villes de France, à Angers, Avignon, Bordeaux, Brest, Caen, Cherbourg, Chambéry, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Périgueux, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse, Tours et Vannes. Chaque collectif est autonome, et accessible depuis le site vélorution. Il s'organise généralement de manière informelle.

Objectifs et actions militantes[modifier | modifier le code]

Les objectifs de la Vélorution sont nombreux et non définis strictement, de par sa constitution. Chaque collectif décide des valeurs et des objectifs à faire passer par ces manifestations. La plupart des groupes de Vélorution reprennent des revendications communes avec le cyclisme urbain : code de la rue, réaménagement de l'espace, prise en compte du vélo à tous les niveaux, local, régional et national.

Vélorution s'attaque également à des symboles forts : le Lisbonne-Dakar (ex-Paris Dakar), le salon de l'auto, de la moto, la sur-consommation. Les collectifs Vélorution participent à des luttes communes pour les écoquartiers et le réseau Vert, pour la lutte contre le dérèglement climatique, auprès des sans-papier, des luttes écologiques (Testet, Notre Dame Des Landes, Cyclocamp, etc.).

Vélorutions particulières[modifier | modifier le code]

À Paris, Vélorution a fait vivre la Manifestation internationale cyclo-nudiste. Elle organise chaque 22 septembre (en hommage à l'ex-« journée sans voiture ») des vélorutions giratoires autour de l'Arc de triomphe.

En écho aux grandes masses critiques européennes (la Ciemmona en Italie ou la Criticona en Espagne), la Vélorution Universelle a vu le jour en 2009. Cet événement annuel a rassemblé plus d'un millier de cyclistes à Paris.

Les ateliers vélo[modifier | modifier le code]

Certains collectifs et associations appelés vélorution ont créé des ateliers vélo participatifs et solidaires. En récupérant des vélos inutilisés et en mettant des outils à disposition, ils permettent aux cyclistes d'apprendre à entretenir et réparer leurs bicyclettes. Le réseau L'Heureux Cyclage annonce en 2013 regrouper 71 ateliers vélo en France[8].

Slogans[modifier | modifier le code]

Comme souvent, les origines des slogans sont inconnues. Mais certains ont été captés par des films (L'An 01 de Doillon, Moi y'en a vouloir des sous de Jean Yanne).

  • Coupez vos moteurs, vous en avez pour des heures
  • Coupez vos moteurs, respirez le bonheur
  • Paris sans auto et le monde est plus beau
  • Hé, l'auto, tu pues du pot
  • Des vélos, plus d'autos! Des vélos, plus de motos! Des vélos, des chevaux!
  • L'auto, ça pue, ça tue, et ça rend nerveux
  • L'auto, c'est fini, de l'air pur pour Paris
  • L'auto, ça pue, ça tue, et ça rend con
  • 1ere, 2e, 3e respiration, nous sommes tous des futurs asthmatiques
  • Grosse corvette, petite quéquette (origine québécoise)
  • Grosse auto, petite bite
  • Faites un cadeau, aux générations futures, abandonnez votre voiture
  • On avance, on avance, on n'a pas besoin d'essence
  • J'ai un beau vélo, une belle bicyclette, toi dans ton auto, t'es vraiment pas beau (sur l'air de j'ai du bon tabac)
  • Libérez les piétons enfermés dans les voitures
  • Laissez passer l'enterrement des cylindrés (sur l'air de la Marche funèbre)
  • Une seule solution : la vélorution !
  • Contre la dictature des voitures, une seule solution la vélorution.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Le roman d'Éric Le Braz, L'Homme qui tuait des voitures (J'ai lu, 2003[9]), raconte l'histoire de la psychose qui s'empare de Paris lorsqu'un tueur en série s'attaque aux automobilistes.
  • Ivan Illich, père du concept de contre-productivité, porteur de réflexions fortes sur la contre-productivité de l'automobile dans la société.
  • Jean-Pierre Dupuy, Pour un catatrophisme éclairé (Éditions du Seuil, 2004[10]).
  • Jacques Ellul, auteur d'une grande réflexion sur la technique, cela reste intéressant à notre époque de la « voiture propre ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]