Uzemain

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Uzemain
Église Sainte-Madeleine.
Église Sainte-Madeleine.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Canton Le Val-d'Ajol
Intercommunalité Communauté d'agglomération d'Épinal
Maire
Mandat
Alain Pierre
2014-2020
Code postal 88220
Code commune 88484
Démographie
Gentilé Manuzien(ne)s
Population
municipale
1 115 hab. (2014)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 05′ 11″ nord, 6° 20′ 44″ est
Altitude 317 m (min. : 305 m) (max. : 467 m)
Superficie 27,3 km2
Localisation

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Liens
Site web www.uzemain.fr

Uzemain est une commune française située dans le département des Vosges en région Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Manuziens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Un étang aux Forges d'Uzemain.

Uzemain est un village rural de la Vôge, situé à 15 km au sud-ouest d'Épinal, en tête du bassin Saône-Rhône dans la vallée du Côney. Il est bordé à l'ouest par le canal de l'Est qui suit le tracé du ruisseau des Sept Pêcheurs et au sud par le ruisseau du Cône et par le sentier GR 7 de grande randonnée.

L'habitat se disperse dans plusieurs hameaux : La Forge & Le Centre sont sur la rive nord du Côney ; Les Forges, Clairegoutte et La Xatte s'égrènent au sud du ruisseau ; Thièlouze et Méloménil encadrent les rives du Sept Pêcheurs et du canal des Vosges, Naymont et le Roulon dominent le village sur les pentes sud des monts Faucilles. Le point culminant, 467 mètres dans la forêt de Brennecône, est au nord, partagé avec la commune de Renauvoid.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Une présence humaine est attestée pendant les IIIe et IVe siècles essentiellement le long de la vallée du Côney par la découverte d'assez nombreux vestiges gallo-romains (statues, éléments de monuments funéraires et d'habitats, voie pavée découverte en 2008)[1] ;
  • Les premiers écrits relatifs au village datent du XIe siècle pour Thiélouze et du XIIIe siècle pour Uzemain (Les Forges) ;
  • Le dénombrement (recensement) lorrain de 1594 - dit d'Alix - prend acte de la répartition administrative du territoire de la commune, valable jusqu'à la révolution de 1789 :
    • Les hameaux nord et ouest du Coney ; Meloménil, Thiélouze, Naimont sont du Ban de Girancourt dépendant à la fois du duc de Lorraine et du chapitre de Remiremont ; La Forge n'est habitée qu'à partir de l'installation de la forge Gaudel autorisée par le duc Léopold en 1698/1700 ; Le Roulon ne prend essor qu'après la construction de la "vieille route de Bains" vers 1745 ; Le Centre ne devient le centre nerveux du futur village qu'avec la reconnaissance en paroisse autonome de l'église en 1702 ;
    • Clairegoutte et La Xatte sont du ban d'Arches à autorité duale aussi ;
    • Uzemain-les-Forges est ducale ; c'est un fief des seuls princes lorrains ;

Ainsi il est important d'écrire et d'assurer que le village a toujours été lorrain depuis la création de la Lotharingie (en 840). Il est vrai, aux marches, dans la mesure où certaines communes limitrophes au sud ont, peu ou prou, à un moment ou à un autre, été du comté de Bourgogne ou de Franche-Comté ; Il est également capital de reconnaitre le rôle fédérateur de la paroisse qui permet aux habitants de résister aux pressions seigneuriales, d'assurer leur éclosion sociale en devenant, à la mesure des temps, propriétaires de fait des terres qu'ils cultivent ; c'est si vrai que les communes sont créées en 1790 à l'identique des territoires paroissiaux.

