Union économique eurasiatique

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Union économique eurasiatique
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Drapeau et emblème de l'Union économique eurasiatique

Description de l'image Eurasian_Economic_Union_(orthographic_projection)_-_Crimea_disputed_-_no_borders.svg.

Institutions

Commission eurasiatique
Président Viktor Khristenko
Organisation
États membres Drapeau de l'Arménie Arménie
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan
Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan
Drapeau de la Russie Russie (détails)
Langues officielles Arménien
Biélorusse
Kazakh
Kirghize
Russe
États candidats et potentiels Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan (candidat)
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan (potentiel)
Drapeau du Turkménistan Turkménistan (potentiel)
Géographie et démographie
Superficie 20 037 603 km2
Population 182 020 000[1] hab. (2015)
Densité 8,36 hab./km2
Histoire
1994 Proposition du président Nazarbaïev
Espace économique eurasiatique
Traité d'Astana[2]
[3] Entrée en vigueur
Économie
Monnaie Rouble russe, rouble biélorusse, tenge kazakh, Dram arménien, Som kirghize
PIB 2 418,37 milliards $
Divers
Fuseaux horaires UTC+03:00 à +12:00
Indicatif téléphonique +7 (Russie, Kazakhstan)
+375 (Biélorussie)
+374 (Arménie)

L’Union économique eurasiatique (UEEA) ou Union économique eurasienne[N 1], en russe Евразийский экономический союз, en biélorusse Еўразійскі эканамічны саюз, en kazakh Еуразиялық Экономикалық Одақ, est une union fondée par la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie par un traité du . L'Arménie signe le traité d'adhésion le 9 octobre 2014[4],[5]. Les présidents des cinq pays membres de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) ont signé le 10 octobre 2014 à Minsk l'accord de dissolution de la CEEA, qui cèdera sa place à l'Union économique eurasiatique (UEEA) en 2015 (la CEEA regroupait la Biélorussie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan). Ayant été approuvée par les Parlements de chaque État, l'Union entre en vigueur le [2]. Le Kirghizistan l'a rejoint le 8 août 2015, après ratification des quatre autres membres, et le Tadjikistan[6],[7],[8] a montré la volonté de rejoindre la nouvelle Union.

L’idée, basée sur l'intégration de l'Union européenne, a été évoquée par le premier ministre de la Russie, Vladimir Poutine, en octobre 2011[8],[9], mais a été proposée pour la première fois en tant que concept par le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, pendant un discours en 1994 dans une université de Moscou[10]. Le 18 novembre 2011, les présidents de la Biélorussie, du Kazakhstan, d'Arménie et de la Russie ont signé un accord qui a pour objectif d’établir l'Union économique eurasiatique d'ici 2015[11]. L'accord, comprenant une feuille de route pour l’intégration future des États, a établi la Commission eurasiatique (inspirée de la Commission européenne) et la zone économique eurasiatique, qui ont commencé à fonctionner le 1er janvier 2012[12],[11].

Elle prend donc la place et la succession de la Communauté économique eurasiatique.

États[modifier | modifier le code]

Membres[modifier | modifier le code]

Pays Capitale Date d'adhésion
Drapeau de l'Arménie Arménie Erevan 2 janvier 2015
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie Minsk 1er janvier 2015
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan Astana 1er janvier 2015
Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan Bichkek 8 mai 2015
Drapeau de la Russie Russie Moscou 1er janvier 2015

Candidats[modifier | modifier le code]

Pays Capitale
Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan Douchanbé

Potentiels[modifier | modifier le code]

Pays Capitale
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan Tachkent
Drapeau du Turkménistan Turkménistan Achgabat
  •      États ayant signé l'accord du 18 novembre 2011
  •      Autres États candidats ou potentiels

L'Union économique eurasiatique pourrait à terme comprendre plusieurs États de l'ancienne Union soviétique : l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan[13]. D'après le périodique The New York Times, plusieurs candidats à l'élection présidentielle Kirghiz de 2011 intégraient le projet dans leur programme[14]. Le gouvernement du Tadjikistan déclara prendre en considération la possibilité d'adhésion[7]. L’Arménie a déclaré le 3 septembre 2013 qu'elle rejoindrait l’Union économique eurasiatique, en réaction à sa confrontation avec l’Azerbaïdjan[15]. Le Kirghizistan a signé le 23 décembre 2014 un accord d'adhésion à l'Union économique eurasiatique (UEEA).

