Union suisse des arts et métiers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Union suisse des arts et métiers
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
Siège social
Pays
Organisation
Président
Fabio Regazzi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Direction
Hans-Ulrich Bigler (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

L'Union suisse des arts et métiers (USAM), en allemand Schweizerischer Gewerbeverband (SVG), en italien Unione svizzera delle arti e mestieri (USAM), est une organisation faîtière suisse représentant les petites et moyennes entreprises du pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Union suisse des arts et métiers est créée, en 1879, par des dissidents de l'Union suisse du commerce et de l'industrie. Sa politique, plus conservatrice que celle du Vorort, comporte des mesures de protection du marché intérieur, particulièrement importantes à la fin du XIXe siècle, comme le relèvement des droits de douane[1].

Rôle[modifier | modifier le code]

L'USAM défend le rôle des petites et moyennes entreprises (PME, soit 10 à 249 employés selon l'Office fédéral de la statistique[2]) dans la croissance économique et représente leurs intérêts dans les débats politiques et économiques. Politiquement indépendante, elle préconise, au niveau fédéral, la responsabilité individuelle, le respect du droit de propriété et la liberté de commercer et d'entreprendre, garantis par la Constitution fédérale. Elle se prononce pour un État modeste et efficace.

L'USAM préside l'Alliance des milieux économiques pour une politique de prévention modérée, un lobby suisse qui milite pour une législation conciliante en matière de réglementation sanitaire, notamment dans les domaines du tabac et de l'alcool[3].

Membres[modifier | modifier le code]

Les membres de l’USAM sont les unions cantonales des arts et métiers, des associations professionnelles et de branche ainsi que d’autres organisations[4].

Certains membres sont des grandes entreprises multinationales, tels que l'association « Swiss Cigarette » regroupant Philip Morris International, British American Tobacco et Japan Tobacco International[4].

Action[modifier | modifier le code]

La base de l'action de l'Union suisse des arts et métiers est la réduction des normes juridiques et règlements, la diminution des charges fiscales des PME et l'allègement des formalités administratives. L'Union pratique, dans ce but, un lobbying au niveau fédéral. Elle a des porte-parole au Parlement fédéral, en particulier dans le groupe parlementaire des affaires, et dans les cantons et municipalités.

Les secteurs prioritaires où intervient l'Union sont :

  • La formation professionnelle
  • La politique énergétique et environnementale
  • La politique fiscale et financière
  • La planification et les transports
  • Les politiques sociales et du marché du travail
  • La politique économique

Politique énergétique et environnementale[modifier | modifier le code]

L'Union a réaffirmé ses revendications dans ce domaine, lors des 43e Journées romandes des arts et métiers, à Champéry, les 28 et . Elle réclame la sécurité et l'autonomie d'approvisionnement et préconise, pour atteindre ces objectifs, une augmentation de l'efficacité énergétique, l'exploitation des énergies renouvelables et le renouvellement des centrales nucléaires existantes[5]. Elle ne s'oppose pas à la construction d'usines combinées à gaz, à la condition que celles-ci ne remplacent pas les centrales électro-nucléaires[6].

Planification et transports[modifier | modifier le code]

L'Union demande l'allègement des charges des entreprises de transport[7] et s'oppose à l'extension et l'augmentation de la redevance poids-lourds liée aux prestations (RPLP)[6].

Politique fiscale et financière[modifier | modifier le code]

Le , l'Union lance une initiative populaire « Pour l'abolition de l'impôt fédéral direct », soutenue par les conseillers nationaux Philippe Pidoux, Suzette Sandoz, Joseph Iten et Maximilian Reimann, le Vorort, le Centre Patronal, la Ligue vaudoise et le Redressement national. L'initiative est déposée auprès de la Chancellerie fédérale le , avec 108 458 signatures. 106 419 d'entre elles sont déclarées valides le . Le , le Conseil fédéral rejette l'initiative, considérant qu'elle menace la paix sociale et que l'introduction de la TVA a déjà répondu aux souhaits de l'Union. Après de nombreuses tractations parlementaires, l'Union retire l'initiative le .

L'Union se prononce pour un taux unique pour la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), mais s'oppose à ce que la formation professionnelle y soit assujettie. Elle demande également un allègement des charges des PME[7] et une simplification des formalités administratives. Elle réclame une exonération des droits d'auteur pour les PME[6].

Politique sociale[modifier | modifier le code]

En 2007, l'Union fait campagne contre l'initiative populaire « Pour une caisse maladie unique et sociale », dans l'adoption de laquelle elle voit un risque d'augmentation des prélèvements sociaux[6].

