Université Trump

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Trump Entrepreneur Initiative
logo de Université Trump

Création 23 mai 2005 (incorporation en 2004)
Fondateurs Donald Trump
Personnages clés Michael Sexton

Jonathan Spitalny

Siège social New York, NY, États-Unis
Activité Enseignement privé
Société mère The Trump OrganizationVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web trumpinitiative.com

L'université Trump LLC (d'abord connue sous le nom de Trump Wealth Institute[1], plus tard renommée Trump Entrepreneur Initiative LLC ; en anglais Trump University) est un ancien établissement d'enseignement supérieur privé américain proposant un programme de formations dans l'immobilier de 2005 à 2010. Après avoir essuyé plusieurs procès, l'entreprise est maintenant dissoute. Elle a été fondée en 2004 par Donald Trump et ses associés Michael Sexton et Jonathan Spitalny[2]. L'entreprise donnait des cours en immobilier, gestion d'actifs, entrepreneuriat et création de richesse, les frais d'inscription allant de 1 500 à 35 000 dollars[3].

L'organisation n'était ni accréditée, ni reconnue comme une université ou une école privée et ne donnait aucun crédit universitaire[4]. En 2011, l'entreprise est devenue l'objet d'une enquête par le bureau du procureur général de New York pour pratiques d'affaires illégales entraînant une action en justice engagée en 2013 et toujours d'actualité. Le procureur général de l'État de New York, Eric Schneiderman, a réitéré qu'il ne lâchera pas l'affaire malgré la candidature de Trump aux présidentielles, rappelant les preuves de la fraude perpétrée par l'université Trump « assez directement » et affirmant que Trump aura probablement plusieurs millions de dollars en amende à payer à la suite du litige[5],[6],[3],[7],[8],[9].

L'affaire est aussi sujette à un recours collectif engagé dans trois États. L'entreprise et les actions en justice contre elle ont reçu à nouveau de l'attention en raison de la candidature de Trump aux élections présidentielles américaines[10].

Au cours de la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2016, Trump attire beaucoup de critiques en affirmant que le juge fédéral basé en Californie s'occupant de cette affaire, Gonzalo P. Curiel (en), était un « Mexicain », et que, par conséquent, il n'était pas impartial vis-à-vis de Trump en raison de ce qui a été perçu comme des descriptions désobligeantes de sa part à propos des mexicains lors du lancement de sa campagne et ailleurs[11],[12]. En réponse aux attaques de Trump sur le juge Curiel, Schneiderman a été cité par CNN disant de Trump : « C'était une escroquerie du début à la fin. Il a utilisé tous les stratagèmes qu'il pouvait pour ralentir la sortie de ces documents aux procès, attaquant le juge sur son origine ethnique, m'attaquant moi et m'accusant de conspirer avec le président des États-Unis[13]. ».

Après son élection au poste de président des États-Unis, il annonce qu'il a conclu avec les plaignants un accord à l'amiable, les indemnisant à concurrence de 25 millions de dollars.

Formation et changement de nom[modifier | modifier le code]

L'université Trump[14] a été incorporée en 2004 par Trump, Sexton, et Spitalny, comme une compagnie à responsabilité limitée (LLC) new-yorkaise[15]. Donald Trump possédait 93 % de la société[16]. Le 23 mai 2005, l'université Trump lance officiellement son programme d'éducation[17].

En 2005, le département de l'Éducation de l'État de New York envoya une lettre à Trump, Sexton, et l'université Trump leur disant qu'ils violaient la loi de l'État en utilisant le mot « université » alors qu'en fait l'université Trump n'était pas affrétée comme telle, et en donnant des cours et formations en ligne sans avoir le permis requis[15].

Une lettre envoyé à Trump par le sous-commissaire pour l'enseignement supérieur, Joseph Frey, rendue publique en Avril 2010 déclare : « l'utilisation du mot "université" par votre entreprise est trompeur et viole la Loi de l'Éducation de New York et les Règles du Conseil des Régents de l'État de New York »[18]. En juin 2010, « Trump University » change son nom en « The Trump Entrepreneur Initiative »[19].

Accusations d’irrégularités et actions en justice[modifier | modifier le code]

Le 24 août 2013, l'État de New York a rempli une action civile de 40 millions de dollars contre l'Université Trump (qui avait déjà presque complètement arrêté ses activités dès mai 2011) plaidant contre les pratiques d'affaire illégales et les fausses déclarations faites par l'entreprise[20]. Donald Trump a démenti ces accusations, déclarant que l'école a rencontré un taux d’approbation de 98% et a déclaré que le procureur général de New York, Eric Schneiderman, était « un imposteur essayant d'attirer l'attention sur lui ».

