Usine Georges-Besse II

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Usine Georges-Besse II
Type d'installation
Domaine Installation nucléaire
Sous-domaine Nucléaire civil
Type Transformation de substances radioactives
Type2 Enrichissement de l'uranium
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Commune Pierrelatte
Coordonnées 44° 19′ 45″ nord, 4° 43′ 16″ est
Vie de l'installation
Exploitant Société d'enrichissement du Tricastin (SET)
N° INB 168
Autorisée le
Année de construction janvier 2006
Date de mise en service avril 2011
Coût 3 milliards d'euros
Statut en service
Production
Production moyenne 7,5 MUTS/an
Site internet http://www.areva.com/FR/activites-887/site-du-tricastin-l-usine-d-enrichissement-georges-besse-ii.html

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Usine Georges-Besse II
Localisation de l'usine George-Besse II (GB2) sur le site nucléaire du Tricastin

L'usine Georges-Besse II est une usine d'enrichissement de l'uranium à des fins civiles, située sur le site nucléaire du Tricastin, dans la Drôme. Elle remplace l'usine Georges-Besse, dénommée avant 1988 usine Eurodif, qui a fonctionné de 1978 à 2012.

Après un débat public organisé en 2004, un accord quadripartite est signé entre la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas à Cardiff le . La construction de l'installation est autorisée par décret du . Areva n'autorise la publication d'aucune photo de ce site, de crainte d'espionnage industriel[1]. L'inauguration a lieu en décembre 2010 suivie d'une montée en puissance progressive.

Histoire[modifier | modifier le code]

Nécessité de remplacer l'usine Georges Besse[modifier | modifier le code]

Afin de ne pas être dépendant de l'étranger sur l'ensemble du cycle du combustible nucléaire, la France construit en 1978 en association avec la Belgique, l'Italie et l'Espagne une installation d'enrichissement de l'uranium : l'usine Eurodif[A 1] qui sera rebaptisée « usine Georges Besse » en 1988 à la suite de l'assassinat de Georges Besse, premier président du directoire de la société Eurodif, par le Groupe de lutte armée "Action directe"[B 1].

La durée de vie de cette installation est estimée lors de la construction à 25 ans, ce qui conduit à une fin d'activité en 2003. Toutefois des opérations de maintenance et de modernisation des bâtiments vont permettre de prolonger cette durée de vie d'au moins une dizaine d'années, ce qui porte la fin d'activité à 2013. Compte tenu des délais d'instruction et de construction d'une nouvelle usine, l'exploitant Areva réfléchit dès 2003 à un nouveau projet qui soit techniquement et commercialement admissible[B 2].

Choix du procédé et autorisation de l'installation[modifier | modifier le code]

Trois procédés sont en concurrence : la diffusion gazeuse, l'enrichissement par Laser SILVA et la centrifugation. Pour des raisons économiques, de fiabilité et de rapidité de mise en œuvre, Areva retient la centrifugation et choisit d'acquérir la technologie auprès de son concurrent européen Urenco. Des accords industriels sont signés le qui prévoient l'entrée d'Areva à hauteur de 50 % dans le capital de la société ETC (Enrichment Technology Company), filiale d'Urenco qui développe la technologie et fabrique les centrifugeuses, ainsi que le transfert du droit d'utilisation de la technologie et l'achat de centrifugeuses à Areva[2]. Cet accord est conditionné à la signature d'un accord quadripartite intergouvernemental entre la France et les trois pays signataires du Traité d'Almelo (Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas) et à celui des autorités européennes de la concurrence[B 3]. La construction sera réalisée à l'intérieur du site existant du Tricastin, permettent d'éviter tout impact nouveau sur le plan de l'aménagement du territoire ou d'infrastructures. Le coût du projet est alors estimé à 3 milliards d'euros et la durée des travaux à une dizaine d'années[B 4].