Lors d'un tour de table organisé par les dirigeants du parti Russie unie, le politologue russe Dmitry Orlov déclara que, en dehors des États de l'ex-Union soviétique, l'Union économique eurasiatique pourrait comprendre la Bulgarie, Cuba, la Finlande, la Hongrie, la Mongolie, la République tchèque, le Venezuela et le Viêt Nam, laquelle les incorporeraient dans un ensemble commun ou la langue de communication et de coopération économique serait le russe[16]. D'après Vladimir Poutine, l'Union économique eurasiatique se construirait sur les « meilleures valeurs de l'Union soviétique »[17]. Ce projet d'intégration a pu être présenté comme une tentative de restaurer l'Empire soviétique[17]. En réalité, l'intégration est strictement cantonnée au domaine économique, se fait sur la base du volontariat, réunit des États souverains et répond à des considérations économiques.

Zone de libre-échange[modifier | modifier le code]

Pays Capitale
Drapeau de l'Égypte Égypte[18],[19] Le Caire
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam[20] Hanoï

Candidats à la zone de libre-échange[modifier | modifier le code]

Pays Capitale
Drapeau de la République populaire de Chine Chine[21] Pékin
Drapeau de l'Inde Inde[22] New Delhi
Drapeau de l'Iran Iran[23] Téhéran
Drapeau de la Turquie Turquie[21] Ankara

Projets d'intégration existants[modifier | modifier le code]

L'Espace économique commun, comprenant l'Union douanière et la Zone de libre-échange, a déjà créé une intégration économique partielle entre trois pays: la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie. Ainsi, l’Union économique eurasiatique peut être considérée comme étant la continuité de cette union économique[réf. nécessaire]. Un certain nombre d'organisations régionales sont aussi des bases pour une intégration plus poussée : c'est le cas pour notamment l'Union de la Russie et de la Biélorussie, la Communauté économique eurasiatique, l'Organisation du traité de sécurité collective et la Communauté des États indépendants.

D'après l'universitaire Michael E. Lambert, Vladimir Poutine souhaite inclure dans l'Union économique eurasiatique « des pays comme la Moldavie, l’Ukraine, la Biélorussie, ceux du Caucase et d’Asie centrale. Ce nouvel ensemble aura pour objectif à terme, de mener à l’émergence d’une seule armée eurasiatique, d’un même gouvernement ou encore d’une même devise »[24].

Commission eurasiatique[modifier | modifier le code]

  •      Les pays membres de l'Union économique eurasiatique
  •      La péninsule de Crimée, de facto territoire de la Russie et de l'Union économique eurasiatique
  •      États observateurs de l'Union économique eurasiatique

L'accord signé par les présidents Dimitri Medvedev de Russie, Noursoultan Nazarbaïev du Kazakhstan, et Alexandre Loukachenko de Biélorussie a établi la Commission eurasiatique, l'organe de gouvernance supranational de l'Espace économique eurasiatique, qui a commencé à fonctionner le 1er janvier 2012[12]. La Commission se base sur le modèle de la Commission européenne[11]. Son siège sera à Moscou et les dépenses pour l'infrastructure et les locaux des travailleurs de la Commission seront financés par la Russie, tandis que le budget de la Commission sera financé par les trois États membres et dépendra des parts d'imposition reçu par l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan[12].

La Commission sera présidée par le Conseil, composé des trois vice-Premiers ministres de la Biélorussie, du Kazakhstan et de la Russie, et chaque pays enverra trois représentants qui s'occuperont de la gestion et du fonctionnement journalier de l'organisation[11]. Ces membres recevront le statut de ministres fédéraux dans leurs États respectifs[12]. La Commission se composera de plusieurs départements dont le personnel sera composé à 84 % d'officiels russes, 10 % d'officiels kazakhes et de 6 % d'officiels biélorusses, proportionnellement à la population des États membres[11]. Le candidat russe au poste de conseiller au sein du Conseil de la Commission est Viktor Khristenko, le ministre de l'industrie et du commerce (il devra devenir vice-Premier ministre pour prendre le poste). Les candidats kazakhes et biélorusses sont inconnus[12].

La Commission eurasiatique pourra prendre des décisions non seulement en matière de politique douanière mais aussi en macro-économie, les régulations en matière de concurrence, la politique énergétique et la politique financière. La Commission sera aussi impliqué en matière de marchés publics et de migration des travailleurs[12]. L'accord de la Commission contient de strict règlements anti-corruption. Le président Dimitri Medvedev déclara que les expériences tant positives que négatives de l'Union européenne seront prises en compte[25] et déclara que l'Union économique eurasiatique évitera les problèmes de différences et fossés économiques entre ces membres, tels que ceux de la zone euro, puisque ces membres ont un niveau de développement économique, une histoire et des valeurs comparables[26].

