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Danieli
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Danieli (née le 22 février 1934 à Watermael-Boitsfort et décédée le 24 décembre 1982 à Hoeilaart) est une artiste peintre belge qui a laissé une œuvre picturale abondante et variée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d’une famille modeste orientée vers l’art, la petite Danieli est entourée par son frère Henry de 13 ans son ainé et 4 ans plus tard naîtra sa petite sœur Myriam.

Particulièrement précoce, elle est attirée dès son plus jeune âge par le dessin et la couleur. Elle écoute la musique avec sensibilité, dicte à sa Maman de ravissants contes et très tôt réalise de petits livres dont elle est l’auteur des textes et des illustrations. Très jeune (1950) elle entre à l’Académie Royale des Beaux-Arts et à l'Ecole des Arts décoratifs de la Ville de Bruxelles et remporte en 1956 le Grand Prix de Maîtrise de la Ville de Bruxelles ainsi que l’attribution du Prix des trois Arts.

De 1954 à 1956, elle suit en cours libre la technique du vitrail et exécution à l’Ecole des Arts Décoratifs de la Cambre.

C’est avec compétence que Danieli s’est exprimée à travers différentes techniques picturales: la peinture décorative et monumentale, la fresque, la tapisserie, la peinture à l’huile (sa passion), l’illustration, la linogravure, les vitraux et leur fabrication, des panneaux décoratifs didactiques et des dessins pour enfants. Tout au long de sa carrière elle remporte de nombreux prix, notamment le prix de tapisserie du Ministère des C.N. des Métiers d’Arts.

En 1956 elle fait la connaissance de Maître Louis Poulet, Professeur de musique de chambre au Conservatoire Royal de Bruxelles qui avec ses élèves diplômés réalise un vaste projet destiné à l’enseignement secondaire en faveur de l’initiation musicale de la jeunesse en Belgique. De cette rencontre les deux artistes associent la musique classique et l’image et diverses étapes vont marquer l’évolution de leur démarche conjointe. Danieli peint des panneaux décoratifs didactiques qui représentent le sujet des œuvres musicales programmées lors des concerts.

L’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958 est propice aux artistes et permet à Danieli de réaliser de nombreuses oeuvres décoratives ainsi que le projet d’un vitrail monumental.

De 1960 à 1965 son attirance pour la transparence de la couleur dans le vitrail l’amène à créer et réaliser les vitraux du chœur de l’église Saint Adrien à Boondael (Bruxelles).

De 1962 à 1980, le domaine musical reste en partie le support de l’artiste. Sa sœur Myriam Pascal pianiste crée avec elle la Musique Dessinée qui consiste en de petits concerts commentés dont le programme musical est adapté aux jeunes enfants, et illustrés par des dessins réalisés lors de l'exécution musicale.

Elle réalise avec Louis Poulet trois spectacles audio-visuels destinés aux jeunes et moins jeunes dont elle illustre l’argument. Ainsi naîtront Pétrouchka de Stravinsky (1975), Till Ulenspiegel de Richard Strauss (1978) et Pierre et le Loup de Prokofiev (1980).

Dans le domaine de la peinture à l’huile, Danieli produit d’un seul jet et d’une seule inspiration les quelques 50 toiles qui naquirent très probablement en 1971 et furent découvertes à titre posthume. L’artiste y utilise notamment toute la gamme des tons bleus, qu’elle varie et nuance à l’infini, ce qui lui a valu l'appellation d’œuvre bleue.

A toutes les époques de sa courte vie, elle écrit dans l’ombre de nombreux poèmes d’une rare beauté qui furent aussi découverts à titre posthume.

Danieli a un très beau visage, elle parle peu et évite la société : elle s’exprime en art et son petit ouvrage Compartiments nous fait découvrir son humour. Selon Jacques De Plaen, Danieli est une artiste discrète et réservée dans la communication de son art. Son œuvre originale, très personnelle, riche et variée ne s’inscrit pas vraiment dans une catégorie: c’est l’œuvre de Danieli.

Etudes[modifier | modifier le code]

Très jeune (1950), Danieli entre à L’Académie Royale des Beaux-Arts de la Ville de Bruxelles ainsi qu’à l’ Ecole des Arts Décoratifs de la Ville de Bruxelles et fait de brillantes études très complètes.

Elle suit les cours de dessin, (tête – torse – dessin nature - ) ainsi que la composition ornementale décorative. Elle suit également les cours d’illustration - de peinture à l’huile - de peinture décorative Composition et enfin la Peinture Décorative et Monumentale. Elle s’inscrira également aux cours d’Histoire de l’Art – Histoire du costume et au cours d’anatomie qui se donne à l’Hôpital St. Pierre à Bruxelles et réussit brillamment dans chacune des branches. Elle sera conseillée par les professeurs José Crunelle pour l'illustration, Léon Devos pour la peinture à l’huile, Anto Carte et Jacques Maes pour la peinture décorative.