  • En 1792, deux communes distinctes se forment au sein du canton de Xertigny : Uzemain-les Forges et Uzemain-la Rue. Elles sont réunies par ordonnance royale le 20 mai 1839 avec comme chef-lieu Uzemain-la-Rue, devenu depuis Uzemain.
  • Par ailleurs l'enquête conduite auprès des registres d'état civil de la période 1804/1824 permettant l'évaluation du nombre de conjoints ayant signé leur acte de mariage de leur nom confirme pour le village l'excellent classement du département au niveau de l'alphabétisation ;
  • Pour le village, le XIXe siècle est celui du renforcement de l'identité communale avec la réalisation de grands projets tels qu'en 1860/1861 l'édification de la nouvelle église de facture néogothique et en 1880/1882 la construction du groupe écoles-mairie-poste ;
  • Ces bâtiments racés deviennent ainsi le centre nerveux visible de la commune et sa fierté ;
  • La mise en place d'une école dans chaque hameau permet le maintien de la vitalité nécessaire à la cohésion de l'ensemble et devient le garant de l'égalité des chances vivement souhaitée par la IIIe République;
  • L'exode rural concerne notre commune comme toutes ses semblables à vocation agricole ; les métiers du tertiaire et les villes industrielles ont besoin du "trop plein" des campagnes;
  • Les deux guerres de la première moitié du XXe siècle touchent durement notre village ; c'est ainsi que 75 de nos jeunes meurent au champ d'honneur entre 1914 et 1918 ; le bombardement allemand d'artillerie du 18 juin 1940 tue deux de nos concitoyens et endommage gravement notre église ; ces deux faits ne sont que les traductions de malheurs bien plus nombreux supportés par les habitants pendant ces cruelles années ; après chacun des conflits, le dynamisme des maires et de leurs conseils permet cependant de panser les plaies et de repartir vers de nouveaux projets communaux et intercommunaux comme l'électrification dans les années 1920 ou la distribution de l'eau dans la décennie de 1950 ;
  • Le grand air, les espaces, les points de vue, la proximité du bassin d'emploi d'Épinal, associés à l'installation d'un groupe scolaire modèle et d'une usine de rubans décoratifs dans la dernière décennie donnent à Uzemain tous les atouts d'un village moderne et dynamique ; nos concitoyens, en constante augmentation depuis 1975, font preuve de solidarité et d'engagement au sein de multiples associations dont la Fête de l'œuf est, chaque fin juillet depuis 20 ans, le point d'orgue des événements festifs que notre communauté organise.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité 2014[modifier | modifier le code]

La mairie d'Uzemain.

En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[2] :

  • total des produits de fonctionnement : 827 000 , soit 703 par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 663 000 , soit 564 par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 463 000 , soit 393 par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 271 000 , soit 230 par habitant.
  • endettement : 11 000 , soit 10 par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 12,62 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 17,04 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 26,34 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1944
Période Identité Étiquette Qualité
25 novembre 1944 21 novembre 1965 Pierre Remy    
16 janvier 1966 11 décembre 1990 Charles Remy (1926-1990)    
25 janvier 1991 en cours Alain Pierre    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 115 habitants, en diminution de -0,54 % par rapport à 2009 (Vosges : -1,78 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
938 1 129 1 121 1 427 1 467 1 461 1 671 1 656 1 709
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 759 1 742 1 622 1 820 1 614 1 367 1 410 1 347 1 363
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
1 317 1 158 1 143 1 082 1 063 1 008 954 948 849
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014 - -
842 896 1 008 1 043 1 096 1 146 1 115 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique
Commentaires 
  1. La date de 1665 correspond à la fin de la guerre de Trente Ans pendant laquelle la Lorraine a terriblement souffert ; le village a perdu 40 pour cent de sa population alors qu'Épinal en perdait environ 70 pour cent ;
  2. Le XVIIIe siècle est favorable à l'augmentation de la population ; les mesures d'incitation et d'accompagnement de Léopold, duc de Lorraine, après la guerre de Trente Ans, la culture de la pomme de terre et sa consommation comme base de l'alimentation permettent cette heureuse progression ;
  3. La population est à son apogée de 1860 à 1880, époque où le village construit son église néogothique, se dote de son bâtiment écoles/mairie et participe à l'installation du fort du Roulon et au creusement du canal de l'Est. La fin du siècle correspond à un fort exode rural ; l'attirance des métiers dans l'industrie (usines de la vallée de la moyenne Moselle) et le tertiaire (dont fonction publique : il y a ainsi en 1903, 17 instituteurs et institutrices issus du village enseignant dans les Vosges) permet de diminuer la pression démographique de nos campagnes ;
  4. La population est à son étiage en 1975 après les difficiles périodes des deux guerres - 75 jeunes Manuziens sont morts au front de 1914 à 1918 - pour ensuite amorcer une remontée continue jusqu'à nos jours.

