Usurpation raciale

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L'Usurpation raciale est un phénomène majoritairement présent aux États-Unis qui se produit lorsqu'une personne classée comme membre d'un groupe racial se fait passer et est acceptée en tant que membre d'un autre groupe racial. En Louisiane, le terme anglais «Passing» ou «passe blanc» était utilisé pour désigner une personne de couleur ou d'origine multiraciale assimilée à la majorité blanche, alors que les conventions juridiques et sociales de l'hypodescendance classaient la personne en minorité, sujette à la ségrégation raciale et à la discrimination.

Usurpation raciale aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Usurpation de race blanche - Se faire passer pour blanc[modifier | modifier le code]

En 1857, l'esclave Jane Morrison, blonde et aux yeux bleus, âgée de quinze ans, est allée a la cour de justice de Louisiane pour obtenir sa liberté dans l'affaire Morrison v. White. Des exemples tels que les lois d'État Jim Crow de la fin du XIXe siècle établissant la ségrégation dans les établissements publics et les lois de l'État du début du XXe siècle établissant la règle de la goutte unique pour la classification raciale comme en Virginie en 1924 qui imposé des règlements d'hypodescence. De plus, une personne identifiée par son apparence et son ascendance majoritaire pourrait être qualifiée d'«Usurpation Raciale» par les personnes de race blanche. En Louisiane, les personnes de couleur qui passaient comme blanches étaient appelées en Français de Louisiane; «passe blanc».

Le leader américain des droits civiques, Walter Francis White (qui était blond, aux yeux bleus avec une peau claire) était de race mixte, essentiellement d'origine européenne, 27 des 32 arrière-arrière-arrière-grands-parents étant blancs; les cinq autres étaient classés comme noirs et avaient été esclaves. Il a grandi avec ses parents et sa famille à Atlanta dans la communauté noire et s'est identifié à elle. Il a été chef de la direction de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP) de 1929 jusqu’à sa mort en 1955. Au début de sa carrière, il a mené des enquêtes dans le Sud, au cours desquelles il se faisait parfois passer pour blanc, pour recueillir des informations plus librement sur les lynchages, les crimes de haine et se protéger dans des environnements socialement hostiles.

Au XXe siècle, le créateur de bandes dessinées de Krazy Kat, George Herriman, était un dessinateur créole de Louisiane né de parents mulâtres, il se revendiqua d’héritage grec tout au long de sa vie adulte.

Anatole Broyard, écrivain et critique du XXe siècle, était un créole de Louisiane qui a choisi de se faire passer pour blanc dans sa vie d'adulte à New York et au Connecticut. Il voulait se créer une vie d’écrivain indépendant et ne pas être considéré comme un écrivain noir, de plus, il ne s'est pas identifié aux Noirs urbains du Nord, dont les expériences étaient très différentes de celles de son enfance dans la communauté créole de la Nouvelle-Orléans. Il a épousé une Américaine d'origine européenne. Sa femme et plusieurs de ses amis savaient qu'il était en partie noir d'ascendance. Sa fille, Bliss Broyard, ne l'a appris qu'après la mort de son père. En 2007, elle a publié un mémoire retraçant ses explorations de la vie de son père et des mystères de sa famille intitulés One Drop: La vie cachée de mon père: une histoire de secrets, de race et de famille.

Usurpation de race amérindienne - Se faire passer pour autochtone américain[modifier | modifier le code]

Dans un renversement limité du schéma habituel, certaines personnes d'ascendance européenne ont choisi de devenir membres d'autres races[1],[2],[3].

Dans les mouvements New Age et Hippie, certaines personnes non-Autochtones ont parfois tenté de se faire passer en tant qu'Amérindien ou de devenir spécialiste de la médecine autochtone. Le terme péjoratif utiliser par les Amérindiens pour ces usurpateurs est «chaman en plastique»[4].

L'acteur américain Iron Eyes Cody, d'origine sicilienne, a développé une niche à Hollywood en jouant des rôles d'Amérindiens. Il avait revendiqué un héritage Amérindien pour obtenir du travail[5].

Parmi les auteurs et artistes américano-européens qui ont notamment tenté d'usurper une race autochtone, nous pouvons citer; «Asa Earl Carter»[1],[6]

Aux États-Unis, Jimmie Durham a été présenté comme un usurpateur qui se faisait passer pour un artiste cherokee[7].

