Université de Toulouse

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'Université de Toulouse qui a existé entre 1229 et 1793 et entre 1896 et 1969. Pour les pages sur les universités actuelles, voir Université Toulouse-I-Capitole, Université Toulouse-Jean-Jaurès et Université Toulouse-III-Paul-Sabatier.
Pour la COMUE de l'université de Toulouse, voir Université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
Université de Toulouse
Histoire et statut
Fondation
Dates-clés
1793 (dissolution)
1896 (re-création)
1969 (scission)
Dissolution
Type
Régime linguistique
Localisation
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L’université de Toulouse était l’une des plus importantes et des plus anciennes universités médiévales françaises. Elle fut fondée en 1229 par le comte de Toulouse, Raimond VII, à la suite du traité de Meaux. Supprimée à la Révolution, en 1793, elle fut refondée en 1896 dans le cadre de la réorganisation de l'enseignement supérieur. Elle disparut finalement en 1969 en donnant naissance aux trois universités toulousaines actuelles : l'université Toulouse-I-Capitole, l'université Toulouse-II-Jean-Jaurès et l'université Toulouse-III-Paul-Sabatier, ainsi qu'à l'institut national polytechnique de Toulouse.

Historique[modifier | modifier le code]

Antiquité : l'« École de Toulouse »[modifier | modifier le code]

Toulouse est, pendant toute la Basse Latinité, un foyer d'études des lettres représenté par un certain nombre de rhéteurs, comme Virgile Maro [1], qui prenaient comme pseudonyme dans leurs controverses le nom d'anciens auteurs grecs et latins pour former au début du VIIe siècle un centre académique appelé l'« École de Toulouse », réputé pour ses travaux de déconstruction de la grammaire jusqu'à rendre la langue complètement inintelligible aux profanes, et dont l'existence à Toulouse est encore attestée par Abbon de Fleury [2]. On retrouve une multitude d'œuvres de Pseudo-Cicéron, de Pseudo-Horace, de Pseudo-Caton ou de Pdeudo-Énée, ce dernier relatant le siège et le pillage de Toulouse en 584 par Gondovald, mais sous le masque de celui de Rome par le phrygien Bastus. Cette école d'ésotérisme et de jargon aura une influence jusque dans les monastères d’Irlande et d'Angleterre où L’Énéide de Virgile Maro, qui y serait venu, aurait servi de modèle à La Navigation de saint Brendan, et où le moine irlandais Clémens, contemporain de Charlemagne, composera un traité des parties du discours dans lequel il insère de longs extraits d'un Pseudo-Virgile de Toulouse.

Par la suite, une école carolingienne de rhétorique existe au cloître Saint-Sernin jusqu'au XIIe siècle, et une autre est créée à la cathédrale Saint-Étienne au XIe siècle. Elles assurent la formation des clercs nécessaires à l'administration comtale et épiscopale, sans être un foyer intellectuel important. Entre 1215 et 1217, des théologiens extérieurs à Toulouse viennent y donner des cours que suivirent saint Dominique et ses condisciples.

Moyen-Âge : l'« Université des maîtres et des écoliers de Toulouse »[modifier | modifier le code]

Le cloître de la faculté de droit.

L'actuelle université de Toulouse, Universitas magistrorum et scholarium Tolosiensis (mot à mot « Communauté de tous les maîtres et élèves de Toulouse »), a une origine historique bien précise : elle a été fondée, à l'initiative du cardinal Romain de Saint-Ange, en application du traité de Meaux-Paris passé en 1229 entre Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, et Louis IX, roi de France, pour mettre fin à la guerre civile due à l'hérésie cathare. Le pape Grégoire IX lui donne la même organisation et les mêmes privilèges que l'université de Paris qui venait juste d'être fondée (1215).

Parmi les fondateurs on peut nommer aussi l'évêque Foulques de Toulouse. Les premiers professeurs sont, entre autres, Jean de Garlande, qui rédige en 1229 un prospectus des études appelant les maîtres et les écoliers du Nord à venir y étudier, et Roland de Crémone. Les études comportent le studium generale, c'est-à-dire les arts libéraux et la théologie, et, dès l'origine, le jus ubique docendi, c'est-à-dire le droit.

L'enseignement est fait par des maîtres venant d'autres villes, et par les Frères Prêcheurs qui entreprennent en 1230 la construction de l'église et du cloître du couvent des Jacobins où l'université de Toulouse tient, pendant plusieurs siècles, ses réunions et ses assemblées. Elle complète son organisation en se donnant des statuts généraux en 1311, 1313 et 1314, et des statuts particuliers pour la faculté des arts en 1309, celle de droit en 1314, celle de théologie en 1366, 1374, 1380 et 1389. Un enseignement de médecine était donné au sein de la faculté des arts, et ne devint une faculté indépendante qu'au XVe siècle.

Le pape autorise les dominicains à transférer à Toulouse le corps de Thomas d'Aquin, philosophe de l'école scolastique qui avait proposé une synthèse entre lettres profanes et lettres sacrées, entre la pensée d'Aristote et la Bible, et proposé d'articuler la raison et la foi.

En 1323, Toulouse est devenue un foyer littéraire assez brillant pour que soit créée l’académie des Jeux floraux.

L'université de Toulouse compte donc à la fin du Moyen-Âge quatre facultés :

  • Faculté de théologie,
  • Faculté des arts,
  • Faculté de médecine,
  • Faculté de droit.

L’université moderne et l’Humanisme[modifier | modifier le code]

La structure de l'université, composée de quatre facultés, reste inchangée durant l'époque moderne. En 1751, elle fusionne avec l’université de Cahors.

