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Michel-Pierre Hamelet, à La Ciotat le et mort à Paris le , est un journaliste français du XXe siècle.

Michel-Pierre Hamelet ( ou Michel-P. Hamelet ) est le principal pseudonyme de Marius ( ou Mario ) Daniel. Il est aussi connu sous le pseudonyme de Pierre Forest.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un métallurgiste des chantiers navals de La Ciotat[1].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Il se lie à François Mauriac ( en 1926 à Marseille[2] et à Claude Mauriac. Il entre comme journaliste au Figaro en 1934, sous le pseudonyme de Michel-P. Hamelet. Il collabore aussi au périodique catholique centriste sinon progressiste Sept, sous le même pseudonyme.

Parallèlement, il adhère au Parti social français du colonel François de La Rocque et collabore à son périodique Le Flambeau puis à son quotidien Le Petit Journal, racheté en 1937 , sous le pseudonyme de Pierre Forest. Il y tient la rubrique sociale, à la fois informative et militante : ses articles vantent l'idéologie sociale du PSF, héritée du catholicisme social et préconisant la collaboration entre les classes, dénoncent le communisme[3]. Il s'intéresse au syndicalisme, celui des Syndicats professionnels liés au PSF et celui de la CGT, du moins de sa tendance anticommuniste groupée autour du périodique Syndicats de René Belin. C'est aussi un militant. Il présente ainsi un rapport sur le syndicalisme au congrès du PSF de 1937, vantant le « syndicalisme de conciliation » qu'il oppose au « syndicalisme de lutte de classes », le « syndicalisme de pacification sociale » dont il voit des représentants au sein de la CGT. Affirmant aussi que les lois sociales de 1936, celles du Front populaire, doivent être {[citation|améliorées, approfondies, élargies même}}, mais aussi que leur mouvement « doit être synchronisé avec le mouvement économique du pays » pour qu'elles deviennent « un instrument de libération des travailleurs français »[4]. C'est lui qui publie l'interview de La Rocque dans Sept en février 1937 sur le programme du parti alors qu'il est lui-même l'un des auteurs de la partie sociale de ce programme. La Rocque et Forest y soulignent l'importance de la doctrine sociale de l'Église, ce qui ne fait pas pour autant du PSF un parti confessionnel[5].

Claude Mauriac écrit dans son journal le 4 décembre 1938 :« Marius Daniel m'entraine au Petit Journal de La Rocque, où il s'est fait une place importante sous le nom de Pierre Forest. (...) Forest et (Pierrat) forment l'extrême gauche d'un parti où il y a place aussi pour l'extrême droite. (...) Curieux de penser à l'époque où c'était moi qui défendais La Rocque devant Marius Daniel souriant, sceptique et lointain. (...) Je me le demandais tandis que Forest, au volant de sa petite voiture, essayait de me persuader que le PSF était le seul parti qui sauverait la France »[6].

Sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

Il continue de travailler pour Le Petit Journal et pour Le Figaro, repliés en zone libre. Parallèlement, il est désigné en janvier 1941 membre du comité provisoire du Rassemblement pour la Révolution nationale, organisme concurrent de la Légion française des combattants, qui devait réfléchir à la mise en place d’un mouvement de masse visant à « assurer au nouveau régime ses assises et briser l’activité renaissante de certaines organisation [ le PCF ]», mais qui n’eut qu’une existence éphémère. Il est nommé sous le nom de Pierre Forest et présenté comme un ancien ouvrier métallurgiste. C'est La Rocque qui a cité son nom, comme il y a fait entrer d'autres membres du PSF comme Pierre de Léotard ou Charles Vallin[7].