Jay Marks, un homme d'origine juive d'Europe de l'Est, a adopté le pseudonyme de Jamake Highwater vers 1969, prétendant être Cherokee/Blackfeet, et a publié de nombreux livres sous ce nom. Il a remporté des prix et reçu des subventions de l'AEN. L'artiste Yeffe Kimball a prétendu être Osage.

Le professeur et activiste Ward Churchill, qui a défendu les droits des Indiens d'Amérique, a prétendu être Cherokee-Muscogee Creek[8],[9],[10]. Ses revendications ont été rejetées par les deux tribus. Il a été licencié en 2007 de l'Université du Colorado.rjo, Suzan Shown[11]. He was fired in 2007 from the University of Colorado[12].

Le Wall Street Journal a rapporté le 5 octobre 2015 que le Dartmouth College avait congédié la directrice de son programme amérindien, Susan Taffe Reed, « après que des responsables tribaux et d'anciens étudiants l'aient accusée de se présenter comme une Indienne américaine »[13]. Elle a auparavant enseigné à Dartmouth, au Bowdoin College et à l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill[14],[15].

Pour tenter de protéger les artistes amérindiens des revendications et des usurpateurs de race non-autochtones, la loi de 1990 sur l'art et l'artisanat indiens (Indian Arts and Crafts Act en anglais) a été adoptée aux États-Unis. Elle exige que les artistes soient membres d’une tribu reconnue par l’État ou par le gouvernement fédéral afin de prétendre être un artiste amérindien.

La déclaration de l'Association des études autochtones et indigènes sur l'usurpation de race amérindienne dit;

«Si nous croyons en l'autodétermination de la race amérindienne en tant que valeur et but, alors les questions d'identité et d'intégrité dans son expression ne peuvent être traitées comme une simple distraction de questions supposées plus importantes. Falsifier sa race ou sa relation avec des peuples autochtones particuliers est un acte d'appropriation continu avec d'autres formes de violence coloniale.»[16]

Usurpation de race noire - Se faire passer pour afro-américain[modifier | modifier le code]

La militante des droits civiques Rachel Dolezal, alors présidente de la section Spokane de la NAACP, a affirmé dans un profil de février 2015 être née dans un tipi du Montana et avoir cherché de la nourriture avec sa famille lorsqu'elle était enfant avec des «arcs et des flèches»[17]. Elle s'est principalement identifiée comme afro-américaine et s'est établie comme militante à Spokane. En 2015, la mère de Dolezal a contesté les comptes de sa fille, affirmant que ses ancêtres étaient de nationalité tchèque, suédoise et allemande, avec de "faibles traces" de l'héritage amérindien. Elle a également nié diverses affirmations de sa fille au sujet de sa vie, notamment avoir vécu en Afrique lorsqu'elle était jeune[18]. Dolezal a finalement démissionné de son poste chez la NAACP.

En 2015, Vijay Chokalingam, le frère de l'artiste indo-américaine Mindy Kaling, a déclaré à CNN qu'il avait prétendu être noir durant des années pour pouvoir bénéficier de mesures de «discrimination positive» pour être admis dans une école de médecine[19].. La faculté de médecine a publié une déclaration selon laquelle les notes de Chokalingam répondaient aux critères d'acceptation de l'époque, et que la race n'avait joué aucun rôle dans son admission[20].

John Roland Redd était un musicien afro-américain né et élevé au Missouri. Dans les années 1950, il a acquis une nouvelle identité, prétendant être un Indien nommé Korla Pandit et fabriquant une histoire de naissance à New Delhi, en Inde, d'un prêtre brahmane et d'un chanteur d'opéra français. Il a établi une carrière dans ce personnage exotique, décrit comme un "Liberace indien". Deux ans après sa mort en 1999, sa véritable identité ethnique a été révélée dans un article du rédacteur en chef du magazine Los Angeles, R. J. Smith. [24] [25] [26]

Les acteurs néo-zélandais d'origine maorie travaillant dans l'industrie cinématographique américaine - tels que Cliff Curtis et Temuera Morrison - sont fréquemment appelés à jouer des rôles hispaniques. Curtis est apparu en tant que personnage mexicain ou latino dans au moins une demi-douzaine de longs métrages.