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Madeleine[7] 
En 1860, l'abbé Parmentier, curé de la paroisse, fort du montant de la souscription déjà réalisée auprès des habitants, et le maire, M. Peutot, lancent les travaux d'agrandissement de l'église existante. Au fil des années et jusqu'en 1866, l'installation des vitraux, des bancs et du mobilier, la reconstruction de la tour en pierres de taille, la fabrication et pose de trois nouvelles cloches sont entreprises. Pour ces dernières, le financement est assuré par un astucieux système de parrainage. Pour la tour, la fin de l'indivision des forêts des bans de Girancourt et d'Arches arrive à point nommé et donne à la commune des revenus dont une partie sert à cet embellissement. Cette tour, haute de 33 mètres est en grandes pierres de taille de grès blanc du meilleur aloi et montre que l'architecte, M. Adam a bien étudié les monuments gothiques. Le portail, surmonté de son arc en accolade et la corniche, aux sculptures profondes, achève bien l'édifice dont l'élégante flèche de 17 mètres et le coq girouette ont été rénovés en 1967.
La chapelle de Thièlouze[8] 
Située sur le coteau dominant le canal des Vosges, dédiée à Notre-Dame de l'Annonciation, elle daterait du XIVe siècle ; ses joyaux sont : une statue en pierre de la Vierge du XIVe siècle, une statuette en bois, toutes deux classées ; un tableau religieux du XVIIe siècle, une cloche marquée 1504[9] et une pierre sculptée aux trois oreilles de lapins ; La confrérie, toujours active, a été fondée le 23/06/1645 par bulle du pape Innocent X ; elle organise, en particulier, le deuxième dimanche après pâques et au 15 août, une cérémonie religieuse avec pèlerinage et remise de la statuette à la garde d'une personne de la confrérie ; la chapelle est ouverte pour visite libre les après-midi à la belle saison.
Le canal des Vosges, ses écluses, sa véloroute, voie verte[7] 
Après la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, le Gouvernement décide en 1874 la construction d'une voie d'eau pour assurer la liaison Méditerranée - Mer du Nord. Les travaux ont lieu pour les huit écluses et les 5 kilomètres situés sur notre commune de 1879 à 1881 ; de type Freycinet les écluses, d'un gabarit de 39 mètres sur 5,20 de large et de 3 de hauteur permettent le passage des bateaux de 300 tonnes ; dès 1885 l'activité est forte ; le port de Thielouze est un des principaux ports d'embarquement (le second après pont du Côney) jusqu'en 1913 grâce à l'exploitation des carrières proches ; aujourd'hui l'élargissement nécessaire à la rentabilité industrielle n'étant pas envisagé, la vocation du canal est devenue touristique. Le conseil général et le pays d'Épinal cœur des Vosges sont porteurs du projet véloroute voie verte qui prend corps sur les 78 kilomètres vosgiens de ce parcours champêtre aux paysages exceptionnels par leur variété et leur richesse historique.
Le fort du Roulon[10] 
Faisant partie du système de défense dit Séré de Rivières au profit de la place forte d'Épinal, il a été construit de 1879 à 1881 avec pour objectif la défense face au sud et le freinage sinon l'interdiction de toute manœuvre de contournement d'Épinal vers la Franche-Comté par la vallée du Côney. Seul fort de la place à posséder un casernement à deux étages encore visitable aujourd'hui, il pouvait abriter 400 hommes et être armé de 22 pièces dont 4 à 8 de flanquement pour assurer sa propre défense. Un poste optique encore visible lui permettait la transmission de signaux codés. C'est aujourd'hui une propriété privée.
Usine métallurgique de la forge 
L'autorisation de concession est une des plus anciennes signée par le duc Leopold de Lorraine (fin du XVIIe siècle). Appartenant au marquis de Villé (Ville-sur-Illon), elle est affermée au sieur Gaudel puis devient forge Saint-Jean. Elle est célèbre au milieu du XIXe siècle grâce aux maîtres de forges Lallemand[11],[12] qui produisent par moyens d'affinerie des fers de grande qualité pour les ateliers d'armement. Devenue fabrique de couverts Clément de 1900 à 1960, elle est aujourd'hui désaffectée et démontée ; un logement d'ouvriers, daté de 1856 est le seul témoin de ce site industrieux biséculaire.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Christian Champy, homme politique, médecin, né le à Uzemain, 1 rue du Champ-du-Faite ; mort le à Paris[13]. Professeur d'histologie à la faculté de médecine de Paris, recteur de l'académie de Hanoï, membre de l’Académie de médecine et de l'Académie de sciences. Il fut conseiller général du canton de Xertigny de 1922 à 1942 et de 1944 à 1945, puis conseiller départemental des Vosges de 1942 à 1945[14].
  • Maurice Poirot, instituteur et homme politique, né le 17 octobre 1900 à Uzemain la Xatte, mort à Cleurie le 24 janvier 1981. Secrétaire fédéral de la SFIO avant la dernière guerre, prisonnier pendant celle-ci. En 1945, il devient conseiller général, député de 1945 à 1951 et de 1956 à 1958. Au Palais Bourbon, son action la plus déterminée a pour but la défense des anciens prisonniers de guerre et des sinistrés[15].
  • Les familles Balaud de Lerrain[16].

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]