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Elisabeth Coste[modifier | modifier le code]

Née en 1748. Morte en 1794. Guillotinée sur la place du Peyrou à Montpellier.


Issue d'une famille de drapiers de Montpellier qui avait longtemps possédé le monopole du rouge cochenille.[modifier | modifier le code]

Lors d'une famine qui sévissait dans la région, elle a fabriqué des galettes malgré l'interdiction de garder de la farine chez soi.

Pour faire un exemple, et poussée par Paris, la ville de Montpellier la fit comparaître dans un procès du " complot des galettes " qui aboutit à son exécution par guillotine sur la promenade du Peyrou. Elle était en effet considérée comme la meneuse du complot.


La saisine[modifier | modifier le code]

En 1791, Elisabeth Coste doit faire face à des difficultés financières importantes, dues non seulement à la situation politico-économique mais aussi à la maladie de son père.

Elle signe un concordat avec les créanciers de son père et rachète sa dette. En contrepartie, elle devient propriétaire du commerce de son père.

En 1793, Elisabeth Coste ne peut plus travailler à cause de la saisine de ses biens et des scellés apposés à son magasin. Elle fait appel à un homme de loi en Ventôse an II (entre mi-février et mi-mars 1794) afin que soit rédigée une pétition pour obtenir la mainlevée de la saisine. Pau après elle est poursuivie pour avoir écrit cette pétition. Acquittée, elle est néanmoins condamnée à la déportation à vie.

C'est en 1794 que débute " l'affaire des galettes ".

L'affaire des galettes[modifier | modifier le code]

Les récoltes de 1793 et 1794 ayant été mauvaises, les habitants de Montpellier et de sa région furent plongés dans une famine. Les approvisionnements ne se faisaient plus qu'au jour le jour. Un arrêté de la ville en date du 12 Germinal an III (1er avril 1795) oblige les personnes ayant des grains ou de la farine de les déposer en échange d'un reçu[1]. Une " police du pain " avait été mise en place. Les municipalités règlent la fabrication, la distribution et le rationnement du pain afin que chacun puisse avoir un minimum vital. Une carte pour obtenir du pain avait été instaurée.

Cette situation de pénurie a fait se développer le marché noir. C'est dans ce contexte qu'éclate l'affaire des galettes[2], en avril 1794.

Après une dénonciation par un dénommé Estienne Azema, on visite le domicile de douze personnes dont trois femmes, d'un boulanger, Bénézech et de Jacques Lazuttes[3], fournier. Ils sont accusés de s'être accaparé de la farine dans le but "d'affamer le peuple et de créer une disette factice propre à faire regretter l'Ancien Régime et à amener des mouvements séditieux[4]."

Poussée par Paris, la ville de Montpellier veut faire un exemple et invite les membres de la Société populaire[5] à assister au procès. Ces derniers demandent à ce que les accusés soient poursuivis pour complot contrerévolutionnaire.


Elisabeth Coste et l'affaire des galettes[modifier | modifier le code]

Au début de l'affaire des galettes, dévoilée par la dénonciation d'Azema, Elisabeth Coste est toujours en prison suite à l'affaire de la pétition. Elle a 46[6] ans[7]. Le boulanger Lazutte est interpellé dans son fournil et déclare dans sa déposition avoir fait une livraison environ un mois auparavant chez Elisabeth Coste qui l'aurait elle-même payé[8].

Le 15 Germinal an II (04 avril 1794), à 46 ans, elle subit un interrogatoire[9] et déclare avoir rencontré un jeune boulanger, Benezech, qui souhaitait se marier avec avec une de ses employées. Il aurait parlé du sujet des galettes, disant que les boulangeries allaient être réquisitionnées et qu'il espérait que la sienne le soit car cela était lucratif. Elle lui aurait demandé de faire cuire des galettes avec la farine qu'elle lui aurait fournie. Et elle aurait payé la cuisson. Ses galettes auraient été cuites dans le four de Lazutte et non chez le fournier ordinaire, nommé Marcial. Elle est accusée de faire faire des galettes pour en fournir "à quelque parent émigré ou déporté" pour "accréditer le faux bruit d'une prochaine famine menaçant le peuple"[9].


Références[modifier | modifier le code]

  1. Jeanine Redon, Nouvelle histoire de Montpellier, Cazouls-les-Béziers, Editions du Mont,
  2. Gérard Cholvy, L'Hérault de la préhistoire à nos jours, Saint_Jean_d'Angély, Bordessoules, , 476 p., p. 313
  3. Ferdinand Saurel, Un épisode sanglant sous la terreur, à Montpellier. L'affaire dite des Galettes., Montpellier, G. Firmin et Montane,
  4. Robert Laurent et Geneviève Gavignaud, La Révolution française dans le Languedoc méditerranéen : 1789-1799, Toulouse, Privat,
  5. « Club politique », dans Wikipédia, (lire en ligne)
  6. Interrogatoire d'Elizabeth Coste - Archives Départementales de l'Hérault - ADH : L6931
  7. Véronique Chouraqui, D'un Rouge incomparable (ISBN 978-2-36652-042_2[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne)
  8. Acte d'accusation, archives départementales de l'Hérault, ADH, L 6931
  9. a et b Archives départementales de l'Hérault ; ADH : L6931