Union européenne (groupe de résistance)

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Le groupe Union européenne ((de) Europäische Union (EU)) était un groupe de résistance antifasciste allemand contre le nazisme, organisé autour de Anneliese et Georg Groscurth (en) ainsi que de Robert Havemann[1]. Les autres membres les plus connus étaient Herbert Richter et Paul Rentsch.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le groupe qui était actif à Berlin s'est constitué en 1939. Certains membres fondateurs (Have, G. Groscurth) appartenaient au groupe de la gauche socialiste Neu Beginnen.

L'EU voulait restaurer les droits démocratiques et les libertés dans une Europe unie, libre et socialiste et a essayé de prendre contact avec des structures de la résistance des travailleurs déportés étrangers ainsi qu'avec les autres groupes de la résistance allemande au nazisme. Le groupe a caché des persécutés par le régime nazi, leur a procuré des papiers d'identité, des denrées alimentaires et de l'information.

En outre, l'organisation était depuis 1941 en contact avec les groupes de résistance du KPD de Robert Uhrig.

Au mois de septembre 1943, des membres de l'Union européenne ont été arrêtés par la Gestapo et 40 personnes ont été condamnées au cours de 12 procès devant le Volksgerichtshof. Ce tribunal a prononcé 14 condamnations à mort, 2 personnes étant déjà mortes en détention préventive. Robert Havemann a échappé à l'exécution, étant donné que ses activités de chimiste ont été considérées vitales pour le développement de nouvelles armes. Groscurth, Richter (-Luckian) et Rentsch ont été exécutés le 8 mai 1944 à la prison de Brandenbourg-Görden. Les autres membres ont été mis en accusation devant d'autres juridictions.

Distinction en 2006[modifier | modifier le code]

Cinq membres du groupe ont été en 2006 nommés « Juste parmi les nations » par le mémorial de Yad Vashem : le couple Groscurth, Robert Havemann, Paul Rentsch et Herbert Richter. De nombreux membres du groupe avaient dès 1939 commencé à cacher des juifs pour leur éviter la déportation dans les camps de concentration. À partir de 1942, ils ont aidé aussi d'autres travailleurs déportés.

D'autres membres du groupe[modifier | modifier le code]

  • Exécutés :
    • Wladimir Boisselier (né le à Moscou et mort le ), électrotechnicien français ;
    • Walter Caro (né le à Berlin et mort en à Auschwitz) ;
    • Jean Cochon (né le à Gensac-la-Pallue et mort le ), électrotechnicien, français. La veuve de James Frichot affirme que, selon son mari, le Français s'appelait Cochin, contrairement à ce qui est indiqué par le compte rendu du jugement.
    • Elli Hatschek (née le et mort le ), femme de Paul Hatschek ;
    • Krista Lavickova (née le et morte le ), née Hatschek, fille de Paul Hatschek, secrétaire ;
    • Paul Hatschek (né le et mort le ), juriste tchèque ;
    • Kurt Müller (né le à Berlin et mort le à la prison de Brandenbourg) ;
    • Nikolai Sawitsch Romanenko (né le et mort le ), technicien originaire d'Union soviétique ;
    • Galina Fedorovna Romanova, médecin originaire d'Union soviétique ;
    • Alexander Westermayer (né le 29 octobre 1894 à Goslar et mort le 19 juin 1944), mécanicien qualifié ;
    • Konstantin Zadkevicz (ou : Shadkewitsch, Zadkiewicz, né le 3 août 1910 et mort le 30 octobre 1944) chimiste tchèque ;
  • Non exécuté pour cause de maladie :
    • Heinz Schlag (né le 23 octobre 1908 et mort en 1961), médecin ;
  • Autres membres :
    • Miron Broser (né le 20 décembre 1891 à Toula en Russie), traducteur, condamné à deux ans de prison, libéré par les troupes américaines, dernières traductions connues en allemand en 1949 ;
    • Oskar Fischer, relaxé ;
    • James Frichot (né le 2 mars 1918 à Boulogne et mort le 21 octobre 2001), électrotechnicien français, relaxé, faute de preuve. Il sera envoyé en déportation à Dachau, puis Auschwitz, et enfin Buchenwald, où il sera libéré le 11 avril 1945.
    • Helmut Kindler (né le 3 décembre 1912 à Berlin), journaliste, éditeur, relaxé ;
    • René Peyriguére (né le 1er juin 1917 à Paris), chimiste français relaxé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone Hannemann: Robert Havemann und die Widerstandsgruppe „Europäische Union“. Eine Darstellung der Ereignisse und deren Interpretation nach 1945. Berlin 2001 ISBN 3980492052 Rezension: [1] oder (kritisch)[2]
  • Für ein Leben ohne Menschenhass sowie Interview: „In beiden deutschen Staaten vergessen“ mit Bernd Florath, in: FR 14. 3. 2007, Seite 26
  • Manfred Wilke & Werner Theuer: Der Beweis eines Verrats läßt sich nicht erbringen. Robert Havemann und die Widerstandsgruppe Europäische Union In: Deutschland Archiv, Köln, 32. Jg. 1999 Heft 6, S. 899 - 912
  • Friedrich Christian Delius : Mein Jahr als Mörder. Roman Rowohlt, Berlin 2004 ISBN 3871344583; TB 2006 Rowohlt, Reinbek 2006 ISBN 3499239329 (Literarische Bearbeitung des Lebens von Anneliese Groscurth)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kurt Zentner, La Résistance allemande : 1933-1945, Stock, , 254 p. (lire en ligne), p. 173.

Liens externes[modifier | modifier le code]