Uvea

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Uvea
Royaume coutumier d’Uvea (fr)
Blason de Uvea
Armoiries.
Drapeau de Uvea
Drapeau.
Uvea
Image illustrative de l’article Uvea
Carte de localisation de Wallis-et-Futuna
Administration
Statut politique Royaume coutumier de Wallis-et-Futuna
Capitale Mata Utu
Gouvernement
- roi coutumier (Lavelua)

Patalione Kanimoa (reconnu)
Démographie
Population 10 088 hab. (2003)
Densité 105 hab./km2
Langue(s) français, wallisien1
PIB
 · PIB/hab.
?? millions de $
??
Géographie
Coordonnées 13° 18′ sud, 176° 12′ ouest
Superficie 96 km2
Divers
Monnaie Franc CFP (CFP)
Fuseau horaire UTC +12
Domaine internet .wf
Indicatif téléphonique +681
Sources
1. Le français a valeur de langue officielle.

Uvea (en wallisien, ʻUvea) est l'un des trois royaumes coutumiers[1] constituant qui constitue de la collectivité d'outre-mer française de Wallis-et-Futuna. Son territoire comprend la totalité de l'île de Wallis. Le palais royal d'Uvea se situe au chef-lieu, Mata Utu.

Uvea est localisé à 16 500 kilomètres[2] de Paris et est situé en Océanie éloignée polynésienne (océan Pacifique occidental), entre la Nouvelle-Calédonie et Tahiti.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wallis (île).

Le royaume coutumier comprend l'île principale (Wallis) et les différents îlots qui se situent à l'intérieur de son lagon. La zone économique exclusive de Wallis, elle, est gérée par la France.

Sa population est de 8 584 habitants (en 2013)[3].

Le chef-lieu est le village de Mata-Utu avec 1 075 habitants habitants (en 2013). Il est le plus important de l'île, mais aussi de l'ensemble de collectivité territoriale dont il est également le chef-lieu[3].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Uvea provient du wallisien ʻUvea. Cette graphie inclut un coup de glotte initial. Cette appellation se retrouve dans la plupart des langues polynésiennes. En français, ce toponyme est transcrit par Uvea et parfois Uvéa (voire ʻUvéa[4]), mais jamais par Ouvéa, parfait homophone, qui désigne une île de Nouvelle-Calédonie ainsi nommée par des colons wallisiens[5]. Les descendants de ceux ci distinguent au besoin les deux îles homonymes par un qualificatif, 'Uvea mamao, c'est à dire Uvea au loin, pour Wallis, et 'Uvea lalo, c'est à dire Uvea d'en bas, pour Ouvéa[6]. Le même hommage a été rendu à la mère patrie par les colons de Futuna[7] explorant Futuna lalo[6].

Le capitaine britannique Samuel Wallis donne son nom à l'île lors de son passage en 1767. Depuis, les habitants sont appelés Wallisiens. Certains auteurs préfèrent cependant le terme « Uvéen[4] ». En anglais, certains auteurs utilisent Uvea pour parler de l'époque pré-européenne et Wallis island pour désigner l'époque après le contact européen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Wallis-et-Futuna.

Avant l'arrivée des Polynésiens à Uvea[modifier | modifier le code]

Il y a 5 000 ans (3 000 av. J.-C.), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2 000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, vers les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1 500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, vers les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.

Wallis a été peuplée par la civilisation lapita prouvés archéologiquement (800 av. J.-C.) ce que la tradition orale ne retrace pas[réf. nécessaire]. Puis elle fut envahie par les Tongiens (1200-1300 apr. J.-C.) lors d'une première invasion et d'une deuxième invasion (1500-1600 apr. J.-C.).

Premiers contacts européens[modifier | modifier le code]

L'île d'Uvea fut découverte 150 ans après Futuna en 1767 par un Britannique, le capitaine Samuel Wallis, qui lui donna son nom. Le second européen à aborder l'île fut le capitaine Maurelle, à bord de la Princesse, qui nomme l'île « Consolation »[8]. Par la suite, plusieurs naufragés (beachcombers) s'installent sur l'île. Ce n'est qu'en 1837 que la présence européenne se consolide avec l'arrivée de deux pères maristes, dont le père Bataillon qui convertit la population au catholicisme et installe une véritable théocratie missionnaire[9].

Protectorat puis Territoire d'Outre-Mer[modifier | modifier le code]

Le royaume d'Uvea à Wallis signe un traité de protectorat avec la France (demandé par la reine Amelia Tokagahahau Aliki et ratifié en 1887) avant de devenir un territoire d'outre-mer (TOM) en 1961 après un référendum en 1959 avec les royaumes d'Alo et Sigave[8]. L'ancien roi d'Uvea, Tomasi Kulimoetoke II, fut le signataire de cet accord[réf. nécessaire] qui permit à ce petit royaume de 96 km² de passer du statut de protectorat à celui de territoire d'outre-mer. Après la révision constitutionnelle du , l'archipel est censé entrer dans la nouvelle catégorie des collectivités d'outre-mer à statut particulier, mais le régime de 1961 ne change pas en raison de l'opposition de l'Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna.

Crise politique de 2005[modifier | modifier le code]

En 2005, le royaume d'Uvea fait parler de lui à la suite d'une crise politique. La crise débute quand le petit-fils du roi Tomasi Kulimoetoke II (en place depuis 46 ans) est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d'ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d'abord aux demandes d'arrestation de son petit-fils. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l'économie du territoire dépend des aides de l'État et l'administration emploie de nombreuses personnes).