Schneiderman a décrit l'université Trump comme une arnaque leurrant ses clients et a insisté sur le fait que l'organisation n'était pas une université[21]. Schneiderman a accusé Trump d'avoir dupé plus de 5 000 personnes et de les avoir fait payer jusqu'à 35 000 dollars pour leur apprendre ses techniques d'investissement immobilier[22].

Dans l'un de ses publireportages, Trump affirme que les instructeurs de l'université Trump ont été choisis « par ses soins ». Cependant, Il a témoigné dans une déposition en 2012 qu'il n'avait jamais sélectionné ses instructeurs pour le programme[23]. Michael Sexton a déclaré dans une déposition en 2012 que Trump approuvait les réclames publicitaires de son école[24].

En octobre 2014, un juge new-yorkais considéra Trump personnellement responsable d'avoir fait fonctionner l'entreprise sans avoir la licence d'exploitation requise[22]. En février 2016, Trump suggéra que l'action en justice a été favorisée du fait de l'ethnicité hispanique du président du tribunal[25]. Peu de temps après, Schneiderman décrira la remarque de Trump comme de la « démagogie raciale »[26].

Une plainte de Trump affirmant que l'investigation du procureur général était soutenue par une extorsion de fonds provenant des donations de campagne a été examinée par un comité d'Éthique new-yorkais, puis écartée en août 2015[27].

L'Université Trump a aussi engagé une poursuite en diffamation de 1 million de dollars contre une ancienne étudiante de l'Université Trump, Tarla Makaeff, qui avait dépensé autour de 37,000 dollars pour des séminaires, après que celle-ci a rejoint un recours collectif et publié ses expériences de classe sur les réseaux sociaux[28]. Incapable de prouver une malveillance, l'Université Trump perdit l'action en justice, une poursuite-bâton (en vertu de lois conçues pour contrecarrer toutes intimidations légales des participants au recours collectif), et fut ordonnée par le juge fédéral en Avril 2015 à payer Makaeff et ses avocats 798 774,24 dollars en frais et dépens de procédure[29]. En 2013, la Cour d'appel pour le neuvième circuit a confirmé le jugement, remarquant que « les victimes des escrocs chantent souvent les louanges de leurs persécuteurs jusqu'au moment où elles réalisent qu'elles ont été dupées »[9]. Par ailleurs, les employés de l'Université Trump forçaient les étudiants à donner des retours positifs, leur ordonnaient de remplir des papiers afin de pouvoir obtenir leurs certificats, et ne prenait pas la peine de suivre les procédures utilisées habituellement pour s'assurer que les enquêtes étaient remplies de manière objective[30].

Dans une action civile séparée, Art Cohen contre Donald J. Trump, remplie à la mi-Février 2014 au tribunal de la circonscription fédérale de Californie[31], le juge de district Gonzalo P. Curiel a permis aux plaignants en Californie, Floride et New York de lancer un recours collectif et rejeta la demande de Trump d'écarter leur accusation de racket[32]. À ce jour, le début des procès est prévu pour le 28 novembre 2016[33].

Bien que Trump affirme avoir gagné la plupart de ses affaires, les trois affaires sont toujours en cours[34].

Le sujet est revenu sur la table lors des primaires républicaines et au débat d’investiture présidentielle du parti républicain du 3 mars à Detroit, dans le Michigan[35].

Trump a attaqué à plusieurs reprises Curiel dans ses discours de campagne, accusant le juge « d'avoir la haine » et le décrivant comme un « espagnol » ou un « mexicain ». Trump a suggéré que Curiel devrait se récuser de l'affaire[36],[37],[38].