L'Union participe aux débats autour de l’assurance vieillesse et survivants (AVS). Elle propose, depuis 2004[8] de relever progressivement, entre 2018 et 2030, l'âge de départ à la retraite jusqu'à 67 ans. Le relèvement doit pouvoir assurer un taux de couverture des dépenses compris entre 70 % et 80 %. L'Union s'oppose à une diminution des retraites et à la suppression du caractère obligatoire de l'AVS. Elle réclame également, au Congrès suisse des arts et métiers, qui se tient le , à Lugano, que les coûts de la réglementation soient abaissés de 50 milliards de francs à 10 milliards de francs. Afin d’atteindre cet objectif, l’Union demande qu’une instance de contrôle des coûts de la réglementation soit mise en place[9].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'Union suisse des arts et métiers est une organisation faîtière qui regroupe, en 2009, 266 associations représentatives des petites et moyennes entreprises[10]. Celles-ci totalisent 300 000 entreprises affilées. Elle fédère les associations cantonales et les associations professionnelles de branche. Elle est membre de l'Union européenne de l'artisanat et des petites entreprises et moyennes entreprises (en) (UEAPME).

Sa politique et ses orientations à long terme sont déterminées par le Congrès suisse des arts et métiers, qui réunit, tous les deux ans, environ un millier de délégués[11]. La Chambre suisse des entreprises est son parlement. Elle comporte 99 délégués. Son rôle est de prendre position dans les débats politiques et d'exprimer l'avis de l'Union sur les propositions législatives fédérales. Un comité directeur de quinze personnes met en œuvre la politique de l'Union, alors le bureau de Berne gère les affaires courantes.

Le siège de l'Union suisse des arts et métiers est à Berne. La gestion est sous la responsabilité du directeur[9].

Présidents[modifier | modifier le code]

Directeurs[modifier | modifier le code]

Journal des arts et métiers[modifier | modifier le code]

Journal des arts et métiers
Schweizerische Gewerbezeitung

Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Périodicité Mensuel
Genre Presse professionnelle
Prix au numéro 2,50 CHF
Diffusion par abonnement ex.

L'Union suisse des arts et métiers publie le Journal des arts et métiers (JAM), en langue française, et le Schweizerische Gewerbezeitung (SGZ), en langue allemande. Ensemble, les deux revues ont un tirage de 150 000 exemplaires[11]. Elles sont imprimées par la St. Galler Tagblatt AG et Publicitas Publimag SA est responsable de la régie publicitaire[15].

L'Union gère également un site internet dans les deux langues, qui publie ses communiqués de presse, les allocutions de ses dirigeants et une revue de presse. La communication de l'Union est sous la responsabilité de Ruedi Christen[9].

Événements[modifier | modifier le code]

L'Union suisse des arts et métiers organise la « Conférence d'hiver de l'entreprise », à Klosters et les « Journées romandes des arts et métiers », à Champéry, qui réunissent, sous l'égide la Fondation suisse des PME, des représentants du monde de l'entreprise et des responsables politiques[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La démocratie des groupes
  2. Taille, forme juridique, secteurs et répartition régionale des entreprises, Office fédéral de la statistique (page consultée le 24 octobre 2017).
  3. « Membres AEPM », sur Alliance des milieux économiques pour une politique de prévention modérée (consulté le 16 décembre 2020).
  4. a et b Membres de l'USAM, site officiel (page consultée le 29 septembre 2020).
  5. [PDF] Énergie nucléaire : chance, contrainte, danger pour les PME ?, site officiel de l'USAM (page consultée en 2010).
  6. a b c et d L'Union suisse des arts et métiers accentue sa lutte contre la bureaucratie et les nouvelles taxes
  7. a et b Communiqués de presse, site officiel de l'USAM (page consultée en 2010).
  8. Les petits patrons pour la retraite à 67 ans
  9. a b et c AVS : l’USAM propose d’adapter l’âge de la retraite par étape, site officiel de l'USAM (page consultée en 2010).
  10. [PDF]Liste des organisations membres de l'Union Suisse des arts et métiers usam
  11. a b et c USAM, site officiel (page consultée en 2010).
  12. a et b Agence télégraphique suisse, « Trois importants groupes d’intérêts ont perdu de l’influence au parlement », Le temps,‎ (lire en ligne, consulté le 24 octobre 2019).
  13. a et b Neue Zürcher Zeitung. 28. März 1990.
  14. Der Schweizerische Gewerbeverband regelt die Triponez-Nachfolge: Hans-Ulrich Bigler wird neuer Gewerbedirektor, Presseportal, 27. März 2008.
  15. Journal des arts et métiers jam: le tirage passe à 150 000 exemplaires

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]