Urushi-e

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Nishimura Shigenobu, Shōki et une fille, c. 1725. Impression sur planchette de bois avec coloration manuelle et laque (urushi) au format Hosoban 33 cm × 15 cm.

L'urushi-e (漆絵?), sens littéral « images laquées », renvoie à deux types d’œuvres d'art japonais : la peinture avec de la laque véritable, et certains styles d'impression sur bois qui utilisent l'encre ordinaire mais dont on dit qu'ils rappellent l'obscurité et l'épaisseur de la laque noire.

Impressions[modifier | modifier le code]

Les impressions urushi-e sont faites à l'aide d'épaisses et sombres lignes noires et sont parfois colorées à la main. L'encre est mélangée avec une colle à base d'animaux appelée nikawa, qu'elle épaissit et à laquelle elle donne un éclat brillant qui la fait ressembler à de la laque. Le plus souvent, l'artiste ne l'applique pas à tout le tirage mais vise à mettre en valeur un élément particulier tel qu'un obi ou les cheveux d'un personnage, à lui donner de la brillance et à rendre l'image globalement plus luxueuse.

Les impressions qui comprennent des éléments urushi-e sont également susceptibles de contenir du mica, des poussières métalliques et autres composants qui renforcent l'aspect, la qualité et la valeur des œuvres. La technique, qui connaît sa plus grande popularité au début du XVIIIe siècle, se rencontrent dans les œuvres d'Okumura Masanobu, Torii Kiyomasu Nishimura Shiganaga et Torii Kiyonobu, entre autres.

Peintures[modifier | modifier le code]

En peinture, le terme se réfère à l'utilisation de laques colorées produites par le mélange de pigments avec un vernis transparent. L'utilisation de la laque de couleur pour la peinture remonte à la préhistorique période Jōmon et devient particulièrement populaire durant l'époque de Nara (VIIIe siècle) quand un grand nombre d’œuvres sont réalisées à l'aide de laque rouge sur un noir fond. Jusqu'au XIXe siècle cependant, l'utilisation de pigments naturels restreint les couleurs disponibles aux artistes au rouge, au noir, au jaune, au vert et au brun clair.

Shibata Zeshin (1807-1891) est particulièrement renommé pour ses innovations dans ce domaine et est probablement le premier à utiliser de la laque non pas comme un simple élément décoratif (pour la peinture de boîtes, de meubles et de poteries), mais comme support de rouleaux peints. Zeshin expérimente intensivement avec différentes substances qu'il mélange avec de la laque pour créer une variété d'effets, dont la simulation de l'aspect de différents métaux (fer, or, bronze, cuivre), et en imitant l'apparence et la texture de la peinture à l'huile occidentale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • U. A. Casal, Japanese Art Laquers, Sophia University, Tokyo 1961. (Monumenta Nipponica volume 18)
  • Günther Heckmann, Urushi no waza. Japanlack Tech, Nihon Art Publishers, Ellwangen 2002, ISBN 3-9805755-1-9.
  • John J. Quin, Jack C. Thompson (Hrsg.), Urushi: the technology of Japanese lacquer, Caber Press, Portland/Or. 1995, ISBN 1-887719-01-6.
  • Christine Shimizu, Urushi, les laques du Japon, Flammarion, Paris 1988, ISBN 2-08-012088-3
  • Elmar Weinmayr, Nurimono - Japanische Lackmeister der Gegenwart, Verlag Fred Jahn, München 1996, ISBN 3-930090-04-X.
    • Recension : Yoshino Tomio, Japanese Laquer Ware, in Monumenta Nipponica. Vol. 15, No. 3/4 (oct., 1959 - jan., 1960), S. 464-466.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]