En mai 1942, sous le pseudonyme de Pierre Forest, il est nommé par le régime de Vichy co-animateur d'une émission de radio, Radio-travail, avec Désiré Puel, membre du Conseil national (gouvernement de Vichy), militant ouvrier du Tarn, fils d'un ouvrier sidérurgiste et collaborateur du Midi socialiste. L'émission est diffusée trois fois par jour pendant une dizaine de minutes, les lundi, mercredi et samedi à 19 h 50. Elle a comme indicatif la chanson P'tit Quinquin (chanson). Puel et Forest y commentent les lois sociales, notamment la Charte du travail du 4 octobre 1941, donnent des renseignements pratiques, demandent aux travailleurs d'« oublier les luttes et les divisions du passé », donnent la parole à des syndicalistes et à des patrons qui prônent la collaboration des classes, tel Jean Mersch du Centre des jeunes patrons, décrivent la vie des travailleurs français en Allemagne[8]. Il préside l'Association des journalistes de la presse sociale, qui collabore avec le gouvernement et avec des syndicalistes ralliés à Vichy, issus de la CGT ou des Syndicats professionnel[9].

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Il fait partie de l'équipe de cinq journalistes qui, autour de Pierre Brisson, permettent au Figaro d'obtenir l'autorisation de reparaître à la Libération. En 1970, la justice reconnaît à ces 5 journalistes (Jacques de Lacretelle, Louis-Gabriel Robinet, Marcel Gabilly, Michel Hamelet et Louis Chauvet ), bénéficiaires de l'autorisation de paraître, de se déclarer fondés, en application de la loi du 21 février 1947, à s'opposer à l'utilisation du titre du journal sans leur concours ou leur assentiment[10].

Il devient le responsable du service économique et social de ce journal de 1950 jusqu'à sa retraite, en 1974.

Il est un membre fondateur en 1965 de la Société des rédacteurs du Figaro et fait partie de son conseil d'administration, dont il démissionne en solidarité avec Raymond Aron en 1966[11].

Il est vice-président du conseil du conseil de surveillance du Figaro, puis en 1993 président d'honneur de ce conseil[12], fonction qu'il occupe à sa mort. Il est alors le dernier des barons de 1945 de ce quotidien.

Des liens avec Georges Albertini et Claude Harmel[modifier | modifier le code]

Une partie de ses renseignements sur la CGT et le Parti communiste viennent de l'Officine anticommuniste de Georges Albertini et Claude Harmel. Avec ce-dernier, il fait partie des fondateurs de l'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS) en 1966[13].

En 1971, la CGT évoque André Bergeron de FO, anticommuniste, interviewé par Hamelet dans Le Figaro: « Bergeron se livre, dans le Figaro, à une nouvelle attaque bassement politique contre la C.G.T., sans trouver un seul mot pour dénoncer la politique antisociale du pouvoir et des patrons. Cette attitude lui vaut, naturellement, les louanges de M.-P. Hamelet, bien connu pour ses sentiments anticommunistes et antisocialistes »[14].

L'affaire Marty en 1952-1955[modifier | modifier le code]

Il a été mêlé à l'exclusion d'André Marty du Parti communiste en 1952. Ce-dernier, en 1955, le dénonce comme un sous-marin communiste, qui aurait adhéré au parti en 1937 et aurait été proche de certains dirigeants du parti dans les années suivant la Libération[15]. Hamelet le nie mais n'attaque pas Marty en justice pour diffamation.

Hamelet et la Roumanie de Ceausescu : un agent d'influence d'une dictature communiste ?[modifier | modifier le code]