Alors qu'il avait expliqué durant la campagne électorale qu'il irait jusqu'au bout du procès et parce qu'il allait le gagner[39], Trump annonce le 19 novembre 2016 qu'il conclura un accord à l'amiable prévoyant d'indemniser les plaignants à concurrence de 25 millions de dollars[40].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'Université Trump a été le sujet de la bande dessinée Doonesbury dans le Washington Post pendant une semaine en juin 2005[41],[42].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Seth Gitell, « I Survived Trump University », Politico,‎ (lire en ligne).
  2. (en) William D. Cohan, « Big Hair on Campus: Did Donald Trump Defraud Thousands of Real-Estate Students? », sur Vanity Fair (consulté le 6 mars 2016)
  3. a et b Barbaro, Michael (May 19, 2011). "New York Attorney General Is Investigating Trump's For-Profit School". The New York Times.
  4. Levine, Greg (May 23, 2005). "Trump University Founded For Student 'Customers'". Forbes. Retrieved April 18, 2012.
  5. (en) Donald Trump v. Eric Schneiderman, CNN, 4 mars 2016.
  6. (en) NY Attorney general back off Trump fraud case, ABCNews.
  7. Donald Trump University Lawsuit Is Lesson For All For-Profit Colleges Forbes Août 2013
  8. New York judge finds Donald Trump liable for unlicensed school Reuters August 2014
  9. a et b Trump faces two-front legal fight over 'university' USA Today
  10. (en) Philip Bump, « Marco Rubio came out swinging at Trump, and one punch really landed: Trump University », The Washington Post,‎ (lire en ligne).
  11. (en) Politics : Katrina Pierson criticizes Trump University judge, CNN, 30 mai 2016.
  12. (en) Politics : Trump about judge Gonzalo Curiel, The Atlantic, mai 2016.
  13. (en) Communiqué de Reuters.
  14. Kurt Orzeck, 'Trump University' Students Win Class Cert. In RICO Suit, Law360 (28 octobre 2014).
  15. a et b David Halperin, NY Court Refuses to Dismiss Trump University Case, Describes Fraud Allegations, Huffington Post (3 mars 2016).
  16. (en) Michael Barbaro et Steve Eder, « Former Trump University Workers Call the School a ‘Lie’ and a ‘Scheme’ in Testimony », New York Times,‎ (lire en ligne)
  17. (en) Brian Hindo, « Trump University: You're Wired! », (consulté le 8 juin 2016)
  18. Douglas Feiden, State educrats give failing grade to Donald Trump's 'misleading' Trump University, Daily News (New York) (April 15, 2010).
  19. (en) « Trump University: No Longer a University? », The Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « Trump University Made False Claims, Lawsuit Says », The New York Times, (consulté le 24 août 2013)
  21. "Prosecutor: Trump lawsuit no stunt", CNN (August 26, 2013).
  22. a et b (en) Eddie Curran, « New York judge finds Donald Trump liable for unlicensed school », Reuters, (consulté le 20 février 2015)
  23. (en) Karen Freifeld, « Trump University swindled me, says Iowa retiree », American Media Institute, (consulté le 1er février 2016)
  24. (en) Tom Hamburger et Rosalind S. Helderman, « Trump involved in crafting controversial Trump University ads, executive testified », Washington Post,‎ (lire en ligne)
  25. (en) Robert King, « Trump blames legal woes on 'Spanish' judge », Fox News, (consulté le 27 février 2016)
  26. (en) « New York Attorney General Schneiderman Fires Back At Trump For Hispanic Judge Remark », CBS New York, (consulté le 27 février 2016)
  27. (en) Michael Virtanen, « NY ethics board drops Trump's complaint about attorney general during university investigation », Associated Press, (consulté le 18 juin 2016)
  28. (en) Michael Barbaro, « Buying a Trump Property, or So They Thought », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  29. (en) Rebekah Kearn, « $798,000 Award Against Trump University », Courthouse News Services,‎ (lire en ligne)
  30. Michael Barbaro & Steve Edermarch, At Trump University, Students Recall Pressure to Give Positive Reviews, New York Times (March 11, 2016).
  31. (en) Elizabeth Warmerdam, « Trump Must Answer Students in Fed Court », Courthouse News Service,‎ (lire en ligne)
  32. (en) Fire Ant, « Donald Trump to Face Fraud, Racketeering Claims in California Class Actions. New York Fraud Case Continues », New Times Broward-Palm Beach, (consulté le 16 juin 2015)
  33. (en) Josh Gerstein, « Judge delays Trump University trial », Politico,‎ (lire en ligne)
  34. (en) Michelle Ye Hee Lee, « Donald Trump’s misleading claim that he’s 'won most of' lawsuits over Trump University », Washington Post, (consulté le 27 février 2016)
  35. (en) « Lawsuits against Trump University claim students paid thousands for nothing », sur latimes.com (consulté le 4 mars 2016)
  36. (en) « Trial date set in Trump University lawsuit », CBS News,‎ (lire en ligne)
  37. (en) Kristen East, « Trump attacks 'Mexican' judge in Trump U lawsuit », Politico,‎ (lire en ligne)
  38. (en) Michael Finnegan, « Trumps trashes judge overseeing Trump University case, says it's fine that he's Mexican », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  39. http://www.slate.com/blogs/the_slatest/2016/11/18/trump_university_settlement_would_be_ultimate_con.html, Jeremy Stahl, Slate.com, 18 novembre 2016
  40. President-elect: I had to settle Trump University case 'to focus on our country', David Smith & Ben Jacobs, The Guardian, 19 novembre 2016
  41. (en) Adam Eisenstat, « I was a Donald Trump ghostwriter. Here's what I learned about the Donald — and his fans », Vox,
  42. (en) « GB Trudeau's Doonesbury », Washington Post Archive, (consulté le 1er juin 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]