Urticaire

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Urticaire
Description de cette image, également commentée ci-après
Urticaire superficielle sur un pied (rougeurs).
Spécialité DermatologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 L50
CIM-9 708
DiseasesDB 13606
MedlinePlus 000845
eMedicine topic list
MeSH D014581
Médicament Phéniramine, bromodiphenhydramine (en), phenindamine (en), desloratadine, cétirizine, methdilazine (en), loratadine, famotidine, Clémastine, astémizole, العربيه, fexofénadine, azatadine (en), cimétidine, tripelennamine (en), nizatidine, Acrivastine, chlorphéniramine, phenyltoloxamine (en), alimémazine, montélukast, omalizumab, lévocétirizine, العربيه et cyproheptadine hydrochloride (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Patient UK Urticaria-pro

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L'urticaire[1] (nom féminin, latin : urticaria, dérivé de urtica, ortie) est une éruption cutanée, c’est une dermatose qui a trois caractéristiques principales : elle est prurigineuse (cela gratte), elle est fugace (les plaques d'urticaire restent quelques minutes à quelques heures puis disparaissent et apparaissent ailleurs). L’urticaire est un symptôme plutôt qu’une maladie Il existe deux formes d'urticaire :

  • L’urticaire aiguë ou crise d'urticaire[1] : qui se manifeste par une ou plusieurs poussées durant quelques minutes à quelques heures (et pouvant réapparaître durant plusieurs jours), mais évoluant durant moins de 6 semaines
  • l'urticaire chronique[2]: une forme moins fréquente. Elle touche environ 0,5% à 2% de la population. Lorsque l'urticaire se reproduit tous les jours ou tous les deux jours pendant plus de 6 semaines

Lorsque les crises d’urticaire sont récurrentes mais non continues, on parle d’urticaire récidivante.

Description[modifier | modifier le code]

Exemple d'urticaire géante.
Urticaire.

C'est une éruption cutanée mobile et fugace à contours nets (une série de marques rouges sur la peau, ressemblant à des piqûres d'orties) accompagnée d'une sensation de grattage.[réf. souhaitée]

L'urticaire superficielle est constituée de papules œdémateuses érythémateuses ou rosées, à bords nets. En règle générale, elles sont fugaces, migratrices et prurigineuses.

L'urticaire profonde est un angio-œdème qui peut atteindre peau et muqueuses. La tuméfaction est ferme, limitée et non prurigineuse. L'atteinte de la muqueuse oro-laryngée est un élément diagnostic majeur. La dysphonie, signant une atteinte laryngée, ou l'hyper-salivation par trouble de la déglutition sont des signes de gravité majeure. Lorsque l'atteinte est faciale, on parle d'œdème de Quincke.

Dans le cas de l'urticaire géante, la surface couverte est importante, et les taches se transforment en cloques parfois épaisses de quelques millimètres, avec démangeaisons parfois sévères et sensation de chaleur associée[3].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

L’œdème dermique ou dermo-hypodermique est lié à une vaso-dilatation avec augmentation de la perméabilité capillaire[4].

On distingue deux grandes familles d'urticaires[4] : les urticaires immunologiques et les urticaires non immunologiques, les plus fréquentes.

Pour ce qui est des urticaires immunologiques, la réaction d'hypersensibilté de type I est la plus fréquente. Quels que soient leurs mécanismes, on distingue une phase primaire qui mobilise des médiateurs primaires tels l'histamine, les prostaglandines… puis une phase secondaire dominée par la libération de médiateurs[4] composés de polynucléaires ou de monocytes.

Causes[modifier | modifier le code]

L'urticaire peut être causé par [5] des mastocytes fragiles

L’urticaire est due, dans la grande majorité des cas à la « fragilité » des mastocytes. Celle-ci est dépendante de la susceptibilité individuelle. Les mastocytes sont plus réactifs et vont éclater spontanément ou sous l’influence de substances dites « histamino-libératrices », telles que :

  • certains aliments (fraises, crustacés, fromages, etc),
  • certains médicaments (aspirine, morphine, codéine, antibiotiques, etc.),
  • certaines substances urticantes (orties, méduses, latex, etc.): on parle d’urticaire de contact,
  • des neuropeptides ou neuromédiateurs liés au stress, à l’effort, etc,
  • des infections : l’urticaire peut être secondaire à une infection virale, bactérienne ou parasitaire.


Cependant l'urticaire, pas toujours liée à une allergie. En effet, celle-ci est une cause rare de l’urticaire aiguë et n’est quasiment jamais observée dans l’urticaire chronique. L’urticaire allergique est une véritable réaction d’hypersensibilité vis-à-vis d’une protéine particulière. Elle est médiée par des anticorps appelés immunoglobulines E (IgE) dirigés contre un aliment ou un médicament. Les mastocytes activés par les immunoglobulines E vont libérer des substances comme l’histamine qui va déclencher l’éruption cutanée. Il n’y aura pas de différence d’aspect clinique entre une urticaire en plaques allergique ou non allergique.