A 18 ans elle crée l’avant - projet d’une tapisserie l’Eden. Trois ans plus tard (1955-56) elle réalise le carton sur toile 4m30/2m50 et remporte le Grand Prix de Maîtrise de la Ville de Bruxelles et l’attribution du Prix des trois Arts, dont les membres de jury sont choisi parmi des peintres, des sculpteurs et des architectes. Ce prix avait été créé en vue de l’Exposition Universelle de 1958 afin de promouvoir l’alliance entre les arts et les artistes.

En 1953 Danieli visite la cathédrale de Chartres et découvre avec émerveillement l’art du vitrail . La cathédrale est située de telle sorte que le soleil éclaire en particulier les différentes verrières ; c’est à chaque fois une explosion de couleurs de nuances qui illuminent le vitrail de chaque partie du lieux saint. Au comble de l’enthousiasme Danieli découvre la transparence de la couleur. A l’arrière de l’édifice, un atelier de restauration des vitraux de la cathédrale attire la jeune artiste. Séduite par cette technique elle souhaite suivre des cours.

De 1954 à 1956, années finales de ses études à l’Académie des Beaux-arts, elle suit en cours libre la technique et exécution à l’ Ecole des Arts Décoratifs de la Cambre.

Peinture décorative et monumentale[modifier | modifier le code]

C’est en travaillant dans un grand atelier (Académie des Beaux-Arts) qu’elle réalise des œuvres de grandes dimensions. De plus, à cette époque les amateurs de peinture décoraient volontiers l’intérieur de leur maison de peintures décoratives, qu’ils commandaient à de jeunes artistes.

Illustration[modifier | modifier le code]

C’est un domaine cher à Danieli qu’elle pratiquera avec talent et sans interruption durant toute sa vie. Elle avait toujours près d’elle un petit carnet où elle dessinait l’un ou l’autre sujet qui s’imposait à son imagination. Elle nous laisse des exemples très nombreux sur papier blanc peint à la gouache. Elle réalise quelques aquarelles, des dessins à la plume blanche sur papier noir. Elle illustre également des livres d’auteurs connus dans de belle éditons. Très curieuse en art, elle est attirée par la linogravure dont elle nous laisse quelques exemples très intéressants.

Prix[modifier | modifier le code]

Durant sa carrière Danieli remporte de nombreux prix .

1947 – « Chansons à peindre » – concours organisé à Paris

1950 - Concours Jacques Heim - Paris

1955 - Exposition de peintures décoratives au Cercle Gaulois. Danieli reçoit le prix de B.P. Interim qui choisit l’artiste pour illustrer ses publications.

1960 – Prix de tapisserie du Ministère des C.N. des Métiers d’art.

1966 – Exposition d’ensemble «  la nativité dans l’art » au Palais des Beaux-Arts – Danieli remporte le Prix qui consiste à réaliser une quadrichromie de son œuvre et l’impression de très nombreuses reproductions.

Rencontre avec Maître Louis Poulet[modifier | modifier le code]

En 1956 Danieli fait la connaissance de Maître Louis Poulet – altiste, Fondateur du Concours International de Quatuor à cordes est Professeur de Musique de chambre au Conservatoire Royal de Bruxelles. La sœur de Danieli, Myriam, est une jeune pianiste élève du Maître. Louis Poulet rencontre Danieli dans son atelier de peinture et est très enthousiaste en découvrant le talent de la jeune artiste. Immédiatement, il désigne Danieli, peintre, dessinatrice de toutes ces créations et organisations musicales. Il lui confiera tout d’abord (1956) la création du diplôme et de la médaille du Concours International de Quatuor à cordes.

La médaille en grande dimension figure actuellement sur la pierre bleue du monument de Louis Poulet situé dans les jardins face au Conservatoire de Liège ainsi que sur la pelouse qui entoure la Maison de la Musique à Hoeilaart.

