Utilisateur:Gpesenti/Hitler à Paris

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Adolf n'est venu à Paris qu'une seule fois dans sa vie, en juin 1940. La date




Contexte de la visite[modifier | modifier le code]

Le 10 juin le gouvernement français quitte Paris pour Bordeaux devant l'avance des troupes allemandes. Le 14 juin les allemands se sont rendus maîtres de Paris, préalablement déclarée ville libre par le général Héring, gouverneur militaire de Paris, qui replie ses troupes au sud de la Loire. Le 16 juin 1940, Philippe Pétain est nommé Président du Conseil par le président de la République, Albert Lebrun. Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain fait un discours radiophonique, très suivi, appelant à la cessation des combats, alors que l'armistice n'est pas encore signé. Le 18 juin, l'appel du Général de Gaulle, aussi engageant soit-il, n'est à l'époque ni entendu, ni écouté. La classe politique française est donc en grande majorité gagnée aux idées de capitulation et le gouvernement français en exil n'existe pas encore (il ne sera reconnu par Winston Churchill que le 11 juillet 1940, date à laquelle Philippe Pétain se fait attribuer les pleins pouvoirs).

La visite à Paris se situe juste après celle de Rethondes, les 21 et 22 juin 1940, afin de rencontrer les plénipotentiaires français et signer l'armistice. Armistice franco-allemand signé le 22 juin, mais qui n'est appliqué que le 24 juin 1940, jour de la signature de l'armistice franco-italien. Et avant le défilé triomphal de Berlin le

Lors de cette visite, Hitler traverse un Paris vide de toute force militaire française, vide de sa classe politique, et vide de ses habitants.

Incertitudes sur la date de la visite[modifier | modifier le code]

Il existe encore une incertitude quant à la date exacte de la visite d'Adolf Hitler à Paris : le dimanche 23 juin 1940 ou le vendredi 28 juin 1940 sont les dates les plus couramment retenues. Arno Breker et Albert Speer, tous deux participants à cette visite, en donnent une date différente. Arno Breker parle dans son livre du 23 juin, alors que Albert Speer parle du 28 juin[1]. Les historiens aussi sont divisés quant à la date réelle, Herbert Lottman situe la visite le 23 juin, alors que Ian Kershaw la situe le 28. Jusqu'à Jean-Pierre Azéma qui parle du 23 juin dans 1940, l'année terrible paru en 1990, pour se rallier à la date du 28 juin dans 1940, l'année noire, une réédition datée de 2010[2].

On trouve aussi comme date de la visite, le 15 juin, date donnée par Pierre Mendès-France dans ses Souvenirs. Ou le 16 juin, dans les Carnets du cardinal Baudrillart du cardinal Baudrillard[2].

En revanche, la date du 18 juin, avancée par le préfet de police de Paris Roger Langeron[note 1] est contredite par Maurice Schumann qui la qualifie de légende, et par la matérialité des faits d'une journée très chargée pour Hitler qui reçoit Mussolini à Munich pendant plus de 4 heures[note 2].

Notons aussi que la visite de Hitler s'est effectuée à partir de son Grand Quartier Général, le Wolfsschlucht I, à Brûly-de-Pesche en Belgique. Hitler occupe ce quartier général pour mener à bien la campagne de France, du 6 au 28 juin 1940. Avec une interruption le 18 juin, où il retourne à Munich, pour discuter avec Mussolini. [note 3].


Objectif de la visite[modifier | modifier le code]

La visite s'est effectuée dans le plus grand secret. Alors qu'initialement, Hitler voulait une visite triomphale. Mais il en a été dissuadé par Goering, dans la crainte d'une attaque aérienne britannique[1].

La suite d'Hitler est composée d'une trentaine de personnes, dont Albert Speer, l'architecte officiel du Reich, Heinrich Hoffmann, le photographe officiel d'Hitler, et Walter Frentz, cameraman officiel, cadreur de Leni Riefenstahl. De nombreuses photographies et un film retracent la visite de quelques heures d'Hitler à Paris.

Cette visite répond à deux principaux objectifs. D'une part produire un matériel photographique et filmographique qui pourra être exploité par la propagande. D'autre part, aller voir de près les monuments les plus emblématiques de manière à faire mieux, plus grand, plus exceptionnel à Berlin. Les mots qu'il prononce - à l'intention d'Albert Speer - lorsqu'il fait le tour de l'Arc de Triomphe ne laissent aucun doute à ce sujet.