Ses articles et ses livres, dans les années 1970 et 1980, vantent la Roumanie du dictateur communiste Nicolae Ceaușescu alors qu'il travaille pour un journal classé à droite. Il a séjourné de nombreuses fois dans ce pays[16]. Le Monde juge ainsi que « le caractère quasi apologétique ( du recueil de 1970 et de sa préface ), venant d'un journaliste du Figaro, a de quoi surprendre un peu »[17]. Daniel Trinquet, dans Une presse sous influence, le cite : « Rien de ce qui est humain ne laisse ( Ceaușescu ) indifférent. Cet humanisme passionné d'un communiste de la deuxième génération m'apparaît de plus en plus come l'annonce d'une nouvelle époque » (1971). Ou encore : « Les idées, les suggestions du président Ceaușescu sont embrassées avec intérêt et avec un égal enthousiasme par les Roumains » (1984). Et encore dans ses mémoires en 1987: « Sur place, en enquêtant sans aucune contrainte, la réalité dément les manipulations de certains médias français et les affirmations de dissidents plus ou moins investis par une filière de désinformation dont on peut situer très à l'Est l'origine ainsi que le véhicule, via Londres »[18]. Son cas est aussi longuement cité par Adrian Cioroiabu en 2004 dans Ce Ceauşescu qui hante les Roumains: le mythe, les représentations et le culte du dirigeant dans la Roumanie communiste ( Éditions Curtea Veche ) et dans plusieurs ouvrages roumains.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Michel-Pierre Hamelet, Révolution dans l'entreprise : pour ou contre la participation. Uue enquête auprès des syndicats et du patronat, Paris, J. Didier, 1968, 63 p.
  • Ibid., Nicolae Ceausescu : présentation, choix de textes, Paris, Seghers, 1970, 191 p.
  • Ibid., La Vraie Roumanie de Ceauşescu, Genève-Paris, Nagel, 1983, 183 p.
  • Ibid., Un Prolétaire au Figaro: de Pierre Brisson à Robert Hersant, Paris, Grasset, 1987, 407 p.
  • Ibid., Trop tard, Léonard, Paris, Ed. du Dauphin, 1990, 162 p. (roman)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Service de Documentation biographique de la presse, Volume 3, Société générale de presse

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Midi socialiste, 26 octobre 1942, "Ici Radio-travail !"
  2. François Mauriac, Lettres d'une vie (1904-1969), Grasset, 2014, Note 655
  3. Le Petit Journal, 20 mars 1938
  4. Le Petit Journal, 26 novembre 1937
  5. Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, p. 347, Sept, 26 février 1937
  6. Claude Mauriac, Temps immobile: Le rire des pères dans les yeux des enfants, Grasset, 2014
  7. Le Temps, 31 janvier 1941, Jacques Nobécourt, op. cit., p. 733, Sur le comité de rassemblement, cf. Jean-Paul Cointet, La Légion française des combattants, Albin Michel, 1995, p. 104-111.
  8. [https://rosalis.bibliotheque.toulouse.fr/cgi-bin/hub?a=d&d=PMIDSOC19420516-B315556101-MIDSOC-1942-05-16.1.1 Le Midi socialiste, 16 mai 1942, " Nomination à la radio"], Le Midi socialiste, 26 octobre 1942, "Ici Radio-travail !", Le Journal, 17 octobre 1942, "Une expérience de collaboration sociale"
  9. Informations générales, 14 juillet 1942, Ibid., 21 juillet 1942
  10. Le Monde, 19 février 1970
  11. Le Monde, 13 octobre 1965, Le Monde, 12 décembre 1966
  12. lesechos.fr, 22 novembre 1993, "Jean Miot"
  13. Frédéric Charpier, Génération Occident, Seuil, 2005, Michel Pigenet, Au coeur de l'activisme communiste des années de Guerre froide: la manifestation Ridgway, L'Harmattan, 1992, p. 95, La Nouvelle lettre, 16 décembre 2006, n° 900, "L'ALEPS a 40 ans" ( en ligne sur le site de l'ALEPS )
  14. Le Monde, 6 septembre 1971
  15. La Vérité, 17 avril/6mai 1953, "L'affaire Hamelet", Le Monde, 3 janvier 1953, Le Libertaire, 19 mai 1955, "L'affaire A; Marty", p. 3, André Marty, L'affaire Marty, Deux Rives, 1955
  16. Thierry Wolton, Le KGB en France, Grasset, 1986
  17. Le Monde, 26 février 1971, "Biographies"
  18. Daniel Trinquet, Une presse sous influence, Albin Michel, 1992, p. 13