Attitude des États-Unis[modifier | modifier le code]

Les États-Unis sont opposés à la création de l'Union économique eurasiatique, considérant qu'il s'agit d'une tentative de rétablir une Union basée sur le modèle de l'Union soviétique et dominée par la Russie au sein des États post-soviétiques[27]. La nouvelle Union pourrait en effet constituer un obstacle à l'extension de l'influence du pouvoir nord-américain sur le continent eurasiatique. La secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton déclara en décembre 2012 : « Cela ne portera pas le nom d'URSS. Cela portera le nom d'union douanière, d'Union économique eurasiatique etc., mais ne nous y trompons pas. Nous en connaissons les buts et nous essayons de trouver le meilleur moyen de le ralentir ou de l'empêcher [son établissement] »[27].

Analyses[modifier | modifier le code]

Pour Michel Eltchaninoff, l'Union économique eurasiatique reprend « les grandes lignes du courant eurasiste des années 1920 et très en vogue depuis les années 1990 »[28].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Concernant les adjectifs « eurasiatique » et « eurasienne », l'Académie française dit ceci :
    • « eurasien » : « relatif à une personne dont l'un des parents est européen et l'autre asiatique. Une jeune fille eurasienne. Par méton. Un visage aux traits eurasiens. Subst. Des yeux d'Eurasienne. 2. Syn. rare d'Eurasiatique. ».
    • « eurasiatique » : « qui se rapporte à l'Eurasie, ensemble formé par l'Europe et l'Asie réunies. Le continent eurasiatique. Une espèce végétale eurasiatique. ».

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://fr.tradingeconomics.com/
  2. a et b http://time.com/135520/russia-kazakhstan-belarus-treaty/
  3. Interfax - 14 juin 2013.
  4. http://en.ria.ru/world/20141010/193914853/Armenia-Joins-Eurasian-Economic-Union.html.
  5. http://en.ria.ru/business/20141009/193872337/Armenia-Joining-Eurasian-Economic-Union-to-Open-New-Perspectives.html.
  6. B92 - 4 octobre 2011.
  7. a et b BBC News - 4 octobre 2011.
  8. a et b Bryanski 2011.
  9. Izvestia - 3 octobre 2011.
  10. The Daily Telegraph - 6 octobre 2011.
  11. a, b, c, d et e BBC News - 18 novembre 2011.
  12. a, b, c, d, e et f Tut.By - 17 novembre 2011.
  13. Putin's Eurasian push challenges west by Neil Buckley, Financial Times, 6 October 2011.
  14. Schwirtz 2011.
  15. Smolar 2013.
  16. (en) « Moscow fleshes out 'Eurasian Union' plans », EurActiv,‎ (lire en ligne).
  17. a et b « Putin, Medvedev praise values of Soviet Union », Reuters,‎ (lire en ligne).
  18. Egypt to join Russia-led Eurasian free trade zone, rt.com, 10. Februar 2015.
  19. Sofian Philip Naceur: Machtpoker am Nil, junge Welt, 13. Februar 2015.
  20. Vietnam schließt Freihandelsabkommen mit der Eurasischen Wirtschaftsunion, finanzen.net, 10 juin 2015..
  21. a et b Eurasische Wirtschaftsunion wächst – Verhandlungen mit China, Indien und Türkei, pressenza.com, 14. Mai 2015..
  22. EAWU und Iran stellen Weichen für Freihandelsabkommen, pressenza.com, 14 Mai 2015..
  23. Eurasische Wirtschaftsunion wächst – Verhandlungen mit China, Indien und Türkei, belta.by, 14. April 2015..
  24. Michael E. Lambert, « Pourquoi tout oppose Donald Trump et Vladimir Poutine malgré les apparences entretenues par les médias », sur Atlantico,‎ (consulté le 23 février 2016).
  25. (ru) « Встреча президентов России, Республики Беларусь и Казахстана », kremlin.ru,‎ (lire en ligne).
  26. (ru) « Медведев: Евразийский экономический союз избежит проблем еврозоны », news.mail.ru,‎ (lire en ligne).
  27. a et b Failed reset?: United States decries “sovietization” of former USSR states.
  28. « Aux sources du poutinisme », La vie des idées,‎ (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]