Utilisatrice:Jastrow/Éducation en Grèce antique

Une page de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Circle-icons-calendar.svg Sauf précision contraire, les dates de cette page sont sous-entendues « avant Jésus-Christ ».

L’éducation archaïque[modifier | modifier le code]

Sparte archaïque[modifier | modifier le code]

Voir éducation spartiate

La pédérastie[modifier | modifier le code]

Éducation classique[modifier | modifier le code]

L’« ancienne éducation » d’Athènes[modifier | modifier le code]

La première sophistique[modifier | modifier le code]

L’éducation idéale de Platon[modifier | modifier le code]

Le « cheval de Troie » d’Isocrate[modifier | modifier le code]

Éducation hellénistique et tardive[modifier | modifier le code]

Il y avait 3 institutions athéniennes, toutes comprises dans l'ecclésia. - La Boulè ou conseil des cinq cents - Les 10 stratèges (les chegs militaires) - l'Héliée (le tribunal du peuple)

Éducation artistique[modifier | modifier le code]

Enseignement primaire[modifier | modifier le code]

L’enseignement primaire est consacré à trois tâches : apprendre aux jeunes élèves à lire, écrire et compter. La pédagogie employée pour ce faire est des plus sommaires : les Grecs fixent des progressions qu’ils jugent rationnelles pour apprendre à lire ou écrire, sans considération pour la psychologie de l’enfant. Celui doit s’exercer jusqu’à ce qu’il finisse par apprendre. S’il peine à la tâche, c’est probablement qu’il y met de la mauvaise volonté. Le maître d’école (γραμματιστής / grammatistês, « celui qui apprend les lettres ») recourt alors sans hésiter aux châtiments corporels, infligés à l’aide d’une baguette ou, pour les plus récalcitrants, un fouet (Hérondas, Mimes, III, 59–73). De toute façon, « pas de progrès sans un pénible effort », note Aristote dans le Politique (VIII, 1339a 28).

Les Grecs ne s’interrogent sur la pertinence de ces châtiments qu’à la fin de l’époque hellénistique. Sous l’Empire romain, on tâche de motiver l’élève en recourant également à de petites récompenses, comme des petits gâteaux.

Lire[modifier | modifier le code]

On apprend d’abord les lettres, puis les syllabes, puis les mots, puis les phrases entières. « Connaître ses lettres » (grammata gignoskein) n’est pas une mince affaire : l’élève apprend d’abord l’alphabet dans l’ordre, puis à l’envers, puis par groupes de lettres (alpha-oméga, bêta-psi, etc.). Les témoignages ne manquent pas sur la difficulté de l’exercice : le fils d’Hérode Atticus, butant sur ses lettres (stoikheia), se voit ainsi doté par son père de 24 jeunes esclaves, nommés Alpha, Bêta, Gamma, etc. (Philostrate, Vie des sophistes, II, 1, 558). Les maîtres d’écoles, pourvus de moins de ressources, recourent par exemple à des gâteaux en forme de lettres. Cet apprentissage initial est d’autant plus soigné que les lettres de l’alphabet servent également à noter chiffres et musique.

Une fois ceci fait, les élèves passent aux syllabes, et ce dans toutes les combinaisons possibles à deux lettres, de βα / ba à ψυ / psy. Ceci connu, l’élève se frotte aux syllabes de trois lettres : la combinaison la plus ancienne (attestée au IVe siècle) consiste à ajouter aux combinaisons précédentes une consonne fixe, par exemple un ν (de βαν / ban à ψυν / psyn) — jusqu’aux groupements de quatre lettres (par exemple βραν, βρες, βρης, etc.).

Les élèves attaquent ensuite les mots, en commençant par les monosyllabes. Loin de se cantonner à des mots simples, ils apprennent alors des mots rares comme λύνξ / lynx ou κλάγξ / klanx (hurlement), et ce, semble-t-il pour maîtriser les difficultés de prononciation. On passe ensuite aux mots de deux syllabes, dont les syllabes sont bien détachées sur les listes de mots (Κάσ·τωρ / Kas·tôr ou Λέ·ων / Le·ôn- et ainsi de suite avec les mots de trois, quatre syllabes ou plus. Il est à noter que les élèves n’apprennent jamais de noms communs mais seulement des noms propres, le plus souvent issus des textes homériques.

Enfin, les élèves peuvent aborder les textes, dont la lecture est rendue difficile par le mode d’édition grec, sans ponctuation ni séparation entre les mots, et par l’absence de progressivité dans l’apprentissage : on passe tout de suite à des extraits des [[tragédie grecque|tragiques grecs], principalement Euripide, et à Homère. Ces « morceaux choisis » sont non seulement lus (à haute voix, comme il est traditionnel dans l’Antiquité) mais aussi appris par cœur et récités, semble-t-il en psalmodiant (Hérondas, Le maître d'école, 30–36).

Écrire[modifier | modifier le code]

L’apprentissage de l’écriture suit la même progression que celui de la lecture : l’écolier commence par tracer des lettres, puis des syllabes, des mots, des phrases et enfin des textes entiers. Selon Platon (Protagoras, 326d), le maître commence par tracer un modèle (équivalent des pointillés actuels) puis aide l’écolier, en prenant sa main, à tracer sa lettre. L’écolier s’entraîne ensuite seul.