Culture créole en Louisiane[modifier | modifier le code]

Une classe créole métisse s'est développée en Louisiane avant que les États-Unis achètent le territoire. Dans les premières années de la colonie française et espagnole, les hommes prenaient des femmes africaines ou amérindiennes asservies comme épouses ou maîtresses. Dans la culture latine, les hommes riches avaient souvent leurs fils métis éduqués en Europe ou formés dans des métiers spécialisés. Peu à peu, une troisième caste s'est formée, composée de personnes de couleur libres ou de créoles métis. Les créoles étaient souvent éduqués et beaucoup sont devenus des propriétaires riches. Ils ont également formé une communauté d’artisans à la Nouvelle-Orléans. Les belles jeunes femmes créoles sont souvent devenues les maîtresses officielles des colons blancs français, qui leur ont fourni, à eux et à leurs enfants, des conditions financières dans un système appelé plaçage. Cela leur a permis de faire instruire leurs enfants.

Descendants de Jefferson[modifier | modifier le code]

Il y avait beaucoup de générations de métis dans le sud des États-Unis. Aux 18ème et 19ème siècles, ils étaient souvent les enfants de pères planteurs blancs et de femmes asservies. Parmi les plus célèbres étaient les enfants d'esclaves multiraciales nés de Thomas Jefferson et Sally Hemings de leur longue relation après qu'il soit devenu veuf. Hemings était blanche aux trois quarts, sa mère étant à moitié noire et à moitié blanche. Betty Hemings était la fille d'une femme esclave et d'un capitaine de marine anglais; elle est devenue la maîtresse de longue date du beau-père de Jefferson, John Wayles, après être devenu veuf pour la troisième fois et avoir eu plusieurs enfants avec lui. Sally était la demi-sœur de la défunte épouse de Jefferson, Martha Wayles Jefferson.

En 1998, des études d’ADN ont montré que les descendants d’Eston Hemings, le plus jeune fils de Sally, étaient apparentés à la lignée masculine de Jefferson. La plupart des historiens, la Société de généalogie nationale et la Fondation Thomas Jefferson de Monticello estiment que le poids des preuves historiques suggère que Jefferson était le père d'Eston et de tous les enfants d'Hemings (qui étaient donc sept huitièmes européens d'ascendance et légalement blancs sous la loi de la Virginie à l'époque). L’historienne Annette Gordon-Reed a reçu une bourse MacArthur en 2010 pour son travail sur l’histoire des familles Jefferson et Hemings (qui a remporté un prix Pulitzer et 15 autres grands prix) et pour avoir «changé le cours de la recherche Jeffersonienne». montrant comment les historiens antérieurs avaient négligé ou écarté des preuves importantes tirées des témoignages d'esclaves[21].

Usurpation de race dans les médias[modifier | modifier le code]

Modèle:A compléter

Portrait de Grey Owl pris par Yousuf Karsh en 1936. Né en Angleterre, il est allé au Canada et a vécu avec des membres des Premières Nations.

Autres pays[modifier | modifier le code]

Juifs allemands[modifier | modifier le code]

Dans l’Allemagne nazie et dans les régions contrôlées par l’Allemagne avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, certains Juifs qui semblaient «aryens» (en termes de visage et d’apparence physique en général) passaient pour «aryens» et essayaient d’être « plus allemands que les Allemands » afin d'éviter la déportation dans les ghettos ou les camps de la mort. Edith Hahn Beer était juive et passa pour «aryenne»; elle a survécu à l'Holocauste en vivant et en se mariant avec un officier nazi. Hahn-Beer a écrit un mémoire intitulé: L'épouse de l'officier nazi: comment une femme juive a survécu à l'Holocauste. Un autre exemple est Stella Kübler, une collaboratrice juive qui a d'abord tenté de cacher ses origines juives.

Peuples autochtones des Amériques[modifier | modifier le code]

Les personnes qui ont recours à des groupes autres qu'européens ont utilisé des exemples d'usurpation racial. Marie Lee Bandura, qui a grandi au sein de la Première nation Qayqayt à New Westminster, en Colombie-Britannique, était orpheline et croyait être la dernière de son peuple. Elle a déménagé à Chinatown, à Vancouver, a épousé un Chinois et a élevé ses quatre enfants en tant que Chinois. Elle passa pour chinoise pendant la plus grande partie de sa vie, Un jour, elle révéla son usurpation a sa fille; Rhonda Larrabee: «Je ne l'ai jamais dit, Je vais vous le dire une seule fois, mais vous ne devez plus jamais me le re-demander».

L'environnementaliste Grey Owl était un Britannique blanc nommé Archibald Belaney, et non pas de race autochtone des Premières Nations, comme il le prétendait. Lorsqu'on lui a demandé d'expliquer son apparence européenne, il a menti et a prétendu qu'il était à moitié écossais et à moitié Apache. Belaney a appris la langue Ojibwé et certaines des compétences de survie dans la nature et a tenté de vivre en usurpant une identité d'Amérindien.