Pour le Concours de Lutherie Danieli imagine deux grandes toiles : l’une représente la forêt où poussent l’érable et l’épicéa et où des bûcherons spécialisés coupent les arbres « mûrs » qui deviendront des instruments à cordes et l’autre un atelier de lutherie où l’on fabrique des instruments à cordes. Elle réalise également sur six grandes toiles, l’origine et l’évolution du violon. Avec ses élèves diplômés, Maître Louis Poulet crée le « Centre Culturel Art et Jeunesse » reconnu par le Ministère de la Jeunesse et des Loisirs. Ils réalisent des concerts d’initiation musicale destinés et adaptés aux jeunes qui fréquentent l’enseignement secondaire. Les concerts sont commentés et illustrés par des panneaux décoratifs didactiques de Danieli qui représentent les sujets des œuvres musicales interprétées . Les toiles sont exposées devant le jeune public pendant l’audition musicale et au fur et à mesure, l’ensemble forme un magnifique décor. Danieli illustre notamment : les concerti des Quatre Saisons de Vivaldi – Les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski – Une nuit de Garde à Madrid de Boccherini - Le Carnaval des Animaux de Saint-Saens - L’historique des trois grandes familles instrumentales - Les quelques 130 toiles sont conservées au Musée Danieli à Hoeilaart.

L'exposition universelle de 1958[modifier | modifier le code]

Lors de l’Exposition Universelle en 1958 Danieli réalise le carton du vitrail monumental ( 9 m/5m ) « L’économie Sociale » Promotion du travail commandé par le Ministère du même nom et qui après l’exposition y sera placé.

Outre le vitrail l’Economie Sociale- Promotion du travail, Danieli peint de grandes toiles sur divers sujets qui décorent les murs de plusieurs établissements de la « Belgique Joyeuse » . Notamment...

Vitraux[modifier | modifier le code]

De 1960 à 1965 Danieli crée les cartons et réalise (coupe du verre, mise sous plomb etc) les vitraux du chœur de l’Eglise St.Adrien à Boondael (Bruxelles). Il s’agit de 5 vitraux au centre de 10m /1m40 X 5 et deux vitraux placés de chaque côté de 7m/ 1m X 2.

Musique dessinée[modifier | modifier le code]

En 1962 sa sœur Myriam Pascal pianiste crée avec Danieli la « Musique Dessinée » qui consiste en une initiation musicale qui s’adresse aux très jeunes enfants. Danieli déploie dans ses illustrations une imagination débordante pleine de fantaisie et dessine avec une technique du dessin particulièrement sûre plus de 500 sujets différents. Elle utilise pour la réalisation de chaque dessin des crayons feutres de couleurs sur des feuilles de papier de 90X60. Durant l’audition des œuvres musicales descriptives, dont la durée est de + ou - 3 minutes, elle réalise les dessins devant les enfants ; c’est une véritable performance de la part de Danieli !

De 1972 à 1982 les séances d’initiation musicales « Musique Dessinée » dont le but est d’apprendre à écouter, ont été inscrites à l’initiative de l’Inspecteur Musical Monsieur Georges Teirlinck, dans toutes les écoles de l’enseignement primaire de la Ville de Bruxelles. Afin de proposer au public un large répertoire musical Myriam Pascal et Danieli sont entourées d’une équipe d’environ 40 jeunes artistes musiciens qui pratiquent les instruments des trois grandes familles : Cordes – vent - percussions.

Spectacles audio-visuels[modifier | modifier le code]

Maître Louis Poulet, Professeur de musique de chambre au Conservatoire Royal de Bruxelles accueille deux jeunes filles jumelles qui ont choisi de travailler« Pétrouchka », ballet de Igor Stravinsky version piano à quatre mains.

Dès les premières mesures le Maître dit :« c’est un sujet magnifique pour Danieli elle pourrait par le dessin le substituer au rôle des danseurs » Dès lors l’argument du ballet est raconté par une centaine d’illustrations (18cm/24cm) créées et peintes à la gouache par Danieli. Maître Louis Poulet Synchronise les illustrations reproduites sur diapositives sur la musique. 1978 - Suivant le même principe le poème symphonique « Till Ulenspiegel » de Richard Strauss est choisi (56 illustrations) et enfin en 1980 le conte symphonique pour les enfants « Pierre et le Loup » (81 illustrations) de Prokofiev, verront le jour.

2006 - C’est avec respect des oeuvres originales que la formule est réactualisée sur DVD par Monsieur Dirk Desmadryl .