Saisie par Areva en application de la loi du qui prévoit la participation des citoyens à l'élaboration des projets de grands équipements[C 1], la Commission nationale du débat public décide le que le projet de nouvelle usine d'enrichissement, baptisée Georges Besse II, doit faire l'objet d'un débat public et il en confie son organisation à Areva, maître d'ouvrage du projet[B 5]. Celui-ci est organisé du 1er septembre au et son bilan est présenté le . Les questions de la population ont porté sur l’opportunité du projet, les aspects économiques et techniques, la sûreté et la sécurité, l’économie locale et l’emploi et enfin la fiscalité locale. Certaines, comme les modalités de démantèlement des bâtiments et des équipements, le sort des tours aéroréfrigérantes, l’avenir des installations de Georges Besse (dont la «ferme aux crocodiles») utilisant l’eau chaude produite, n'ont eu que des réponses provisoires renvoyant à des décisions ultérieures[C 2].

L'accord quadripartite entre le gouvernement français et les gouvernements néerlandais, allemand et britannique est signé à Cardiff le . Conclu pour une période de 30 ans, et prorogeable par tacite reconduction pour des périodes de 10 ans, cet accord constitue une déclinaison, adaptée à la France, du traité qui lie depuis 35 ans l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour l'exploitation d'Urenco[3]. Le projet de loi autorisant la ratification de cet accord est examiné au sénat le 8 novembre 2005 puis signé[4]. Il est ratifié le 3 juillet 2006. Le même jour Areva NC entre dans le capital de ETC (Enrichment Technology Company)[2].

Les travaux de construction durent 4 ans et l'inauguration de cette nouvelle usine a lieu le par Anne Lauvergeon, alors présidente du Directoire d’Areva, en présence de plus d’une centaine de clients[5]. Le 7 juin 2012, sa production est suffisante pour permettre le passage de relais avec l'usine Eurodif/Georges-Besse, et donc la fermeture de celle-ci[6].

L'usine Georges-Besse II a atteint en 2016 sa pleine capacité de 7,5 MUTS (millions d'UTS)[7].

Descriptif[modifier | modifier le code]

L'usine Georges-Besse II se fournit en hexafluorure d'uranium auprès de l'usine Comurhex de Pierrelatte située elle aussi sur le site nucléaire du Tricastin. Elle livre l'uranium enrichi qu'elle produit à la Franco-Belge de Fabrication du Combustible.

Sûreté[modifier | modifier le code]

Cadre réglementaire[modifier | modifier le code]

La loi du relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, dite loi TSN, et notamment son article 29, précise que les installations nucléaires doivent être autorisées par un décret du Premier ministre après instruction des autorités compétentes. L’exploitant doit à cet effet déposer un dossier démontrant comment son installation fonctionnera en limitant au maximum les impacts sur l’homme et son environnement et en maîtrisant les risques associés. Après une instruction technique, le public est consulté dans le cadre d'une enquête publique et au travers d'éventuels autres organismes (Commission locale d'information, Autorité environnementale, Autorité de sûreté nucléaire). Le décret d’autorisation de création fixe le périmètre et les caractéristiques de l’installation, les règles particulières auxquelles doit se conformer l’exploitant et les prescriptions techniques[8].

L’usine Georges-Besse II est, dans le cadre de la nouvelle réglementation postérieure à 2006, l'installation nucléaire de base numéro 168. Elle a été autorisée par décret du [9].

Gestion des risques[modifier | modifier le code]

Gestion des situations d'urgence[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Simone Courteix, La coopération européenne dans le domaine de l'enrichissement de l'uranium , 1974, (voir dans la bibliographie)
  1. p.  777
  1. p.  43
  2. p.  17
  3. p.  20
  4. p.  24
  5. p.  34
  1. p.  4
  2. p.  8-10

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Simone Courteix, « La coopération européenne dans le domaine de l'enrichissement de l'uranium », Annuaire français de droit international, vol. 20,‎ , p. 773-796. (lire en ligne [PDF])