Il en va de même pour les syllabes, puis les mots isolés et les phrases. Celles-ci sont d’abord des formules d’usage (suscriptions de lettres par exemple) puis, à partir du IIe siècle ap. J.-C., de courtes maximes, attribuées à Diogène ou Ménandre, tour à tour édifiantes, légères, voire scatologiques.

Compter[modifier | modifier le code]

L’écolier doit d’abord apprendre la liste des nombres entiers, par leur nom et leur signe — l’une des lettres de l’alphabet, auxquelles on adjoint trois lettres archaïques, le digamma, le koppa et le sampi, pour un total de 27 signes : 9 pour les unités, 9 pour les dizaines et 9 pour les centaines. L’apprentissage des nombres entiers est suivi de celui de certaines fractions, utilisées en musique ou dans le système monétaire : ainsi du khalkos (monnaie de cuivre valant 1/8e d’obole) ou de l'aroure.

Parallèlement, l’écolier apprend à compter sur ses doigts. Ce système assez complexe, attesté d’usage courant dans le Haut-Empire romain, utilise le repliement des doigts sur la main, la position du pouce par rapport à la main ou encore celle de la main par rapport au corps pour compter tous les nombres de 1 à 1 000 000.

L’écolier n’apprend pas à calculer à proprement parler. Il se borne au début à apprendre une table de carrés. Ce n’est qu’à l’époque copte (IVe et Ve siècles ap. J.-C.) que l’on trouve des tablettes contenant des tables d’addition.

Enseignement secondaire[modifier | modifier le code]

Sachant lire et écrire, l’écolier appelé à poursuivre ses études passe chez le γραμματικός / grammatikos — également appelé φιλόλογος / philologos ou κριτικος / kritikos — chez lequel il apprendra la littérature et la grammaire, voire un peu de rhétorique.

Corpus littéraire[modifier | modifier le code]

L’étude de la littérature se consacre aux « classiques », définis par des grammairiens alexandrins dont Aristophane de Byzance et Aristarque de Samothrace, auteurs du Canon alexandrin, sont les plus connus. Il existe par ailleurs nombre de listes d’auteurs, classés par disciplines : poésie lyrique, poésie épique, histoire, philosophie, tragédie, etc. Ces listes ont très fortement influencé la préservation des œuvres antiques. Ainsi, des 44 comédies d’Aristophane, n’ont été conservées en entier que les 11 sélectionnées pour l'enseignement par le grammairien Symmaque (IIe siècle ap. J.-C.).

Le premier des auteurs enseignés est évidemment Homère, et plus spécifiquement l'Homère de L'Iliade. L’épopée est soit étudiée en entier, chant après chant, soit abordée par « morceaux choisis » : duels de héros, description du bouclier d’Achille, etc. L’élève étudie également Hésiode, le corpus orphique, les grands lyriques (Alcman, Pindare, Sappho), les grands tragiques (Eschyle, Sophocle mais surtout Euripide) et comiques (surtout Ménandre d’abord, puis Aristophane sous le Bas-Empire). L’écolier aborde également des auteurs modernes, comme Apollonios de Rhodes et ses Argonautiques, dont le succès est très vif à l'époque hellénistique. La prose est également étudiée, bien qu’on lui réserve une place de second rang : il s’agit principalement d’aborder les historiens, Hérodote ou Xénophon et surtout Thucydide.

Lecture dirigée[modifier | modifier le code]

La lecture d’une œuvre commence par une phase indispensable de préparation du texte, en raison des habitudes d’édition grecque : l’élève commence par séparer les mots, noter les périodes et scander les vers. Ensuite, c’est la déclamation à haute voix du texte préalablement appris par cœur, avec le ton approprié suivant le type de texte (tragédie, comédie, épopée). L'exercice donne lieu à des concours scolaires : à Chios, il s’agit d’Homère, à Larissa, de poètes lyriques anciens et modernes.

L’exercice par excellence est l’explication de texte. Comme de nos jours, il s’agit de décortiquer le texte pour en montrer tous les ressorts cachés. Dans le cas d’Homère, en raison de la langue spécifique des textes, une « traduction » s’impose préalablement, l’ὁνομαστικον Ὀμήρου (« le mot-à-mot d’Homère ») : dans une colonne à gauche les termes homériques, à droite l’explication en koinè (grec commun).

La connaissance du vocabulaire homérique est un passage obligatoire pour le Grec cultivé. On apprend également le contenu à proprement parler des œuvres. Ainsi, il faut connaître la liste des personnes ressuscitées par le dieu guérisseur Asclépios (Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, I, 253) ou encore des devins troyens pendant la guerre de Troie.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) P. Cartledge, « A Spartan Education », Spartan Reflections, University of California Press, Berkeley, 2003 (1re édition 2001) ;
  • P. Girard, Éducation athénienne ;
  • W. Jaeger, Paideia ;
  • (en) N. M. Kennel, The Gymnasium of Virtue: Education and Culture in Ancient Sparta, Chapel Hill & Londres, 1995 ;
  • H. I. Marrou, Histoire de l’éducation dans l'Antiquité, vol. I « Le monde grec », Seuil, coll. « Points Histoire », 1948 (1re édition) ;
  • (de) M. P. Nilsson, Die hellenistische Schule, Munich, 1955 ;
  • (de) E. Ziebarth, Aus dem grieschichen Schulwesen, Eudemos von Milet und Verwandtes, Leipzig, 1914.