Peinture à l'huile[modifier | modifier le code]

Très jeune elle pratique la peinture à l’huile et restera très attachée à cette technique picturale. Danieli est une artiste particulièrement féconde, or elle reste plusieurs années éloignée de la peinture à l’huile et subitement … à travers quelques lignes elle s’exprime :

1971 ( ?) « Dans la peinture le matériel envahit autant que les visions on y est plongé corps et âme. Je suis à certains moments assaillie d’idées, à tel point que j’en ai la fièvre - je n’arrive même pas à suivre pour les noter Mais en même temps la peinture rattache à la terre ce ne serait que par l’odeur de la couleur qui pénètre comme un rappel à l’ordre, bien que je n’en ai pas besoin – chaque seconde qui n’est pas consacrée à la peinture me semble une perte irréparable, cette nécessité cette passion devient en même temps un devoir comme si on avait pas le droit de faire autrement . C’est ce qu’il faut accomplir et qui semble dicté d’ailleurs, exactement comme la poésie. Comme si l’on se sentait dépassé par soi-même et ce qu’il en reste c’est le tableau si peu de chose en rapport avec ce qu’il y a à dire, la réalisation du tableau est la froide réalité de ce qu’il reste de soi et qui n’est jamais à la mesure de ce qui a été soufflé… etc… »

C’est d’une seule inspiration que Danieli va peindre environ 50 toiles dans les tons bleus nuancés à l’infini. Cette œuvre magnifique créée à l’insu de tous, est découverte après son passage sur notre planète « terre » ; elle représente le jardin secret de cette artiste silencieuse. Elle fut probablement créée en 1971 – de nombreux croquis de cette époque n’ont hélas pas pu être réalisés par l’artiste. La veille de sa disparition Danieli prie sa sœur de lui montrer ses toiles, car elle désire supprimer quelques tableaux. Cette œuvre d’une rare originalité où la poésie est intimement liée à la peinture et dont les sujets sont souvent empruntés à la mythologie ou représentent la mer (qu’elle aime tellement), est surnommée « l’œuvre bleue ». Cette oeuvre posthume est conservée et exposée dans le musée qui a été créé et dédié à Danieli.

Poésie[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa vie, Danieli écrivit dans l’ombre plus de 600 pages de poèmes. Cette œuvre posthume au langage imagé riche et chatoyant, fut également découverte après sa disparition.

Le recueil de poèmes illustrés de quelques toiles extraites de l’œuvre bleue « Disciples de la nuit » a été édité en1986 par Jacques Antoine –

Le Président, poète L.S. Senghor écrira en 1987:

« J’ai été ému en lisant ces poèmes. En effet, dans leur lumière transparente ils sont d’une rare beauté. »


En 2009 la Maison de la Musique – Musée Danieli édite « Compartiments » de Danieli, texte écrit avec l’humour particulier de son auteur - deux oeuvres à l’aquarelle et à la plume, illustrent des pensées poétiques.

Le livre de poèmes illustré par l’artiste « Au plus secret de ma pensée » a été édité par Chloé des Lys en 2020 – Trois éditions posthumes.

Maison de la Musique - Musée Danieli[modifier | modifier le code]

Fondée en 1968 par Maître Louis Poulet, la Maison de la Musique a comme but principal de soutenir les jeunes artistes en leur donnant la possibilité de se produire en public. Elle fut initialement localisée à Bruxelles. En 1999 Myriam Pascal Poulet fait construire un bâtiment à Hoeilaart pour y transférer la « Maison de la Musique ». Mais elle n’est plus notre seule vocation, en effet un musée y fut parallèlement créé le « Musée Danieli » ; il est dédié à l’artiste peintre Danieli, son œuvre y est conservée et exposée.

Située au milieu d’un grand jardin, on y trouve un cadre de paix , de calme et de verdure.

Lors des concerts, qui se déroulent dans le « Salon Danieli » le public peut admirer ses œuvres qui y sont exposées aux trois niveaux. Les trois spectacles audio-visuels illustrés par Danieli sont régulièrement Présentés au public admiratif : « Petrouchka » de I.Stravinsky en 2006 – « Till Ulenspiegel » de R.Strauss en 2007 et « Pierre et le loup » de S.Prokofiev en 2004.

La Maison de la Musique édite en 2006 - 2009 et 2014 trois ouvrages consacré à l’histoire et aux illustrations de Danieli des trois spectacles audio-visuels cités plus haut.

L'Eden[modifier | modifier le code]

En 2017 le Professeur Dr. Jacques De Plaen découvre l’Eden, carton de tapisserie (4m30/2m50) exposé à la Fondation Maison de la Musique – Musée Danieli . D’emblée il émet le souhait de voir cette tapisserie réalisée. IL s’adresse aux Ateliers Tournaisiens de tapisserie et commande personnellement la réalisation de l’Eden et en fait don à la Maison de la Musique Musée Danieli. Hélàs le généreux mécène, feu le Professeur Dr. Jacques De Plaen, ne verra pas l’œuvre achevée.

Au mois de mars 2020, la tapisserie a été inaugurée et est exposée dans la Fondation Maison de la Musique – Musée Danieli.