Il y a également un objectif de communication militaire : à chaque pays vaincu, Hitler est allé dans la capitale en triomphateur. Avant Paris, Hitler a ainsi visité Prague, Vienne, Varsovie et Bruxelles. Certains historiens rattachent cette pratique à la tradition des empereurs romains[note 3].

Enfin, on ne peut renier une motivation personnelle suscitée par la fascination que Paris exerce sur Hitler. Hitler confie à Arno Breker

« Paris m'a toujours fasciné. Depuis des années, j'avais l'ardent désir de m'y rendre. L'ère politique dans laquelle je suis entré en 1918, l'évolution des évènements ont rendu ce désir irréalisable... Maintenant les portes de la ville sont ouvertes pour moi ! Depuis je n'ai pas eu d'autre idée en tête que de visiter cette métropole de l'art avec mes artistes... Paris pour moi est un modèle »

— Adolf Hitler, in Arno Brecker, Paris, Hitler et moi, 1970

Programme de la visite[modifier | modifier le code]

La « Blitz Besuch »[modifier | modifier le code]

C'est par une visite éclair (Blitz Besuch) qu'Adolf Hitler entrera en territoire conquis pour visiter sa prise de guerre au petit matin du 28 juin 1940. Arrivée à 6h du matin, Adolf Hitler repart à 8h15, d'où le nom de visite éclair donné à l'évènement.

Les participants[modifier | modifier le code]

Outre Adolf Hitler, les participants à la visite sont une trentaine, parmi lesquels : [note 3], {{note


  • Albert Speer, architecte officiel du Reich
  • Heinrich Hoffmann, photographe
  • Arno Breker, sculpteur
  • Walter Frenz, cameraman
  • Karl Wolff, chef d'état major d'Heinrich Himmler
  • Hermann Giesler, architecte de la ville de Munich
  • Karl Brandt, médecin personnel d'Hitler
  • Martin Bormann, adjoint de Hess
  • le général Keitel
  • Otto Dietrich, responsable du service de presse


Itinéraire de la visite[modifier | modifier le code]

Hitler part de son QG, le Wolfsschlucht I, à Brûly-de-Pesche en Belgique, pour gagner l'aéroport de Regniowez, distant d'une dizaine de kilomètres. Décollage de l'avion de Hitler direction Le Bourget.



2. Airport Le Bourget (Paris)
3a. N2
3b. Porte de la Villette
3c. Avenue de Flandre
3d. Rue de la Fayette
3e. Rue Gluck (behind the Opéra)
4. Opéra Garnier
visite de l'opéra photographies


5. Boulevard des Capucines
6. La Madeleine
visite

photos



7. Rue Royale
8. Place de la Concorde
9. Avenue des Champs-Elysées
10. Arc de Triomphe
11. Avenue Foch
12. Arc de Triomphe
13. Avenue Raymond Poincaré
14. Trocadero
halte

photos



15. Pont d’Iena
16. Tour d'Eiffel
halte

montée à pieds (ascenseurs en panne) jusqu'au 1er étage, puis redescente (hitler est asthmatique)



17a. Champs de Mars
17b. Statue Marshall Joffre
17c. Ecole Militaire


18. Most likely through Avenue de Tourville
19. Place Vauban
20. Dome des Invalides
21. Through the church St.Louis des Invalides and the courtyard of Les Invalides (where the cars were waiting)
visite

photos

séquence filmée "coupée au montage"


22a. Quai d’Orsay
22b. Chambre de Deputies
22c. Rue de Lille
23. Boulevard Saint-Germain
24a. French War Ministry
24b. Rue Bonaparte
25. St. Sulpice
26. Palais du Luxembourg (Rue de Vaugirard)
27. Odéon theater
28. Boulevard Saint-Michel
29. Rue Soufflot
30. Panthéon
31. Café Closerie des Lilas
32a. Boulevard St.-Michel
32b. Square de Cluny
33a. Ile de la Cité
33b. Boulevard du Palais
34. Palais de Justice, St. Chapelle
visite




35. Notre Dame
visite


36. Pont d’Arcole
37. Hotel de Ville
38. Musee Carnavalet
39. Place des Vosges
40. Rue de Rivoli
41. Les Halles
42. Louvre
43. The Opéra
43. Rue de la Chaussée d’Antin
44. Place de Clichy
45. Pigalle
46. Butte de Montmartre, Sacre Coeur
halte

photos


2. Back to Le Bourget (Hitler's plane circled over Paris a few times, before returning to airport Gros Caillou


[note 4].