L’urticaire peut également avoir une origine « physique ». L’urticaire apparait le plus souvent dans les minutes suivant la stimulation et disparaît rapidement à l’arrêt de celle-ci. Parmi les formes les plus fréquentes de ces urticaires, il y a :

  • Le dermographisme : il s’agit d’une urticaire qui apparait sur une zone de peau soumise à un simple frottement, des vêtements serrés, une épilation électrique, etc. Les plaques retracent alors le trajet de la friction.
  • L'urticaire cholinergique : cette urticaire est également appelé urticaire d’effort. Cette forme est déclenchée par une augmentation de la température corporelle, suite à un effort, un stress, une douche chaude, un stimulus digestif (ingestion d’un aliment chaud ou épicé), etc. Elle se manifeste par de nombreuses lésions de petite taille majoritairement sur le thorax mais parfois disséminées sur l’ensemble du corps à l’exception, le plus souvent, du visage.
  • L’urticaire au froid : il s’agit d’une urticaire déclenchée par les basses températures, ou une chute importante et rapide de la température : par exemple, lors d’une nage dans la mer, lors d’une consommation d’aliments ou boissons froids, lors d’intempéries (touchant dans ce cas le visage et les mains).
  • L’urticaire retardée à la pression : cette forme apparait sur des zones de pression, avec un délai de plusieurs heures : sur les épaules lors du port d’un sac à dos, au niveau d’une paume de main en cas de manipulation prolongée d’un outil… Elle se manifeste par des œdèmes douloureux qui mettent parfois plusieurs jours à disparaître.

Certaines maladies sont associées à la survenue d’urticaire :

  • Des infections respiratoires, surtout d’origine virale, sont les principales causes d’urticaire aiguë chez l’enfant : cette relation a été démontrée, corrélant l’incidence de l’urticaire aiguë aux variations saisonnières des infections virales respiratoires.
  • Des maladies auto-immunes : ce sont des maladies dans lesquelles il y a production d’anticorps dirigés contre des éléments de son propre organisme. Ces maladies sont parfois associées à des poussées d’urticaire (par exemple, certaines maladies de la thyroïde).
  • Un terrain atopique, c’est-à-dire une prédisposition génétique, peut favoriser l’urticaire.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic[5] d’une urticaire repose essentiellement sur un interrogatoire et un examen clinique, réalisés par un médecin.

L’interrogatoire doit servir à rechercher des antécédents d’urticaire ou de maladie auto-immune, personnels ou familiaux. Il doit permettre à préciser les facteurs responsables de la poussée d’urticaire et à mettre en évidence une urticaire physique.

L’examen clinique s’attachera à différencier une urticaire simple d’une urticaire systémique, également appelée vasculite urticarienne (inflammation des vaisseaux). L’affection systémique peut n’apparaitre que secondairement à l’urticaire. Cette urticaire se caractérise par des lésions fixes durant plus de 24h, qui démangent peu. L’examen clinique permet également de s’assurer de l’absence d’une maladie auto-immune, qui nécessitera alors des bilans complémentaires adaptés.


Traitement[modifier | modifier le code]

La prise en charge des urticaires a fait l'objet de la publication de recommandations. Celles de l' « European Academy of Allergology and Clinical Immunology » (EAACI), du « Global Allergy and Asthma European Network » (GA2LEN), du « European Dermatology Forum » (EDF) and du « World Allergy Organization » (WAO) datent de 2018[6].

Il existe des médicaments qui ne servent qu'à soulager les symptômes [7] :

  • Les crèmes ou pommades d’application locale. Elles sont souvent peu efficaces.
  • Le traitement par voie orale (à avaler) ou par voie injectable (piqûre) : les antihistaminiques. Ils agissent en bloquant l’action de l’histamine, le composé libéré par l’organisme lors du déclenchement des poussées d’urticaire.

En général, la durée du traitement ne dépasse pas 15 jours pour les urticaires aiguës. Mais elle peut être prolongée dans les cas d’urticaires chroniques pendant plusieurs mois.

Comme l'urticaire peut récidiver, le médecin prescrit à son patient des antihistaminiques qu'il peut prendre lors d'une nouvelle poussée. Certains antihistaminiques peuvent provoquer une somnolence. Si vous ressentez cet effet indésirable, parlez-en à votre médecin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « passeport santé »
  2. « journal des femmes »
  3. A. Barbaud, « Urticaire », sur www.therapeutique-dermatologique.org, (consulté le 23 juillet 2012)
  4. a b et c Association des Collèges des Enseignants d'Immunologie des Universités de Langue française, « Urticaire et œdème de Quincke : diagnostic, étiologie, traitement » [PDF], sur campus.cerimes.fr/immunologie/enseignement,
  5. a et b « Santé sur le net »
  6. Zuberbier T, Aberer W, Asero R et al. The EAACI/GA²LEN/EDF/WAO guideline for the definition, classification, diagnosis and management of urticaria, Allergy, 2018;73:1393-1414
  7. « Ameli »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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