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Unité des fusiliers de la Sitch

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Sitch de fusiliers ukrainiens
Image illustrative de l’article Unité des fusiliers de la Sitch
Unité austro-hongroise.

Création 1914
Dissolution 1918
Allégeance Landstreitkräfte (terre)
Garnison Lviv, Stryï
Couleurs

Unité des fusiliers de la Sitch
Image illustrative de l’article Unité des fusiliers de la Sitch
En 1918 à Kiyv.
Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Dissolution Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays République populaire d'Ukraine occidentaleVoir et modifier les données sur Wikidata

L'Unité des fusiliers de la Sitch (en ukrainien : Січові Стрільці, Sitchovi Stril'tsi) fut une unité régulière de l'Armée populaire ukrainienne qui fonctionna sous différentes formes organisationnelles de 1914 à 1919[1].

Fondée en août 1914 sous le nom de Légion impériale et royale des volontaires ukrainiens, la première unité au sein des forces armées austro-hongroises, elle est rattachée à l'Armée de terre austro-hongroise[1]. La taille de l'unité fut limitée à 2 500 soldats. Elle fut soutenue et organisée par des formations comme Plast et des personnalités comme Olena Stepaniv, Hanna Dmyterko, Yevhen Konovalets, Fedir Tchernik des étudiants de Lviv. En mai 1915, l'unité participe à la confrontation entre l'armée impériale russe et les forces austro-hongroises, qui se déroule à Makivka et se termine par le repli de l'armée austro-hongroise[2],[3].

Soldats des fusiliers de la Sitch durant la guerre d’indépendance ukrainienne.
mémorial aux fusiliers du Sitch, classé[4] à Makivka.

L'unité des fusiliers de la Sitch fut créée à Kiev le par un Conseil suprême ukrainien[1]. Ses premières recrues furent d'anciens soldats de l'Armée austro-hongroise, échappés des camps de prisonniers de guerre russes. Ils s'établirent à Kiev pour participer à la mise en place d'un État ukrainien. À la fin du mois de , l'unité est organisée en trois compagnies respectivement commandées par les capitaines Roman Souchko[5], Ivan Chmola et Vasyl Kuchabsky[6]. Sous le commandement du colonel Yevhen Konovalets l'unité défendit Kiev contre une insurrection bolchévique. Plus tard elle fit face aux forces d'invasion bolchéviques et sécurisa la retraite du gouvernement de la République populaire ukrainienne vers Jytomyr. Après la reprise de Kiev le , l'unité fut assignée à garder les institutions publiques et à préserver l'ordre public dans la ville.

Lorsque l'hetman Pavlo Skoropadsky arriva au pouvoir le par un coup d'État, l'unité refusa de lui obéir et fut désarmée par les troupes allemandes[7]. Les soldats du régiment s'associèrent à d'autres unités militaires, notamment celle de Petro Bolbochan dans son Second régiment Zaporogue, ou à des milices. Plus tard, avec le consentement de l'hetman, un regroupement partiel de l'unité fut autorisé et un détachement fut formé à la fin du mois d' à Bila Tserkva. Ce détachement d'environ 1 200 hommes fut divisé en un régiment d'infanterie composé d'une compagnie de mitrailleuse, d'une troupe de reconnaissance, d'une batterie d'artillerie et d'une unité technique.

Le détachement joua un rôle clé dans le renversement de l'hetman Pavlo Skoropadsky en commençant la révolte de Bila Tserkva et en remportant une victoire décisive sur les forces de Pavlo Skoropadsky le à Motovylivka. Durant la bataille de Kiev, le détachement se renforça considérablement jusqu'à 11 000 hommes puis jusqu'à 25 000 au début du mois de décembre lorsqu'y furent incorporées deux divisions, celle du Dniepr et celle de la mer Noire. Après la prise de Kiev les 14 et , le détachement fut dissous en plusieurs petites unités.

Dans la seconde période de la guerre ukraino-soviétique, à partir de , la division des fusiliers de la Sitch fut divisée en trois groupes de combat, qui se positionnèrent dans plusieurs directions différentes afin de bloquer l'offensive bolchévique sur Kiev. Ayant subi de lourdes pertes en , la division des fusiliers de la Sitch recula et fut regroupée en tant que Corps des fusiliers de la Sitch comprenant environ 7 000 hommes. Malgré une retraite à Berdytchiv, le Corps continua à se battre dans les régions de Chepetivka et de Kremenets.

En juillet, il fut renommé Groupe des fusiliers de la Sitch et fut affecté au groupe armé du colonel Arnold Wolf pour mener une offensive sur Kiev. Ce Groupe d'environ 8 600 hommes fut composé de six régiments d'infanterie, six régiments d'artillerie, d'un régiment de cavalerie, d'une unité automotrice, et de plusieurs trains blindés. Après des combats sur le chemin de Korosten, le groupe regagna Chepetivka quand un nouveau front avec Anton Dénikine s'ouvrit.

À la mi-octobre le Corps fut transféré sur ce front. Le groupe subit de lourdes pertes et fut en proie aux maladies. Près de Starokostiantyniv, le , le Corps décida de se démobiliser. Finalement, le 2 mai 1920, l'unité fut dissoute[1]. Les membres de ce Corps rejoignirent des unités partisanes, d'autres furent internés par les Polonais dès le printemps .

Références

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  1. a b c et d (en) Ruslana Martseniuk, « Ukraina Sitši küttide leegion (1914–1918) [The Legion of Ukrainian Sich Riflemen in 1914–1918] », Estonian Yearbook of Military History,‎ (DOI 10.22601/SAA.2018.08.03, lire en ligne)
  2. (en) Kerstin S. Jobst, Kerstin von Lingen, Oksana Nagornaia, The Great War and the Anthropocene : Empire and Environment, Soldiers and Civilians on the Eastern Front, Brill, , 408 p. (ISBN 9789004711815, lire en ligne)
  3. (en) « Makivka 1915: The Battle That Forged a Nation », sur abn.org.ua
  4. numéro : 46-245-0088
  5. (en) Wojciech Roszkowski, Jan Kofman, Biographical Dictionary of Central and Eastern Europe in the Twentieth Century, Taylor & Francis, , 1208 p. (lire en ligne)
  6. (en) Vasyl Kuchabsky, Western Ukraine in Conflict With Poland and Bolshevism, 1918-1920, University of Alberta Press, , 361 p. (ISBN 9781894865135, lire en ligne)
  7. Tetiana Ostashko, « La pensée monarchique à l’ukrainienne. Comment les partisans de Pavlo Skoropadsky ont construit un réseau international d’hetmans », sur The Ukrainian Week,

Bibliographie

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  • Makhno : la révolte anarchiste 1917-1921, Yves Ternon, Éditions Complexe, 1981.
  • Anton Oleinik, Building Ukraine from within. A sociological, institutional and economic analysis of a nation-state in the making, Ibidem Verlag, Stuttgart, 2018, 420 p., Adrien Nonjon in : Revue d’études comparatives Est-Ouest 2020/4 (N° 4).
  • article en ukrainien.
  • sur unknownwar.info en ukrainien

Liens externes

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