Une partie des chefs de village décident alors d'introniser un nouveau roi et recherchent la reconnaissance de l'administrateur français Xavier de Fürst, qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant les griefs de ces chefs coutumiers. Mais, à l'approche de la cérémonie d'intronisation, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à l'affrontement avec les partisans du roi qui occupent l'aéroport et édifient des barrages. La situation s'arrange finalement grâce à l'intervention d'un médiateur français qui reconnaît l'autorité du roi. La cérémonie d'intronisation est alors annulée.

Toutefois, l'affaire laisse des traces et, en juin 2006, les tensions peuvent encore se faire sentir au sein de la population locale avec quelques incidents ponctuels dans le district du nord, Hihifo. Des palabres de réconciliation sont toujours en cours entre les deux chefferies.

Le 12 mars 2007, le tribunal administratif de Mata'utu a examiné une cinquantaine de recours qui avaient été présentés par le royaume d'Uvea pour annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst.

Le tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises par M. de Fürst et condamné l'État français à verser des indemnités à la Circonscription territoriale d'Uvea (ce qui correspond à l'entité coutumière du royaume d'Uvea) et aux membres de la chefferie du Lavelua .

Une nouvelle crise provoque en avril 2016 l'intronisation de deux rois rivaux, Tominiko Halagahu (chef du district nord) le 15 avril par la Grande chefferie et Patalione Kanimoa (ancien président de l'Assemblée territoriale de Wallis et Futuna) le 17 avril par la Nouvelle chefferie[10]. Le 3 juin, l'Etat français reconnaît ce dernier[11]. Tominiko Halagahu dénonce une ingérence de la République française dans les affaires coutumières du royaume[12].

Le conflit entre les deux rois s'éternise et provoque des tensions. Deux administrations coutumières coexistent, chaque Lavelua investissant ses propres ministres et ses propres représentants dans les villages[13].

Politique et institutions[modifier | modifier le code]

Le roi d'Uvea (portant le titre de Lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d'un premier ministre (Kalae kivalu) et de cinq ministres. Il nomme encore, sur proposition de la population, trois chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les vingt-et-un chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d'intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d'assemblées générales de village (fono fakakolo) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono).

Le roi dispose pour couvrir ses frais d'une dotation annuelle de la République qui indemnise aussi les ministres royaux et les chefs coutumiers de districts et de villages.

Le roi a des pouvoirs importants mais toutefois assez décentralisés, le roi devant négocier avec les chefs de village et répondre aux demandes des aliki qui l'élisent et dont l'autorité morale s'appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l'État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Le royaume est divisé en 21 villages dirigés chacun par un chef, lesquels sont regroupés sur l'un des 3 districts gouvernés chacun par un faipule :

Liste des rois d'Uvea[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2003, la population est de 10 088 habitants à Uvea.

La plupart des habitants sont d'origine polynésienne (97,3 %). On compte aussi quelques habitants d'origine européenne. La très grande majorité est de confession catholique.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie est essentiellement rurale, axée sur la pêche lagonaire artisanale et l'agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Wallis et Futuna est partagée en trois royaumes coutumiers : Uvea, Alo et Sigave. Un roi, assisté de cinq ministres et d'un chef de la police, exerce un pouvoir symbolique sur chaque royaume ou chefferie. Cf. Samuel Laurent, « Wallis et Futuna, petit bout de France où règnent trois rois », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. http://www.routedesvacances.fr/travel/fr/wallis_and_futuna/mata_utu_%28on_ile_uvea%29/distance_paris.html
  3. a et b Décret n° 2013-1038 du 19 novembre 2013 authentifiant les résultats du recensement de la population effectué dans les îles Wallis et Futuna en 2013, (lire en ligne)
  4. a et b Dominique Pechberty, « Les Uvéens en Nouvelle-Calédonie », The Journal of Pacific Studies, vol. 27, no 1,‎ , p. 63-81 (lire en ligne)
  5. Tomasi Tautu'u, dir. Bernard Rigo, Histoires, mythes et migrations : entre « Uvea Mamao » et «  Uvea Lalo »., IV, 1, C, Université de Nouvelle Calédonie, Nouméa, février 2012.
  6. a et b Tomasi Tautu'u, dir. Bernard Rigo, Histoires, mythes et migrations : entre « Uvea Mamao » et «  Uvea Lalo »., VIII, Lexique, Université de Nouvelle Calédonie, Nouméa, février 2012.
  7. Tomasi Tautu'u, dir. Bernard Rigo, Histoires, mythes et migrations : entre « Uvea Mamao » et «  Uvea Lalo »., III, 3, Université de Nouvelle Calédonie, Nouméa, février 2012.
  8. a et b Claire Moyse-Faurie, Te lea faka'uvea - Le wallisien, Peeters, , 271 p. (lire en ligne), p. 6
  9. Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III), , 243 p. (lire en ligne)
  10. Confusion à Wallis, deux rois pour un royaume !, Outremers 360°
    Uvea, un deuxième roi intronisé, Wallis et Futuna 1re
  11. Article de Nouvelle-Calédonie 1re
  12. Article de Wallis et Futuna 1re
  13. Tensions coutumières à Wallis et Futuna, Le Figaro du 11 octobre 2016

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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