En Amérique latine, l’acculturation et l’assimilation des générations ont eu lieu par le biais de mariages mixtes. La progéniture moyennement brune de peau de parents même très sombres de peau n'était plus « noire », mais était étiquetée avec une demi-douzaine de termes dénotant la classe autant que le ton de la peau. Les descendants à l'allure européenne ont été facilement acceptés comme blancs.

Voir aussi : Race et ethnicité en Amérique latine

Articles Connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nolan, Maggie and Carrie Dawson, ed. Who's Who? Hoaxes, Imposture and Identity Crises in Australian Literature. St. Lucia: University of Queensland Press, 2004: 16–17. (retrieved through Google Books, July 26, 2009) (ISBN 978-0-7022-3523-8).
  2. Valaskakis, Gail Guthrie. Indian County: Essays on Contemporary Native Culture. Waterloo, Ontario: Wilfrid Laurier University Press, 2005: 221. (retrieved through Google Books, July 26, 2009) (ISBN 978-0-88920-479-9).
  3. Root, Deborah. Cannibal Culture: Art, Appropriation, And The Commodification Of Difference. Boulder, CO: Westview Press, 1996: 102. (retrieved through Google Books, July 23, 2009) (ISBN 978-0-8133-2089-2).
  4. Aldred, Lisa, "Plastic Shamans and Astroturf Sun Dances: New Age Commercialization of Native American Spirituality" in: The American Indian Quarterly issn.24.3 (2000) pp.329-352. Lincoln: University of Nebraska Press.
  5. "Iron Eyes", Snopes
  6. Bataille, Gretchen M. American Indian Representations. Lincoln: University of Nebraska Press, 2001: 49. (retrieved through Google Books, July 26, 2009) (ISBN 978-0-8032-1312-8).
  7. Brian Boucher, « Cherokee Artists and Curators Denounce Artist Jimmie Durham as a Fraud, Saying He “Is Not a Cherokee” », sur artnetnews, Artnet (consulté le 27 juin 2017)
  8. Richardson, Valerie. Report on Conclusion of Preliminary Review in the Matter of Professor Ward Churchill. « https://web.archive.org/web/20120629204440/http://www.colorado.edu/news/reports/churchill/report.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), University of Colorado at Boulder. 2005 . Retrieved July 26, 2009.
  9. Brown, Thomas. "Is Ward Churchill the New Michael Bellesiles?" George Mason University's History News Network. March 14, 2005 . Retrieved July 26, 2009.
  10. Harjo, Suzan Shown. "Ward Churchill: The White Man's Burden." Indian Country Today. August 3, 2007 . Retrieved July 26, 2009.
  11. "Ward Churchill: The White Man's Burden." Indian Country Today. August 3, 2007 . Retrieved July 26, 2009.
  12. Moloney, Kevin, "Colorado Regents Vote to Fire a Controversial Professor", The New York Times. July 25, 2007. Retrieved October 9, 2015
  13. Dan Frosch, « Dartmouth Removes New Native American Head Amid Ethnicity Questions: Tribes accused Susan Taffe Reed of misrepresenting herself as American Indian », The Wall Street Journal, (consulté le 9 octobre 2015)
  14. Jaschik, Scott, "Indian Enough for Dartmouth?" for Inside Higher Ed, September 17, 2015. Retrieved October 9, 2015
  15. Pierce, Meghan, ""Dartmouth criticized for Native American Studies hire", New Hampshire Union Leader, September 19. 2015. Retrieved October 9, 2015.
  16. « NAISA Statement on Indigenous Identity Fraud », sur Native American and Indigenous Studies Association, (consulté le 20 septembre 2015)
  17. Shawntelle Moncy, « A Life to be Heard », The Easterner, (consulté le 14 juin 2015)
  18. Kip Hill et David Wasson, « Spokane NAACP president Rachel Dolezal's claims about background disputed », The Spokesman-Review, (consulté le 14 juin 2015)
  19. Michael Pearson, « Mindy Kaling's brother: I faked being black », sur CNN,
  20. Joe Holleman, « Mindy Kaling's brother claimed to be black for SLU med school », St. Louis Post-Dispatch, (consulté le 12 janvier 2018)
  21. "Annette Gordon-Reed", MacArthur Foundation. Retrieved February 9, 2011