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Le plan de paix américain de janvier 2020 pour le conflit israélo-palestinien est un plan politique et économique présenté le 28 janvier 2020 par le président Donald Trump qui trace la route souhaitée par les États-Unis pour amener à la paix entre Israéliens et Palestiniens. Il propose un effort international de cinquante milliards de dollars pour permettre le développement de la Palestine et de l'État palestinien, quand les Israéliens conserveraient Jérusalem comme capitale indivisible, les Palestiniens établissant la leur sur une fraction de Jérusalem-est. Les Israéliens garderaient aussi leurs implantations en Cisjordanie mais le territoire palestinien resterait équivalent en termes de superficie à celui de la Cisjordanie d'avant la guerre des Six jours grâce à des échanges de territoires.

Carte conceptuelle de la Palestine et d'Israël selon le plan de paix de Donald Trump

Contexte[modifier | modifier le code]

Le conflit israélo-palestinien remonte au Plan de partage de la Palestine proposé par l'Organisation des Nations-Unies en 1947, accepté par les Juifs et rejeté par les Arabes. Après la création de l'État d'Israël et la guerre de 1948, Israël et la Jordanie occupent chacun partie de la Palestine, puis après la guerre des Six jours en 1967, Israël contrôle toute la Palestine. Les accords d'Oslo de 1993 et 1994 reconnaissent le droit des Palestiniens à avoir leur propre État et créent l'Autorité nationale palestinienne qui représente l'État de Palestine à l'ONU à titre d'État observateur non membre depuis 2013.

Le président des États-Unis, Donald Trump élu en 2016 a promis dès sa campagne électorale un plan de paix pour le conflit israélo-palestinien, dont il a confié l'élaboration à son gendre et conseiller pour le Moyen-Orient Jared Kushner[1]. Mohammad Shtayyeh, le Premier ministre palestinien, remarque que pour le président Trump qui fait face à une procédure d'impeachment comme pour Netanyahou qui est inculpé pour corruption, c'est une diversion bienvenue[2].

Proposition américaine[modifier | modifier le code]

Le 28 janvier 2020, le président des États-Unis, Donald Trump dévoile, en présence du Premier ministre israélien, son plan de paix[3], le qualifiant de « solution à deux Etats réaliste » au conflit israélo-palestinien[4]. Le plan, qui est nommé La paix vers la prospérité (Peace to Prosperity), document de 181 pages, est détaillé en présence du Premier ministre israélien et rejeté à l'avance par les Palestiniens. C'est une violation des droits des Palestiniens selon la Ligue arabe. Pour le journal israélien The Times of Israel, ce plan ne sera pas mis œuvre, les Palestiniens ayant exprimé leur opposition farouche à ce plan[5].

Le volet économique du plan de paix avait déjà été présenté en juin 2019 lors d'une conférence au Bahrein par Jared Kushner[6].

Les principaux points du plan de paix les suivants :

  1. Frontières[7]
    • Israël n’aura pas à abandonner des implantations et en incorporera la grande majorité dans un territoire israélien contigu. Grâce à des échanges de terres, l’État de Palestine aura la même superficie que la Cisjordanie et Gaza avant 1967. Les implantations isolées en territoire palestinien seront reliées par un système efficace de transports.
    • La vallée du Jourdain sera placée sous souveraineté israélienne.
    • Sous réserve d’un accord des parties concernées, dix villages arabes israéliens du « Triangle », à l’ouest de la Ligne verte pourraient intégrer l’Etat de Palestine.
    • Des territoires dans le Negev à la frontière égyptienne sont promis à l'État de Palestine.
  2. Jérusalem
    • Jérusalem restera la capitale d'Israël et ne sera pas divisée. Al-Quds sera la capitale de la Palestine. Les deux capitales devraient être internationalement reconnues.
    • La capitale de la Palestine se situera dans une section de Jérusalem-est située dans toutes les zones situées à l’Est et au Nord de la barrière de sécurité existante, avec notamment Kafr 'Aqab (en), la partie orientale de Shuafat et Abu Dis. Elle pourra être nommée Al-Quds ou de toute autre façon que choisirait l'État de Palestine.
  3. Lieux saints
    • Le statu-quo sera maintenu sur les Lieux saints. Toutefois, le plan précise que les fidèles de toutes confessions doivent pouvoir prier au mont du Temple (Esplanade des mosquées), ce qui n'est pas aujourd'hui autorisé aux juifs.
  4. Sécurité
    • L'État de Palestine sera démilitarisé. Il mettra en place des forces de sécurité pour sa sécurité intérieur et pour empêcher les attentats terroristes en Palestine, en Israël, en Jordanie et en Égypte.
  5. Réfugiés
    • Les réfugiés pourront s'établir en Palestine.
  6. Travaux d'infrastructure
    • Un tunnel et/ou un train à grande vitesse pourra relier la Cisjordanie et la bande de Gaza. Deux routes relieront l'État de Palestine à la Jordanie.
    • Les Palestiniens auront accès à des facilités dans les ports israéliens.
    • Des routes avec ponts et tunnels amélioreront la circulation entre les enclaves des deux États.
  7. Plan économique (section nommée « Plan économique de Trump »)
    • Il adresse 3 aspects : l'économie en proposant d'investir en tout dans les dix ans cinquante milliards de dollars dans la construction d'hopitaux, d'écoles, de logement, les infrastructures et les affaires ; la population en développant les programmes éducationnels, sportifs et culturels et les structures hospitalières ; la gouvernance.
    • Se référant au plan Marshall (qui a facilité la reconstruction de l'Europe après la Seconbde guerre mondiale), le plan envisage la création d'un « fonds international[3] » pour le financement des travaux d'infrastructure, de sécurité et de développement des territoires transférés aux Palestiniens. Ce fonds ne sera abondé ni par l'État de Palestine ni par celui d'Israël. Les fonds internationaux pour Gaza ne seront alimentés que lorsque le territoire sera entièrement démilitarisé et qu'une gouvvernance fiable y sera établie.
    • Le trajet de la barrière de sécurité sera modifié pour s'adapter à la nouvelles frontière.