[3]

Symbolique de la visite[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la visite dans la propagande nazie[modifier | modifier le code]

En photographie[modifier | modifier le code]

Visite d'Hitler à Paris
Cliché n°1 - Visite d'Hitler à Paris


Plusieurs clichés photographiques seront pris par Heinrich Hoffmann, photographe attitré du parti nazi. Les plus couramment utilisés par la propagande nazie seront ceux à la tour Eiffel.


Cliché n°1 : photo de groupe représentant Adolf Hitler entouré de hauts dignitaires nazis sur l'esplanade du Trocadéro. Au premier rang de gauche à droite : Karl Wolff, Hermann Giesler, Albert Speer, Adolf Hitler, Arno Breker. Le second rang est composé d'un groupe d'officiers allemands. L'impression d'ensemble est celle d'un chef, menant un groupe d'officiers allemands, dans une marche triomphante à la conquête de Paris, la ville lumière[4].


Visite d'Hitler à Paris
Cliché N°2 - Visite d'Hitler à Paris


Cliché n° 2 : photo du trio Hitler, Breker et Speer. Hitler est ici encadré de deux artistes devant la tour Eiffel. Au travers de ce cliché, Hitler s'inscrit dans une dimension culturelle. Paris représente alors en Europe un symbole culturel important, y compris dans l'élite allemande[4]


Il existe également des clichés de la visite d'Hitler à l'opéra Garnier, devant l'église de la Madeleine, au Sacré Cœur, aux Invalides.

En filmographie[modifier | modifier le code]

La visite d'Adolf Hitler sera filmée par Walter Frentz, le cameraman officiel, et reprise par la propagande nazie notamment dans le film hebdomadaire d’actualités Die Deutsche Wochenschau. Le film de cette visite sera diffusé dans tous les cinémas d'Allemagne. Le recueillement devant le tombeau de Napoléon I lors de la visite aux Invalides sera coupée au montage lors de la diffusion du film[5].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cédric Gruat, Hitler à Paris. Juin 1940, Éditions Tirésias, , 180 p. (ISBN 978-2915293623)
  • Éric ALARY, Nouvelle histoire de l'Occupation, Place des éditeurs, , 417 p. (ISBN 978-2262047146)
  • Arno Breker, Paris, Hitler et moi, Presses de la cité, , 300 p.
  • Jean-Pierre Azéma, 1940, l'année noire : De la débandade au traumatisme, Fayard, , 480 p. (ISBN 9782213659893)
  • Jean-Pierre Azéma, 1940, l'année terrible, Seuil, , 380 p. (ISBN 9782020121316)
  • Jean-Paul COINTET, Hitler et la France, Place des éditeurs, , 392 p. (ISBN 9782262071844)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Hitler et Paris, histoire d'une fascination, de Capa Culture (prod.) et de Juliette Desbois (réal.), RMC Découverte, 2017, 52'
  • Hitler à Paris, autopsie d'une visite de Cédric Gruat, Planète+, 2012, 52'

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Roger Langeron, Paris, Juin 1940,Flammarion
  2. Maurice Schumann, Un certain 18 juin, 1989, p. 245, chap. 9, « Le 18 juin 1940, c'est aussi le jour où Hitler ne vint pas à Paris, contrairement à une légende qui eut la vie dure. »  [lire en ligne]
  3. a b et c Jean-Paul Cointet, Hitler et la France
  4. Arno Breker, Paris, Hitler et moi, p. 99-111

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean Chatain, « La visite éclair du chancelier nazi à Paris », L'Humanité, (consulté le 10 août 2019)
  2. a et b Thomas Wieder, « La visite d'Hitler : deux heures chargées de symboles », Le Monde, (consulté le 10 août 2019)
  3. « La visite éclair d'Hitler à Paris », Le Parisien, (consulté le 10 août 2019)
  4. a et b Alexandre SUMPF, « Hitler à Paris », Histoire par l'Image, (consulté le 10 août 2019)
  5. « Hitler et Paris, histoire d'une fascination, documentaire (2017) », Réseau Canope (consulté le 10 août 2019)