Dans le domaine de la science du droit, le XVIe siècle est un véritable âge d'or pour l'université de Toulouse qui sut attirer des professeurs comme Jean Bodin, Étienne Dolet, Arnaud du Ferrier. Elle a ainsi donné plusieurs grands jurisconsultes comme Jacques Cujas, Pierre Grégoire, Jean de Boyssonné, Jean de Coras, Guillaume Duranti, Pierre du Faur de Saint-Jory, Géraud Maynard, Simon d'Olive, Jean de Cambolas, François de Boutaric, Jean-Baptiste Furgole, mais aussi de grands savants comme Pierre de Fermat.

Par le décret du 5 septembre 1793, l'université de Toulouse est abolie et disparaît avec l'ensemble des universités de France. L'année suivante ses biens sont confisqués et vendus comme biens nationaux.

L'université aux XIXe siècle et XXe siècle[modifier | modifier le code]

Empires et Restauration[modifier | modifier le code]

En 1794, on institue à Toulouse un institut pluridisciplinaire d'enseignement supérieur, nommé Institut Paganel. Cet institut devient en 1795 l’école centrale de Toulouse tandis que l'école de médecine prend son autonomie. Napoléon institue en 1804 une école de droit, qui prend le titre de faculté de droit après le décret de 1808 organisant l'Université impériale. L'école centrale disparaît alors que sont créées successivement une faculté de médecine (1808), une faculté de théologie catholique (1809), une faculté de lettres (1809) et une faculté de sciences (1810). La faculté de théologie catholique disparaît en 1843.

Troisième République[modifier | modifier le code]

En 1893, l'enseignement supérieur toulousain devient un « corps de facultés », puis en 1896 l'université de Toulouse est recréée par regroupement des quatre facultés et de la faculté de théologie protestante de Montauban, créée en 1808 [3] puis transférée à Montpellier en 1919.

Des écoles d'ingénieurs sont créées au sein de l'université :

Ainsi qu'un institut d'études politiques : l'institut d'études politiques de Toulouse (Sciences Po Toulouse) créé en 1948 [8].

1969 : trois universités et un institut[modifier | modifier le code]

Après la loi Faure de 1968, l'université de Toulouse se scinde en quatre en 1969 [9],[10],[11],[12],[13] :

L'Institut d'études politiques de Toulouse devient autonome en 1989 [19].

Vers une nouvelle université de Toulouse ?[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de leur candidature pour devenir une initiative d'excellence, les universités Toulouse-II et Toulouse-III, ainsi que Toulouse INP et l’INSA de Toulouse souhaitent fusionner et créer une nouvelle Université de Toulouse [20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Virgilii Maronis, 'Epistola de octo partibus orationis', ejusdem 'Epitomae', in Code vatican des auteurs classiques, t. V p. 1-97
  2. Quicherat, Bibliothèque de l'École des Chartes, II, 3
  3. Pierre Auguste Sardinoux, Mémoire universitaire et ecclésiastique sur la Faculté de théologie protestante et le séminaire de Montauban: 1808-1878, Paris, Fischbacher, (lire en ligne)
  4. Décret du 2 novembre 1948 relatif à l’École nationale supérieure d’électrotechnique et d’hydraulique de Toulouse
  5. Décret du 2 novembre 1948 relatif à l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse
  6. Décret du 30 mars 1953 relatif à l’École nationale supérieure de chimie de Toulouse
  7. L'ENSIACET : toute une histoire Une demarche scientifique pionnière inspirée par des valeurs humaines (lire en ligne)
  8. Décret no 48-780 du 4 mai 1948 portant création de l’institut d’études politiques de l’université de Toulouse
  9. Arrêté du 24 novembre 1969 CONSTITUTION DES UNIVERSITES DE TOULOUSE I, TOULOUSE II ET TOULOUSE III
  10. Arrêté du 8 décembre 1970 APPROBATION DES STATUTS DE L'UNIVERSITE DES SCIENCES SOCIALES DE TOULOUSE (TOULOUSE I)
  11. Arrêté du 4 décembre 1970 APPROBATION DES STATUTS DE L'UNIVERSITE DE TOULOUSE-LE MIRAIL (TOULOUSE II)
  12. Arrêté du 30 avril 1970 APPROBATION DES STATUTS DE L'UNIVERSITE DE TOULOUSE III
  13. Décret no 69-930 du 14 octobre 1969 portant application aux instituts de facultés ou d’universités préparant à un diplôme d’ingénieur de la loi no 68-978 du 12 novembre 1968
  14. a b c et d « Les étudiants », Académie de Toulouse (consulté le 11 septembre 2007)
  15. Arrêté du 25 septembre 2013 relatif aux instituts et écoles internes et aux regroupements de composantes des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur
  16. Décrets no 2002-1107 du 30 août 2002 portant rattachement de l'Ecole nationale d'ingénieurs de Tarbes à l'Institut national polytechnique de Toulouse et no 2016-468 du 14 avril 2016 portant association d'établissements du site toulousain
  17. Décret no 2010-1682 du 28 décembre 2010 portant rattachement de l'école d'ingénieurs de Purpan à l'Institut national polytechnique de Toulouse et Article D731-6 du code de l’éducation
  18. Convention de coopération signée en 2009
  19. Décret no 89-901 du 18 décembre 1989 relatif aux instituts d’études politiques
  20. Caroline Pain, « A l’université du Mirail, à Toulouse, le projet de fusion inquiète étudiants et personnels », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • [1] Lettres patentes de Louis XI, Tours, octobre 1461