Réactions[modifier | modifier le code]

Palestine[modifier | modifier le code]

Les Palestiniens avaient rejeté le volet économique du plan de paix dès sa présentation en juin 2019[6]. Après la présentation par Donald Trump, l'Autorité palestinienne indique que « le plan est un désaveu américain et israélien des accords d'Oslo, et donc l'Autorité palestinienne se considère désormais libre de ne pas respecter les accords avec Israël, y compris la coopération en matière de sécurité »[8]. Elle a informé les Israéliens qu'elle considérait le plan comme « une annulation des accords de paix d'Oslo ».

Le plan américain « ne passera pas » et pourrait même conduire les Palestiniens à une « nouvelle phase » de leur lutte, a déclaré Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas[9].

Israël[modifier | modifier le code]

Benny Gantz, principal opposant au Premier ministre Benyamin Netanyahou a exprimé sa satisfaction avec le plan et espère pouvoir le mettre en œuvre après les élections législatives israéliennes prévues en mars 2020[10].

Pays arabes[modifier | modifier le code]

La Jordanie est un des rares pays arabes à avoir pris ses distances avec avec la proposition américaine. Pour elle, « la seule voie vers la paix est l’établissement d’un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 »[11]. Les représentants à Washington des Émirats arabes unis — qui voient dans ce texte « une initiative sérieuse » — , de Bahreïn et d’Oman ont assisté à la présentation du plan de paix du président américain[11]. Le ministère des Affaires étrangères saoudien a « apprécié à leur juste valeur les efforts » des Etats-Unis[11]. L’ÉEgypte a exhorté les deux parties à « prendre en considération la vision américaine »[11].

Europe[modifier | modifier le code]

« La France salue les efforts du Président Trump et étudiera avec attention le plan de paix qu'il a présenté », déclare le Quai d'Orsay dans un communiqué[12]. Le premier ministre britannique, Boris Johnson a déclaré que ce plan « pourrait constituer une avancée positive. »[13].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. René Backmann, « Israël-Iran: que veut Trump? », sur Mediapart, (consulté le 31 janvier 2019).
  2. Pascal Airault, « Plan de paix au Proche-Orient: le dessein caché de Donald Trump et Benjamin Netanyahu », sur L'Opinion,
  3. a et b « Peace to Prosperity », sur le site de la Maison Blanche,
  4. Jacob Magid, « Frontières, sécurité, Jérusalem, réfugiés… : L’essentiel du plan de Trump », sur The Times of Israël,
  5. Raphael Ahren, « Malgré le geste de Trump pour la solution à 2 États, pas de Palestine en vue », sur The Times of Israël,
  6. a et b Agence Reuters, « PO: Kushner présente le volet économique de son plan de paix, rejeté par les Palestiniens », sur Challenges,
  7. « Trump’s ‘Conceptual Maps’ show Israel, ‘enclave communities,’ ‘Future Palestine’ », sur The Times of Israël,
  8. « Plan de paix US: Abbas envoie une délégation d'urgence pour rencontrer des responsables israéliens », sur i24News, 30 jannvier 2020
  9. « Donald Trump présente son plan pour le Proche-Orient à Netanyahu et Gantz », sur RFI,
  10. « "Deal du siècle": "Le plan de paix sera mis en œuvre après les élections" (Gantz) », sur i24News,
  11. a b c et d Benjamin Barthe, « Avec le plan de paix américain, le consensus arabe sur la Palestine s’effrite », sur Le Monde,
  12. « Plan de paix du président des Etats-Unis d’Amérique – déclaration de la porte-parole (29.01.2020) », sur Ministère français des affaires étrangères
  13. AFP, « L'Europe divisée sur le plan de paix de Trump », sur i24News,