Unité 684

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209e détachement du 2325e groupe
Création
Dissolution
Pays Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Branche Force aérienne de la République de Corée
Type Forces spéciales pour opération noire
Rôle Assassinat de Kim Il-sung
Effectif 31
Fait partie de 20e escadron des services spéciaux
Garnison Silmido (en)
Surnom Unité 684, Unité Silmido

L'unité 684 (en coréen : 684부대), ou officiellement le 209e détachement du 2325e groupe (en coréen : 2325부대 209파견대로), est un commando des forces aériennes de Corée du Sud qui fut créé en 1968 dans le but d'assassiner le Premier ministre de la Corée du Nord, Kim Il-sung[1]. Sa création est une réponse à l'unité 124 nord-coréenne qui mena un raid sur la Maison Bleue, trois mois auparavant.

Composée de 31 membres, ceux-ci sont recrutés parmi les civils chez les petits criminels ou les jeunes chômeurs qui se voient promettre de l'argent et un travail en cas de succès de leur mission. Suivant un entraînement extrêmement difficile sur l'île inhabitée de Silmido (en), durant lequel sept d'entre eux meurent, ils voient cependant leur mission annulée suite à une amélioration des relations avec la Corée du Nord. Ils se mutinent finalement pour une raison inconnue en 1971 et volent un bus pour se rendre à Séoul. L'armée les stoppe et les quatre membres survivants sont condamnés à mort et exécutés l'année suivante. Le gouvernement de la Corée du Sud classifie ensuite toute l'affaire et toutes informations relatives à l'unité 684.

L'histoire des mutins ressurgit en 2003 avec la sortie du film Silmido et le gouvernement est attaqué en justice par les familles d'une vingtaine de membres. Il est finalement condamné en 2006 à payer une compensation financière aux proches et publie la même année un rapport officiel sur l'unité et la révolte.

Formation[modifier | modifier le code]

Carte montrant la localisation de l'île de Silmido (en) (à gauche).

L'unité est créée par le chef des services de renseignements sud-coréens sur l'ordre du président Park Chung-hee en représailles au raid sur la Maison Bleue du . Le ministre de la Défense place l'unité comme détachement du 2325e groupe de l'armée de l'air. Ses membres, au nombre de 31, sont recrutés parmi des civils, chez les petits criminels ou les jeunes sans emploi à qui l'ont promet de l'argent et un travail s'ils réussissent leur mission[2].

Équivalente à l'unité 124 nord-coréenne, qui échoue à assassiner le président Park à la Maison Bleue, l'unité 684 tire son nom de son mois de formation (). Ses membres suivent un entraînement extrêmement difficile sur l'île inhabitée de Silmido (en) dans la mer Jaune au large d'Incheon. Sept d'entre eux meurent d'ailleurs durant cette formation. Suite à une amélioration des relations inter-coréennes, la mission d'assassinat de l'unité est annulée.

Mutinerie[modifier | modifier le code]

Le , pour des raisons qui restent inconnues, les membres de l'unité 684 se révoltent et tuent leurs gardes (à l'exception de 6 d'entre eux) avant de rejoindre le continent, de voler un bus et de prendre la route pour Séoul. Leur transport est finalement stoppé par l'armée à Daebang-dong (en) dans l'arrondissement de Dongjak-gu. Vingt membres de l'unité sont abattus ou se suicident à la grenade. Les quatre survivants sont condamnés à mort par un tribunal militaire et exécutés le [2].

Suites[modifier | modifier le code]

Le gouvernement sud-coréen classifie toutes les informations relatives à l'unité 684 jusqu'aux années 1990. L'histoire de la malheureuse unité attire l'attention du public avec la sortie du film Silmido en 2003, mais il faut attendre 2006 pour que le gouvernement publie finalement un rapport officiel sur l'unité et sa révolte[3].

En 2009, les familles de 21 membres de l'unité 684 poursuivent en justice le gouvernement sud-coréen en demandant 670 millions de won de compensation. Le , le tribunal central du district de Séoul ordonne que le gouvernement paye 273 millions de won de compensation aux familles. La cour déclare que les « agents de Silmido n'ont pas été informés du niveau de danger de leur formation et sa dureté a enfreint leurs droits humains fondamentaux » et reconnait également la souffrance émotionnelle causée par le gouvernement en ne divulguant pas officiellement le décès des agents aux membres de la famille avant 2006[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ko) « <군과거사 규명대상 쟁점.전망>-2(끝) », daum,‎ (lire en ligne).
  2. a et b (en) Norimitsu Onishi, « South Korean Movie Unlocks Door on a Once-Secret Past », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2012).
  3. a et b (en) « Silmido agents' families get $217,000 », Joong Ang Daily, (consulté le 10 mars 2012).

Sources[modifier | modifier le code]